La Dépêche de l'Aube n°639 du 20 Décembre 2001.......La Dépêche de l'Aube n°639 du 20 Décembre 2001

La dépêche de l'Aube n°639 du Jeudi 20 décembre 2001

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Robert Hue rencontre les militants du PCF


L'utilité des communistes

Près de 10.000 adhérents et militants rencontrés au cours d’initiatives dans toute la France. «Utilisons les cinq mois d’ici la présidentielle pour démontrer l’utilité des communistes» a déclaré Robert Hue.
Mercredi 12 décembre, Robert Hue rencontrait à Stains les communistes des fédérations de Seine-Saint-Denis, de Seine-et-Marne et de l’Aube. Devant une salle comble, le candidat du PCF a écouté - et entendu - les militants du PCF s’exprimer sur leur conception de la campagne des présidentielles et les axes à y développer. Une soixantaine d’interventions a ponctué cette soirée d’échange et de réflexion
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Le candidat anti-Medef
Dans son intervention préliminaire, Robert Hue a regretté qu’une partie des engagements de 1997 n’aient toujours pas été tenus. Ainsi, le droit de vote pour les résidents non communautaires : «le gouvernement doit décider de l’appliquer maintenant» [applaudissements dans la salle], la proportionnelle, la régularisation des sans-papiers. «Voilà des mesures qui ne coûtent pas cher et qui répondent à des attentes profondes». Il a déploré l’immobilisme et l’attentisme qui paralysent actuellement les institutions politiques à l’approche de l’échéance électorale. Se déclarant satisfait de la publication, la veille 11 décembre, des décrets d’application de la loi pour le contrôle de l’utilisation des fonds publics (loi qui porte son nom), il propose aussi, comme le premier ministre en a la possibilité, de prendre les mesures pour faire appliquer «tout de suite» les dispositifs de la loi de modernisation sociale qui comporte des avancées significatives, arrachées de haute lutte par les parlementaires communistes avec l’appui du mouvement social et que le Medef voulait remettre en question. Robert Hue sera le «candidat anti-Medef» pour porter les attentes et de toutes celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans la logique destructrice de l’ultralibéralisme. Et pourquoi, ne pas porter en grand la revendication d’une augmentation des salaires ? «On croirait, ironise-t-il, que l’on est «ringard» lorsque l’on parle d’augmenter les revenus. C’est bien pourtant une nécessité urgente.»
Tambour battant
Après un échange de plus de deux heures avec la salle et une intervention de Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du PCF, Robert Hue a insisté sur le rôle important des femmes tout au long de cette campagne. Car enfin, a-t-il développé, il faut «aller plus loin que la parité, il faut exiger l’égalité !» : égalité, en particulier pour les salaires qui sont en moyenne de 20% inférieurs à ceux des hommes. égalité pour les femmes qui sont plus durement touchées par la précarité (chômage, petits boulots) etc. évoquant la participation au gouvernement, il convient de valoriser, «à son juste niveau et sans fausse modestie» l’apport spécifique et les acquis obtenus par les communistes au sein de la gauche plurielle. Pour le candidat communiste, le

PCF doit avant tout montrer par des actes concrets son «utilité» pour les citoyens et être ambitieux dans ses initiatives et son projet d’une autre société.
Les cinq prochains mois seront donc décisifs et c’est une campagne offensive qui sera menée «tambour battant» par le candidat, les militants, les élus et les candidats du PCF aux législatives. Ainsi, par exemple, les sénateurs communistes vont-ils repartir «à la charge» sur la question de la retraite à taux plein après 40 ans de cotisations après l’usage par Elisabteh Guigou d’un artifice de procédure (l’art.40 de la Constitution), bloquant la discussion sur le projet de loi communiste déposé au Parlement. Autres axes importants au côté de la défense de l’emploi : les questions liées à l’environnement et au cadre de vie et celles ayant trait au fonctionnement des collectivités locales, avec des réponses qui vont aller en s’affinant au fur et à mesure de la campagne et un accent omniprésent et fort sur leur caractère radicalement anti-capitaliste

Joë Triché demande à Robert Hue l’organisation d’une initiative nationale sur les délocalisations

