La Dépêche de l'Aube n°717 du Jeudi 19 juin 2003 La Dépêche de l'Aube n°717 du Jeudi 19 juin 2003

La dépêche de l'Aube n°717 du Jeudi 19 juin 2003

Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur XRECHERCHE
Pour rechercher des informations dans le site de La Dépêche de l'Aube et ses archives.
Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur ATOMZ

Lundi 23 juin à partir de 17 h 30
Espace A. croizat
à Romilly sur Seine
Forum citoyen
sur l’avenir des retraites.
Une initiative organisée par la section du PCF
Retraites
Le dossier est aussi politique
Combien perdrez-vous ?
Graphe de l'évolution

Défait dans l’opinion, incapable de rassembler sur ses propositions, le gouvernement parie désormais sur une victoire à la Pyrrhus, obtenue en spéculant sur l’usure, le pourrissement, l’exaspération.
Il joue la carte de la tension avec un objectif: l'adoption du projet Fillon à n'importe quel prix. Derrière les mots, la brutalité du projet de remodelage de la société entrepris par le gouvernement Raffarin apparaît désormais dans toute sa nudité. Cette politique de revanche est une dangereuse machine à produire du désespoir. Elle est doublement irresponsable, socialement et politiquement. Il apparaît de plus en plus évident que la portée du mouvement social engagé tient à ce qu'il répond à ce double défi.
Socialement, la politique du gouvernement aurait des conséquences désastreuses. Une autre voie de réforme, radicalement différente, est possible, mais elle suppose un changement de cap net par rapport aux politiques suivies depuis vingt ans. Tout gouvernement quel qu'il soit est dans ce dossier au pied du mur : on ne peut pas pérenniser le système solidaire de la répartition et maintenir les tabous actuels sur le coût du travail, les charges sociales, le poids des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques, l'impossibilité de mettre davantage à contribution les profits et les revenus financiers. Voilà pourquoi le dossier des retraites est aussi politique. Il met le doigt sur la contradiction majeure qui nourrit depuis des années la crise politique. Les Français ne veulent pas du libéralisme, mais ils sont enfermés dans des choix qui ne cessent de le ménager. Cette fois la demi-mesure n'est pas possible. Le pays prend conscience, avec ce dossier essentiel pour l'avenir de toute la société, qu'il faut choisir.

Du coup, le débat sur l'alternative politique, que la droite pensait durablement marginalisé après le 21 avril, resurgit spectaculairement. Peut-il prendre de l'ampleur ? Sûre-ment pas s'il reste prisonnier d'un schéma bipolaire: ou l'UMP ou un PS ayant vocation à devenir parti unique de la gauche. Chacun voit bien que la crédibilité de cette alternance n'a pas d'avenir. Mais il peut en être tout à fait autrement si les contenus d'une politique alternative grandissent dans le mouvement social lui-même et si les acteurs de ce mouvement entreprennent de construire avec toutes les forces disponibles les moyens de leur intervention politique. Est-ce crédible ? Le forum citoyen organisé le 5 juin à La Villette par le PCF semble indiquer que oui. Mille participants, la présence mêlée d'acteurs du mouvement, de nombreuses associations, de toutes les formations de gauche, un débat sans faux-fuyant… Cette première expérimentation réussie montre la voie d'une construction politique inédite, à visage découvert, "sur la place publique", a dit Marie-George Buffet. Il faudra de la persévérance, de la détermination, de l'imagination. Mais le mouvement social n'en manque manifestement pas. Il faudra vaincre beaucoup de défiance, de scepticisme. Seuls les actes peuvent le faire. Des actes contrôlés par l'engagement direct des acteurs et des citoyens. Là encore, la disponibilité existe. Encore faut-il lui ouvrir l'espace qu'elle mérite. La Villette montre que c'est possible. Pourquoi attendre ? Battons le fer de l'intervention citoyenne quand il est chaud

Joë Triché

Plusieurs centaines de manifestants dans les rues de Nogent pour la défense des retraites.
Mouvement social
Nogent la rebelle

De mémoire de Nogentais, on n’avait pas vu ça depuis belle lurette !
Nogent "la belle endormie" est devenue Nogent "la rebelle" sous les semelles des centaines de salariés qui ont battu le pavé nogentais les 13 mai et 10 juin pour dire "non" et bien d'autres choses (!) à Raffarin et Fillon... 35 ans après mai 68, sous les pavés Nogentais : la contestation !

