La dépêche de l'Aube n°603 du Jeudi 12 avril 2001

Tous à Calais, le 21 avril !

La fédération de l'Aube du PCF organise un déplacement pour permettre aux auboises et aux aubois de se rendre à la manifestation nationale contre les licenciements des salariés de Danone. Ces quinze dernières années, près de dix millions de salariés ont été frappés par les plans sociaux. La vérité est que tous ces gâchis humains ont permis aux Pdg et aux actionnaires de ces entreprises d'augmenter considérablement leurs bénéfices et leurs plus-values boursières. Des fortunes colossales se sont ainsi faites sur le malheur des gens. Le Parti communiste appelle à une grande manifestation nationale afin de dire «STOP !» à ce système qui demain
peut frapper n'importe quel salarié dans n'importe quelle entreprise, même les plus juteuses. Hier Michelin, aujourd'hui Danone et Marks & Spencers, voilà 4.000 nouvelles suppressions d'emplois, complètement injustifiées, qui risquent de se faire en toute impunité si la réaction politique et citoyenne n'est pas à la hauteur. Le gouvernement doit prendre des mesures politiques permettant d'interdire désormais de telles énormités. Ensemble, nous pouvons résister au cynisme des marchés financiers et imposer d'autres règles économiques

Boycottons Danone

La fédération de l'Aube du PCF appelle toutes celles et ceux qui n'acceptent plus que l'on traite les salariés comme une vulgaire marchandise à soutenir la proposition de boycotter les produits Danone ; à participer à la manifestation, le 21 avril à Calais. l Des tracts, des autocollants sont à la disposition des militants communistes à la fédération. l Les cars pour la manif: ils partiront de la Bourse du travail de Troyes le samedi 21 avril à 8 h Début de la manifestation à Calais à 14 h 30. Retour à Troyes à 22h30. l Appel à la solidarité financière : le prix des cars pour se rendre à Calais est relativement élevé. Afin de permettre une participation la plus large possible, la fédération de l'Aube du PCF appelle ces adhérents, ces sympathisants, toutes celles et tous ceux qui sont révoltés par ces licenciements scandaleux et qui, malgré tout, ne pourront pas se déplacer à Calais le 21 avril, à nous faire parvenir leur participation financière. Prix de revient du car/personne : env. 150 F Participation demandée: 100 F Plus la solidarité financière sera forte, plus nous pourront emmener de participants.

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Les chèques sont à libeller à fédération de l'Aube du PCF et à envoyer à l'adresse suivante :

16-18 rue du Palais de Justice 10000-Troyes. Renseignements : 03.25.73.43.40.

Ecrire à la Fédération de fédération de l'Aube du PCF

 

