La Dépêche de l'Aube n°706 du Jeudi 3 avril 2003 La Dépêche de l'Aube n°706 du Jeudi 3 avril 2003

La dépêche de l'Aube n°706 du Jeudi 3 avril 2003

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FILLON à Troyes
Les ministres se succèdent mais les problèmes demeurent
François Fillon, ministre des affaires sociales du travail et de la solidarité sera en visite à Troyes lundi prochain.
Il succède à Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, Hervé Guémard, Ministre de l’Agriculture, François Matteï, Ministre de la Santé, J.Pierre Raffarin, Premier Ministre et Dominique Perben, Ministre de la Justice.
Même Jacques Chirac, le Président de la République n’a pas omis de rendre une visite de courtoisie à François Baroin.
Mais en dehors d’opérations de communication visant à obtenir l’adhésion des salariés et de la populatin à leur politique, ces visites n’ont apporté aucune réponse et solution aux problèmes rencontrés dans notre département.
Les Jacquemard, Sorotex, Agofroy, D.D sont jetés à la rue comme des kleneexs, mais de la part de ces ministres pas un mot, pas la moindre rencontre avec les salariés et leurs organisations syndicales. Il est vrai qu’ils sont d’un gouvernement qui casse l’emploi et s’attaque aux droits des salariés, qui baisse l’impôt des grandes fortunes tout en faisant les poches des personnes âgées plus fragiles en remettant en cause l’aide personalisée à l’autonomie (APA).
François.Fillon caractérise bien cette politique de droite.
Ministre de l’emploi ? Le chômage n’arrête pas d’augmenter et chaque jour qui passe nous annonce des centaines et des centaines de suppressions d’emplois. Les salariés aubois en savent quelque chose. François Fillon, c’est la remise en cause des trente cinq heures et

des articles anti-licenciements de la loi de modernisation sociale, c’est le refus d’un coup de pouce au smic et aux minima sociaux.
Ministre des affaires sociales ? Il s’est attaqué à la CMU pour en réduire la portée pour les plus démunis et aujourd’hui François Fillon à la retraite dans le colimateur.
Ministre de la solidarité ? Les personnes âgées les plus fragiles sont sa cible. Après avoir souvent travaillées très tôt et très dur, aujourd’hui en situation de dépendance, elles vont devoir avec la réforme de l’APA mettre la main à la poche pour bénéficier d’un peu d’aide afin de mieux vivre leur handicap. Alors que dans bien des cas, les conditions d’accueil en maison de retraite sont à la limite de l’acceptable pour les personnes âgées et les personnels, François Fillon supprime les crédits prévus pour commencer à changer cette situation. En fait cette visite ministérielle, comme les autres sera un non évènement pour les auboises et les aubois qui ont tant besoin de changement dans leur vie de tous les jours. Ils et elles peuvent compter sur le PCF, ses militants et ses élus pour s’opposer aux mauvais coups d’une droite qui ne rêve que de revanche mais aussi pour construire dans le dialogue, l’échange et l’action une alternative progressiste à cette politique toute faite pour le Medef. D’ores et déjà, ils mettent à la disposition de la population une pétition pour s’opposer à la casse de l’APA..


Joë Triché.

Stop à la guerre

Un déferlement de feu s’abat sur l’Irak

Un déferlement de feu s'abat sur l'Irak. Comme prévu, on nous assène la litanie des commentaires. Et c'est précisément ce "comme prévu" qui reste en travers de la gorge des peuples du monde entier, de tous ceux qui, par centaines de milliers, manifestent leur condamnation ferme de l'engagement américain. Rien n'était fatal et rien ne l'est pour demain. Qui peut en effet véritablement prévoir les conséquences de la décision de Washington de déclencher la guerre au mépris de tout, du droit international, des opinions publiques, de la très grande majorité des gouvernements de la planète.
La Maison-Blanche parle encore d'une guerre "aussi propre que possible". Comme si la sophistication technologique des armes pouvait rendre virtuelle l'horreur de la guerre, on vient d'en avoir un exemple saisissant sur le marché de Bagdad. Comme si on voulait nous faire oublier que vingt-trois millions d'Irakiens et quelques centaines de milliers de bidasses américains et anglais sont plongés dans un terrible cauchemar, vivent la peur au ventre, en seront à jamais traumatisés. Qui connaît aujourd'hui la profondeur des déchirures que cette guerre est en train de creuser, sans même parler des morts qu'elle laissera à jamais sur le bord de la route. N'oublions jamais en ces heures tragiques cette voix off que l'on entend dans le film de
Jean-Luc Godard, For ever Mozart: "La guerre, c'est simple. C'est faire entrer un morceau de fer dans un

