La Dépêche de l'Aube n°653 du 28 mars 2002.......La Dépêche de l'Aube n°653 du 28 mars 2002

La dépêche de l'Aube n°653 du Jeudi 28 mars 2002

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L'énergie est un droit, pas une marchandise

Les reculs de Barcelone


Les 15 et 16 mars à Barcelone, la décision de libéralisation/déréglementation des services publics de l'énergie, des transports et des télécommunications, de "flexibilisation du marché du travail" et de financement des retraites via les fonds de pension et la Bourse, n’est pas passée inaperçue.
300.000 personnes, la veille sur place, et 25.000 à Paris en soutien, se sont rassemblées. Elles signifiaient aux quinze chefs d'États et de gouvernements de l'Union européenne qu'elles ne veulent pas subir le sort des salariés de l'entreprise américaine Enron, qui ont perdu toutes leurs économies et leurs retraites, ou celui des habitants de la Californie, que les entreprises privatisées ne peuvent pas livrer en électricité, faute d'investissements.
Non à l’engrenage de la privatisation
Robert Hue, qui était présent à la manifestation de Paris, comme il l'était à Bruxelles en décembre 2001, a réagi en dénonçant "le doigt mis dans l'engrenage de la privatisation. Le compromis voulu par le Sommet prend en compte la conjoncture électorale de la France. Je vois bien que c'est reculer pour mieux sauter. Je me battrai, nous nous battrons pour que EDF-GDF ne soit pas privatisée." Le danger est réel et l'inquiétude est légitime : une droite dure donne de la voix en Italie, en Autriche, au Danemark, en Espagne. Le texte de Barcelone engage l'Union dans "le processus irréversible des réformes économiques", selon le président du Conseil espagnol, José-Maria Aznar, qui en fait sa priorité, pendant que le travailliste britannique Tony Blair signe avec l'ultra-conservateur italien Silvio Berlusconi un "manifeste libéral". En France, malgré la tentative de Jacques Chirac et de Lionel Jospin de minimiser le recul concédé de concert au libéralisme économique, l'attaque est frontale. Jacques Chirac a un programme ultra conservateur, inspiré par le Medef du baron Seillière : privatisation totale d'Air France et de France Télécom, ouverture du capital à EDF ou à la SNCF, attaques contre le statut de la fonction publique, etc. Et une partie de la gauche européenne - au nom d'un pseudo-modernisme - milite aussi activement pour la mise en concurrence à tous crins. Sans que Lionel Jospin ne démente, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry ou Laurent Fabius appellent à de nouvelles privatisations.
Le droit à l’énergie pour tous
L'ampleur des besoins à satisfaire, la dépendance énergétique de l'Europe qui va s'aggraver exigent des pouvoirs publics la mise en œuvre d'une politique garantissant le droit à l'énergie pour tous. Économie

d'énergies, diversifications des productions, efforts de recherche dans tous les domaines, environnement, maîtrise des déchets, coopérations indispensables, autant de questions autour de la filière énergétique qui appellent l'intervention de politiques publiques avec des droits nouveaux pour les salariés et les usagers. Ce que ne peuvent assumer les orientations libérales ou sociales libérales de mise en concurrence et de rentabilité à court terme. Le candidat communiste, Robert Hue, est catégoriquement contre la privatisation d'EDF-GDF et pour le gel immédiat des directives européennes.
Il propose de renforcer les missions d'intérêt général au bénéfice des usagers, sur tout le territoire, pour combattre les inégalités et favoriser un développement harmonieux des régions, respectueux de l'environnement et du cadre de vie.
Il demande qu'on arrête les déréglementations et que l'on fasse le bilan, tant du point de vue de la qualité et du coût du service rendu aux usagers, que des conditions de travail et d'emploi des agents.
Il propose que la politique énergétique française fasse l'objet d'un vaste débat public, transparent, citoyen qui associe usagers, personnels et élus.
Il insiste, face aux graves reculs existants, sur la nécessité de contester les contraintes du pacte de stabilité, de demander la renégociation du traité de Maastricht afin de transformer les missions de la Banque centrale européenne et de libérer la dépense publique pour investir dans l'avenir des nouvelles générations.
Les reculs de Barcelone :
Les services publics à la Française et le principe de péréquation qui permettent l'égalité d'accès à l'électricité pour tous les Français sont menacés: une "clause de rendez-vous" imposée par Bruxelles prévoit que dès le printemps 2003 (dans un an) les Quinze devront examiner les moyens d'inclure les particuliers dans le champ de la déréglementation.
La régulation par le marché financier et son corollaire, l'introduction des critères de rendements financiers dans les services publics de réseaux sont privilégiés.
Le "service universel" est limité à ne pas priver d'électricité les foyers les plus fragiles et ne veut rien entendre de la péréquation qui, au mépris de l'aménagement du territoire, vient d'être repoussée au Parlement européen.


