La Dépêche de l'Aube n°763 du Jeudi 6 mai 2004 La Dépêche de l'Aube n°763 du Jeudi 6 mai 2004

La dépêche de l'Aube n°763 du Jeudi 6 mai 2004

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Bientôt une clinique relais sur le site de l’hôpital de Romilly

Manifestation pour le maintien du pôle de santé.

La construction de la clinique privée dans l’enceinte de l’hôpital public est en cours.
La première pierre de ce futur établissement a été posée mardi 27 avril en présence du Préfet de l’Aube et du directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation. Afin d’en faire accepter le principe, ce projet a été présenté comme étant la seule solution permettant de pérenniser le pôle de santé de Romilly.
Les premières discussions pour élaborer ce projet ont commencé avec les anciens dirigeants de la clinique Pasteur et l’un des premiers objectifs recherché était de lui permettre de réaliser des économies en transférant certaines charges à l’hôpital. Mais au moment où le dossier était sur le point d’être finalisé, la clinique Pasteur s’est trouvée dans l’obligation de déposer son bilan, ce qui démontrait la fragilité financière de cet établissement privé. Une très forte mobilisation de la population s’est alors engagée pour éviter que les lits de chirurgie soient transférés ailleurs. Dans cette bataille, le PCF et ses élus ont pris toute leur place. Joë Triché, Conseiller général avait pris l’initiative de créer un comité de défense du pôle de santé où se retrouvaient des citoyens, des associations, des syndicats et des formations politiques de gauche. Plus de 5000 signatures ont été recueillies et une délégation s’est rendue à l’ARH.
La solution que préconisait le comité de soutien était tout autre. En effet, afin de garantir durablement le maintien du pôle de santé, il demandait le retour de la chirurgie dans le secteur public, c’est-à-dire à l’hôpital avec les lits qui lui étaient affectés. Cette proposition partait du principe que seul le service public peut garantir l’accès de toutes et tous aux meilleurs soins.
Mais la volonté de sauvegarder le privé a été plus forte de la part de l’agence régionale de l’hospitalisation. Cela s’inscrivant d’ailleurs dans la volonté gouvernementale de favoriser ce secteur au détriment de l’hôpital public. Dans cet esprit, tout fut mis en oeuvre pour permettre la reprise de la clinique Pasteur par le Dr Janer pation de la clinique des Ursulines de


Troyes. Après une période d’observation, ce dernier demanda une révision du projet de transfert sur le site de l’hôpital, ce qui ne manqua de renchérir le coût des études qui a atteint un montant de plus de 460 000 euros (trois millions de francs).
Une opération sans risque pour la clinique privée et ses actionnaires
En effet, le Dr Janer, bien connu pour son sens des affaires, s’est bien gardé de mettre tous ses oeufs dans le même panier. C’est on jamais : A aucun moment, il a tenu à ce que la clinique des Ursulines soit engagée dans le dossier de Romilly. Pour cela, il a créé pour la reprise de la clinique Pasteur, la SAS clinique Pasteur qui occupera le nouvel établissement en construction sur le site de l’hôpital. Son plan de financement est à peu près identique aux constructions d’usines relais. Ainsi, les actionnaires de la SAS clinique Pasteur n’apporte aucun fond. Déduction faite de la subvention de l’état, l’hôpital de Romilly a emprunté 5,4 millions d’euros auquel il faut ajouter un apport de ce dernier de 1,09 millions d’euros. En contre partie, la SAS clinique Pasteur devra acquitter un loyer annuel de 230 000 euros environ (1,5 million de francs).
Ainsi, cette solution dont l’objectif n’est pas que la santé mais aussi la rentabilité pour les actionnaires, permettra t-elle de garantir durablement le maintien de la chirurgie et des lits correspondants à Romilly ? La question mérite d’être posée car quand l’accès aux soins pour tous et la rentabilité doivent cohabiter, tout est possible. L’autre interrogation que se pose le personnel de l’hôpital, c’est celle des relations entre les deux établissements, l’un public et l’autre privé avec des agents aux statuts différents