morceau de chair".
Cette guerre pouvait être évitée
Elle doit cesser. L'arrogance américaine n'est pas devenue plus supportable avec l'engagement des hostilités. Elle reste tout aussi dangereuse pour la suite des événements. La mobilisation des manifestants antiguerre en France, en Europe, dans le monde est plus salutaire que jamais. Elle peut aujourd'hui prévenir le pire, empêcher que les catastrophes annoncées ne deviennent réalités.
La guerre engagée est illégale
Rien ne peut justifier que le coup de force des Etats-Unis, qui vise à mettre le monde entier devant le fait accompli, soit demain d'une manière ou d'une autre légitimé ou pour le moins entériné. Toute solution au conflit doit être recherchée dans le cadre de l'ONU. Celle-ci doit non seulement garantir le respect de l'intégrité territoriale de l'Irak mais aussi et surtout la souveraineté du peuple irakien sur toutes les décisions qui engageront l'avenir de son pays. La pérennisation de l'occupation américaine sous une forme ou sous une autre ne peut être acceptée. Le combat pour la paix en Irak est plus que jamais un combat pour l'émergence d'une autre vision du monde.

LD

Congrès départemental

Après les conférences de section qui avaient rassemblé cent cinq communistes, s’est tenu samedi dernier le congrès départemental.
Durant cette journée, les cinquante trois délégués se sont attachés à construire ensemble, des orientations claires et identifiables ainsi qu'à élire leur nouvelle direction départementale.
Le 32ème congrès se prépare dans le cadre de nos nouveaux statuts. Le pluralisme de droit qu'il permet s'est traduit par des textes alternatifs. Même si, à l'occasion du vote de la base commune, c'est le texte proposé par le Conseil national qui a obtenu une large majorité dans le département de l'Aube, les propositions alternatives restent toujours en débat. C'est donc tout naturellement qu'un certain nombre de délégués ont défendu les choix alternatifs qui ont été adoptés à leur conférence de section. Et cela n'a pas été en vain, puisque sur les trente six amendements adoptés par les conférences de section, vingt et un ont été également approuvés par le Congrès départemental au terme de débats fort intéressants, francs et fraternels. Il en ressort une base commune largement enrichie de la réflexion des communistes aubois qui a été adopté par 77,27% des congressistes. 2,27% votant contre et 20,45% s'abstenant.
Bien entendu ce Congrès départemental n'était pas coupé de l'actualité. Dans son introduction aux travaux, le rapporteur a rappelé bien sûr l'agression américaine sur le peuple irakien, ainsi que l'aggravation des questions sociales et économiques dans notre pays. Il a notamment précisé que contrairement à ce qu'affirmaient certains, le consensus contre la guerre n'entraîne pas, en France, de consensus autour de la politique du pouvoir et du patronat en particulier en matière économique et sociale. Bien au contraire. Si

Raffarin nous dit que pendant la guerre les réformes continuent, force est de constater que les mobilisations aussi.
Face à ce bouleversement international prémédité par l'impérialisme américain, face à cette droite qui a tous les pouvoirs et qui va profiter de la situation pour accélérer la régression sociale dans notre pays, le PCF à de lourdes responsabilités. C'est pourquoi dans le prolongement du Congrès départemental, le Congrès national doit permettre d'opérer les choix, qui redonneront au Parti communiste français force et caractère afin qu'il influe à nouveau sur le mouvement populaire pour donner corps et esprit à une dynamique de transformation sociale dans notre pays et en Europe.
Tout est entre nos mains - même si nous le savons un congrès ne règle pas tout - pour que des décisions soient prises pour écrire une nouvelle page du communisme et de l'histoire d'un parti pour lequel nous avons craint, mais dont nous sommes fiers.

J.P Cornevin

Le Congrès départemental a procédé à l'élection de la nouvelle direction départementale qui se compose de 16 femmes et 19 hommes.
10 nouveaux camarades font leur entrée au Conseil départemental.
Jean Pierre Cornevin a été réelu secrétaire départemental.
André Raffy est le nouveau trésorier de la fédération.
La délégation auboise au congrès national : D Bourbon, F Cheik, JP Cornevin, P Mathieu, J Moroy, Ph Wagner, A Zajac.