Retraites
Montée en puissance des fonds de pensions...Jacques Chirac applaudit, Lionel Jospin justifie...

Jeudi 21 mars, les retraités ont manifesté partout en France pour la défense et l’avenir des retraites. Ils étaient plus de 300 à Troyes à participer à cette journée nationale d’action.
Le libéralisme fait roi
À Barcelone, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont adopté un texte - paraphé par les deux têtes de l'exécutif français - prévoyant une "flexibilisation du marché du travail", avec les conséquences néfastes que l'on connaît sur le financement de la protection sociale. Une remise à plat des retraites est envisagée avec la montée en puissance des fonds de pension pour financer les retraites via la Bourse. Le texte des Quinze recommande d'augmenter de cinq ans l'âge moyen de la cessation d'activité pour le porter à 63 ans, voire 65 ans.
Actuellement il est en moyenne de 58 ans. Jacques Chirac, s'inspirant du programme du Medef, applaudit. Lionel Jospin estime que cette démarche est justifiée. Il s'agirait, selon le candidat du PS, "de freiner le recours aux préretraites, ce qui aidera à financer les retraites dont l'âge légal reste fixé à 60 ans." Mais déjà Laurent Fabius parle de nécessaires "sacrifices". L'exemple des retraites - il y en a d'autres - montre que le sommet de Barcelone a engagé l'Union européenne "dans le processus irréversible des réformes économiques" d'inspiration libérale, voir ultra-libérale.
Le financement des retraites est possible sans les fonds de pension
Il n'y a pas de scénario-catastrophe. Les statistiques publiées par l'Insee, révélant un taux de natalité de 1,9 enfants par femme actuellement, montrent que, dans la catastrophe annoncée du soi-disant non renouvellement

des générations, il y du bluff politicien. Et à propos de la diminution du nombre d'actifs conduisant à un soit disant inéluctable déficit de financement, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a estimé à 4 points de PIB (richesses créées) la part de richesses supplémentaires à consacrer aux retraites en 2040. Cela n'a rien d'extraordinaire quand on sait que d'ici là ledit PIB aura doublé. Il ne faut donc pas négliger l'impact de l'emploi et la nécessaire lutte contre le chômage, ni les mutations et les mouvements qui traversent la population, pas plus que l'apport des retraités à la société. Et la nécessaire solidarité des revenus financiers ? En quoi serait-il impossible ou "anti économique" de demander aux profits boursiers (347 milliards d'euros, soit 2.250 milliards de francs en 2000) d'assumer leur devoir de solidarité au même titre et au même taux que les salaires ? Leur proportion dans les richesses créées est en constante progression. Ils sont dispensés actuellement de prélèvements. En réinjecter une partie dans l'économie ne soutiendrait-il pas la croissance et l'emploi ?
Robert Hue, seul candidat à porter cette idée sans concession à la toute puissance des marchés financiers, se donne, sans tricher, les moyens de ses propositions. On peut, en effet, garantir aux générations d'après-guerre une retraite à 60 ans avec un taux de remplacement - accompagnant un relèvement des pensions actuelles - de 75% des derniers salaires. On peut dans l'immédiat permettre aux salarié-e-s totalisant 40 annuités de cotisations de choisir la retraite avant 60 ans. Le 21 avril, il s'agira bien de peser pour que la gauche reste à gauche. Seul le bulletin de vote pour Robert Hue a cette utilité .


