La dépêche de l'Aube n°600 du Jeudi 22 mars 2001

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Tirer les enseignements

 

Ne tournons pas autour du pot, le résultat des élections municipales, est mauvais. Il est ressenti comme tel par les communistes et au-delà. Certes, celui du Parti socialiste n'est pas bon non plus, mais cela ne saurait nous rassurer ni nous dispenser d'une analyse approfondie de ce qui vient de s'exprimer et des enseignements à en tirer. S'il y a bien une chose avec quoi tout le monde sera d'accord, c'est qu'il y a eu erreur sur la couleur à l'occasion de ces élections. Beaucoup prédisait une vague " rose ". Il n'en fût rien. Nous avons eu au premier tour et surtout au deuxième tour, une vague " bleu ". Bien sûr il y a les deux arbres qui cachent la forêt et qui ont marqué toute la campagne et les résultats de dimanche soir- a savoir Paris et Lyon. Dans ces deux villes, la division poussée à l'extrême de la droite a permis à la gauche de l'emporter, faisant de ces victoires des évènements historiques pour ces deux communes et considérables au plan national voire international. Les communistes ont apporté leur pierre à ce succès et partiront aux postes de responsabilité qui leur reviennent dans le cadre de la gauche plurielle pour gérer ces deux métropoles. Il y a donc paris et Lyon et il y a le reste. Et le reste, c'est une vague bleue, une poussée à droite forte au détriment de l'ensemble de la gauche plurielle. Les résultats sont là. Sur les villes de plus de 10000 habitants : Le PCF en perd 32 - dont 12 de plus de 30000 habitants. Il en gagne 6 - dont 2 de plus de 30000 habitants ( Arles et Sevran ). Il y aura donc un Maire communiste dans 76 villes de plus de 10000 habitants. Le PS a perdu 57 villes de plus de 10000 habitants dont 18 de plus de 30000 habitants.Il gagne 42 villes de plus de 10000 habitants dont 11 de plus de 30000 habitants. Le MDC dirigera 10 villes de plus de 10000 habitants. Il a perdu 3 villes dont 1 de plus de 30000 habitants et en a gagné 2. Le PRG dirigera 12 villes de plus de 10000 habitants. Il a perdu 5 villes et gagné 4 communes. Quant aux verts, ils dirigeront 3 villes de plus de 10000 habitants au lieu d'une seule avant les élections.
On voit bien que c'est l'ensemble des partis de gauche qui perdent des positions. Les résultats des cantonales : Le PCF représentent 10,18 % contre 11,61 % en 1994. Le PS fait 23,03 % contre 22,60 % en 1994. Enfin les verts font 6,o8 % contre 2,62 %. Les cantonales traduisent donc plutôt une stabilité de l'influence des partis de la gauche plurielle, à l'exception des verts qui progressent. Mais ce n'est pas cette stabilité, pourtant incontournable, que retient l'opinion, mais bien ce qui s'est produit aux municipales. Au niveau des sièges : Le PCF compte 131 élus, le PS 500, le PRG 44, les verts 13, le MDC 9. L'abstention, la leçon majeure. Il faut tirer rapidement et lucidement les enseignements de ces élections. Ne pas le faire à quelques mois des élections législatives et présidentielles serait catastrophique pour la gauche et pour le parti communiste. L'électorat de droite vient de faire la démonstration qu'il sait se mobiliser lorsqu'il sent son camp - même divisé - en danger. L'électorat d'extrême droite, n'est plus un problème pour la droite. Il s'est massivement reporté sur les candidats RPR ou UDF, même quand l'extrême droite se maintenait au second tour. Parallèlement à cette mobilisation l'électorat dit " populaire " donc théoriquement de gauche s'est quant à lui beaucoup plus abstenu. Ce sont les ouvriers ( 40% ) qui ont le moins voté, contre 20% d'abstention seulement chez les agriculteurs, artisans et commerçants. L'abstention de l'électorat "populaire" était prévisible. Elle prend sa source dans l'entêtement du gouvernement à ne pas répondre aux attentes, aux aspirations du peuple de gauche. R Hue avait dit à la fête de l'Humanité nous allons " droit dans le mur " si nous n'écoutons pas cet appel. Un sondage parut aujourd'hui 21 mars dans " Le Monde " indique que 70 % des sympathisants demandent une orientation plus a gauche de la politique du gouvernement. Si Lionel Jospin refuse de retenir la leçon, une chose est certaine, les communistes ne vont pas rester l'arme aux pieds.