Humeurs

Courroie de transmission....
Je lisais dans le journal de lundi "le coup de gueule" des syndicalistes CFDT contre les élus du département "trop résignés par rapport à la crise du textile". "À une exception cependant", ajoutaient-ils. On est impatient de savoir qui.
Un élu communiste peut-être. Ceux-ci sont souvent montés au créneau, non pas pour chipoter sur l'application d'un plan social rimant toujours avec brutal, mais pour proposer un plan global de reclassement et de formation (1). Ils ont fait venir Robert Hue sur ce sujet et des syndicalistes haut de gamme. Ils ont organisé de nombreuses conférences de presse chaque fois qu'une usine battait de l'aile et dieu sait (sinon Marx) si les coups durs tombent actuellement, comme à Gravelotte autrefois, les balles prussiennes. Un historien communiste a même écrit un livre sur l'avenir du textile, auquel il croit, comme quoi le passé peut nourrir le futur.
Il faut le constater, ces élus et travaux n'ont pas été vus ni signalés par aucun sémaphore de la CFDT. Normal, me direz-vous, un syndicaliste ne fait pas de politique et reste strictement indépendant des partis. L'élu remarqué par eux est le président d' "Action" (2), Jean Pierre Chérain. Mais attention, ils l'ont vu en tant que Président de cette structure et en tant que Conseiller Général, pas en tant que socialiste !
On rigole ! Est-ce que la fameuse "courroie de transmission" qui a sauté entre la CGT et le PCF aurait trouvé place dans un autre engrenage ? Il faudrait demander au journaliste Jorge D'hulst s'il s'en est aperçu, lui qui en témoigne si souvent.

(1) lire «Ecoutez-voir»
(2) association paritaire pour le textile.


Malicette

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Ecoutez-voir

Vous avez dit syndicat apolitique ?....
En lisant Libération - Champagne de lundi dernier, j'ai été stupéfait par le manque flagrant d'objectivité de deux responsables nationaux de la CFDT. Ces derniers se plaignent du manque de réaction des élus aubois sur le problème de la crise du textile, à une exception près, précisent -ils, celle de JP Chérain. N'auraient-ils donc pas eu connaissance des multiples initiatives mises en œuvre par les élus communistes aubois sur ce problème du textile ? Les élus communistes ont été de tous les combats, depuis les premières délocalisations d'entreprises il y a une quinzaine d'année. Ils sont à l'origine de la loi anti-délocalisation sur laquelle ont d'ailleurs travaillé avec eux des salariés du textile aubois. Une loi qui n'a jamais trouvé grâce au yeux de la majorité socialiste à l'Assemblée nationale. Pour m’en tenir qu’à la dernière période, lors de la lutte des salariés de Aubelin, deux sénateurs communistes sont venus soutenir les salariés qui occupaient leurs usines de Bar/Seine et de Chaource. Cette rencontre c'est traduite par une intervention de l'un des deux sénateurs lors d'une session du Sénat et part une grande manifestation à Bar/Seine où tous les commerçants avaient tiré leur rideau en solidarité avec les salariés. Plus récemment, Joé Triché et Pierre Mathieu, respectivement Conseiller général et régional communistes ont multiplié les démarches pour faire aboutir des mesures répondant à l'attente des salariés de Jacquemard en proie à des mesures de licenciements collectifs. Afin de bien éclairer les enjeux économiques, ils ont organisé une rencontre avec un économiste communiste, à laquelle des représentants de la CFDT ont participé. Dans la foulée ils ont obtenu que se tienne une table ronde rassemblant en préfecture tous les acteurs économiques et sociaux pour trouver des solutions progressistes sur ce dossier. Toujours sur ce douloureux dossier, F Wurtz député communiste Européen à écrit à Romano Prodi, président de la commission européenne, qui lui a répondu personnellement. Pas une semaine ne se passe sans qu'un tract informant des problèmes du textile soit distribué aux portes des entreprises. Pas une réunion du Conseil général ou régional sans que nos élus évoquent le dossier textile. Ignorer l'engagement des militants et des élus communistes auprès des salariés du textile ainsi que leurs interventions dans toutes les assemblées où ils siègent, ce n'est pas de la part de responsable nationaux CFDT un manque d'information, mais un manque total d'objectivité qui est inquiétant notamment pour un syndicat qui se dit apolitique.