Par deux fois, 300 salariés ont occupé la commune, du public mais aussi du privé (et tant pis pour les pressions, voire le chantage, des patrons).
Les syndicats CGT, FO, UNSA et FSU de Nogent ont travaillé ensemble pour la réussite de ces initiatives, et une idée a germé : faire durer ce rassemblement au-delà des réformes actuelles, pour aller, avec d'autres associations (parents d'élèves, association caritative...) vers un Comité de Vigilance prêt à réagir contre toute attaque contre des salariés, contre les licenciements, les délocalisations, le déshabillage des services publics, les fermetures de classes... Les patrons Nogentais sont prévenus, plus rien ne se fera dans le secret et l'indifférence et, face au laxisme et au silence des élus, les Nogentais sauront se rassembler.
Ah qu'ils étaient beaux ces 2 défilés, ces hordes de salariés, de privés d'emplois, de retraités, ces jeunes et jeunettes cheminot(e)s venu(e)s de Gretz, Nangis ,mobilisés contre l'arbitraire de l'UMP et de ses valets du MEDEF qui ont choisi de "réformer" vers le bas. Barrages filtrants aux entrées de la ville, avec le copain Gilbert qui, en plus du tract, offre une fleur à ces dames, comme pour dire, en réponse aux grands médias : nous ne sommes pas des terroristes, nous ne prenons personne en otage... Un coup de sonnette à la grille de la sous-préfecture, un peu par provocation, et miracle , la grille qui s'ouvre. Et 300 salariés s'engouffrent pour aller crier sous les fenêtres du représentant de l'Etat : Raffarin, si tu savais, ta réforme où on «s'la met».
Direction le collège, lieu d'apprentissage des maths, de la géo, de l'histoire... collège Jean Jaurès, tout un

symbole, cerné d'affiches de l'HUMANITE... Et un principal de collège qui claque la porte au nez des enseignants ! il n'en fallait pas plus : le maigre cordon de gendarmerie est rompu, les 300 manifestants occupent la cour du collège, encouragés par les élèves que l'on a pris soin de barricader. Le principal est conspué par la foule en colère. Ils ont assassiné Jaurès....
Barbecue sur le parvis de l'Hôtel de ville avec sono qui crache du MANU CHAO. Débat à micro ouvert : les syndicats, Michel pour les privés d'emploi, Françoise pour les retraités qui explique que sa fille a été privée de grève pour cause de réquisition à l'hopital... Et la sympathique Monique qui entonne un air de samba brésilienne. Merci aux ouvriers du chantier voisin qui ont apporté eau et électricité, merci à Pascal, Christophe de la centrale EDF et leurs potes de la section CGT pour l'intendance. Une pensée pour Bruno le cheminot qui a beaucoup, beaucoup, crié. Merci aux enseignants qui, pour certains, en étaient à leur 10ème jour de grève, merci pour cette leçon ! Merci à l'union locale CGT de Romilly/Nogent, et au camarade Jacky pour les photos qui vont enrichir l'histoire de la commune aux côtés de Camille Claudel elle-même rebelle.
Aucun élu de la majorité municipale UMP n'était présent. Le Maire, Gérard Ancelin, pourtant si photogénique dans l'Est-Eclair complice (on ne voit que lui, à se demander s'il n'a pas lui-aussi des sosies) avait quitté son palais et sa ville. Si le silence est d'or, alors Nogent a la majorité municipale la plus riche de France !
13 mai, 10 juin 2003. Quelque chose est né à Nogent-sur-Seine. une nouvelle flamme de la résistance qui ne s'éteindra plus.
Attendons maintenant de voir ce que les reporters de l'Est-Eclair ont vu et entendu...


