La Dépêche de l'Aube n°638 du 13 Décembre 2001.......La Dépêche de l'Aube n°638 du 13 Décembre 2001

La dépêche de l'Aube n°638 du Jeudi 13 décembre 2001

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Bar-sur-Seine


Intolérable !

De nombreux aubois et auboises connaissent depuis des années les plans de «restructuration» qui se traduisent par la perte de l’emploi.

Bar-sur-Seine et Chaource ne sont pas épargnés, la société Aubelin a mis à la rue 140 salariés. Pacreau, patron de ces ateliers ne décolère pas contre le syndicat CGT et s'attaque à celui-ci à travers Josette DOLLAT. En effet, il a porté plainte contre elle pour des soi-disant menaces. Les salariés trouvent INTOLERABLE l'attitude de Pacreau car en tentant d'intimider la déléguée syndicale, il espère diviser le personnel. Seulement, il se trompe. Plus que jamais la solidarité s'organise autour de Josette Dollat. Le personnel, l'Union départementale CGT, la Fédération nationale textile CGT, les élu(e)s et les militant(e)s communistes, la population sont à ses côtés.
Par les luttes et les actions que les salariés ont menées depuis des mois, ils ont obtenu une première satisfaction : un accord avec Devanlay sur une indemnité pour préjudice moral, pas encore versée, puisque Pacreau, encore lui, a décidé de porter l'affaire devant la justice ; en premier jugement au mois de juillet 2001, le personnel a eu gain de cause ; pas content «le» Pacreau !, il a fait appel de cette décision ; rendez-vous à Reims le 18 décembre…

Les élu(e)s et les militant(e)s communistes locaux et départementaux ont pris et prennent leurs responsabilités, ils s'engagent aux côtés des ouvrières et ouvriers pour qu'enfin leur indemnité de préjudice moral soit versée à toutes et à tous.
A propos du versement de cette indemnité et de la réindustrialisation des sites pour l'emploi, monsieur le Préfet représentant de l'Etat, les pouvoirs publics doivent s'impliquer véritablement.
Nous pensons qu'il est vital et possible de recréer des emplois avec le concours notamment de l'Etat, de Devanlay, des banques, de la Chambre de Commerce et d'Industrie, du Département, de la Région, des élus, des représentants des salariés qu'il faut entendre et écouter…
La fermeture des entreprises a aussi des conséquences non négligeables sur le budget des communes ; la compensation par l'Etat de la taxe professionnelle payée avec nos impôts est prévue seulement pendant trois ans, avec une diminution chaque année, et pour l'équilibre budgétaire, il faut trouver d'autres financements…
Comme lors de la manifestation du 19 mai 2001 à BAR-SUR-SEINE, TOUS ENSEMBLE, soutenons les salariés Aubelin ex. Devanlay et luttons pour l'emploi.


La section
barséquanaise du PCF

Conseil général

Orientations budgétaires 2002 Philippe Adnot augmente les impôts Les élus communistes proposent une autre solution

Lundi 10 décembre, le Conseil général était réuni pour examiner les orientations budgétaires 2002.
«En proposant une augmentation de 7% des taux d’imposition, vous voulez surtout que les auboises et les aubois retiennent qu’ils doivent payer la facture des décisions gouvernementales» devait déclarer Joë Triché au nom du groupe communiste, qui propose de recourir à l’emprunt pour étaler dans la durée la charge financière des équipements inscrits au budget. Logique, comme devait le préciser l’élu communiste en argumentant cette proposition puisque «les équipements réalisés le sont pour plusieurs générations. Il est donc normal que leur financement soit étalé dans le temps. Or dans votre budget, les investissements envisagés seront financés pour 53% par les recettes de fonctionnement. [...] Sur une année, les contribuables vont financer des équipements qui serviront à plusieurs générations.»