Résultats des cantonales dans l’Aube:

Stabilité du PCF Le Parti communiste était présent dans quatorze cantons sur seize renouvelables. Il réalise un score de 9,21% - 5.677 voix- contre 9,60% en 1994 - 5.199 voix-, soit un gain de 479 voix et une baisse de 0,39%

Assemblées générales des communistes aubois

Pour analyser et tirer les enseignements des élections municipales et cantonales

Section de Troyes & agglomération: Lundi 26/03 à 18h30 au siège de la fédération à Troyes

Section de Romilly: Jeudi 29/03 à 18h00 Espace Monmousseau à Romilly

Section de Bar-sur-Seine: Vendredi 30/03 à 18h30 Espace «Services» à Bar-sur-Seine

Section de Bar-sur-Aube: Jeudi 20/03 à 18h00 Annexe de la salle des fêtes à Bar s/Aube

Afghanistan

"Laisser les femmes travailler, le premier pas vers la prostitution"

Le chef suprême des talibans, le mollah Mohamed Omar, a maintenu, au premier jour de l'Aït-el-Kébir, son ordre de destruction de la statuaire préislamique afghane, déclenchant une vaste protestation internationale. Mais qui est ce personnage? En 1996, dans une des rares interviews qu'il a accordées, le chef des milices intégristes s'exprime sur le statut des femmes, les amputations et les lapidations: "De par sa nature même, la femme est un être faible et vulnérable à la tentation. Si on la laisse sortir de chez elle, hors de la surveillance de son père, de son frère, de son mari ou de son oncle, elle aura vite fait de se laisser entraîner sur la voie du péché par des hommes qui ne cherchent que leur plaisir et qui l'abandonneront aussitôt satisfaits. Une femme qui quitte son foyer pour aller travailler entre forcément en contact avec des hommes qui lui sont étrangers. Comme le montre l'expérience des pays occidentaux, c'est le premier pas vers la prostitution. Notre but est précisément de protéger ces femmes pour leur éviter de se retrouver dans de telles situations. (...) Des critiques injustes ont également été formulées à l'encontre de notre décision d'imposer le port du burqaa à nos femmes (tchador grillagé-NDLR).Il s'agit, là encore, pour elles, d'un moyen de défense qui doit leur permettre de préserver leur chasteté.Le burqaa empêche les hommes de connaître
l'apparence et même l'âge d'une femme avec laquelle ils n'ont pas de liens familiaux. Ainsi la tentation disparaît, purement et simplement. En outre, les femmes qui portent le burqaa n'ont plus à se soucier de leur aspect extérieur ou de la façon dont elles sont habillées en dehors de chez elles, puisque personne ne les verra. Elles peuvent donc développer leurs ressources spirituelles, au lieu de subir le triste sort des femmes occidentales transformées en poupées peinturlurées et en objets sexuels". Interpellé sur les amputations quotidiennes des doigts, des mains ou des pieds, le mollah explique sa conception de la loi: "L'amputation est un juste châtiment. Jeter un homme en prison revient à priver sa famille de son gagne-pain. Un homme amputé d'un doigt ou d'un bras, au contraire, s'est acquitté de sa dette envers la société et peut immédiatement retourner travailler pour nourrir sa famille. Quant aux châtiments corporels, ils vont de la décollation pour les meurtriers à la lapidation à mort pour les femmes coupables d'adultère. L'amputation n'est qu'une forme de peine corporelle parmi d'autres. Nous n'allons tout de même pas dépenser l'argent de nos concitoyens à construire des prisons pour y tenir les gens enfermés!"