Laurent Levasseur

Conseil régional
Les élus communistes obtiennent de nouvelles avancées
Mercredi 25 Juin à 18 heures
au siège de la Fédération de l’Aube du PCF
22ter, avenue A. France à Troyes
Rencontre avec les Conseillers régionaux communistes pour débattre et s’informer des avancées qu’ils ont obtenu au sein de l’Assemblée régionale avec
- Pierre MATHIEU, Conseiller régional de l’Aube
- Claude LAMBLIN, Président du groupe communiste et verts au Conseil régional
- Karine JARRY, secrétaire du Comité régional du PCF

L’Assemblée régionale s’est réunie les 2 et 3 juin dernier avec à son ordre du jour le vote de la décission modificative qui a pour objectif de compléter le budget prémitif 2003.
Compte tenu des avancées obtenues pour les familles, les salariés et les lycéens, le groupe des élus communistes et verts a opté pour l’abstention pour permettre à ces avancées d’être adoptées.
Au cours du débat, Claude Lamblin président du groupe communiste, verts a rappelé que cesse session du Conseil régional se déroulait dans un contexte particulier «celui des luttes engagées contre le projets Raffarin sur les retraites et le projet de décentralisation». Au nom des élus communistes et verts, il devait notamment déclarer :
«Examinons d’abord le contexte, puis le budget, enfin le lien qui les relie.
Le projet du gouvernement sur la décentralisation n’est pas un projet de décentralisation. C’est un projet de marchandisation des services publics, de privatisation, de précarisation des personnels.
Il s’inscrit dans une entreprise plus vaste de remodelage de la société dans l’esprit des propositions du MEDEF, développée à l’échelle européenne.
Nous demandons, après le recul du gouvernement face au mouvement social, le retrait pur et simple du projet.
Une véritable décentralisation repose sur des choix exposés en début de session. Nous combattons toute initiative de la Région allant dans le sens de l’acceptation de cette fausse réforme et sommes solidaires des personnels et salariés en lutte.
Les revendications posées aujourd’hui ne datent pas d’hier. Les communistes, ainsi que les Verts, ont participé au gouvernement précédent et les problèmes se posaient déjà. Le gouvernement présidé par Lionel Jospin a eu de bonnes initiatives : L’aide personnalisée à l’autonomie en faveur des personnes âgées, la couverture médicale universelle, les 35 heures. Le gouvernement actuel se précipite d’ailleurs sur ces dispositifs pour les remettre en cause. Mr Raffarin paraphrase Alphonse Allais sur la réduction du temps de travail, l’humour en moins.
Mais le gouvernement Jospin et le Parti Socialiste ont refusé de prendre en compte d’autres propositions judicieuses. Ils ont refusé le départ en retraite de ceux qui avaient cotisé 40 annuités avant l’âge de 60 ans. Ils ons refusé l’élargissemetn de l’assiette des cotisations sociales, s’en tenant aux seules cotisations salariales, ne pouvant à elles seules résoudre le problème démographique. Ils ont refusé le retour à 37,5 annuités de cotisation pour les salariés du privé. En serions nous là, si ces réformes possibles avaient été engagées ?