35 heures et Allocation Personnalisée Autonomie
Cette hausse des taux serait donc, suivant la logique de Philippe Adnot, motivée par le passage aux 35 heures et la mise en place de l’Allocation Personnalisée Autonomie qui permet de mieux prendre en compte le handicap des personnes de plus de 60 ans et qui concerne, comme l’ont remarqué les élus communistes, «un nombre beaucoup plus important que la PSD d’Alain Juppé.» Ces mesures sont nécessaires, estiment les communistes, parce qu’elles répondent aux attentes de la population. L’application des 35 heures pour le personnel de l’exécutif départemental intervient à «quelques semaines de la date butoir de l’application de cette loi» a relevé Joë Triché enfonçant le clou : «Alors que beaucoup de collectivités n’ont pas attendu le dernier moment pour mettre en oeuvre cette disposition - dans certaines, elle est déjà appliquée depuis un an ou deux avec embauches - dans l’Aube, c’est à reculons que vous y êtes entrés, et parce que la loi vous l’imposait.»

D’autres sources de financement que l’impôt des ménages
Pour les élus communistes, il était possible, comme pour le privé, de trouver dans le budget de l’état les moyens nécessaires pour permettre une application de la RTT avec créations d’emploi. «Le gouvernement a bien su trouver 140 miliards de francs pour des exonérations de charges patronales et, tout récemment, plus de trois milliards pour les cliniques privées.» De même, pour ce qui est de l’Allocation Personnalisée Autonomie, plutôt que de demander un nouvel effort financier aux conseils généraux, il aurait suffi que cette disposition soit prise en charge par la Sécurité Sociale. Les élus communistes ont d’ailleurs fait remarquer à Philippe Adnot que, sur cette question comme sur celle des SDIS, il avaient, lors d’une précédente session, proposé deux voeux s’adressant à l’état et aux parlementaires, pour proposer que la prestation autonomie pour les personnes âgées handicapées soit prise en charge par la Sécurité sociale et qu’il soit institué une taxe de 1% sur les compagnies d’assurances. «Ces deux voeux, vous les avez refusés !» concluait Joë Triché avant d’interroger le président du Conseil général : « En tant que sénateur, qu’avez-vous fait et proposé concernant les 35 heures et l’APA ? Vous avez voté contre. Non pas parce que leur financement ne vous convenait pas, mais bien parce que, sur le fond, vous n’êtes pas d’accord avec ces dispositions progressistes !»
Trouver plus de moyens financiers pour les collectivités locales, autres que des redéploiements de crédits, les élus communistes sont pour. Mais il ne faut pas aller chercher de nouvelles recettes «dans la poche des contribuables car la limite du supportable en matière de pression fiscale est atteinte pour nombre de ménages.» Dans cet esprit, une taxation de 0,3% des actifs financiers des entreprises - 2.600 milliards de francs - représenterait une ressource nouvelle de 78 milliards de francs par an, soit 1.250 F par habitant.


Alain Keslick

 

Conseil général
Plus de moyens pour les collèges aubois en ZEP

La session budgétaire du Conseil général fut l’occasion pour la conseillère générale communiste, Marie-Françoise Pautras, d’intervenir, sur la base d’un rapport du ministère de l’éducation nationale, pour réitérer la demande de plus de moyens en faveur des collèges de ZEP.
«La région Champagne-Ardenne est marquée par des difficultés sociales et scolaires supérieures à la moyenne nationale. C’est un constat établi par «Géographie de l’école», rapport du Ministère de l’éducation nationale d’octobre 2001. Ce rapport révèle qu’aucune académie de France, hormis celle de Reims, n’a ouvert autant de classes spécialisées au collège, à savoir des SEGPA (Section générale et professionnelle adaptée), en progression de 10% sur dix ans.
C’est un indicateur des difficultés rencontrées par les collégiens aubois, en particulier dans les zones d’éducation prioritaires. La situation scolaire des élèves ne peut donc être isolée de la situation économique et sociale qui se détériore dans le département. Depuis les lois de décentralisation, le Conseil général dispose d’un

levier pour agir dans le domaine de l’éducation et peut adapter des réponses, notamment par le biais de sa compétence collège, compétence importante sur le plan de l’investissement, mais aussi du fonctionnement. Le magazine d’actualités des Conseils généraux «Département» d’octobre 2001, lui aussi, consacre à ce sujet un dossier.
Il relate que les dotations de fonctionnement aux collèges publics sont attribuées selon des critères définis par les assemblées départementales (nombre d’élèves, surfaces, etc.) et, je cite : «qu’une bonification peut être attribuée si le collège se situe, par exemple, en ZEP». Notre demande de discrimination positive de 75.000 F en faveur des cinq collèges de ZEP du département est donc tout à fait fondée, d’autant que le ministère constate encore dans son rapport que malgré leurs efforts, le Conseil général de l’Aube et la Région ont dépensé, entre 1988 et 1998, moins d’argent par élève que leurs homologues en France - entre 3.000 et 10.000 F de moins -. Le Conseil général pourrait peut-être s’investir davantage dans une de ses compétences majeures : celle des collèges.»

