La dépêche de l'Aube n°822 du Vendredi 24 juin 2005

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Europe :

les raisons d’une crise

16 juin, à l’appel du collectif du Non de gauche, près de 200 personnes étaient rassemblées pour demander au Président de la République que soit respecté le vote du peuple.

LEurope plongée dans la crise ? C'est la réalité que reflète la tenue d'un Conseil européen (réu-nion des chefs d'État et de gouvernement) dominé par la dispute sur le budget de l'Union européenne.
Pourquoi cette crise ? Pour certains, la réponse est toute trouvée : c'est la victoire du Non en France et aux Pays-Bas !
Depuis, la France serait "affaiblie" et les Européens ne s'entendraient plus…
Cet argument est inadmissible et mensonger
Inadmissible : une fois de plus, comme pendant la campagne du référendum, on tente de culpabiliser celles et ceux qui ont voté non. Si l'Europe va de mal en pis, ce serait de leur faute et surtout pas de celle des dirigeants de l'Union et de ses États membres !
Mensonger : les problèmes budgétaires actuellement sur le devant de la scène ne sont pas apparus soudainement le 29 mai au soir ! Ils sont posés depuis des années et le dernier Conseil européen, il y a quelques mois les avait déjà abordés.
Ce n'est pas parce que les Français ont voté Non que l'Europe va mal. C'est l'inverse : c'est parce qu'elle va mal qu'elles et ils ont voté Non
L'Union européenne est malade de dizaines d'années de politiques de chômage et de bas salaires, de mise en concurrence des salariés et des peuples, de casse de l'emploi stable, des droits sociaux et des ser-vices publics. Les conséquences sociales de ces politiques sont catastrophiques. Leurs conséquences économiques ne le sont pas moins. Ainsi, toutes les prévisions de croissance sont revues à la baisse dans la "zone euro".
Or, tous les dirigeants européens sont d'accord pour aller plus loin encore dans le même sens. C'est le sens de l'"agenda de Lisbonne" (c'est-à-dire le programme de l'Union européenne pour 2005-2010), des directives de régression sociale telle la directive Bolkestein et de tous les autres projets de privatisation, de déréglementation, de précarisation…Tous sont des partisans acharnés du traité constitutionnel qui visait à rendre intangibles, pour une longue période, ces politiques libérales. Et tous ont décidé de ne pas augmenter le budget européen, ce qui revient à dire que l'élargissement à 25 doit se traiter par le dumping social et non par la solidarité.
Contre l'avis des 24 autres États membres, la Grande-Bretagne exige de voir diminuée sa contribution au budget européen de 5,1 milliards d'euros, les deux tiers de ce qu'elle devrait verser ! Elle avait obtenu cette faveur en 1984, lorsqu'elle était moins "riche" que la moyenne des pays européens. Aujourd'hui, elle est tout à la fois un des pays les plus développés de l'Union et l'avocat le plus acharné de l'ultralibéralisme. Son exigence pousse à son terme la logique actuelle :