JPC

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Emplois-jeunes
Une proposition communiste

Un plan de licenciements si vaste qu’il concernerait à lui seul des dizaines, voire des centaines de milliers d’emplois, touchant tous les départements, fragilisant des institutions aussi solides que l’Education nationale et sinistrant l’activité associative et sportive à l’échelle du pays, qui pourrait l’imaginer ?
Une mise à mort programmée
C'est bien pourtant ce qui se prépare avec la mise à mort programmée du plan emploi-jeunes par le gouvernement. Une extinction par étape, avec, dès la fin de l'année scolaire, 20 000 à 22 000 jeunes qui iront pointer au chômage et à laquelle s'opposent les députés communistes parmi lesquels Pierre Goldberg, Marie-George Buffet et Maxime Gremetz. Tous trois viennent de présenter une proposition de loi signée de l'ensemble des membres du groupe à l'Assemblée nationale. "Et encore s'agit-il uniquement des jeunes à qui rien n'a été proposé", a précisé Maxime Gremetz, signifiant par là que le chiffrage cité n'inclut pas la totalité des emplois supprimés. Pour toute réponse, le gouvernement avance la création des assistants d'éducation, dont le projet consiste en fait à supprimer des postes, à commencer par ceux des aides-éducateurs et à refondre le statut des surveillants en alourdissant leur charge de travail. "Une régression", a commenté Marie-George Buffet. Quant aux contrats-jeunes chers à François Fillon, ce dernier joue "l'idiot" en les présentant comme une solution pour ces jeunes, selon Maxime Gremetz, car "il sait pertinemment que ces contrats s'adressent à une population différente".


Pour Marie-George Buffet, on est face "à un véritable gâchis". Au fondement du dispositif, il y avait la volonté de créer de nouveaux métiers, correspondant à de vrais nouveaux besoins. La disparition de ces emplois va être un drame pour ces jeunes auxquels le privé ne s'intéresse pas mais aussi pour les collectivités, les associations et les clubs sportifs.
Avec les intéressés eux-mêmes
Pour bâtir leur loi, les élus communistes se sont adressés aux intéressés eux-mêmes, "avec qui nous luttons maintenant depuis près de deux ans pour la pérennisation de leur emploi", a précisé Pierre Goldberg, premier signataire de la proposition. Il s'agit d'une proposition "citoyenne, construite sur des expériences professionnelles, des exemples de vie" et qui se divisent en deux articles.
Le premier, qui propose que tout emploi-jeune puisse "bénéficier de mesures à durée indéterminée", incluant notamment l'exonération des cotisations sociales aux associations qui l'emploient, le déblocage de "moyens suffisants à une réelle formation professionnelle" et, pour ce qui concerne le secteur public "l'intégration définitive de ces emplois au grade et statut correspondant".
Et le second, qui propose pour financer ces mesures favorables à l'emploi, de mettre à contribution l'argent qui s'accumule à son détriment, grandes fortunes et bénéfices boursiers. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement: il lui appartient désormais de donner suite, ou pas, à cette proposition de loi

 

Fonction publique
dans le collimateur de la droite.

La marmite de la fonction publique bout et le couvercle pourrait bien sauter.
Les fonctionnaires sont dans la ligne de mire du gouvernement à quatre titres: salaires, retraites, effectifs, privatisations ou abandons des missions. Autant dire que Jean-Pierre Rafffarin a décidé d'en faire une cible privilégiée et qu'avec eux c'est tout le dispositif public de notre pays qui est visé.
2003 : une année blanche pour la feuille de paie
Salaires et retraites: en annonçant qu'il reporte toute discussion salariale à l'automne après la conclusion de la réforme des retraites, le gouvernement vient de décréter que 2003 devrait être une année blanche pour la feuille de paie de quatre millions et demi de fonctionnaires. En clair, cela s'appelle un blocage des salaires. En fait, le deal mis sur la table est clair. Le gouvernement dit aux fonctionnaires: vous acceptez un recul de vos droits à la retraite et après on pourra éventuellement discuter salaires. Blocage plus chantage, le gouvernement ne manque pas d'air.
Une réforme pour la baisse des effectifs
Effectifs et missions: Francis Mer a reconnu que les projets de réforme de la fonction publique visaient "une certaine diminution du nombre d'effectifs". En vérité, des dizaines de milliers d'emplois sont sur la sellette. L'écrasement des effectifs budgétaires publics a partie liée avec une conception de la "décentralisation" qui ne vise pas à rapprocher les services publics des citoyens et des territoires mais qui fait de la décentralisation un prétexte pour remodeler les emplois publics, précariser