LDA

Europe libérale

J. Chirac maintient le cap

Déclaration d’Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale

La conférence de presse du Président de la République lance la campagne du camp du Medef et de l’argent pour l’élection européenne du 13 juin.
La conférence de presse du Président de la République lance la campagne du camp du MEDEF et de l'argent pour l'élection européenne du 13 juin.
Après avoir claironné qu'il fallait garder le cap, malgré la déroute électorale de la droite lors des scrutins régional et cantonal de mars dernier, Jacques CHIRAC cherche maintenant à faire avaler à notre peuple un projet de Constitution qui n'est rien moins que du " super Maastricht " !
Le Chef de l'Etat a vanté une Europe de la croissance, de l'emploi et de la justice sociale : or, notre pays ne connaît ni la croissance, ni l'emploi, ni la justice sociale !
Bien au contraire, licenciements boursiers, récession économique et casse sociale à la clé : voilà bien le " Medefland " à l'heure européenne !
Jacques CHIRAC s'est déclaré en parfait accord avec le projet de Constitution élaboré par Valéry GISCARD d'ESTAING. Un texte qui érige en loi suprême le libéralisme, et qui est d'ores et déjà promis à l'adoption d'un Conseil européen qui se réunira quelques jours seulement après l'élection du 13 juin. C'est dire si le Chef de l'Etat balaie par avance le message que pourront exprimer les électeurs !
Il n'est pas étonnant, par conséquent, de voir le Président de la République, contrairement à ses

engagements, se refuser à organiser un référendum sur la Constitution européenne que pour notre part nous continuons et continuerons de réclamer fermement !
Le vieux fond ultralibéral et maastrichien condamne Jacques CHIRAC à demeurer sourd aux nécessités de l'heure, aux exigences populaires et du monde du travail, et à présider avec des oeillères. A l'heure où son Premier ministre et son gouvernement ont été disqualifiés par le suffrage universel, il cautionne le gel de 8 milliards d'euros dans les dépenses publiques. Huit milliards qui représentent autant d'investissements d'Etat en moins pour l'emploi et le social déjà mis à mal, alors que s'accroissent le chômage et les difficultés des Français.
Je ne doute pas que nos concitoyens qui ont adressé un éclatant avertissement à la droite UMP-UDF les 21 et 28 mars, sanctionneront à nouveau sa politique le 13 juin. L'heure est à la résistance sur le terrain politique et social, dans l'entreprise et dans la cité. L'heure est au rassemblement sur les valeurs sociales, humaines, démocratiques et pacifiques qui sont au coeur de la construction d'une alternative de progrès à cette Europe ultralibérale.
Dans cet esprit, le bulletin de vote communiste constituera un outil dont pourront se saisir utilement nos concitoyens

PCF : la résistance régionale
Avec la direction de 20 régions métropolitaines sur 22, la gauche se trouve dans une situation de responsabilité nouvelle et inédite.
Réunis le week-end dernier avec leur secrétaire nationale Marie-George Buffet, les conseillers régionaux communistes ont réaffirmé leur volonté de "faire des régions des pôles de résistance à la politique ultralibérale" du gouvernement Raffarin et dans le même temps apporter "des améliorations immédiates dans la vie quotidienne du plus grand nombre et d'impulser la démocratie participative".
Au premier rang des préoccupations des communistes, le combat contre le "projet Raffarin de pseudo décentralisation" qui constitue à leurs yeux un "facteur d'inégalités entre les citoyens et les territoires, de mise en cause des services publics nationaux, notamment ceux d'éducation et de formation".
Du coup, les élus communistes annoncent qu'ils soumettront des "motions au vote des conseils régionaux" afin "que les régions de gauche décident de ne pas mettre en œuvre " le projet Raffarin ".
Autres propositions fortes du PCF, "la mobilisation de fonds régionaux" pour l'emploi et la formation, la lutte contre les expulsions ou encore le refus de la marchandisation des services publics en déclarant la mise hors AGCS des régions .
Humeurs