«Le département de l’Aube a été très marqué - et reste marqué - par un secteur industriel textile très fort. Dans les années 1980, 25.000 salariés y travaillaient ; ils sont aujourd’hui 6 à 7.000 ; l’emploi féminin y est très important. En France, c’est encore 300.000 personnes qui travaillent dans cette industrie. C’est dire toute l’importance qu’occupe encore ce secteur de production. Depuis vingt ans, cette industrie et les salariés sont en butte à la logique de recherche de profits par tous les moyens et dans les plus courts lapses de temps. Mises en oeuvre par le patronat, les délocalisations de productions vers les pays à bas salaires, où il n’existe aucun droit ni aucune protection pour les travailleurs, ont fait des ravages pour l’emploi dans notre pays. Hier, c’était les pays du Maghreb, aujourd’hui ce sont ceux du sud-est asiatique et de l’Europe de l’est.
La pression du patronat et de la droite est extrêmement forte pour faire accepter aux salariés cette logique destructrice d’emplois. «On n’y peut rien, c’est la mondialisation» s’entendent-ils dire. Ils s’interrogent donc beaucoup sur le devenir de cette industrie et si elle a encore un avenir en France. C’est pourquoi je voudrais te faire une proposition. Je souhaiterais que tu prennes l’initiative d’une rencontre nationale avec les salariés et les syndicalistes concernés par ce problème afin de construire avec eux des réponses à leurs interrogations qui concernent, en fait, le devenir industriel de bien des secteurs car cette pratique des délocalisations tend à se généraliser. Cette rencontre pourrait s’élargir aux différentes branches industrielles concernées par cette question»

 

 

Madame Boughaffour, âgée de 67 ans

Reconduite musclée en Algérie

Lundi 10 décembre, journée mondiale des droits de l'Homme, la préfecture de l'Aube a arrêté dans ses locaux madame Boughaffour, ressortissante algérienne vivant en France avec ses filles et ses petits-enfants depuis 1990.
Cette dame, âgée de 67 ans, avait un titre de séjour jusqu'en 1997. En novembre 1997, le préfet de l'époque l'a accusée d'avoir falsifié sa carte de séjour pour obtenir le RMI. Le préfet l'a punie en refusant de renouveler son titre de séjour. Madame Boughaffour n'a pas "bénéficié" de la présomption d'innocence. Pourtant le juge a décidé, en janvier 1998, de classer la plainte de la CAF estimant que les documents produits ne constituaient pas des preuves. De quel droit un préfet peut-il accuser et condamner une personne sans aucune preuve ? Depuis 1998, le préfet a pris un arrêté de reconduite à la frontière qui n'a jamais été mis à exécution, pourtant madame Boughaffour ne s'est jamais cachée. Elle a multiplié les courriers au préfet pour demander une carte de séjour en qualité d'ascendante de français (sa fille Malika est française) Le préfet n'a jamais répondu.
Un simulacre d’entretien
C'est pourquoi, cette dame s'est présentée, en toute bonne foi à la préfecture le 10 décembre, avec tout son dossier. Après un simulacre d'entretien (dix minutes), la chef du bureau des étrangers a fait arrêter madame Boughaffour. Elle a été placée en garde à vue au commissariat de Troyes. En raison de son état de santé, cette dame a été hospitalisée, gardée par deux policiers. Elle a été conduite de force à quatre heures du matin et embarquée sur un bateau à Marseille en direction de l'Algérie Elle est arrivée à Alger mercredi 12 décembre vers midi.
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N'ayant aucune famille, ni connaissance dans cette ville, elle a erré tout l'après midi, elle a passé la nuit dehors. Elle a vagabondé péniblement toute la journée du jeudi 13 décembre avant de retourner au port d'Alger. C'est à cet endroit, que par hasard, un inspecteur de police l'a trouvée vers 21h30. Ce monsieur l'a très aimablement accueillie au sein de son foyer. Madame Boughaffour m'a raconté au téléphone la violence avec laquelle elle a été "sortie de l'hôpital" dans la nuit du lundi au mardi 11 décembre. Selon ses dires, il y avait deux hommes, une femme et un chien. Elle a essayé de se débattre, elle a beaucoup crié, hurlé, le chien a aboyé très fort, elle a supplié, elle est traumatisée. Pourquoi tant de violence, tant de précipitation, tant d'acharnement contre cette dame âgée ? Elle n'a aucune famille en Algérie et pas de domicile dans ce pays qu'elle a quitté depuis 1990. Ses attaches familiales sont en France, ses filles assumaient totalement les charges matérielles de leur mère, ses petits-enfants sont bouleversés. Pourquoi cette dame n'a-t-elle pas droit au respect de sa vie privée et familiale ? Elle n'a commis aucun crime.
C'est intolérable, inadmissible, inhumain !
La famille, les amis(es) de madame Boughaffour, le collectif aubois de défense des droits de l'Homme, toutes celles et tous ceux qui refusent ces violences agissent pour que cette dame retrouve tous les siens, très rapidement en France. Un nouveau rassemblement a été organisé vendredi 21 décembre à 16h30 devant la préfecture de l'Aube