Affaire Danone

Proposition communiste

Quand l'entreprise licencie alors qu'elle est prospère, c'est à elle de prendre en charge les salaires. Toute entreprise prospère et qui procéderait à des licenciements, serait tenue de verser une restitution sociale. Celle-ci représenterait la totalité des salaires et des charges sociales, pour les travailleurs licenciés, et jusqu'au moment de leur retraite, selon la formule suivante : salaire annuel et charges sociales de chaque travailleur licencié x nombre d'années jusqu'à l'âge de soixante ans = montant de la restitution sociale versée par l'entreprise. Appliqué à Danone, le calcul est le suivant : 180.000 francs x 1.803 salariés licenciés x 15 ans = 4,868 milliards de francs. Autrement dit, les seuls dividendes versés en 2000 aux actionnaires de Danone permettraient de payer le salaire intégral des 1.803 salariés licenciés pendant quinze ans. Le but de cette restitution sociale est de sanctionner les actionnaires sans toucher l'entreprise. C'est ainsi que le montant des dividendes devant être versés aux actionnaires de Danone en juin 2001 devrait être réquisitionné par les pouvoirs publics. Durant cette période, toute vente d'action de Danone devrait être suspendue. Les travailleurs licenciés qui le souhaitent pourraient être mis à la disposition de PME volontaires. Afin d'éviter tout «effet de substitution» (le travailleur mis à disposition ne doit pas remplacer une embauche ou un travailleur déjà en place), seules les PME
n'ayant pas la possibilité financière de recruter normalement sur le marché du travail pourraient bénéficier de ces mises à disposition. Le même dispositif serait mis en place pour les associations, collectivités locales, mutuelles, coopératives, organisations syndicales. Cette nouvelle logique présenterait l'avantage de rassembler les territoires-et non seulement les entreprises concernées - et d'isoler les firmes multinationales pratiquant ces stratégies. Deuxième axe: il s'agit d'intervenir pour modifier les stratégies des entreprises. Il faut agir aussi sur les causes des licenciements: limitation des possibilités de fusions et acquisitions, renchérissement du coût des transactions boursières, taxation sévère des profits financiers. En attendant le vote de cette loi, un moratoire doit être exigé sur les licenciements. Mais un moratoire signifie suspension, ce qui ne suffit pas non plus. L'ensemble de ces luttes devrait pouvoir converger vers la sécurité de l'emploi, dans l'innovation et la créativité, à l'échelon territorial, dans et hors l'entreprise. C'est un monde à construire... n (*) de Jacques Nikonoff, membre du Collège exécutif du PCF.

Une activité militante, citoyenne et financière

Le muguet du 1er mai: muguet des luttes

Comme chaque année, la vente du Muguet, le 1er mai, journée internationale du travail, est une tradition pour les militants communistes. Cette année, ce sera particulièrement le muguet de la combativité, de la lutte et de la solidarité avec les salariés des entreprises qui licencient pour faire empocher davantage de bénéfices à leurs actionnaires. Les communistes ont reçu «cinq sur cinq» les messages adressés lors des dernières élections municipales et cantonales. Les militants communistes veulent que les exigences qui s'expriment soient mieux entendues. Il y a tant à faire pour améliorer la vie quotidienne, faire reculer les inégalités, s'en prendre à la loi de l'argent ; progresser vers un monde plus solidaire, plus pacifique, plus protecteur de la planète et des êtres humains. Le muguet du 1er mai, c'est tout cela et aussi, plus simplement, ce brin de fleur qu'on accroche à sa boutonnière ou qu'on offre à celles et ceux qu'on aime aux premiers jours du printemps. Bien souvent, les journalistes et nos adversaires politiques ironisent et brocardent cette activité militante, citoyenne et financière. Pourtant, la vente du muguet fait partie des quatre ressources du Parti communiste qui s'élèvent nationalement à 305 millions de francs [50MF de cotisations, 75 MF de dons, d'initiatives (dont le muguet) et de souscriptions, 140 MF d'indemnités d'élus et 40MF de financement public des partis]. Cette année, les militants communistes aubois innovent en vous offrant la possibilité, en plus des nombreux points de vente -Fête de la Fraternité à Troyes...- où ils seront présents, de commander et de vous faire livrer à domicile votre muguet (Voir ci-dessous). Des milliers de militants, dans toute la France, vont vous proposer ce muguet-là. Ils vont collecter en un jour quelques millions de francs utilisés à développer l'activité communiste

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Humeur

Réinsertion au programme !