 

Humeur

Avant la lettre

Je jette une lettre, samedi, à 16 heures, à la boîte du Centre de tri des Ecrevolles. L'urne en bois est pleine et déborde. Ma lettre tombe sur le carreau de la salle, au pied de la boîte, bien visible, presque fière d'être remarquée. Sûrement que le facteur la soignera mieux d'être restée un moment sur le ciment. Je reviens dimanche, à 19 heures, pour d'autres plis. Mon premier pli est toujours là, bien visible derrière la vitre, vous pouvez me croire au pied de la lettre. Je rage, non ? Que feriez-vous à ma place ? J'écris au directeur pour râler. Ce sera une lettre publique contre la dégradation du service du même nom.
Je me souviens, comme disent les écrivains qui ont mal au souvenir, autrefois, il y avait deux tournées quotidiennes du facteur. Je postais mes lettres un peu partout. La gare avait ma préférence. Le train les emportait chaque fois, à chaque train, me semblait-il, dans le wagon du vaguemestre. On ne s'en prenait jamais à la Poste quand notre propre boîte était vide, on s'en prenait à notre correspondante. Aujourd'hui, nous avons la vitesse, la communication, internet. On réduit le facteur aux pubs et aux calendriers. La Poste ne fait plus diligence. Mon courrier reste au tapis, tapi derrière une caisse, lettre morte.Je vais faire comme Pérec, je vais me souvenir du bon service public, du temps d'avant la lettre. Mais je vais espèrer que ce ne sera pas sa disparition(1).

Jean Lefèvre

(1) Je me souviens que Georges Pérec a écrit un roman, « La Disparition » dans lequel il s'est amusé à supprimer la lettre «e».

 

Ecoutez-voir ....
Aléatoire Cotisations Souris, t'es filmé !

Aléatoire
«Bougez avec la SNCF». Mais pour «bouger», encore faudrait-il le pouvoir lorsque, rentabilité quand tu nous tiens, la SNCF annule cars TER et dessertes à tout va. Profitant des nouveaux horaires, elle vient de supprimer deux bus entre Troyes et Romilly ainsi que de nombreux arrêts dans le département. Quant aux horaires sur la ligne Paris-Bâle, l’innovation réside essentiellement dans leur caractère très aléatoire. 10, 20, 30 minutes, jusqu’à deux heures de retard (!!!) lorsque le train n’est pas purement et simplement supprimé au dernier moment, l’incertitude plane en permanence sur le candide et téméraire usager. «Dieu ne joue pas aux dés» déclara Albert Einstein. Il n’a jamais pris le train entre Paris et Troyes !


Cotisations
580.000 F : c’est la somme à laquelle vient d’être condamné à payer le syndicat Force Ouvrière à la famille de l’ancien chauffeur de Marc Blondel - aujourd’hui décédé - pour... non respect du Code du Travail ! Les adhérents de FO auront au moins la satisfaction de savoir à quoi servent leurs cotisations .

Souris, t’es filmé !
«Dormez en paix, braves gens, Big Brother veille sur vous». : nous en avions déjà eu la preuve, il y a quelque temps à la suite d’un incident dans un bus troyen, la seule solution que la TCAT ait trouvé pour solutionner le problème de la violence, c’est d’installer des caméras. L’application du plan «vigie pirate renforcé» n’a fait qu’aggraver la situation. Avec toutes ces caméras qui veillent sur nous aux quatre coins des rues, on peut voir ce que vous faîtes, avec qui vous vous promenez, etc. Qui «on» ? Mystère. Quelle utilisation fait-on de ces images ? On nous assure qu’elles sont détruites ; mais peut-on en être sûr ? C’est un contrôle en temps réel de nos faits et gestes, et, pourquoi pas à terme, un fichage de la population, un contrôle social généralisé ?