Notre déterminsation dans ce domaine ne date pas de quinze jours».
Concernant la décision budgétaire modificative, Claude Lamblin précisa :
«La décision budgétaire modificative, qui complète le budget primitif 2003, s’inscrit dans la même logique que celui-ci : des choix contestables en matière économique, industrielle ou agricole, mais aussi des avancées significatives, à notre initiative, qui ont justifié, en décembre dernier, notre abstention et celle du Parti Socialiste. Depuis décembre, rien n’est changé dans ces choix budgétaires, si ce n’est de nouvelles avancées, toujours à notre initiative :
- Un crédit supplémentaire de 370 000 Euros pour les livres et les fournitures des lycéens, et un mode de distribution pus homogène et plus systématique. Il faudra évaluer le dispositif et sans doute encore l’améliorer.
- Des aides économiques mieux encadrées, soumises à des engagements précis en matière de création d’emploi, et désormais soumises également à un plan de formation des personnels.
- L’aide aux anticipations de mutations industrielles ne devra pas dériver vers une acceptation et un financement des plans sociaux.
- Les salariés pourront bénéficier (à partir du 1er juin) d’un titre de transport avantageux sur tout le territoire régional pour leurs déplacements domicile travail. Il reste à négocier le même titre de transport pour les liaisons avec Paris et une participation des employeurs. Les démarches sont en cours.
- Un plan d’aide à la formation aux formations de santé (infirmières, aides-soignantes, ambulanciers, aides à domicile) a été mis en oeuvre, 400 personnes environ en ont déjà bénéficié.
Toutes ces avancées sont à l’initiative des élus du groupe Communiste et Verts. Elles justifient comme en décembre, notre abstention, pour bien montrer notre volonté de poursuivre.
Quel lien entre le contexte politique et le budget régional, entre les projets gouvernementaux et notre rôle au Conseil régional. Il est très simple, dans les deux cas, nous voulons être utiles aux citoyens, aux salariés, aux jeunes, aux retraités.
Nous luttons pied à pied pour combattre les mauvais coups, et ne ménageons pas notre peine ici, pour obtenir des avancées importantes et immédiatement bénéfiques pour le population.
Dans les deux cas, nous prenons en compte les revendications et les aspirations, nous voulons les servir, et non s’en servir. La nuance est d’importance et nous sommes, nous,t rès à l’aise dans cette démarche
».


Humeurs

Numérotation
La petite ville de F. vient de changer la numérotation d'une rue où loge un de mes amis. Il habite désormais au 6 rue Louis Aragon et non plus au 8.
La poste n'aurait pas dû s'en émouvoir, mais un jour elle me renvoya ma propre lettre avec la fatidique mention : 'N'habite plus à l'adresse indiquée."
Ça m'a rendu un peu nerveux et j'ai écrit au receveur de F. s'il en reste un.
...Mon ami n'a pas bougé de sa maison depuis 20 ans, vos proposés pourraient avoir la gentillesse de passer outre aux légères modifications municipales plutôt que d'appliquer bêtement la nouvelle règle. M. G. est un homme connu de la France entière grâce à ses fonctions de secrétaire général d'une Association et vos facteurs et factrices devraient lui apporter son courrier où qu'il soit comme cela se faisait autrefois quand la Poste avait le respect de la personne et qu'elle mettait un point d'honneur à faire parvenir coûte que coûte une lettre à son destinataire. Sa déontologie serait-elle maintenant de ne plus respecter que le dieu de la numérotation ?
Tout change. Les courriers manuscrits et tapuscrits disparaissent au profit des courriels, appelés aussi E. Mails pour faire plus universel ; les lettres sont triées à l'électronique ; les bureaux ferment pour rentabiliser le service. On intime l'ordre au postier raréfié de fonctionner comme une mécanique. Je crains, M. le Directeur, qu'elle ne vous avale un jour, vous aussi.
Quand les nouvelles voyageront de machine à machine, l'être humain ne sera plus qu'un vague souvenir. Et où achéterai-je alors mon calendrier des Postes

Malicette

.