sacrifions l'agriculture européenne et les fonds de solidarité ; place à la guerre économique "libre et non faussée" !
C'est précisément ce qu'a refusé le peuple français par son vote au référendum, ce que contestent avec de plus en plus de force les peuples européens.
Pour entrer en vigueur, le traité constitutionnel doit être ratifié par tous les États membres. Deux d'entre eux ont dit non. Ce traité est donc rejeté.
Le verdict populaire doit être respecté. Le président de la République doit donc retirer la signature de la France et les instances européennes doivent déclarer ce traité caduc..
Ce respect de la volonté des peuples implique, dans le même temps, des mesures précises prenant à contre-pied l'offensive libérale en Europe. Les directives sur les services, le temps de travail, les transports ainsi que toutes les décisions imposant la mise en concurrence des services publics doivent être abandonnées. Des mesures de convergence sociales et fiscales permettant de lutter contre les délocalisations doivent être prises. Le statut et les missions de la Banque centrale européenne doivent être redéfinis pour la mettre au service de l'emploi et du développement humain, et les principes du pacte de stabilité doivent être remis en cause.
Pour soutenir ces exigences, les communistes proposent une pétition visant à recueillir un million de signatures.
Au-delà, la question posée est dé-sormais celle de la construction d'une autre Europe, sur d'autres bases que celle de l'Europe libérale.
Ce sont les peuples européens qui mettent cette question à l'ordre du jour. Il faut leur donner les moyens de maîtriser cette nouvelle construction.
Les forces qui en Europe contestent le libéralisme sont nombreuses et diverses. Le débat doit s'engager entre elles, pour leur permettre de trouver les voies d'une convergence sur de grands axes de transformation de l'Union européenne et de contribuer ainsi à cette intervention des peuples européens.
Une première conférence de travail, ouverte à toutes les forces politiques, syndicales, associatives, altermondialistes, féministes qui voudront s'y associer se déroulera à Paris les 24 et 25 juin.
Ce processus de luttes et de débats doit se mener dans chaque pays, et bien sûr en France, avec les citoyennes et les citoyens. Le 29 mai, notre peuple a pris la parole. Il doit la garder. C'est tout le sens des initiatives des communistes, avec toutes celles et tous ceux qui veulent faire œuvre utile en ce sens.

LDA

Fête de l’Humanité, les 9-10-11 septembre.
la fête du journal du Non

Le journal l’Hu-manité a joué un rôle important dans la campagne du référendum européen.
Il a permis la publication intégrale des textes constitutionnels, leur décryptage, la confrontation publique à leur sujet; il a montré le rôle original joué par les communistes. La base de celles et ceux qui peuvent aujourd'hui s'intéresser à ce journal et avoir envie de le rencontrer dans sa Fête s'est élargie.
Dans un paysage médiatique particulièrement uniforme, qui dans un premier temps a fait le silence total sur la Constitution, puis dans un deuxième temps a mené ouvertement campagne pour son acceptation tout en continuant d'en cacher le contenu réel, l'Humanité a, durant plus de deux ans, révélé le contenu du texte au fur et à mesure de son élaboration, l'a décortiqué, a organisé le débat et est devenu à peu près le seul espace à la disposition de toutes celles et tous ceux qui dans leur diversité ont pris la parole pour dire Non.
Le journal a publié plusieurs dizaines de tribunes libres et d'interviews de l'ensemble du courant progressiste français et européen, qui ont apporté des analyses de qualité sur le projet constitutionnel et appelé à le rejeter.
L'Humanité est devenu le journal du Non progressiste
Cela fait de lui le fédérateur d'une multitude de personnalités françaises et européennes progressistes et syndicalistes porteurs de ce Non. Cet élément est un acquis important alors que l'on assiste à une concentration de la presse, à son glissement à droite, à une bataille idéologique acharnée. Le journal entend amplifier ce mouvement, devenir un journal fédérateur des mouvements sociaux et des forces progressistes souhaitant ébaucher un projet de transformation de la société et du monde.
La fête va se situer dans le prolongement de ce mouvement, en être le reflet concret, permettre la rencontre entre sympathisants communistes, socialistes, écologistes, syndicalistes, militants associatifs, personnalités, citoyens en recherche de moyens de se faire enten-dre, et qui ont peu à peu acquis l'idée que le changement de cap de l'Europe passait par le Non.
Une fête utile au mouvement populaire en gestation
Le pays a envie de débat politique. Il en ressent la nécessité. La préparation du référendum en a témoigné et les assemblées qui se tiennent depuis le confirment. Cette fête, dans sa préparation comme dans son contenu, sera utile pour continuer à échanger et élaborer des solutions neuves qui en retour donneront des forces au mouvement populaire en gestation.
La préparation avec la diffusion de la vignette, l'organisation des stands va en être marquée. Il va s'agir d'une fête participative qui ne sera pas la propriété des seuls communistes, mais un vaste espace de rencontres, de débats, d'élaborations, mis à la disposition de tous ceux qui veulent renforcer le mouvement contre le libéralisme et pour la construction d'une alternative transformatrice à engager.
Cette fête sera tournée vers les enjeux européens. Elle doit s'inscrire dans la démarche des états généraux pour une autre Europe que nous proposons de construire. Elle mettra en lien des progressistes de toute l'Europe. Elle sera le lien entre les travailleurs de tous les pays d'Europe. Est envisagée une rencontre européenne des "délocalisés et pour une sécurité dans l'emploi".
La fête 2005 sera le puissant rassemblement de la rentrée contre le pouvoir de droite mainte fois dé-savoué, le lieu où se discutent des propositions alternatives, une nouvelle visée transformatrice que cherche le peuple de gauche