L’EUROPE, L’EUROPE, L’EUROPE !(suite)
Vive l'Europe à 25, c'est la nouvelle charge héroïque claironnée sur tous les médias. Ah ! tous ces pays de l'Est qui font ce saut magnifique vers l'Ouest libéral et pacifique, que c'est beau ! Dix nouveaux pays ont enfin choisi le chemin vertueux de la sainte concurrence et du développement. Ils ont quitté leurs vieux démons collectivistes. Le mot communisme est enfin tombé en décrépitude. Ca c'est une chouette idée. On la matraque partout, tellement on s’était fait peur avant. Ouf ! on n'est pas passé loin, disent les bien en chair et les bien en banque avec un tremblement résiduel. Alors, on respire et l'on se repasse la Neuvième, celle de ce bougon de Beethoven qui restait au milieu du chemin quand l'Empereur voulait passer avec ses gens. Mais il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. J'apprends aujourd'hui que le fameux hymne serait désormais chanté en latin, vieille langue nourrisseuse mais obsolète. Pourquoi pas en espéranto ?
Les Europhiles chanteront donc en latin, mais en retenant encore leur souffle, car si le communisme a failli, si les murs sont tombés, si les statues ont été déboulonnées, il reste dans les cœurs européens comme un soupçon de colère, un germe d'aspiration à la justice, une ou deux braises chaudes qu'un vent de contestation pourrait bien rallumer. Et cela à l'Est comme à l'Ouest, d'où la nécessité de nous enfoncer longtemps le clou européen dans la tête… avant de nous le river !
Il n'y a que la Suisse qui reste chez elle. Elle mange et elle boit en suisse, la Suisse. Elle aime entendre les clochettes de ses vaches qu'on trait encore par leur nom. Bouge pas, la Roussette. Elle veut son indépendance et ses pommiers, la Suisse. Elle a toujours le syndrome de Guillaume Tell. la Suisse.
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Malicette

Construisons tous ensemble une sécurité sociale solidaire qui réponde aux attentes de la population.

En vue de créer dans notre département comme partout en France des collectifs de défense et d'avenir de la sécurité sociale, la fédération de l'Aube du PCF organise une soirée d'étude concernant la question de la sécurité sociale :
Mardi 11 mai 2004 18 h 30 au siège de la fédération de l'Aube

Catherine Mills, Professeur d'université, Membre de la direction nationale du PCF
Spécialiste des questions de santé et de protection sociale animera cette réunion
Contact/inscription : 03 25 73 43 40

Les communistes au premier mai

 

A Romilly...
Près de 150 personnes, dont un grand nombre de communistes, se sont réunies à Romilly pour commémorer le 1er mai. Tour à tour Ch Latrasse pour la CGT et Ph Béroud pour la CFDT ont pris la parole pour dénoncer la politique de casse sociale du Medef et du gouvernement Raffarin. L'accent a été mis particulièrement sur la réforme du système des retraites, l'accord UNEDIC, le déremboursement des médicaments, l'attaque contre le code du travail, la privatisation des services publics. Des agents de la centrale de Nogent S/ Seine étaient présents afin d'alerter sur les dangers du changement de statut juridique d'EDF GDF. Des inquiétudes également sur la situation locale de l'emploi ou le contrat de site annoncé à grands coups médiatiques ne comblera pas la casse de l'emploi dû aux délocalisations. La section du PCF à vendu le traditionnel muguet de la lutte et de la solidarité et a diffusé des exemplaires du livre du centenaire de l'Humanité.

À Troyes...
À Troyes, ils étaient plus de 300 à se rassembler à l'appel de l'intersyndicale devant la bourse du travail. Avant que se forme le cortège en direction de la fête Black Blanc Beurs, les militants communistes ont distribué un tract appelant à ouvrir à gauche une véritable alternative de transformation et de progrès social. Outre la vente du muguet, 35 livres du centenaire de l'Humanité ont été diffusés. Prenant la parole sur les lieux de la fête, la responsable de la CFDT a notamment déclaré "le libéralisme vanté par le gouvernement et le patronat, nous le constatons cruellement, ne cherche qu'à diminuer le coût du travail pour laisser plus dans les poches de ceux qui ont déjà beaucoup. Plus que jamais il est nécessaire que nous fassions barrage à cette tempête libérale et que les salariés fassent bloc". Cela tombe bien car justement les communistes appellent à refuser cette Europe libérale et proposent pour les élections européennes des listes rassemblant celles et ceux qui dans la rue et dans les urnes militent pour une rupture franche avec le libéralisme et pour ouvrir une alternative en France et en Europe.

