La dépêche de l'Aube n°862 du Vendredi 31 mars 2006

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Marie-George Buffet a été réélue secrétaire nationale du Parti Communiste Français. 252 camarades ont été élus au Conseil national dont J.-P. Cornevin et P. Mathieu, qui étaient proposés par le Congrès départemental de la Fédération de l’Aube.

33e congrès du PCF L’appel de M.-G. Buffet
Pour un rassemblement populaire antilibéral

Les forces progressives doivent lancer un grand débat national sur la nécessité et la possibilité de construire un nouveau contrat de travail, combinant emploi et formation tout au long de la vie, afin d’éradiquer le chômage, une nouvelle répartition de l’argent, une utilisation des fonds des banques pour des crédits permettant aux entreprises de créer des emplois et de favoriser la formation.
Le PCF affirme qu’il y a une alternative possible au CPE et verse aux débats ses propositions.
Si De Villepin continue à ne pas entendre le peuple :mardi 4 avril nouvelle grande mobilisation à Troyes
Pour tous renseignements concernant le lieu et l’heure des rassemblements, téléphoner au 03 25 73 42 40.

"Ce sont les jeunes qui se lèvent qui portent l'espoir du Monde "

Louis Aragon

“ Il y a un gouffre entre ce que vous attendez, ce que vous exprimez dans les luttes sociales, et les politiques menées depuis des décennies.
Et la gauche en qui beaucoup ont placé un espoir, à trois reprises a beaucoup déçu. Nous-mêmes n’avons pas toujours été à la hauteur de ces espoirs. Depuis trop longtemps, les volontés de changement n’arrivent pas à se traduire dans les urnes. Nous voulons mettre fin à cette situation qui blesse la démocratie et provoque tant de mal-vie. Il y en a assez du renoncement, de la violence sous toutes ses formes, du dépérissement des droits, de la crise économique, sociale et démocratique. Il faut rompre avec les logiques libérales et capitalistes qui nous conduisent à des malheurs grandissants.
La question de 2007, n’est pas de savoir comment se dénoueront les chocs des égo présidentiels, mais plutôt : sera-t-il possible, cette fois-ci, d’élire une politique qui change vraiment la vie ? Y aura-t-il un moyen pour vous d’exprimer vraiment votre voix ? Y aura-t-il un moyen de se rassembler majoritairment sur un projet vraiment courageux ?
J’ai la conviction que c’est possible. A condition de ne pas se figer dans les clivages du passé et les habitudes. A condition d’en finir avec ce bipartisme et ces alternances sans perspectives. A condition de chercher à rassembler toutes les énergies antilibérales pour bouleverser la donne. Ce n’est pas une douce folie, ce n’est pas du vent : le 29 mai, c’est cela que nous avons fait ensemble. Et nous avons gagné. Tout cela ne peut pas rester lettre morte. Il y a devant nous une chance historique, et des attentes immenses.
Lors de leur congrès, les communistes ont lancé un appel à toutes les forces, à tous les hommes et les


femmes qui veulent en être dans leur diversité, pour construire un grand rassemblement populaire et antilibéral. Mais pour que cela ait lieu, il faut que les citoyennes et les citoyens interviennent, qu’ils disent ce qu’ils souhaitent. Dans les forums, dans les rencontres publiques de la gauche, nous vous invitons à venir nombreuses et nombreux pour apporter votre pierre à cette dynamique. Pour réussir, ensemble, nous avons besoin de tous. Je m’adresse à vous, parce que sans vous, cela risquerait fort de ne pas se faire et surtout, cela n’aurait pas de sens. La politique, la gauche, doivent être votre propriété.
Construisons ensemble un programme à partir des luttes, du bouillonnement de débats qui se fait jour depuis près d’un an. Et construisons ensemble, pour les législatives et la présidentielle, des candidatures capables de porter ce programme, capables d’incarner ce rassemblement dans sa diversité de forces politiques et sociales et de personnalités. Pour la femme issu de notre parti puisse incarner cela, à la façon dont nous l’avons fait lors de la campagne du référendum : en garantissant la place de chacune et chacun, en travaillant à une nouvelle victoire partagée. Il faut en débattre et lever les blocages.
Si nous parvenons à constituer ce rassemblement, avec la volonté de faire bouger toute la gauche, et de donner toute sa place à la dynamique populaire antilibérale, alors nous pourrons battre la droite et réussir à gauche en changeant vraiment et enfin la vie.
J’ai espoir. Beaucoup d’espoir. Je sais que par le passé la politique vous a beaucoup déçus, en ne répondant pas à vos besoins, vos attentes, vos aspirations. C’est à cela que nous voulons mettre fin ”