Il faut lutter contre la délinquance et prévenir la récidive en offrant de vraies chances de réinsertion aux délinquants. C’est un enjeu de société et pour cela La France a un vrai programme d’action. La deuxième chance n’est pas qu’une promesse électorale faite pour être oubliée. Non, nos journaux sont remplis d’histoires de rédemption, belles à faire rêver ceux qui, aujourd’hui, ont maille à partir avec la justice. Ils pourront rebondir ! Comme le petit Bernard qu’on croyait au tapis pour toujours et à qui Monsieur gentil patron de l’OM offre une deuxième chance. Et le petit Bernard, il la saisit la balle au bond. Il dit pas non. Il râle pas que c’est même pas payé ! Il nous montre à tous qu’un homme peut se racheter. Comme Dominique, obligé de quitter Bercy, où il était une star, pour quelques conneries de gamin, et qui vient d’être pardonné par les électeurs. Et Jacques y croit. Il peut donc aller voir le juge, et s’il se conduit bien, au train ou vont les choses, il aura sa deuxième chance en 2002. Il faut avoir l’honnêté de le dire, la France est le vrai pays de la seconde chance. Ceux qui un jour ont quitté le droit chemin, et qui attendent encore en prison doivent y croire et ne pas désespérer. S’ils ont vraiment changé, ils y auront droit, eux aussi. Quand ? Plus tard, mais la patience est une vertu, non ? Et les innocents ? me direz-vous mauvais joueur. Là, c’est plus dur ! Pour prouver qu’ils ont changés, faudrait déjà qu’ils deviennent délinquants et ça, ça complique tout.

Françoise Desimpel

Louise Michel

La Compagnie Humbert s'est attaqué à Louise Michel, la vierge rouge, la communarde. Grosse affaire car c'est une furie, la Louise. Mais c'est aussi une sainte. Il a fallu trois comédiennes pour tenir le rôle, c'est vous dire la densité du personnage. On pense au Christ et à la Sainte Trinité. On pense à Rosa Luxembourg. Passion, intelligence, révolte, ce sont là, trois fils conducteurs de sa vie. On se remémore la Commune, ses espoirs, ses massacres, ses chansons, toujours fières ou tristes. On les entend en filigrane. Louise Michel participa à l'insurrection, aux endroits les plus exposés. La liberté guida sa vie dans ses paroles et dans ses actes. Déportée en Nouvelle-Calédonie, elle convainquit les Canaques de lutter pour leur émancipation. Partout Louise fut une femme fière, révoltée, désintéressée. Partout elle subjuguait par sa générosité concrète, son charisme, sa foi dans une république véritable. Pierre Humbert nous a encore une fois surpris par son métier et sa simplicité. On devrait appeler cela la grâce. Sa Louise Michel, sa Mère Courage à lui, est une de ses plus vibrantes réussites. Trois tables de classe pour seul décor, un unique personnage à trois voix et les seuls textes originaux de Louise qu'il n'a fait, dit-il, que coudre pour les donner à voix nue et crue par trois actrices. Claudine Baschet, Danièle Israël et Maud Narboni ne représentent pas des âges de l'héroïne mais au contraire, à chaque séquence, une unité, une cohérence de l'action de «la vierge rouge» . Ces comédiennes donnent

pleine mesure à leur talent, renforçant à chaque fois l'image forte de Louise, l'anarchiste, l'insoumise, la consolatrice, la charitable, l'égalitariste (pour le pain et la culture et entre les sexes -paritaire avant l'heure, Louise !-). Voilà un spectacle qui devrait circuler dans tous les lycées, si j'étais que de Lang, car c'est une oeuvre dont on gardera au coeur une joie ouverte.

Jean Lefèvre

Louise Michel est née en 1830 à Vroncourt (Haute-Marne). Elle dirige plusieurs écoles libres en Haute-Marne puis à Paris (à l'époque, l'enseignement n'est pas obligatoire). Elle participe à la Commune en 1871, est arrêtée, condamnée à la déportation en 1873. Ses hautes protections (Clémenceau par ex.) et son autorité font que l'on commue sa peine en détention libre. Elle en profite pour créer une école à Nouméa. Libérée en 1880, elle continue à participer à toutes les luttes populaires, à donner de nombreuses conférences en faveur de l'anarchie (Proudhon), doctrine très à la mode fin 19éme S. et en concurrence sérieuse avec le marxisme (Guesde, Blanqui). Elle a des amis et des soutiens partout (Hugo, Verlaine, Clémenceau etc.) et un ennemi farouche Louis Andrieux, préfet de police et père d'Aragon ! Elle meurt à Marseille en 1905.