De plus, ce dispositif est générateur d’une grande illusion. C’est penser que la technologie peut tout résoudre, même les problèmes sociaux ! Ne cherche-t-on pas ainsi à déplacer les problèmes de violence urbaine au gré de l’installation des caméras et de les refouler hors des bus ou de la ville ? Surtout, ce dispositif fait fi d’une réflexion indispensable sur les causes d’une délinquance essentiellement née de la rupture du lien social, de phénomènes d’exclusion. Des lois régissent la vie collective : elles doivent être respectées. Mais il est urgent de définir une politique sociale qui lutte contre l’injustice, d’affecter des moyens aux habitants pour améliorer la vie de tous, et cesser de stigmatiser certains quartiers et certaines populations. Mais il est vrai qu’il est plus facile et moins coûteux d’installer des caméras.


Louisette Jussak

Effectifs
La police ne manque pas de personnel parfois. Dès qu'un dangereux malfaiteur est arrêté, on lui octroie des gardes du corps puissamment armés.
S'il tombe malade (un malfrat est, comme vous et moi, sujet à malaises), on le conduit à l'hôpital en chambre spéciale grillagée et deux fonctionnaires de police assistent aux soins et petits besoins et veillent sur son sommeil.
C'est ce qui vient d'arriver à madame Boughaffour, 68 ans, diabétique et surtendue, accusée d'habiter la France sans papiers corrects, ce qui est, vous l'avouerez, un crime impardonnable. Après piqûres et cachets, la tension de Mme Boughaffour s'est améliorée et les services de police ont pu procéder à son transfert à Marseille pour une reconduite en Algérie dans le premier bateau venu.
On ne ferait pas ça à un chien m’a confié une mère de famille très respectable.


Malicette

Succès de l'Euromanifestation à Bruxelles

Pour une Europe plus sociale et plus démocratique

À l'occasion du sommet européen de Laeken, une grande manifestation "pour l'emploi et la démocratie sociale", organisée par la Confédération Européenne des Syndicats, a eu lieu le 13 décembre à Bruxelles.
Ce sommet doit d'abord parler des institutions de l'Europe mais également des services publics, du marché du travail, des retraites, etc.

Citoyens, salariés, élus : "tous ensemble"
C'était dire l'importance de ce rassemblement de Bruxelles. Les communistes en ont été partie prenante pour contribuer à une construction politique alternative en Europe. Robert Hue déclarait : "Il faut contester radicalement les contraintes du pacte de stabilité et du traité de Maastricht car elles ont conduit à des graves reculs. La France pourrait travailler à des choix novateurs et socialement efficaces pour elle-même et pour l'Europe".
La France pourrait ainsi demander la renégociation du traité de Maastricht afin de de transformer les missions de la Banque centrale européenne pour que l'objectif de l'emploi, de la formation, des salaires et de la croissance réelle deviennent sa première mission et de libérer la dépense publique pour développer les services publics et investir dans l'avenir des nouvelles générations.

Pour le développement des peuples
Depuis l'Acte unique, les directives européennes sur les services publics (électricité, gaz, chemins de fer, etc) provoquent les mêmes dégâts dans tous les pays: suppressions d'emplois, hausse des tarifs, recul de la qualité des services, forte dégradation de la sécurité. La Commission fait le forcing pour accélérer la privatisation des opérateurs de service public et les soumettre, notamment par un projet de directive introduisant la concurrence pour les "Services d'Intérêt Général". Le grand patronat français et européen fait pression dans le même sens. La question des services publics doit donc être posée en grand. Ils sont porteurs de missions essentielles: égalité d'accès et de traitement,