Entre un et trois millions de manifestants seraient descendus, mardi 28 mars, dans les rues de France pour protester contre le CPE. Nous étions 4 000 à Troyes. La mobilisation pourrait constituer un record pour la période contemporaine. A titre de comparaison, les deux principales manifestations parisienne de mai 1968 avaient réuni un million de personnes selon les organisateurs.

Le PCF s’adresse au gouvernement

Retirez le CPE... ou démissionnez !

Trois millions de jeunes et de salariés viennent de descendre dans la rue pour manifester leur opposition au CPE et en exiger le retrait.
Ces manifestations, comme le soutien massif de l'opinion publique qu'elles rencontrent, imposent au gouvernement de retirer cette réforme dont il est devenu évident pour tout le monde qu'elle a pour seul objectif de généraliser la précarité et aller vers la suppression de toutes les protections du travail.
Face à cette volonté populaire, le gouvernement manœuvre et tergiverse. En proposant des aménagements que la loi rend impossibles, il bafoue la volonté populaire. C'est irresponsable. Cette attitude est par ailleurs dangereuse. Seule


l'obstination du gouvernement est aujourd'hui responsable des conséquen-ces économiques, sociales et humaines qui résultent ou peu-vent résulter de la poursuite ou l'aggravation de cette crise.
Il est inadmissible d'entendre D. de Villepin justifier son refus par des arguments électoralistes.
Le gouvernement doit être le gouvernement de la France, et ne saurait être mis au service des ambitions présidentielles du Premier Ministre ou du Ministre de l'Intérieur.
Il est maintenant temps d'en finir. Le gouvernement doit entendre et se soumettre à la volonté d'une majorité de françaises et de français. Il doit retirer le CPE .
Dans le cas contraire il doit se démettre

Mon premier Congrès

La première chose qui frappe en arrivant au Parc des Expositions du Bourget, c'est le nombre de participants (délégué-e-s, invité-e-s, équipes techniques et camarades des sections locales présents tout au long du congrès, on peut les remercier pour tout ce qu'ils font, parce que c'est vraiment un gros boulot). C'est là qu'on prend conscience de la dimension du parti, qui malgré son affaiblissement durant les dernières années, reste une organisation politique militante importante. C'est déjà en soi un formidable espoir, renforcé par la présence de près de 150 jeunes de moins de 30 ans parmi les congressistes, de quoi montrer à ceux qui en douterait que le PCF a encore un bel avenir devant lui.
Ce qui est intéressant c'est de voir aboutir le processus de construction politique engagé dès les débats durant les conférences de section, puis au cours du congrès fédéral. Après 3 semaines consécutives de préparations, de discussions, de prises de décisions le risque était grand de se couper de l'actualité et de ce qui monte dans tout le pays notamment par rapport au CPE. J'ai donc été content d'apprendre la décision qui avait été prise de participer à la manifestation des jeunes du jeudi 23 mars. La place des communistes est bien au côté de ceux qui se battent contre ce qu'on cherche à leur faire passer pour une fatalité.
Ca a été un des temps forts de ce 33ème congrès, à mon avis, tout comme l'a été le témoignage du maire de Caracas - libertador, proche d'Hugo Chavez et rouage important dans la révolution bolivarienne. J'ai également apprécié les interventions des autres invités venus de tous les continents qui nous rappellent que nous sommes tous des citoyens du monde engagés dans le même combat pour le rendre plus juste et solidaire.
Si je ne devais retenir qu'une image ça serait celle de la fin du congrès lorsque chantant l'internationale tout le monde se tenait par la main. Il n'y a avait pas de perdant ou de gagnant à l'issu du scrutin, il n'y avait que des femmes et des hommes unis autour d'un même projet de société.
Au final, on sort de ce congrès fatigué mais regonflé à bloc et plus déterminé que jamais à faire vivre l'espoir

Humeurs...