Pillaveinne Blues

C'est le tout nouveau (tout beau) spectacle de Gérard Fardet, l'homme aux 600 chansons qui ont fait le tour du monde de nos oreilles. Ces chansons ont plusieurs qualités dont certains tubes feraient bien de s'inspirer. Elles sont d'abord et heureusement peu connues du bébête show. Cela permet aux spectateurs de les écouter avec attention et de les aimer ensuite. Vous me direz que certaines mauvaises chansons réussissent à se faire aimer. La faute vient de l'interprète, grande gueule de son espèce et chanteur en bâtiment. Les chansons de Gérard se susurrent et se dégustent à petits coups de piano ou de guitare. Elles ont une double face. Celle au soleil nous éclaire le coeur, nous fait bondir comme un "y'a d'la joie". Le côté à l'ombre est nostalgique, émouvant comme un "longtemps, longtemps après que les poètes". Une autre qualité est leur bonhomie. Elles vont donc leur petit bonhomme de chemin. Elles sont coquines, mutines, copines, mais jamais routines ni tartines. Elles touchent au bon endroit quand elles vont l'amble avec le coeur. Elles respirent la bonne chanson de Verlaine. Elles se querellent avec les mots. Elles croisent comme des escadres en nos océans de

nostalgie. Elles, elles, on n'en finirait pas. Elles ce sont des femmes douces, délicates, coquines mais éternellement fidèles. Il faut donc les épouser toutes sans raison. Gérard, pour ce voyage au pays du rêve s'est fait accompagner par un pianiste de haute volée, le jeune Matthieu Normand. Il a fréquenté le classique dans les salons et le jazz à la bonne auberge. Il aime caresser la grande gueule chevaline du Gaveau. Il en sort des steeple-chases effrayants ou des averses et des rosées pour nous rafraîchir le tympan. Gérard qui est un ami avait demandé à Didier Bienaimé (comme son nom l'indique) à venir avec lui pousser la chansonnette. L'artiste fut copieusement et pieusement applaudi. Christophe Lecas, mime et jongleur, bel homme ma foi, fit sensation surtout chez les malentendants. Le clin d’oeil s’integrait au clin d’oreille et Jean Lefèvre enfin, besogna son accordéon pour quelques surfilages et reniflements en cuir qui plaisent presque à tout le monde. Le théâtre de la Madeleine était plein, les accessoiristes de soirée nombreux et compétents, le Chassenay d'Arce bien frais. Pour ceux qui ne sont pas venus, c'est bien fait.

Jean Lefèvre

Autonomie de la jeunesse

C'est maintenant que cela se gagne

53% des jeunes inscrits sur les listes électorales ont décidé de s'abstenir lors des dernières élections municipales. Beaucoup d'autres ne se sont même pas inscrits… C'est un avertissement pour la gauche qui apparaît en décalage avec les aspirations de la jeune génération. Les jeunes, comme l'ensemble des salariés, des retraités, des privés d'emploi, ont le sentiment d'être oubliés par la gauche. En s'abstenant, ils viennent de dire qu'ils ne l'acceptaient pas. Entendre ce message, c'est orienter d'urgence plus à gauche la politique du gouvernement. Face à une pauvreté de plus en plus importante chez les moins de 25 ans, face à une précarisation qui s'étend - près de 300.000 emplois-jeunes ne savent toujours pas ce qu'ils vont devenir - il y a besoin d'agir rapidement et de construire, avec les intéressés, les réponses à ces graves problèmes. Pour sa part, le Parti communiste a reçu le message: les reculs qu'il a enregistré aux élections municipales et cantonales des 11 et 18 mars ont des raisons locales et des raisons plus générales. Un plus grand nombre de jeunes, de salariés, d'habitants des quartiers populaires s'interrogent sur ce qu'ils peuvent attendre de concret avec les communistes, sur leur utilité réelle pour eux, sur ce qu'ils veulent pour la société. Le Parti communiste n'a pas de solutions "clefs en main". Mais avec ses élus, ses militants,

