La Dépêche de l'Aube n°714 du Jeudi 29 mai 2003 La Dépêche de l'Aube n°714 du Jeudi 29 mai 2003

La dépêche de l'Aube n°714 du Jeudi 29 mai 2003

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Retraite-Ecole
D’autres solutions sont possibles. Imposons-les !

Combien perdrez-vous ?

Graphe de l'évolution
Plus de 600.000 personnes pour dire non aux projets Raffarin-Fillon-Ferry.
Le gouvernement doit retirer ses projets et engager de vraies négociations avec les organisations syndicales de salariés. Il doit entendre les exigences qu’elles expriment et prendre en compte les propositions qu’elles portent. Assez de mépris !
Si la mobilisation est si forte, c’est que chacun mesure la gravité et la portée de ces projets de réforme ; au nom de quoi devrait-on accepter de vivre dans l’insécurité sociale, avec des perspectives de plus grandes difficultés de ressources, et l’obligation de travailler plus longtemps et plus durement ? Nous ne voulons pas de cette société dans laquelle on veut nous faire entrer de force, une société, brutale, désolidarisée, précarisée à l’extrême, de plus en plus inégalitaire et dont nous connaissons les modèles : les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Celles et ceux qui agissent aujourd’hui voient bien les raisons de ces projets ravageurs. Ils et elles ont fait l’expérience de ce à quoi conduisent les sacrifices, les renoncements qu’on exige d’elles et eux. Ce gouvernement, cette droite et le Medef, n’ont qu’une obsession, continuer à baisser les dépenses sociales et les dépenses de l’Etat en les faisant supporter de plus en plus par les salariés, au profit de la capitalisation boursière et des marchés financiers.
Ainsi la part croissante du Produit intérieur brut (PIB) consacrée aux retraites en fonction des évolutions démographiques devra être acquittée par les salariés sans que les entreprises, le capital, ne soient mis à contribution.
Par la loi de décentralisaiton, ce sont les dépenses nécessaires de services publics et des missions de l’Etat qui seront transférées sur les usagers par le biais des impôts locaux et territoriaux ; l’école est la première touchée. Les mutations creuseront les inégalités et conduiront à des pertes statutaires et d’efficacité.

L’Etat pourrait ainsi accélérer le pas pour alléger toujours plus les prélèvements sur les entreprises et les profits.
D’autres projets, de même inspiration, sont prêts sur la santé, l’assurance maladie, la culture.
Mettre un coup d’arrêt à ces projets, c’est vital. Engager de toutes autres réformes c’est indispensable

Ses chiffres qui parlent :

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises
1980 72,5 %
2001 65 %

Part des salaires dans la valeur ajoutée + revenus financiers
1982 70 %
2001 58 %

Croissance des profits dans les richesses produites
1985 28 %
2001 35 %

Placements financiers des entreprises
(en milliards d’euros)
1985 8,2
2000 149

Investissements directs à l’étanger
(en milliards d’euros)
1987/1999 88;79
1992/1966 97,8
1997/2001 477,8

Après le congrès du PS
Le doute des français

Le congrès du Parti socialiste a reflété, dans une certaine mesure, l’état d’esprit qui traverse le pays.
Plus caméléon que jamais, le Parti socialiste prend ses couleurs d'opposition, épousant une humeur sociale largement portée à la résistance et au combat.
L'ovation accordée au secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, quelques jours après le jet de l'éponge de François Chérèque, souligne à sa manière la place qu'est en train de prendre le syndicalisme CGT au centre du paysage social. Évidemment, chez certains dirigeants socialistes, l'hommage n'est pas dénué d'arrières pensées. Nul doute qu'en écoutant les envolées de Laurent Fabius, le leader cégétiste devait avoir en mémoire la surdité de Bercy dans les dernières années du gouvernement Jospin. Des années qu'un autre ancien ministre ne semblait pas non plus avoir oubliées. Bernard Kouchner fait ainsi remarquer que le spectacle de cette soudaine conversion "cégétiste" lui a fait monter la moutarde au nez, invitant ses amis socialistes à ne pas jeter aux orties "la tendance réformiste représentée par François Chérèque".
Qu'importe : emportés par leur élan, plusieurs dirigeants socialistes se réjouissaient de voir enfin "tournée" la page du 21 avril. C'est aller bien vite en besogne. Pour qu'elle soit effectivement tournée, encore faudrait-il, autrement que dans les mots, en écrire un jour une nouvelle, ce dont manifestement les Français doutent toujours : 48% des Français sondés par l'Institut CSA

estiment que la gauche ne ferait pas mieux que le gouvernement Raffarin sur les retraites, 24% seulement étant d'avis contraire et 22% pensant même qu'elle ferait moins bien.
La construction d'une alternative qui réussisse et non d'une simple alternance suppose que le mouvement populaire soit fort et surtout qu'il pèse de tout son poids jusque dans les choix politiques. A Dijon le Parti socialiste a promis une nouvelle fois au peuple de bien le représenter. L'expérience prouve que la seule garantie est qu'il ne soit jamais dépossédé.
Les communistes ne prétendent pas avoir à eux seuls la vérité et la force d'imposer des changements en rupture avec les logiques libérales au service de la domination capitaliste. Ils savent que les faire reculer exige et exigera mobilisation, détermination, lucidité et une volonté politique pour faire aboutir d'autres choix.
C'est la raison pour laquelle ils proposent que les citoyenne-s se saisissent des questions politiques que pose l'ambition d'une réforme alternative des retraites mettant à contribution le capital financier. Ils proposent la tenue d'un débat public ouvert à toutes celles et à tous ceux qui sont aujourd'hui engagés dans la lutte.
Ensemble, tous ces acteurs peuvent élaborer des contenus clairs pour une réforme de progrès des retraites. Et travailler ainsi à constituer une future majorité en lien direct avec les participants des luttes sociales d'aujourd'hui et de demain