.....LES MOTS
Autrefois le mot tambo qui veut dire tambour est devenu tango, danse très agitée comme la salsa, mais qui s'est beaucoup assagie à fréquenter les salons bourgeois. Tango, c'était aussi le lieu où l'on parquait les esclaves noirs en Argentine. Les mots vivent disent les grammairiens. Sans doute, mais ce sont les utilisateurs de ces mots qui les modifient, les adaptent, les subvertissent.
Parfois les mots sont si beaux que certains cherchent à se les approprier. Les hommes politiques de droite qui n'ont pas beaucoup d'idées et beaucoup d'arrières pensées à odeur de portefeuille sont très à l'écoute de la gauche pour voler les mots. Celle-ci utilise en effet des mots luxueux, congés payés, sécurité sociale, droits, plein emploi. Quand la droite a un projet scélérat, elle va l'entourer chaudement de ces mots-là . "Le CPE c'est pour le plein emploi des jeunes", ils disent. C'est beau mais c'est faux. C'est chaud, mais c'est salaud. Parce qu'ils se servent des jeunes comme d'une masse d'armes pour enfoncer les droits de tous. C'est une manipe de grande ampleur pour détricoter et dynamiter les droits anciens. Mais la jeunesse ne se laisse pas manipuler me semble-t-il. Elle défile. Elle invente des mots neufs et des chansons. Elle veut des lendemains qui chantent pardi.


Malicette

La Bourse au Conseil municipal (4e partie).......

Au dernier Conseil municipal (1) il a été évidemment question de la Bourse du Travail.
La Conseillère communiste Anna Zajac n'a pas mâché ses mots et rappelé l'ensemble des données :
- La reconversion de la Bourse avance à grande vitesse, "vitesse TGV disent certains". Normal, pourrait-on dire puisque le maire veut faire de ce secteur une "locomotive commerciale".
- Le dossier a été étudié en dehors du Conseil Municipal. C'est le journal Press'Troyes qui l'a annoncé en février, alors qu'aucune commission ni conseil n'en a débattu. Même constatation pour le passage Saint-Nicolas, nouvelle rue baptisée en dehors de toute concertation. "Les règles de la démocratie ont-elles changé ? " demande Anna Zajac qui rappelle que toutes les dénominations de voie sont soumises à une commission puis au C.M.
- Ce lieu est chargé d'histoire. Depuis cent ans, il est lié à l'histoire du mouvement ouvrier. La mémoire de la Bourse doit être conservée: mémoire syndicaliste et politique, mais aussi mémoires culturelle, sportive et festive. "De nombreux troyens et troyennes nous ont fait part de leur inquiétude, de leur colère quant à la disparition programmée de cette mémoire troyenne liée aux luttes mais aussi aux joies de la classe ouvrière "
"Je rappelle que la bourse est occupée depuis 1905 par les organisations ouvrières qui ont à l'époque offert aux travailleurs, des services de Mutualité (placement, secours de chômage, secours de route et contre les accidents.), un service d'enseignement (bibliothèques, renseignements, musée social, cours professionnels.), un service de propagande (études statistiques, économiques, création de syndicats dans toutes les branches, demande de conseils des prud'hommes.), le service de résistance (organisation des luttes, caisses de grèves). Les temps ont changé, mais les luttes sont toujours d'actualité. Nous exigeons que toute cette mémoire soit respectée, le monde ouvrier a sa fierté. Les Troyennes et les Troyens ne se contenteront pas d'une plaque commémorative "
Anna Zajac demande donc que le C.M se penche sur ce problème de la mémoire ouvrière. Elle admet bien volontiers qu'on peut embellir cet espace pour dynamiser le centre ville. "Dynamiser oui, dynamiter la mémoire ouvrière, non ! "
Il faut savoir encore qu'il est demandé à toutes les organisations présentes dans la Bourse de quitter les lieux sous 3 mois. Il s'agit de la CGT et ses différents syndicats, la CNL (locataires) , l'UNR (personnes âgées) et la FNATH (accidentés du travail et handicapés). Les conditions de relogement sont bien entendu à l'étude, mais là encore, les choses les moins acceptables sont proposées. Quant à la précipitation elle est motivée par le fait que le bâtiment "ne répondait pas aux normes de sécurité " C'est avouer qu'on a laissé les militants et les visiteurs durant de longues années dans un lieu sans sécurité.
Il est évident que les militants syndicalistes ou associatifs parlent comme la conseillère communiste de la même voix sur ce dossier épineux. La responsable de la CGT Régine Rodriguez "veut que la mémoire ouvrière reste. " et qu'on ne donne pas le nom de St-Nicolas au passage situé entre J.-Jaurès et V.-Hugo.
Les deux géants de la laïcité n'auraient pas apprécié sans doute.
(À suivre).