 

Comme chaque année, c'est sur la vente de la vignette que repose le succès financier et populaire de la fête de l'Humanité. N'attendez pas pour vous la procurer auprès des militants communistes ou au siège de la fédération de l'Aube. Sur le plan politique, la fête va s'inscrire dans la démarche des Etats généraux pour une autre Europe et mettra en lien des progressistes de toute l'Europe. Sur le plan musical de nombreuses prestations sont annoncées :
Bernard Lavilliers, The Offspring, Tikenjahfakoly, Mickey 3D, Asiandub Foundation, Archive, Emir Kusturica & The no Smoking Orchestra, Amadou & Mariam, Carmina Burana par les choeurs de Radio France, Juliette, Keren Ann, etc...
Humeurs...

....LE TROMBONE
On le sait, le clafoutis se mange plus aisément si les cerises sont dénoyautées. Mais parfois le noyau apporte son parfum, son goût, enfin ce quelque chose qui fait que c'est bien à un clafoutis maison qu'on a affaire. Et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, on se casse moins les dents quand on garde les noyaux : on mange dans la prudence. Tandis qu'avec des cerises dénoyautées, il y en a toujours une qui traîne au centre avec son noyau, comme une fève en porcelaine. Et c'est celle-là qui vous casse la dent.
Nos lecteurs s'attendent à une allusion perfide sur le gouvernement qui aurait plus de noyau que de chair ou sur François Baroin qui ne mange pas de clafoutis parce qu'il aurait peur de tomber sur un pépin en Guadeloupe.
Non, cette rubrique est tenue par une personne sérieuse et qui donne aujourd'hui des conseils uniquement culinaires.
Il existe un moyen simple pour dénoyauter les cerises, c'est l'utilisation d'un trombone. Non, cet instrument primitif que manipulent les musiciens de Futuna ou de Cayenne, mais un simple trombone de bureau. Choisissez-le petit de préférence. Arrachez d'abord le pédoncule de la griotte. Le fruit bien mûr laissera son noyau partir. Sinon enfilez le trombone par le trou et extrayez le noyau sans trop de dommage pour le fruit. Le procédé n'est pas breveté. Chacun d'entre vous peut le déposer à l'Office national de la propriété individuelle. Les employés n'ont pas si souvent l'occasion de rire.
C'est comme les habitants des Dom Tom quand ils verront François débarquer d'un bateau avec un trombone de bureau, genre trombone Borlot, pour dénoyauter le chômage....


Malicette.

Point de vue
Le Président de la république et l’UMP : un danger pour la démocratie...