Anna Zajac

 

Mon Logis disjoncte !
Joseph Seghetto attaqué en diffamation par la direction de Mon Logis

Ahurissant, la direction de Mon Logis vient de franchir un nouveau palier dans la démesure !!!

Après s'en être prise aux locataires, qu'elle a méprisés dans l'affaire des surfaces corrigées ; à ces salariés auxquels elle impose un régime de terreur, bien caractérisé par l' humiliation infligée sur leur lieu de travail à trois employées qui se sont vues signifier dernièrement leur licenciement par un huissier de Justice ; aux syndicalistes qui, un à un sont harcelés, discriminés, réprimés, poursuivis devant les tribunaux, aujourd'hui, la direction en place à Mon Logis ose s'en prendre aux élus de la République dans le cadre même de leurs fonctions. Notre camarade Joseph Seghetto, maire-adjoint de Bar-sur-Seine, vient de recevoir une convocation devant le tribunal correctionnel pour diffamation à l'encontre de la SA Mon Logis.
Au lendemain du scandaleux licenciement
de trois salariés de Mon Logis (ils avaient entre onze et quinze ans d'ancienneté) Joseph avait tenu à en informer le Conseil municipal à l'occasion de l'examen d'un dossier où, justement, Mon Logis demandait à la commune de s'engager en lui garantissant à nouveau des emprunts. Quoi de plus légitime pour un maire-adjoint que d'appeler ses collègues élus et les citoyens à la vigilance par rapport à cette société qui, outre qu'elle ne respecte pas la liberté d'expression en son sein, affiche une situation économique des plus préoccupante, dixit les unions départementales CFDT, CGT, CGC, SNPHLM. Une société, qui plus est, qui est régulièrement épinglée pour «des infractions caractérisées à la réglementation du CCH» (Code civil de l'Habitat). La Mission interministérielle d'inspection du logement social -MILOS- d'août 1999 avait d'ailleurs sévèrement rappelé à l'ordre la direction de Mon Logis.

Ainsi donc au lieu de jouer «petit bras» et d'en revenir à des pratiques plus respectueuses de la démocratie,
la direction de Mon Logis, décidément insatiable, franchit un nouveau palier en s'en prenant directement aux élus du peuple. N'y aurait-il aucun lieu dans notre République ou l'on pourrait débattre du problème que pose la gestion et les agissement de la direction de Mon Logis sans s'exposer pour autant à un procès en diffamation ? L'incroyable impunité dont jouit depuis trop longtemps la direction de Mon Logis renforce son arrogance à un point tel qu'elle se croit aujourd'hui autorisée à tenter de museler la liberté de parole des élus locaux. A jouer avec le feu, on fini par se brûler. A l'évidence le groupuscule qui règne en maître sur Mon Logis n'a cette fois-ci pas bien mesuré la portée de son acte. A travers Joseph Seghetto, il ne s'en prennent pas seulement au maire adjoint communiste de Bar-sur-Seine, il s'attaquent frontalement à la fonction même de l'élu de la République et par delà à la démocratie. Même si les condamnations des agissements de la direction de Mon Logis ne sont pas encore à la hauteur de leur démesure, rares sont les décideurs politiques locaux qui se risqueront à défendre cette nouvelle escalade.