Marie-Georges Buffet Secrétaire nationale du Parti communiste français

Meeting de soutien à Robert Hue

Vendredi 12 avril à 19 h
«Maison pour Tous»
à Sainte-Savine
avec
Marie-Georges
BUFFET
Secrétaire nationale du Parti communiste français

La France c'est vous "robert Hue 2002 le vote efficaceLa France c'est vous "robert Hue 2002 le vote efficace

Humeurs

Différence

Un sondage prétend que 75 % des Français et des Françaises confondent le programme Jospin et le programme Chirac. «C’est un peu comme Libé et l’Est-Eclair», laisse tomber une de mes amies du genre asticotant. Je lui réponds aussitôt qu’elle est vraiment nulle, vu que les couleurs sont différentes et même opposées comme rouge et bleu et comme révolution et réaction. Oui mais à l’intérieur, coco, elle ricane, ce sont les mêmes pages : sports, spectacles, chiens écrasés, tout pareil de A jusqu’à Z et la preuve de ce que j’avance, leur horoscope à la con qui donne à tous le même avenir. Elle ajoute même fielleusement que ce sont les mêmes morts en page 24 parce qu’ils ne sont pas foutus d’avoir chacun leurs morts à eux. La seule chose qui distingue les deux titres, elle me concède, c’est le lecteur.
Le lecteur de droite ne renifle que le bleu et l’autre ne fonce que vers le rouge, et s’il y a deux titres, c’est que les gros du haut, ceux qui tirent les ficelles, veulent conserver le plus possible de lecteurs.
Je lui dis qu’en effet (car je ne vais tout de même pas me fâcher pour des choses aussi futiles), beaucoup de pages sont semblables par pure économie : moins d’encre perdue, moins de machines, moins de personnel, moins de SAstiquette m’arrête net : je te parle politique, ma grosse (là, elle y va fort, je n’ai repris que 600 g depuis que je ne fume plus). Que ce soit Libé ou l’Est, Jospin ou Chirac, ils ont au-dessus d’eux les gros capitalistes qui ne capitulent pas pour nous donner des coups. Chirac au veston bleu veut nous retraiter par capitalisation et Jospin aux joues roses le veut par l’épargne populaire. C’est du presque pareil au même. Nous, c’est la retraite après 40 années de cotises qu’il nous faut et des salaires meilleurs et qu’on mette le nez dans leurs comptes aux patrons et qu’on n’accepte pas les licenciements. Tout le reste c’est du blabla le plus plat. C’est pour te faire parler ma grande (et là, mon Astiquette se redresse), tu as raison, la vraie différence se trouve dans ce que les gens obtiendront en se battant. Hue donc !


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Malicette

Ecoutez-voir ...

• Tolérance "Zéro"...
Distribution au marché. Je tombe sur un type, cravate et tout. Il fulmine et parfois, c¹est de la bonne fumée, venue d’un bon feu de colère. J’écoute. Tous ces jeunes, il me dit, qui font des mauvais coups, il faudrait les remmener chez eux avec toute leur famille. Ça serait qu’moi ! J’leur apprendrai à vivre, tiens ! Tolérance zéro, nom de dieu.
Ça c’est bien vrai, je lui dis. Regardez Chirac avec toutes ses magouilles aux HLM de Paris, direct la Corrèze ce type avec Bernadette et toute sa smala. Tolérance zéro.
Le type a refusé de rigoler..

Malicette

Elections présidentielles

Robert Hue

 

 

 

 

La France c'est vous "robert Hue 2002 le vote efficaceLa France c'est vous "robert Hue 2002 le vote efficace
"Le 22 avril au matin, je ne quitterrai pas pas la scène"

"Le chômage et la précarité sont de véritables cancers"