Ecoutez-voir

... La presse du bonheur
Heureusement qu'on a la presse. Elle nous renseigne bien. On a l'impression que c'est elle qui attrape les voleurs, et coffre les incivils tellement l'article est bien nourri en détails. Elle est au cul de l'actualité, la presse. Quelque part on se sent même en sécurité. Vivent les contrôles de police pour traquer l'alcoolémie, les phares mal réglés, la vitesse excessive se disent les conducteurs qui ne roulent pas au moment de leur lecture. Vivent les expériences dans les lycées pour déceler la drogue. (Je n'ai pas dit, les "descentes", terme grossier qui s'accorde mal au caractère didactique de ces opérations de police !)… Quand on a réussi à coincer une paire d'élèves, que les chiens ont reniflé de la sniff dans un placard, on a le devoir de l'écrire dans le quotidien, moitié pour confirmer que ça existe, moitié pour avoir un peu de sensationnel à se mettre sous la plume.
Mais quand on ne découvre rien ou pas grand'chose comme au lycée Baltet de Saint-Pouange, c'est décourageant. Pas question de consigner que la police s'est déplacée pour rien, ce serait presque la ridiculiser. Avouer qu'on n'a pas trouvé de drogue ? Mais ce serait du lèse-Sarkozy.
Ce petit côté racoleur, lèche-lecteur, m'horripile un peu. Je cherche des nouvelles de bonheur, moi, les hérissons qu'on n' écrase pas, les bébés qui vont devenir Mozart, un plongeon dans une rivière propre, un cerisier tellement chargé de cerises qu'on est forcé de le traire, un Raffarin qui dit "Je cède". Je ne sais pas, des trucs simples et utiles....

Jean Lefevre

.

Romilly en images

Pierre Guillaumot n’a jamais voulu mettre la pédagogie au placard.
Cet ancien professeur a toujours sa ville à raconter, à expliquer, à, exhiber. Romilly-sur-Seine, appelée longtemps Romilly-les-chaussettes, n'est pourtant pas une ville aux gloires retentissantes ni aux superbes monuments. C'est une ville assez neuve, née de la maille et du chemin de fer. Une ville de prolos. Elle n'a construit que pour les familles ouvrières. Quelques maisons bourgeoises trônent ici ou là mais sans tape-à-l'œil. La ville a souffert. Elle n'a même plus de clocher à son église ni de campanile à son Hôtel de ville. Les beaux édifices sont rares et modestes. Toute sa richesse se réfugie dans la mémoire. Mémoire du travail, des entrées et sorties d'usines, des meetings, des grandes luttes ouvrières, des foires, des marchés, des fêtes, des orchestres, des concerts, des bals, des concours de pêche, de boules, de miss, que sais-je encore…Toute sa richesse se réfugie dans ses grands maires sortis du peuple : Henry Millet, Maurice Camuset. Voltaire ajoute un peu de gloire et d'humour bien qu'il ne fit qu'y séjourner mort !
Pierre Guillaumot a récolté plus de 200 photos sur cette vie romillonne ancienne qu'il commente de façon précise et gourmande. Il en a fait un livre d'images qui se rappelle à nos bons souvenirs. Souvenirs émoussés, chargés d'émotion. Je plains ceux qui n'ont pas une petite ville comme celle-là à se mettre sous la mémoire, un tel livre à compulser mais aussi un tel auteur pour la révéler.
L'éditeur, Alan Sutton, pour 19 €, fait le tour de France des villes (près de chez nous La Chapelle St Luc, Creney, Chalons en Champagne etc.) mais pour que le livre soit considéré, il faut un auteur comme Pierre Guillaumot pour en extirper toute l'originalité, la richesse, le suc.


Jean Lefèvre

.

Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance

Dans le cadre de la journée de commémoration des combats des Résistants du Pays d’Othe, le dimanche 22 juin prochain, le Comité de Troyes de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance rendra hommage aux patriotes du Maquis de Coco ROY et aux otages fusillés par les nazis, à La Rivière de Corps le 25 août 1944.
Rassemblement, dimanche 22 juin à 9 h 15, à la stèle route de Sens, face au numéro 134

.
Les jeux de l’Aube
Du Raffarin avant la lettre

Philippe Adnot l’a clairement exprimé, il rêve de faire de l’Aube le «ban d’essai» de la politique de la droite.
Notre département serait un relais expérimental. Un fait nouveau vient illustrer ces projets : les jeux de l’Aube.
Il est déjà scandaleux que ce rassemblement soit sponsorisé par une marque de champagne, en opposition complète avec la loi Evin, comme l’ont fort justement dénoncé enseignants et parents d’élèves.
Mais que dire du «comité de pilotage» qui comprend outre Bernadette Chirac, le responsable du MEDEF, des dirigeants de la métallurgie et du batiment ? Grâce à la lutte des enseignants et du personnel non enseignant de l’éducation nationale (psy, médecins, assistantes sociales, conseillers d’orientation), le gouvernement a été obligé de battre en retraite, momentanément, sur ces projets de décentralisation concernant ces personnels.
Cependant, ceux-ci étaient clairs : il s’agissait de placer l’élève au centre de l’économie. En fait, d’orienter celui-ci en fonction des besoins locaux et non plus en fonction de son propre projet. La pression économique

s’exercerait pour insérer l’élève, le faire entrer dans un cadre bien précis.
En organisant ces «jeux de l’Aube» sous l’égide du patronat local, n’y a-t-il pas l’inévouable envie de faire un «ban d’essai», d’expérimenter grandeur nature, la réforme Ferry, de faire du Raffarin avant la lettre ? Les enseignants, les parents ont fait reculer, par leur lutte exemplaire, le ministre de l’éducation nationale. Le sénateur Adnot, président du Conseil général et le député maire, vice-président de l’Assemblée nationale, porte parole de l’UMP, François Baroin (dont la carte de viste ne cesse de s’allonger) n’avaient-ils pas le secret espoir d’offir sur un plateau l’exemple réussi d’une collaboration école-entreprise.
C’est raté. Enseignants et parents d’élèves vigilants, ont mis les pieds dans le plat et dénoncé la manoeuvre. Ils n’acceptent pas que les enfants servent de faire valoir.


Geneviève Delabruyère

Ecole :
Loin du compte

La première vraie réunion entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, qui était aussi, curieusement, la rencontre de la «dernière chance», a donc accouché de quelques mesures, significatives malgré tout.
Au menu de la réunion, décentralisation et budget. Un programme ambitieux pour une unique réunion tenue sur un terrain balisé par huit mois d'actions des enseignants et miné par la surdité gouvernementale.
Le Snes-Fsu reconnaît que le gouvernement a partiellement reculé avec l'abandon du transfert des COPsy (conseillers d'orientation), des assistants sociaux et des médecins scolaires; mais il regrette que celui des TOS soit maintenu, qu'aucun moyen nouveau ne soit dégagé pour titulariser les précaires et que les propositions faites sur les retraites restent marginales.
"La grève continue car le gouvernement n'a pas encore assez bougé, estime un responsable de ce syndicat. Nous avons fait des avancées assez significatives sur la décentralisation, mais, sur les autres sujets, le passif n'est pas épuré". Tant il est vrai que ces résultats ne permettent pas de dégager les moyens nécessaires à une rentrée satisfaisante et répondre aux besoins du monde éducatif.