Jean-Pierre Cornevin

La municipalité de Bar-sur-Seine
solidaire de Joseph Seghetto

Lors du conseil municipal de Bar-sur-Seine du lundi 17 décembre, à la demande du Maire, les conseillers municipaux de la commune ont à l'unanimité apporté leur soutien à Joseph Seghetto.
Ils estiment notamment que l'information apportée par leur collègue au sujet de la SA Mon Logis n'a absolument rien de diffamant contre cette société

Humeur

Contre le FN

Il y a deux façons de lutter contre le FN, une façon directe, j'allais dire grossière, celle du MRAP, des antiracistes de tout poil qui dénoncent les dérapages du cyclope, les raccourcis dangereux, les jeux de mots-laids, les références à Pétain, la chasse aux faciès, l'alliance avec des groupes paramilitaires. J'en fais partie, mais... Mais il y a maintenant une seconde méthode, plus fine, quoique combattue par les premiers qui n'en ont pas vu la subtilité. C'est la méthode Galley. Pour lutter contre le F.N, pense-t-il, il faut lui piquer ses voix. Pour cela, il faut parler son langage, vitupérer l'Islam par ex «religion de conquête et de prosélytisme» qui fait la chasse au christianisme, religion oh combien «tolérante et d'amour». (R.G. a oublié la Sainte Inquisition). La France est envahie, «des quartiers entiers sont musulmans» ajoute-t-il, (l'ancien Président de Troyes Habitat a oublié que c'est lui qui les a remplis).
Il faut un sacré courage à R. Galley pour tenir de pareils propos. Il risque gros. être pris pour un raciste, par ex. alors qu’il a des amis musulmans et juifs. Le voilà avec beaucoup de monde à dos : la gauche, l’évêque, les associations... Ne voyez là-dedans aucune maraude électorale. Pas du tout. Le but n'est pas de faire grossir son score avec des électeurs fachos, mais d'affaiblir Le Pen. Et même, en lui prenant ses électeurs, il les blanchit. Le blanchiment d'électeurs sales est une opération non frauduleuse ! R.Galley est un cavalier blanc. Merci à lui de s'offrir en martyr

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Malicette

(1) Le MRAP rappelle que le racisme ne se réduit pas aux partis d'extrême-droite, mais imprègne une grande partie de la société.

 

Proche - Orient ..

Cessez l'escalade !
Appel pour une force multinationale de paix

Le Conseil national du Parti communiste français s'est réuni le dimanche 16 décembre 2001. Sa discussion, introduite par un rapport de la secrétaire nationale du Parti, Marie-Georges Buffet, a débouché sur la motion suivante :
«Comme toutes les femmes et les hommes de cœur de notre pays, nous éprouvons angoisse et révolte face à la dégradation accélérée de la situation au Proche-Orient. Les forces qui, en Israël et en Palestine, ont choisi la politique du pire marquent des points. Les scénarios les plus fous, d'une spirale de violences et de haines réciproques, sont en train de s'imposer. Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas nous y résigner. Nous savons que le droit du peuple palestinien à se constituer en Etat et le droit d'Israël à la sécurité sont les seules bases pour parvenir à ce qui est plus nécessaire que jamais : la paix. Dénonçant de longue date l'occupation des territoires et ses conséquences de plus en plus dramatiques pour le peuple palestinien, nous crions notre horreur et notre indignation devant les attentats terroristes qui frappent des jeunes, des civils en Israël, la répression féroce des populations palestiniennes, la volonté d'Ariel Sharon d'en finir avec l'Autorité palestinienne et son président Yasser Arafat. Ce sont les acquis des négociations et, avec eux, les espoirs de paix et d'entente entre les peuples israélien et palestinien qui sont visés.
La France, l'Europe, la communauté internationale sont placées devant leurs responsabilités. Il y a urgence :
• à constituer une force multinationale de paix sous mandat des Nations unies acceptable par toutes les parties, contribuant au cessez-le-feu, garantissant l'arrêt des activités terroristes et assurant la sécurité des populations palestiniennes ;
• à convoquer une conférence internationale (qui, comme Robert Hue l'a proposé, pourrait se tenir à Paris) à partir des acquis des négociations israélo-palestiniennes antérieures prévoyant la création d'un Etat palestinien viable, avec une souveraineté partagée sur Jérusalem et une sécurité partagée avec Israël ;
• à mettre en œuvre un plan de soutien économique à l'Etat palestinien.
Les communistes vont contribuer de toutes leurs forces à faire entendre ces exigences. C'est le sens de l'appel-pétition qu'ils ont lancé (voir ci-dessus), de l'affiche qu'ils éditent, de leur participation aux manifestations unitaires mercredi 19 décembre pour la paix et pour une force multinationale, des initiatives qu'ils vont prendre en solidarité et en concertation avec les forces de paix de Palestine et d'Israël» .