Jean Lefèvre

(1) 22 mars 2006.

Ecoutez-voir...

. C.P.E. Cartelet en voudrait-il plus ?..
Michel Cartelet a déclaré au Conseil municipal qu’il était personnellement pour le retrait pur et simple du CPE, car il ne concernait qu’une tranche spécifique de la population. Si le CPE avait été généralisé à tout le monde du travail, aurait-il alors été d’accord ?


Passy Conh.

. La France n’est pas seule à résister !
Avec une discipline quasi militaire, la plupart des médias ressassent la fable d’une France isolée, Seule à résister à une évidence mondiale, celle du libéralisme devenu, de commentaires en commentaires, le stade ultime de l’évolution humaine. La jungle comme idéal... Mais quel journal télévisé informera qu’au moment où 3 millions de Français manifestaient dans les rues, 1,5 million de fonctionnaires britanniques -étaient en grève contre une réforme des retraites et que 2000 écoles étaient fermées ? Quelles nouvelles recevons-nous des centaines de milliers de salariés des services publics allemands en grève depuis des jours et des jours ? La France est peut-être en pointe; elle a sans doute puisé, dans son histoire, une unité nationale fondée sur un contrat social qui limite les possibilités de diviser son peuple ; elle n’est pas pour autant seule au monde. Et c’est bien pourquoi les Barroso à la tête de la Commission européenne ou les Seillière prêtent une telle attention aux évènements français. Il ne s’agit pas d’une péripétie locale, mais d’une résistance au bulldozer libéral lancé contre les droits sociaux et si la France en est l’avant garde et bien on en est fière.


P. C

Quand le maire de Romilly ne veut pas embarrasser sa majorité UMP

Le lundi 27 mars, le Conseil municipal était réuni. un Conseil municipal tout ordinaire, sauf qu’il se réunissait la veille de la grande journée de grève et de manifestations du 28 mars.
A la fin de l’ordre du jour, alors que tous les syndicats de lycéens, d’étudiants, de salariés du public et du privé appelaient à manifester et à la grève, rien n’aurait été dit sur ce grand mouvement approuvé par 70% des Français, si le groupe des Elus Communistes et Partenaires n’avait déposé un voeu appelant le Conseil municipal à se prononcer pour le retrait du CPE (voir le texte ci-dessous).
En moins de 5 minutes, l’affaire était pliée !
Michel Cartelet déclarait qu’un Conseil municipal n’avait pas à remettre en cause une loi votée par le parlement (note de la rédactrice) : Raffarin disait «ce n’est pas la rue qui gouverne» c’est quelque peu la même démarche. Il continuait en déclarant qu’il ne mettrait pas ce voeu en discussion et donc pas au vote, interdisant donc aux Conseillers municipaux d’émettre un avis.
Alors que dans toute la France, dans les municipalités de gauche les élus se prononcent pour le retrait du CPE, Michel Cartelet n’a pas voulu faire délibérer par un voeu une question qui fâche ses amis de la droite. Aurait-il eu peur que ce voeu soit adopté contre ses adjoints UMP ?