Le risque existe, très sérieux et très préoccupant pour l'avenir, de voir une très forte proportion des électrices et des électeurs s'abstenir le 21 avril.
S'abstenir ou, pour certains, choisir un vote "refuge" afin de manifester leur légitime désapprobation de la campagne telle qu'elle se mène. Il s'agit, notamment, du vote Arlette Laguiller. Robert Hue le dit sans détours : "Je comprends et je partage les indignations d'Arlette Laguiller devant les injustices et la misère qui minent véritablement la société française. Nous sommes très nombreux - des centaines de milliers - à nous indigner pareillement.
Au-delà de l'indignation, que faut-il faire ?
Moi, j'ai choisi d'être présent dans la vie politique et dans les mouvements sociaux en toutes circonstances, pour arracher tout ce qui peut être utile - si peu que ce soit - à l'amélioration de la vie des Françaises et des Français. Ce n'est pas facile. On prend des coups, j'en sais quelque chose, mais je ne renoncerai jamais. Autrement dit, je suis présent dans cette campagne électorale et, le 22 avril au matin, je ne quitterai pas la scène: je continuerai de me battre. Je ne lui fais pas de procès d'intention, mais Arlette Laguiller ne fera pas comme moi. Elle le dit d'ailleurs très clairement: droite et gauche, c'est la même chose et il n'y a rien, absolument rien, selon elle, à attendre des résultats du scrutin. Alors ? Il faudrait manifester sa colère en votant pour elle et puis, ensuite, courber le dos, renoncer et finalement subir ? Et puis, même en termes de protestation, quand voyons-nous Arlette Laguiller dans la rue ? Uniquement dans les occasions où je prends l'initiative, comme à Calais et à Paris ces derniers mois, d'organiser des manifestations. Encore une fois, ce n'est pas la candidate Arlette Laguiller qui me préoccupe : c'est l'impasse politique et sociale qu'elle propose. Et cela m'inquiète pour une raison majeure : c'est que ce n'est pas bon, pas utile, pas efficace pour celles et ceux qui souffrent et qui attendent que les choses changent en leur faveur. Et c'est à cela que, personnellement, je veux être utile en mettant le meilleur de moi-même dans la campagne électorale et, au-delà, dans le combat politique permanent, sur tous les terrains où se jouent la vie quotidienne et l'avenir des Françaises et des Français»

La question de l'emploi est au centre des débats que Robert Hue mène à travers toute la France. Il a ainsi rencontré 30.000 personnes depuis le début de sa campagne.
Pour le candidat communiste, "traiter de cette question sans jamais parler des règles de fer du pacte de stabilité, de la Banque centrale européenne et des exigences des marchés financiers, des actionnaires, c'est "du pipeau".Moi je dis qu'il faut, qu'il est possible de se fixer pour objectif la "tolérance zéro" en matière de chômage. Pour une raison simple: le chômage et la précarité sont de véritables cancers, qui ruinent le présent et hypothèquent l'avenir. Tout le monde en est victime: les salariés les plus modestes, les cadres et techniciens, les chercheurs et les intellectuels ! Quel gâchis d'intelligences, de savoir-faire, de compétences ! On le voit aujourd'hui avec l'irrésistible ascension des mouvements anti-mondialisation capitaliste. Pour moi, et Barcelone vient d'en fournir un éclatant exemple - l'avenir n'est pas du côté de ceux qui considèrent l'emploi comme une simple "variable d'ajustement"; au gré des seules exigences de rentabilité financière.
Je ne dis pas : "demain on rase gratis" à ce sujet
Par contre, j'affirme que l'on ne peut se contenter de "demi-mesures", de "solutions" à la marge, qui laissent intactes la toute puissance des marchés financiers sur l'activité économique et sur l'emploi. Et j'ajoute que les défis technologiques contemporains exigent obligatoirement de penser dans des termes inédits les questions de la formation, de l'accès à l'emploi, du passage de l'un à l'autre tout au long de la vie. D'où ma proposition d'un système sécurisant le parcours de tous les salariés, et leur permettant ce passage tout au long de la vie avec le maintien de leurs garanties, de leurs acquis, du point de vue social aussi bien que professionnel. Voilà pourquoi je me bats dans cette campagne. Voilà l'enjeu fondamental du premier tour. Si la droite est battue - comme je le souhaite - il faut que la gauche soit obligée de les prendre en compte et de faire des choix politiques neufs, et véritablement à gauche»

La France c'est vous "robert Hue 2002 le vote efficaceLa France c'est vous "robert Hue 2002 le vote efficace