Appel
pour une force multinationale de paix

FACE À L'URGENCE, NOUS DEMANDONS QUE L'EUROPE S'ENGAGE :
• pour la constitution d'une force multinationale de paix sous mandat de l'ONU, acceptable par toutes les parties, contribuant au cessez-le-feu, garantissant l'arrêt d'activités terroristes, et assurant la sécurité des populations palestiniennes ;
• pour la convocation d'urgence d'une conférence internationale associant toutes les parties concernées, à partir des acquis des négociations israélo-palestiniennes antérieures. Les bases d'un accord existent pour la création d'un État palestinien viable, avec une souveraineté partagée sur Jérusalem, et une sécurité partagée avec Israël

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A retourner au : PCF 16-18, rue du Palais de Justice 10000-TROYES

Musique:

le nouveau CD d'Alain Fortier "EXIL"

EXIL est le titre du nouvel album musical d'Alain Fourtier- quartet, un C.D bien en jazz, remarquable par sa richesse, son érudition, sa chaleur et son swing. Exil (titre d'une composition d'Alain) pourrait évoquer le voyage vers l'inconnu avec des harmoniques d'exotisme mais n'est-ce pas plutôt le recueillement, la ferveur, la méditation ? En tout cas, il ne s'agit pas de retraite, Alain Fourtier est un esprit pugnace qui invente sans cesse de nouvelles formules orchestrales, s'ingéniant à travailler (est-ce un travail ?) avec les musiciens les plus divers. On l'a même vu quelquefois en compagnie d'un accordéon(1)
Cette nouvelle formule a été manigancée avec Philippe Margery, un sax ténor bien embouché, dont le son parfait nous fait souvenir des plus grands jazzmen. Eric Sindorf est à la guitare basse et Louis Jolibois à la batterie, deux éléments indispensables et de qualité pour asseoir, enrober, soutenir les jolies impros de nos deux artistes. Cela dit, Eric et Louis sont très inventifs eux aussi. Autour des oeuvres de Charlie Parker le volubile ou de Clifford Brown l'élégant, on découvre de nouvelles compositions d'Alain (Exil, Pont Vert (le neuf est souligné de bleu), Dame de Pique, Volubilis) qui se veulent jeunes et mûres, sérieuses mais espiègles, bien fringuées mais

affriolantes. De vraies petites mères d'aujourd'hui ! Le tout est une belle machine à jazz, aux bielles mélodieuses, aux arrangements judicieux et malins. Un exemple : le sax a mis l'ail, il a entrelardé les thémes de la guitare de touches discrétes mais efficaces. Le mixage a été assuré par le maître, Olivier Moyne, sans qui les sons ne seraient que ce qu'ils sont, de pauvres bruits sauvages.
Voilà un excellent concert qui dure 60 minutes 17, en 12 titres, coeur en main, et qui nous fait aimer cette musique racée, élégante, raffinée et qui ne vieillit jamais. Avec ces quatre artistes, le jazz ne prend pas de rides. Comme du Mozart. C'est une musique qui ne débande jamais. Le CD, bien jaquetté avec ses 12 titres au parfum exotique, avec photos maison et explications pédagogiques, se vend ou se vole chez l'auteur à Troyes, 03.25.76.05.47. ou aux Passeurs de Textes. 100 F tout rond, bonne idée pour les fêtes.

Jean Lefèvre


(1) Dans l’album «Volte-jazz»