Comme l’avaient demandé le PCF et de nombreuses formations politiques et associations, le Président de la République a décidé de consulter notre peuple par référendum sur le projet de constitution européenne.
Après plusieurs mois d’un débat très animé, notre peuple en toute connaissance de cause, a rejeté très majoritairement ce traité ultra-libéral. Mais jusqu’à maintenant, Jacques Chirac refuse de se soumettre au verdict des urnes. Pourtant le message est clair et net. Le respect de la souveraineté populaire exprimée à l’occasion de ce référendum exige que le Président de la République retire sa signature, donc celle de France, apposée au bas de ce traité constitutionnel.
C’est ce qu’ont demandé avec détermination les représentants du Non de gauche lors des manifestations organisées dans toute la France le 16 juin. Mais ce refus de prendre en compte le message des urnes s’est aussi exprimé à l’occasion de l’installation du gouvernement Villepin. Devant les députés, il a annoncé qu’il entendait appliquer les dispositions qu’il préconise par ordonnance, c’est-à-dire sans débat ni vote de l’Assemblée nationale. Encore un déni de démocratie.
Avec les élections cantonales, régionales et européennes de 2004, le scrutin du 29 mai dernier est le quatrième message du peuple français que le Président de la République et l’UMP refusent d’entendre. La démocratie dans notre pays se trouve vraiment menacée.
En effet, le gouvernement avait dans ses cartons un projet de charcutage des circonscriptions électorales. Mais devant les protestations qui montaient de partout, Villepin a dû pour le moment faire machine arrière. Sur cette question du mode de scrutin, les communistes sont clairs, seule la proportionnelle garantit l’expression du suffrage universel. Le scrutin à la proportionnelle permet en effet que chaque suffrage compte pour élire les élus devant siéger dans les assemblées. Chaque formation politique présentant des candidats est assurée de disposer d’un nom-bre d’élus correspondant au nom-bre de suffrages recueillis. Donc si Villepin veut réformer le mode de scrutin c’est dans ce sens qu’il doit le faire car la démocratie y gagnerait.


Joë Triché

 
L’adhésion au PCF Un appel de Marie George Buffet

L’adhésion au PCF

Un appel de Marie George Buffet

La victoire du «Non» le 29 mai dernier ouvre une nouvelle espérance en France et en Europe.
Désormais, on ne pourra plus compter sans les peuples, sans les gens, sans nous. Ceux qui veulent voir dans ce vote autre chose que l’expression d’un immense besoin de solidarité et de fraternité en seront une fois de plus pour leurs frais.
Ce vote a été le fruit de rencontres, d’échanges et de débats qui ont dépassé en ampleur la pression médiatique en faveur du «Oui».
Ce «Non» est une claque à la fatalité. Le changement est donc possible si nous savons nous réunir. Nous savons désormais qu’ensemble, nous serons plus forts que les intérêts particuliers et égoïstes. Gardons la parole. La misère, les injustices, les inégalités, n’attendent pas 2007 pour sévir. Notre combat est aussi urgent que nécessaire.

Le Parti Communiste vous propose aujourd’hui de donner de la force à votre engagement en le rejoingnant :
Pour agir contre la droite et sa politique de régression ; pour combattre l’extrême droite
Pour bâtir un rassemblement large, une union populaire capable de changer la vie
Pour que la politique soit la propriété des femmes et des hommes
Pour un monde de justice, de liberté et d’égalité, d’émancipation humaine et de paix :

Une plainte sans aucun fondement....

Je voudrais tout d’abord remercier les très nombreuses personnes qui m’ont adressé des messages de sympathie et d’encouragement suite à la parution de l’article dans la presse sur ce dossier.
En apprenant l’existence de cette plainte de Sarah Auzols remontant à mars 2004, j’ai bien évidemment effectué toutes les vérifications nécessaires auprès des services de la préfecture. Aujourd’hui, je peux affirmer que cette plainte est sans aucun fondement.
En effet, parmi les deux documents qui m’ont été présentés pour justifier cette procédure, l’un a été distribué bien avant le démarrage de la campagne électorale officielle. Elle a effectivement commencé le 8 mars 2004, période au cours de laquelle il n’est plus officiellement autorisé d’en éditer. Mais l’usage républicain fait que beaucoup le font et est admis à condition qu’il n’y ait aucune attaque personnelle diffamatoire. L’autre document représentant la profession de foi a été envoyé par les services de la