 

 

Droits des femmes

Le XXéme siècle accusé d’antiféminisme

A l’initiative du collectif des auboises et des aubois en faveur des droits des femmes, le XXéme siècle a été mis en examen le 11 mars puis le 7 décembre 2000 pour pratique d’antiféminisme. A l’issue de ces séances, les jurés l’ont déclaré responsable des faits reprochés, mais il n’est pas le seul. L’instruction est toujours en cours. Pour en savoir plus et surtout faire accélérer les choses, nous vous invitons a venir le 24 mars à 20 heure au théâtre Gérard Philipe. Vous pourrez entendre Monique Dental, fondatrice du collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes “Ruptures”, Déléguée française du Lobby Européen des Femmes, convoquée par le juge d’instruction en qualité d’expert. Vous serez également invité(e) à débattre.

 

Déclaration de Joë Triché

On peut compter sur nous,nous continuons !

«Je remercie très sincèrement et du fond du coeur les 2.452 électrices et électeurs qui, au second tour de l’élection municipale, ont accordé leur suffrage à la liste «Ensemble pour une nouvelle dynamique» que je conduisais pour la première fois. Il ne lui aura manqué que 296 voix pour obtenir la majorité alors que 3.240 personnes, inscrites sur la liste électorale, n’ont pas pris part au scrutin du 18 mars. L’écart en voix, entre les deux listes, s’est réduit de 92 suffrages - 295, le 18 mars 2001 \ 387, le 18 juin 1995 -. Depuis douze ans, les listes de la gauche, conduites par le PCF, sont en constante progression: 41,67% en 1989, 46,77% en 1995 et 47,15% dimanche dernier. Par contre, c’est bien de recul dont il faut parler concernant les listes Cartelet-Droite: 58,33% en 1989, 53,23% en 1995 et 52,85% dimanche dernier avec la perte d’un siège. Après avoir fait élire Michel Cartelet en 1989, le grande perdante de ce scrutin, c’est Annie Herszkowicz et l’UDF qui se trouvent balayés en perdant tous leurs élus. Le RPR, qui n’entend pas indéfiniment servir de marche-pied au PRG, renforce sa position dans le Conseil municipal et dans le Municipalité en obtenant de Michel Cartelet quatre postes de maire-adjoints. Le groupe de l’opposition sera composé de huit élus au lieu de sept dans le précédent mandat. Il aura à coeur, au sein du Conseil municipal, de travailler dans l’intérêt de Romilly et de ses habitants. Mais son action essentielle se situera sur le terrain des préoccupations de la population afin d’y trouver des solutions. Notre liste a effectué un travail important durant cette campagne électorale et elle a frôlé la victoire. Ce travail ne va pas s’arrêter, bien au contraire. une réflexion est engagée pour le prolonger et l’enrichir avec l’apport de toutes celles et ceux qui souhaitent, dès maintenant, construire avec nous un nouveau projet pour de nouvelles perspectives pour notre ville.»

La politique autrement

Sur le dernier livre de Robert Hue

Les éditions L'Archipel viennent de publier, en format livre de poche, un livre sur et de Robert Hue, intitulé "Qui êtes-vous? Que proposez-vous?" Sur Robert Hue, car le livre s'ouvre avec un portrait du secrétaire national, réalisé par Stanislas Maillard, intitulé "La fierté d'être communiste" et comportant une utile chronologie politique; l'auteur évoque le cadre familial du dirigeant communiste, l'entrée en politique, mai 1968, l'engagement municipal et son accession aux "sphères dirigeantes" (en annexes, on découvre ses dix "livres de chevet"). Puis c'est au tour de Robert Hue de prendre la plume pour faire le tour des principales questions politiques du moment: le Parti communiste - ou plus exactement la fondation d'un nouveau Parti communiste (p. 25-35); sa conception de la politique - Robert Hue plaide pour une nouvelle pratique et une nouvelle façon de faire de la politique - (37-50); les enjeux de politique intérieure - il donne ici son point de vue sur les questions comme les modes de scrutin, le rôle de l'État, la Bourse, l'éducation, l'emploi, l'exclusion, les retraites, la sécurité, la famille, l'écologie... (51-80); ceux de politique étrangère - la place de la France dans le monde, la défense nationale, la mondialisation, le tiers-monde (81-96); l'Europe - l'élargissement, l'euro, l'Est... (97-114) et une conclusion, "Inverser les priorités", qui est un appel à faire autrement de la politique et à œuvrer en faveur d'un humanisme agissant (115-123). On retiendra par exemple cet acte de foi et cet engagement: "Et si le XXIe siècle devenait le siècle de "l'homo politicus", sortant, par la politique devenue l'affaire de toutes et de tous, de la crise de la politique et, par l'humanisme agissant, de la crise d'une civilisation prise en otage par l'égoïsme sordide des marchés financiers et des grands possédants? Cela vaut la peine non seulement d'y rêver, mais d'agir pour y parvenir". Un livre utile et clair qui résume bien l'essentiel des propositions communistes d'aujourd'hui