Et à la fête Black Blanc, Beurs….
Dans le cadre de sa participation à la fête, la section de Troyes du PCF, a souhaité mettre l'accent sur le problème de la protection sociale. Les militants ont proposé aux visiteurs de leur stand qu'ils participent à la création d'un "comité de résistance et d'avenir de la sécurité sociale" soixante personnes ont exprimé leur souhait de participer à ce comit

Un livre de Marie-George Buffet :
Un peu de courage

Intervenant lors du débat de politique générale à l’assemblée, le porte-parole du groupe communiste a estimé que les Français s’étaient rassemblés dans l’exigence d’une réorientation de fond des décisions jusqu’ici mises en oeuvre. Le pouvoir doit répondre à leurs attentes.
Cela concerne le démantèlement du système solidaire des retraites, les remises en cause des trente-cinq heures, de la loi de modernisation sociale et des lois anti-licenciements. L'ensemble de ces décisions doit être à présent revu d'urgence.
Il faut revenir, à l'Assemblée nationale, sur ces textes adoptés comme un seul homme par la majorité, mais rejetés massivement par le mouvement social et les électeurs dans les urnes. Et ce pourrait être l'occasion de prendre en compte les nombreuses propositions progressistes des députés communistes et républicains.
Répondre aux attentes des Français, cela concerne aussi l'iniquité de la réforme des allocations chômage. Il faut sans attendre annuler cette décision, rétablir la durée d'attribution de l'ASS et imposer la réouverture de négociations pour un vrai système solidaire d'indemnisation du chômage constituant y compris un outil social au service du retour vers l'emploi.
Revoir les politiques conduites, c'est revenir sur la suppression des emplois jeunes qui offraient une chance d'insertion professionnelle à des centaines de milliers de jeunes. Cela concerne le RMA et les désengagements de l'État pour le RMI et l'Allocation personnalisée d'autonomie due à des centaines de milliers de personnes âgées dont le travail de ces cinquante dernières années a fait la richesse de la France.
Cela concerne l'ensemble des dispositifs sécuritaires; la loi dite Perben II, qui réunit contre elle le monde du droit et de la justice, et que le Conseil constitutionnel vient de censurer. C'est pourquoi les députés communistes et républicains s'associent à l'appel exigeant un moratoire sur ce texte.
Cela concerne encore la décentralisation dévoyée que le pouvoir entend faire aboutir.
Le respect de la démocratie et de la volonté populaire doit conduire au retrait du texte de loi tel qu'il a été conçu par la majorité; et à la remise en chantier d'un projet plus conforme aux exigences des électeurs et des régions.
Répondre aux attentes des Français, cela concerne enfin le projet de casse de la Sécurité sociale. Les communistes s'opposent à sa liquidation et entendent constituer partout des comités d'alerte et d'action "Touche pas à ma Sécu! ".
Quant au financement de la vraie réforme qu'ils proposent de mettre en œuvre ? Pourquoi les 160 milliards d'euros de profits boursiers échappent-ils à toute cotisation et restent-ils intouchables ? Ils permettraient de renflouer les caisses de l'assurance maladie de 20 milliards d'euros ! Le recouvrement de seulement 40% des dettes sociales patronales

produirait 13 milliards d'euros de recettes pour la Sécurité sociale. Enfin, une vraie politique de l'emploi contribuerait au sauvetage de notre système français de solidarité devant la santé: 100 000 chômeurs en moins, c'est 1 milliard d'euros de cotisations en plus ! Voilà quelques-unes des réponses qu'il est possible d'apporter à cet enjeu.
L'emploi précisément, constitue la priorité des priorités pour plus de 70 % de nos concitoyens.
Les communistes ont fait des propositions réalistes et chiffrées à ce sujet, de la mise en place d'un système sécurité-emploi-formation qui offrirait à chaque salarié de ce pays la garantie d'un statut et d'une rémunération tout au long de sa vie professionnelle, qu'il soit en phase de travail ou en phase de formation et de requalification. Ils ont défendu d'importantes propositions de lois contre les délocalisations d'entreprises et contre la précarité de l'emploi

Marie-George Buffet
“ Un peu de courage ! ”