L'annonce du déblocage de 80 millions d'euros lors de la rentrée prochaine, pour la mise en place de nouveaux assistants d'éducation, le report à 2004 de l'expérimentation des mesures d'autonomie des lycées et collèges et une mise en œuvre de la décentralisation pour les seuls techniciens et personnels de service sont donc loin d'avoir calmé l'appétit de service public et de cohérence du mouvement enseignant. Le contentieux est en effet trop important.
Nombre d'observateurs reconnaissent que si l'on en est arrivé là, c'est bien parce que le gouvernement a trop laissé traîner les choses. L'ensemble des enseignants, syndiqués ou non, comme les délégations syndicales présentes à cette table ronde sont bien obligés aussi d'ajouter un élément à cette analyse : le gouvernement a sans doute parié sur l'échéance des examens pour briser le mouvement. Ou le discréditer. D'où le martèlement sur le bac. Il a bien lieu; en même temps, les syndicats ont voulu une nouvelle journée d'action afin d'exprimer encore un mécontentement qui n'est toujours pas gommé par les premières avancées de la table ronde et montrer une nouvelle fois que la lutte menée de manière responsable avec l'appui de l'opinion paie

EDF-GDF
La privatisation en douce

Le gouvernement garde sous le coude, depuis le 6 mai dernier, un document qu’il a lui-même commandé : il s’agit d’un projet de loi de privatisation d’EDF-GDF.
Raffarin a dû se dire que mieux valait ne pas ajouter aux périls de sa réforme des retraites de nouvelles raisons de mobilisation des salariés. Et une récente consultation des salariés d'EDF avait témoigné du refus très majoritaire de la transformation d'un service public performant en plusieurs sociétés anonymes guidées par la rentabilité des actions.
Jean-Pierre Raffarin voulait donc attendre le 6 août et la torpeur d'une dernière réunion du Conseil des ministres, avant le départ en congé du gouvernement, pour faire passer cette loi en catimini. Comment assumer publiquement son intention de faire exploser les régimes spéciaux de retraite comme celui d'EDF alors que François Fillon répète que ceux de la RATP et de la SNCF n'ont rien à craindre… pour l'instant ? Et il paraît qu'on aurait du courage à revendre dans les rangs de l'UMP ?
Ce gouvernement a une feuille de route chargée, une mission de choc qui prévoit à la rentrée prochaine de remettre à l'ordre du jour la décentralisation dans l'enseignement, le démantèlement de l'assurance maladie, des privatisations comme celle d'Air France… Il préfère ne pas additionner les mécontentements, tenter jusqu'au bout de masquer l'ampleur de son projet de recomposition sociale - au Medef on dit "refondation sociale" - et ajoute le mensonge à la dissimulation quant à ses projets.
Jean-Pierre Raffarin joue gros dans les jours qui

viennent. Mis en échec sur sa réforme des retraites, il ne pourrait imposer les wagons qui suivent. Voilà pourquoi il joue le pourrissement et la surdité à l'égard de l'opinion publique qui lui est majoritairement hostile. Les grands médias audiovisuels ont beau n'interroger que des usagers mécontents et même mener campagne contre les grévistes, s'abandonner aux démons du poujadisme, les salariés du privé et du public mêlés rejettent ce projet.
En refusant d'entendre le pays et la majorité des syndicats, en calquant leur politique sur les injonctions du Medef, en recyclant la rhétorique anti-grèvistes et antisociale de Le Pen, Jean-Pierre Raffarin et Jacques Chirac ignorent le message du 21 avril. Ce jour-là, celui qui allait être élu président recueillait moins de 20% au premier tour. Et c'est avec cela qu'il prétendrait imposer sa voix à celle de notre peuple ?
Le pouvoir, il est vrai, a un allié de taille, Tony Blair, qui a proclamé lors d'une conférence de presse que "le gouvernement français est en train de prendre à bras le corps le problème des retraites. Ce n'est plus une question de droite ou de gauche […] c'est une question de survie". Un tel appui résonne singulièrement quand le locataire du 10 Downing Street est cité pour mensonge caractérisé à propos de l'Irak devant les Communes. Plus grave, la situation des retraités et l'état de l'énergie privatisée sont suffisamment désastreux en Grande-Bretagne pour constituer des contre-exemples, des anti-modèles. Décidément, l'acharnement libéral aveugle et peut faire perdre ceux qui veulent faire trop gagner au patronat