il veut faire en sorte de répondre à cette aspiration des jeunes à se faire davantage respecter par ceux qui prennent les décisions. Ils vont s'adresser aux jeunes, étudiants et parents pour conquérir ensemble un nouveau droit à l'autonomie, porteur d'avenir pour les jeunes et nos générations futures. Dans les mois qui viennent des mesures concrètes doivent être prises afin de mettre en sécurité toute une génération. En créant un droit à la formation et à l'emploi et en donnant aux jeunes la possibilité d'être autonomes sous la forme d'une allocation d'autonomie. Faire cela, c'est mettre à la disposition de tous les jeunes une aide individualisée pour construire sa vie et se projeter dans l'avenir. Cela signifie évidemment des efforts financiers en conséquence pour l'État (environ 60 milliards de francs). La proposition de prêt bancaire à 0%, faite par le Conseil économique et social, n'est pas une solution dans la durée. Le Parti communiste agit pour gagner cette grande avancée sociale. En témoigne le vote en première lecture de la proposition de loi des députés communistes sur la création d'une allocation d'autonomie pour les 16/25 ans ainsi que la détermination de Marie George Buffet à aboutir rapidement et positivement sur ce dossier. D'ores et déjà, une première mesure peut être décidée par le gouvernement: la pérennisation des emplois créés par le plan emploi jeunes

Sté Aubelin - Bar s/Seine / Chaource

Le «sale boulot»

Lorsque les ateliers Devanlay de Bar-sur-Seine et de Chaource ont été cédés à M. Pacreau, notre hebdomadaire avait, en son temps, fait état des inquiétudes à avoir quant à la pérennité de l’emploi sur ces deux sites. Force est de constater que la stratégie du groupe Devanlay-Lacoste, actuellement entre les mains de financiers suisses, de liquider les unités de Chaource et de Bar s/Seine, et que les salariés de ces sites avaient dénoncée, est bien en oeuvre. Si, mardi dernier, ils ont obtenu du Tribunal de commerce de Troyes une prolongation d’activité de six mois, les salariés ne se font guère d’illusions. «Ce qui nous attend est orchestré depuis longtemps» devait déclarer une ouvrière. Au nom de la rentabilité financière Une nouvelle fois, c’est bien la recherche du profit maximal qui est le moteur de cette situation révoltante. Et les effets de cette stratégie continuent de dévaster l’emploi productif aubois. Car ce sont bien les actionnaires de Devanlay qui se cachent derrière le «liquidateur Pacreau», de triste réputation, qui effectue à leur place le «sale boulot», comme il l’a fait dans la Sarthe à La Flèche. Comme pour Danone, Marks & Spencer, après Michelin et tant d’autres, l’intérêt financier immédiat des actionnaires l’emporte toujours sur le souci des catastrophes économiques et humaines qu’il engendre. Changer les lois On peut toujours assurer les salariés de sa sympathie, comme le faisait récemment Lionel Jospin ;

si des mesures gouvernementales claires - comme il a la possibilité de le faire - ne sont pas prises pour empêcher de tels licenciements «financiers», qui n’ont rien à voir avec de quelconques raisons économiques, l’hémorragie de «charettes» n’est pas près d’être endiguée, bien au contraire. Car c’est sur les causes qu’il faut agir et non sur les effets, par «une vigilance renforcée» du respect des lois actuelles. En intervenant sur les transactions financières et boursières, en interdisant les licenciements dans les entreprises qui réalisent d’importants bénéfices ou, pour le moins en exigeant la restitution des aides publiques de toutes natures, y compris en matière d’éxonérations diverses, et en contraignant les détenteurs du capital des entreprises qui licencient à prendre «intégralement» en charge le coût financier et social de leur stratégie, le gouvernement ne manque pas de pistes pour intervenir efficacement. L’avertissement adressé à la majorité à l’occasion des récentes élections devrait être de nature à ce que soient prises de véritables mesures de gauche. Car la question de l’emploi, et les inquiétudes actuelles qui y sont rattachées, reste la principale préoccupation des français.

Alain Keslick

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