Editions du Cherche-Midi, 10 €
Changer la société, cela a-t-il encore un sens ? Poser cette question, c'est se demander si la politique en général et la gauche en particulier ont encore une raison d'être. Peut-on rêver à une société du vivre ensemble ? Peut-on bâtir d'autres rapports sociaux ? Peut-on agir pour un autre monde ? Ou bien est-ce illusion et faut-il se plier aux exigences des marchés financiers ?
Le traumatisme du 21 avril 2002 a marqué la vie politique durablement et il serait trop facile de tourner la page. Pour ne pas courir vers de nouvelles déceptions, il faut plus que jamais en tirer toutes les leçons. Depuis ce jour, le PC a affronté les questions qui lui étaient posées et cherché à remettre la politique sur la place publique afin qu'elle devienne l'affaire de tous. Son idée ? Il faut qu'émerge une véritable alternative politique et elle ne pourra pas se bâtir sans le peuple.
Pour que l'espoir remonte la pente, pour battre la droite durablement, pour contrer les logiques libérales et capitalistes, pour répondre aux besoins et aspirations, il faut du courage et de l'audace. Comment faire ?
Marie-George Buffet, dans des échanges profonds et vifs, prend le temps de s'expliquer. Loin des fausses révélations et des petites phrases, on lui retrouve ce parler vrai et cet humanisme qui sont sa marque de fabrique.
Fonds de pension
le harcèlement des financiers

Le Journal officiel vient de publier le décret en douce comme s’il s’agissait d’un texte banal.
Il s'agit pourtant ni plus ni moins de la mise en place des fonds de pension à la française, ceux-là dont le gouvernement Raffarin jurait, il y a un an jour pour jour qu'ils ne viendraient pas miner la retraite par répartition. Les revenus et l'avenir des 9,2 millions de salariés sont pourtant convoités par les banquiers et les assureurs qui rivalisent pour capter des capitaux qu'ils manipuleront jusqu'à la retraite des salariés. Qui y auront ajouté année après année leurs cotisations.
Une mine d'or que ces PERP (plans d'épargne retraite populaire)! Enfin, pour les marchés financiers. Ils vont leur servir de masse de main-d'œuvre, ici razziant des affaires profitables, là ravageant l'emploi pour assurer plus de profitabilité aux capitaux. Banquiers et assureurs prétendent jouer les pompiers volant au secours des retraites menacées alors même qu'ils vont briser des entreprises, des richesses, des destins dans cette course-poursuite à la rentabilité maximale.
Outre-atlantique et outre-manche, les fonds de pension ont leur royaume. Les salariés d'Enron peuvent témoigner de ce qui leur en a coûté. Avec la faillite du colosse de l'énergie américaine, miné par la déréglementation des marchés et ses spéculations se sont envolées toutes les économies de dizaines d'années de labeurs.
En France, le dispositif prévoit de limiter un peu les dégâts en transférant vers des obligations moins risquées que les actions le capital au fur et à mesure que la retraite approchera. Mais qu'en restera-t-il ?

L'expérience d'Eurotunnel de ce "capitalisme populaire" qu'avaient vanté avec la même unanimité les économistes officiels et les banquiers intéressés incite à la plus extrême méfiance.
Il faut donc crier casse-cou. Mais il faut aussi en tirer des leçons pour les semaines qui viennent. Le gouvernement avait juré les grands dieux l'an passé que sa réforme des retraites n'était pas le cheval de Troie des fonds de pension. Et les voilà! Il assure que sa réforme de l'assurance maladie ne fera pas de la santé une marchandise. Mais les marchands sont sur les rangs. Les assureurs fourbissent leurs produits. Le ministre de la Santé pousse les feux d'une réforme qui fera de la rentabilité le moteur du fonctionnement des hôpitaux et réduira le serment d'Hippocrate à une vieille lune. Tous les professionnels de la santé s'en inquiètent, le disent, le crient, le proclament. Alors que le combat contre le cancer est décrété priorité nationale, on manque déjà de cancérologues et d'équipes pour traiter convenablement cette maladie. Pourtant, notre pays dispose de beaucoup des meilleurs spécialistes au monde.
Sur l'assurance maladie, le gouvernement ne pourra pas tenter de diversion en opposant public et privé. Tous sont concernés. Voilà qui donne aux lendemains d'élections qui ont désavoué le gouvernement et ses projets, une singulière importance aux défilés du 1er mai. Salariés de toutes professions, unissons-nous..

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