Jocelyne Pochinot

Voeu du Conseil municipal de Romilly-sur-Seine
Séance du 27 mars 2006 présentée par le groupe Communistes et Partenaires

Le contrat première embauche est massivement rejeté partout en France. Il l’est par les jeunes, lycéens et étudiants, par les salariés du public comme du privé, par plus des deux tiers de la population, refusant cette forme virulente de la précarité, du démantèlement du code du travail, qui touchent les moins de 26 ans.
A la veille de la journée d’action unitaire de toutes les organisations syndicales représentatives, lycéennes, étudiantes, salariées, du 28 mars, le Conseil municipal de Romilly-sur-Seine exprime sa solidarité et son soutien envers le mouvement en cours, refuse la précarisation exclusion de la société, en particulier de notre jeunesse, se prononce pour la sécurisation du parcours de vie, d’une formation nécessaire tout au long de la carrière professionnelle, assurant avenir et visibilité, visant à une réelle égalité des chances.
Le Conseil municipal de Romilly-sur-Seine se prononce pour le retrait du C.P.E., l’ouverture d’une véritable concertation, une politique de l’emploi offrant de réelles perspectives d’avenir à la jeunesse de notre pays

Culture
THEATRE AMATEUR

Le Théâtre amateur, organisé par SCENOBLIQUE se donne en spectacle du 7 au 9 avril, à St Parres aux Tertres et la Madeleine.
Son succès ne se dément pas d'année en année ce qui prouve la vigueur de ce théâtre-là, qu'on dit amateur, mot d'amour et de passion. On l'a vu lors des représentations de la Marguerite à St Parres aux Tertres (Comédiens de l'Aube) ou de l'Atelier de J.C Grumberg (Cie Christodile) au Théâtre de la Madeleine.

La pièce de Salacrou a été montée par Régis Henry qui dirige les Comédiens de l'Aube. Il s'est, bien entendu, octroyé le premier rôle comme si Salacrou l'avait écrit pour lui. Comme la salle était pleine, il en a profité pour être excellent dans ce personnage misogyne, méchant, fou, vieux et aveugle dont la seule obsession est le retour de son fils mort en mer. Le destin va lui donner un substitut en la personne d'un marin vagabond qui n'en peut mais. Robert Triché est impeccable dans son nouveau destin de fils " adopté ". Marguerite (Brigitte Vinot) qui a pris un amant en la personne du médecin (Yvon Perrin) subit la mauvaise humeur du vieux malgré son zèle à le soigner. La fausseté de la situation permet à Salacrou de montrer l'absurdité angoissante de la mort. Que Marguerite écarte le médecin (qui a perdu aussi son rôle de soignant), qu'elle remplace le père dans son attente d'un retour impossible du mari, cela ne fait pas une fin morale comme dans les feuilletons bien pensants. Mais cela donne à penser comme on dit.
Le théâtre de Salacrou qui dénonce souvent les injustices sociales brosse là des personnages énigmatiques, ambigus. Il pose par exemple, sans la résoudre (que le spectateur travaille un peu lui aussi !), la question que le metteur en scène rappelle dans sa présentation "L'amour est-il plus fort que la mort l ? ".
Les Comédiens de l'Aube pratiquent un théâtre amateur de qualité comme leur directeur l'a toute sa vie adopté.
Il est évident que ce théâtre se porte bien dans l'Aube, qu'il a son public nombreux et motivé, comportant ses réseaux et ses aides, modestes cependant quand il s'agit de financements, modestes aussi dans les moyens techniques mis à leur disposition (salles, techniciens…) Ce théâtre refuse très souvent les spectacles aguicheurs, à la limite de la grossièreté, comme le pratiquent quelques troupes (parfois dites professionnelles et subventionnées) qui confondent populaire et populacier.
Régis Henry et sa troupe seront de nouveau sur scène les 12 et 18 mai pour dire des poèmes de René Guy Cadou, poète entre autres de la Résistance.

Jean Lefèvre