 

Exigeons que les autorités compétentes obligent

Mon Logis à respecter les lois !

La direction de Mon Logis ne respecte pas sa mission de bailleur social, elle ne respecte pas plus la réglementation du travail. Des sommes colossales sont englouties dans des procédures judiciaires. C’est une gabegie sociale et humaine. Trop c’est trop ! Pour les personnels, c’est l’arbitraire au quotidien. Un mode de gestion basé exclusivement sur : la discrimination, la persécution, le harcèlement, la violation des droits des salariés, des droits syndicaux, la répression syndicale, les licenciements abusifs. Pour les locataires, c’est une gestion antisociale : surfacturation de loyer ( surface corrigées gonflées - vide-ordure, caves etc..) Etat de délabrement de certains logements, loyers au prix maximum autorisé, les plus chers de la région, réhabilitations à coûts exhorbitants pour amélioration peau de chagrin mais loyers augmentés, infractions caractérisées à la réglementation HLM relevées par la Mission Interministérielle d’inspection du logement social. Tous cela dure depuis des années avec la bénédiction des autorités compétentes. ( au premier rang desquelles figures les décideurs politiques locaux de la droite.) Il faut y mettre un terme. Mercredi 28 Mars 2001 16 h 30 devant la préfecture de Troyes Le collectif de défense des victimes de la direction de Mon Logis vous invite à un rassemblement revendicatif et convivial. une délégation du collectif sera reçue en préfecture pour exiger des mesures concrêtes et rapides. Venez nombreux !

Defensedesvictimes.monlogis@wanadoo.fr

Mon Logis bafoue les lois !

Les “affaires” Mon Logis occupent l’actualité depuis des années. Pour les locataires mauvais états du patrimoine, loyers élevés, surfaces corrigées ginflées ... Pour les personnels c’est l’arbitraire au quotidien, répressions, harcelement ... Trop, c’est trop ! Mon Logis doit assumer sa mission de bailleur social Nous, soussignés, exigeons que les autorités compétentes obligent Mon Logis à respecter les lois

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Humeur

Nouveau chantier

On se prend à douter de tout. La droite rit et s’asseoit sur les fauteuils de la gauche. C’est l’après-Commune. Les grands battus démissionnent. Signe des temps. La politique mange le civisme. à force de tenter l’ascension de la vie, de s’y être cassé les ongles, les pauvres ont dévissé depuis longtemps. Ils ne votent plus. Le panache blanc d’Henry IV est devenu gris. Suivez ma faucille et mon marteau ! «Les moissons lassent enfin les faucilles»(1), mais ce sont des moissonneuses-batteuses qui fauchent du blé surnitraté. Il n’y a plus de clous à enfoncer non plus. Les trous sont trop grands. Les idées individualistes entrent par tous les pores. Un pouvoir ne peut être légitime que poussé par le désir. Le désir même de gérer est émoussé. Le moteur est essoufflé. Les équipes élues ont du souci à se faire, elles aussi. Elles pourront s’opposer aux initiatives, les ignorer, les accompagner ou les susciter. on avait plutôt tendance à mettre les deux premières manières à droite et les deux autres à gauche. Le fascisme pour la forme «s’opposer» et le communisme pour la forme «susciter». Mais on trouve des démocrates à droite et des gens de gauche qui ne veulent pas «se laisser déborder». Il faut tout remettre à zéro, les pendules à l’heure du blues et la révolution en chantier.

Jean Lefèvre

(1) Malherbe