aménagement des territoires, développement du lien social, emploi, salaires, développement durable et financement de l'économie. C'est dans ce sens que les traités européens doivent être modifiés. Libérer les services publics de la pression du marché financier et des grands groupes est une condition essentielle pour bâtir l'Europe des peuples. Les livrer à la concurrence, c'est tourner le dos à ces défis.
Quels services publics pour quelle Europe ?
"Les communistes, affirme Robert Hue, se prononcent pour un secteur public étendu à tous les domaines où c'est nécessaire (eau, santé, etc.) et ne se limitant pas obligatoirement aux services ou aux activités que le capitalisme ne juge pas assez rentables." Il s'agit d'ouvrir de nouveaux espaces à l'intervention des citoyens-usagers, des salariés et des élus pour favoriser une maîtrise sociale des services publics.
Le développement des services publics, avec ces possibilités d'interventions, est au cœur d'une autre construction européenne. Ainsi, l'existence des Services d'Intérêt Général doit conduire à créer un secteur non-marchand dans le traité fondateur de l'Union européenne.
Cette proposition, faite par le groupe de la Gauche unitaire européenne, auquel participent les communistes, est maintenant largement reprise dans la perspective du sommet de 2004, avec comme première étape immédiate une directive-cadre qui permettrait de rétablir le financement public des entreprises publiques. Celles-ci sont actuellement exposées aux sanctions de la Cour de justice européenne au motif de fausser la concurrence.
De telles propositions permettraient de donner des moyens nouveaux pour une extension quantitative et qualitative des services publics et d'assurer leur modernisation pour la personne et la vie collective, pour l'aménagement du territoire et l'économie locale, notamment les PME/PMI. Elles contribueraient à pousser l'exigence de la réorientation du Traité


Avenir des retraites

Des solutions existent

L 'avenir des retraites préoccupe nos concitoyens, notamment dans les milieux populaires.
C'est le cas particulièrement où les difficultés de la vie quotidienne ne permettent certainement pas de se payer un complément de retraite grâce aux systèmes de capitalisation. Ce qui montre à quel point les partisans du basculement sur les fameux fonds de pension créeraient une situation d'inégalité insupportable et instaureraient structurellement une retraite à deux vitesses. Il faut, bien sûr, avoir conscience des problèmes que génère l'évolution de la démographie et l'arrivée à l'âge de la retraite de la génération dite du "baby boom".
Pour autant, sans rien sous-estimer,
les communistes refusent de céder au catastrophisme que, depuis des années, essaient de propager ceux, Medef en tête, qui veulent remettre en cause le droit à la retraite à 60 ans et développer un système d'assurances privées au détriment du système actuel de répartition. Rappelons que ce dernier est fondé sur la solidarité et non sur le chacun pour soi. Dans cette bataille, le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites, mis en place il y a quelques mois à la demande du premier ministre, vient apporter de l'eau au moulin de celles et ceux qui refusent de s'en laisser conter. Ce rapport, tout en montrant la réalité des problèmes à résoudre, refuse d'annoncer l'apocalypse. Il ne décline pas une sorte de ligne arrêtée à priori, selon laquelle il n'y aurait pas de salut sans sacrifices. Il indique, qu'à terme, les besoins de financement ne seront pas négligeables. Il s'agit de 4 points de PIB, c'est-à-dire autour de 700 milliards de francs. Mais, son grand mérite est de montrer que des solutions existent. Comme c'est un travail pluraliste, il ne


choisit pas entre elles, laissant ce soin aux responsables politiques et sociaux. En tout cas, il démontre qu'on peut assurer un avenir aux retraites.
"Il est normal, déclarait Robert Hue,
de consacrer une part plus grande des ressources nationales pour financer les revenus de remplacement d'une part de la population qui sera dans l'avenir en forte augmentation et qui vivra plus longtemps, ce qu'on ne peut quand même pas considérer comme une mauvaise nouvelle ! C'est pourquoi il faut refuser de s'inscrire dans le dogme patronal du rationnement et de l'individualisation. On doit trouver de nouvelles ressources. Des idées sont sur la table qui vont dans le bon sens, par exemple celle qui vise à transformer la cotisation des entreprises". C'est toute la richesse créée par les salariés, la valeur ajoutée, qui doit servir de base de calcul, pour le financement des retraites. Non seulement, cela rééquilibrerait la charge entre activités de main-d'œuvre et autres secteurs de l'économie, mais permettrait également de faire contribuer les revenus financiers des entreprises systématiquement exonérés aujourd'hui. Cela permettrait d'assurer l'avenir des retraites par répartition qui sont la garantie d'une approche de solidarité, dont les droits doivent rester ouverts à 60 ans avec un montant qui ne doit pas être inférieur à 75% des meilleurs salaires d'activité. Enfin, il est indispensable que les salariés puissent donner leur opinion sur ces questions qui les concernent tant, surtout dans cette période particulièrement décisive. D'où la nécessité de l'élection des administrateurs des régimes de retraite par les salariés sur des listes syndicales