préfecture à toutes les électrices et électeurs avec les bulletins de vote.
Les candidats le désirant, peuvent en faire usage jusqu’à la fermeture de la campagne électorale, c’est-à-dire 48 heures avant l’ouverture du scrutin.
Pour la bonne information de la population, j’ajoute que mon compte de campagne a bien été validé par la commission nationale de contrôle des comptes de campagne. Cette validation a d’ailleurs conduit la préfecture à effectuer le remboursement des sommes qui m’étaient dues. Tout ceci démontre le respect parfait de la réglementation en vigueur.
Cette attitude mesquine de Sarah Auzols me conduit à constater que l’obsession de la procédure est devenue une fâcheuse et regrettable habitude chez certains élus de la municipalité. Comme cela fut rappelé la semaine dernière dans la Dépêche de l’Aube.


Joë Triché

Culture .....

FESTIVAL RÉCRÉATION 2005
Beau titre pour un festival dédié au spectacle vivant dans cette fin d'année scolaire. La récré forcément c'est pour s'amuser et les organisateurs n'ont pas manqué d'imagination pour nous proposer des spectacles variés, musique, chansons, théâtre, percussions, cabaret.
L'idée est née de l'ami Guy Velut qui dirige la CAT Musical Arc en Ciel, atelier qui veut montrer que des jeunes handicapés peuvent tout à fait s'intégrer dans la vie musicale et dans la vie tout court. Il a fondé la Cie T'ÂMES T'ÂMES et ce festival original.
Retenez vos places à la Maison du Boulanger (40 15 55) ou au Théâtre de la Madeleine (43 32 10).
Théâtre de la Madeleine :
-Auprès de mon arbre, hommage à Brassens, lundi 27 juin, 20 h 30.
-Brèves de comptoir, Cie Eurydice, mardi 28 juin , 20 h 30.
-Signes particuliers, CAT Arc en ciel, chanson française jeudi 30 juin, 20 h 30 à Mesnil Saint Loup.
-Cabaret Gilles et Jef (Lausanne) Apéro concert à 12 h , gratuit.
Le Band (Lausanne) chansons des années 60-70, salle des fêtes ; 21 h.
Et devant l'Hôtel de ville de Troyes :
Le BIG BIDONS BAND de Mâcons, cinquante percussionnistes en pleine forme. Ca fera du bruit. 21 h. Gratuit


Théâtre de la Madeleine
La saison du Théâtre de la Madeleine, scène conventionnée s' est achevée sur quelques perles rares.
Zigmund Follies, spectacle pour enfants (peut-être !) avec marionnettes au bout de chaque doigt. Il y faut du doigté bien entendu, un jambon d'humour et une gousse de folie. C'était une création Philippe Genty de la Maison de la Culture de Nevers.
Franz pianiste et clown de concert
Merveilleux duo dingue et pro d'une vraie pianiste virtuose (Rebecca Chaillot) et d'une clowne (Roseline Guinet) qui font se tordre la salle (celle de La Chapelle St Luc) et les mânes de Scarlatti, Mozart ou Schubert. Ça chauffe, j'vous raconte pas. Il n'y a rien de plus émouvant que cette loufoquerie quand il y a de vrais artistes qui jouent sur scène et dans nos tripes. La première est couverte de prix internationaux, la seconde sort de l'école du cirque de Chalons. La mise en scène est de Nikolaus Maria-Holz qui n'en est pas à sa première frivolité.
BIDOUILLE
Autre spectacle burlesque et musical à instruments contondants, donné à Pont-Sainte-Marie par Bardin et Ronget, deux artistes inventifs et très musiciens.
C'est la Cie L'air de rien- la puce à l'oreille a conquis le public adulte et les enfants, enchantés par cette créativité tous azimuts (chansons, instruments inventés, histoire loufoque etc.)
Et la musique…
L' OSA
L'orchestre Symphonique de l'Aube a donné son dernier concert de la saison. Cette brillante phalange se balade maintenant dans toutes les capitales auboises et fait un malheur, ce qui veut dire qu'elle fait le bonheur des mélomanes. Avec Pierre et le loup de Prokofiev, ce sont