le recrutement, les statuts, le champ de leurs missions.
Ces attaques frontales contre les fonctionnaires sont doublement inacceptables. En premier lieu, elles exercent une pression inadmissible sur les conditions de vie et de travail d'agents largement dévoués à des missions d'intérêt général. Elles constituent à leur égard un manque total de respect. En second lieu, elles servent un projet destructeur pour les solidarités sociales et territoriales de notre pays. Le gouvernement joue la division, transforme les fonctionnaires en boucs émissaires pour mieux cacher qu'il s'attaque à une certaine conception de la France et de la République et tout spécialement aux valeurs d'égalité qui la traversent.
Des réformes sont nécessaires
Que l'État français et sa fonction publique aient besoin de profondes réformes, soit, mais ce devrait être pour prendre la direction exactement inverse à celle empruntée par le gouvernement. Plus d'efficacité, oui, mais dans la lutte contre les inégalités. Et vu l'ampleur de celles-ci, on voit mal comment y parvenir sans investir dans l'emploi, donc le recrutement massif, au moment de très nombreux départs en retraite, sans parier sur la qualification donc les salaires et la formation, sans élargir l'accès aux droits donc les missions et le champ d'intervention des services publics.
Il ne suffit pas de porter haut la voix de la France dans le monde, encore faut-il ne pas casser ce qui fait sa force


GD

Mondialisation
L’eau n’est pas à vendre

Le forum mondial de l’eau, création de la Banque mondiale et des grandes sociétés de l’eau, vient de se réunir à Kyoto pour sa rituelle célébration de l‘or bleu. Objectif : comment mieux mettre l’eau en marchandise ?
En contrepoint, 1500 citoyens du monde, dont près de 150 Français, viennent d'écrire à Florence un nouveau chapitre de l'altermondialisation : comment répondre aux besoins planétaires sans compromettre l'avenir, par d'autres voies que celles qui conduisent à une aggravation des inégalités et de vraies catastrophes écologiques ?
Contexte italien brûlant : une loi Berlusconi prévoit de privatiser les compagnies de l'eau italiennes d'ici deux ans.
Contexte international non moins explosif: la guerre en Irak n'a pas été évacuée du débat, bien au contraire: deux semaines de conflit vont coûter de soixante à cent milliards de dollars alors qu'il suffirait de onze à quatre-vingt milliards de dollars pour assurer l'eau potable et l'assainissement aux habitants de la planète qui en sont privés.
Le forum alternatif mondial de l'eau a été un foisonnement d'idées, de propositions concrètes, de décisions, en prise directe avec la situation planétaire dramatique: dévastation des eaux douces superficielles ou profondes, pollution des eaux salées, inégalités croissantes d'accès à l'eau potable, nombre grandissant

de peuples souffrant de stress hydrique. Pendant deux jours, ateliers, séminaires et plénières ont réuni militants associatifs, élus et simples citoyens, majoritairement jeunes, avides de connaître, de débattre, de construire leur avenir.
Ainsi la table ronde des mouvements sociaux a commencé à mettre au point un Agenda de prévention des futurs conflits de l'eau liés à la pénurie et à la volonté de domination des pays riches et de leurs multinationales sur l'eau comme sur le pétrole.
Les parlementaires ont proposé la création d'un Parlement mondial de l'eau, via la constitution d'un réseau de parlementaires. Ils ont aussi débattu des moyens de mettre à contribution les pays riches pour constituer un fonds de solidarité évitant aux pays pauvres d'en passer par les fourches caudines des investisseurs privés.
Le séminaire sur le droit à l'eau a planché sur une organisation de la démocratie participative pour la gestion de l'eau passant par une charte mondiale du droit à l'eau, un label social et écologique planétaire, une justice de l'eau, une agence de l'eau liée à l'ONU.
Événement après événement, forum après forum, le mouvement altermondialiste élargit son champ d'action. Il passe de l'opposition à la proposition, contribuant ainsi à construire la politique autrement.