les enfants qui ont été gâtés. Les vieux aussi qui se rappellent Gérard Philipe. Le narrateur, Christian Brendel, a accentué le côté pédagogique et scénique de l'histoire pour mieux faire peur aux enfants. Méchant Brendel. Il s'en est aperçu d'ailleurs et il a demandé enfin qu'on veuille bien attraper le méchant loup. Chose faite grâce à l'ingéniosité de Petit Pierre, des violons et de Gilles Millière qui a conduit triomphalement l'orchestre et tous les protagonistes de l'histoire au jardin zoologique.

Jean Lefèvre

ART ET SPIRITUALITE : UN FESTIVAL D'EMOTIONS
Dès son ouverture, le festival nous a entrainés sur les sommets de l'émotion avec la Messe en ut de Mozart. Quelle maitrise chez les amateurs du chœur Maurice Emmanuel ! Et la prestation des élèves du Conservatoire de Troyes fut bien plus que prometteuse. Ces jeunes mettaient Mozart en valeur : quel culot ! Espérons que les nombreuses répétitions n'ont pas nui à leurs révisions du bac… La direction sobre et précise de Gilles Herbillon a fait merveille pour unir tous ces talents.
Ambiance différente avec le concert Gospel proposé le lendemain ! Le groupe Gospel Dream capture son auditoire avec une virtuosité musicale et un professionnalisme parfaitement rôdé. Je regrette que la perfection technique ne soit pas mise au service de la sensibilité ; Les intermèdes de prêche pour une religion puérile et superficielle semblaient faire partie du grand spectacle. Mais quel dynamisme communicatif !
L'émotion était de retour le lendemain. Les voutes de Saint-Urbain ont servi d'écrin à La Création de Haydn : la description visionnaire du "big bang" est tout à fait prodigieuse : la musique se cherche, hésite pendant que "l'obscurité était sur la surface de l'abime" et que "l'esprit de Dieu flottait à la surface des eaux", puis les 120 choristes et les 30 musiciens se libèrent brutalement à la création de la lumière, et la Genèse se poursuit, décrite par trois solistes dominant le chœur et l'orchestre, et s'y mêlant. Gerlinde Sämann, soprano, semait des notes d'espérance et de volonté : la cantatrice aveugle a fait jaillir la lumière en chantant l'amour.
L'église de Sommeval a accueilli Marie-Claire Leblanc, soprano, accompagnée par Patrick Ruby à la guitare pour un concert de musique sacrée original : le choix de la guitare impose des adaptations quand il s'agit d'œuvres anciennes (prévues pour d'autres instruments), ou le choix d'œuvres contemporaines. Avec des prouesses de délicatesse, les artistes ont su tisser des liens chaleureux avec le public. S'il faut citer un moment privilégié, je retiens l'Ave Maria de Raynald Arsenault qui nous était offert en création pour la France, la guitare ponctuant un chant presque a capella.
Il faudrait parler du quatuor Abélard qui excelle dans l'art de croiser les lignes mélodiques, de les tisser pour en faire des dentelles superbement ouvragées. Et au moment où ces lignes sont écrites, il faut se résoudre à faire des choix dans un programme riche et abondant.
Les temps forts du festival sont musicaux ; mais il faudrait aussi parler des expositions de peintures, de photographies, de sculptures. La beauté foisonne… La qualité, la diversité et le succès populaire justifient pleinement les subventions versées par les collectivités.

 

Guy Cure