Manifestation du 25 mai à Paris
Ils étaient plus de mille Aubois venus en car, en train ou en voiture de l’agglomération Troyenne de Bar sur Seine, de Romilly.


Humeurs

A LA POSTE
Ce matin, toute guillerette, je vais à la Poste dès 8 heures pour être servie rapidement. Hélas vingt personnes attendent aux guichets. Deux seulement sont ouverts (les guichets, pas les personnes). Les dames de la poste qui n'en peuvent mais, font assaut de gentillesse. Pas moi. J'ai mauvais caractère. Je bougonne. Et en plus, le million de personnes qui a défilé hier ça me redonne un petit coup de revendicatif.
Vient mon tour (30 minutes d'attente) et je demande les nouveaux tarifs postaux. Car les tarifs augmentent, bien sûr, je dis d'un ton, faut voir le ton que je prends ! -Seulement 9 à 10 % me dit l'employée avec un sourire complice bien employé ! Mais ajoute-t-elle, il n'y a pas de tarifs encore pour le public, seules les entreprises les ont reçus. Par contre, vous pouvez vous les procurer sur Internet.
La philosophe qui sommeille en moi se dit qu'en effet, la poste est devenue une entreprise qui sert d'abord les entreprises et n'est plus que de loin un service public qui se moque de plus en plus du public...

Malicette

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Ecoutez-voir

... Tromperie
Le Président du Conseil Général confond le rêve et la réalité. Il mélange le fictif et le matériel. Il patauge entre l'imaginaire et le concret. Il a exhibé au C.G un tract des enseignants d'Aix-en-Othe qui avaient "imaginé" une journée d'un écolier futur qui "aurait" subi les mesures gouvernementales. Pure fable, quoique restant dans le domaine du possible.
Et Philippe Adnot de désigner les enseignants comme des menteurs trompant les parents sur les intentions du gouvernement…qui n'a pas de mauvaises intentions du tout comme chacun peut déjà s'en rendre compte avec les suppressions de postes, la régionalisation draconienne, les propositions honteuses sur la retraite que les défilés monstres ne font pas battre en retraite.
En fait, ce sont les enseignants d'Aix-en-Othe qui ont trompé le monde : ils ont édulcoré la réalité et ça sera pire que ce qu'ils ont imaginé si tout le peuple ne se lève pas contre les amis de M. Adnot.

Malicette


... Précision d’un lecteur de la Dépêche
"Les vingt deux licenciements de Temex ne doivent pas faire oublier les neuf licenciements de Tekelec car si ces deux sociétés n'ont à priori aucun rapport l'une avec l'autre, il faut savoir que les patrons sont les mêmes et qu'ils obligent l'une d'être le client de l'autre tout en mettant cette dernière en concurrence avec d'autres sous-traitants, et en ignorant complètement les avantages de la proximité, et des facilités qui en découlent".

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Romilly-sur-Seine
Rejet des réformes
Raffarin - Fillon - Ferry
Le mardi 27 mai à l’appel de leurs syndicats les enseignants et Atoss de Romilly étaient de nouveaux mobilisés pour une nouvelle journée de grève et de manifestation

Présents dans toutes ces actions, les communistes y distribuent un tract rappelant notamment que l'urgence est d'en finir avec la "fracture scolaire", ce qui suppose de lutter efficacement contre les inégalités à l'école et dans la société.

Cela implique que l'État attribue des moyens pour que le système éducatif s'ouvre aux réalités, aux attentes et aux besoins des milieux populaires. L'école doit permettre le développement des capacités de chacun, l'appropriation des savoirs en perpétuelle évolution.

 


Le PCF met en débat plusieurs propositions :

- consacrer 7% du PIB pour l'Éducation en mettant à contribution les profits propositions :
- consacrer 7% du PIB pour l'Éducation en mettant à contribution les profits financiers;
- créer un fonds d'aide pour lutter contre les inégalités;
- revendiquer l'existence d'un collège unique de nature à éviter toute discrimination;
- conquérir une véritable gratuité;
- permettre la scolarisation dès deux ans, facteur de réussite scolaire particulièrement pour les milieux populaires;
- revaloriser la recherche et la formation des enseignants;
-mettre en place un système de sécurité d'emploi et de formation pour abolir chômage et précarité

Invitation au débat Retraites
Travailler plus longtemps pour percevoir une maigre retraite
D’autres choix sont possibles !
La question du financement des retraites est cruciale !!
La section de Troyes du PCF vous invite à un débat public sur ces questions

Lundi 2 juin 2003 à 18 h 30 à Troyes
22ter avenue Anatole France
avec la participation
de Claude Pondemer
responsable de la commission nationale retraités du PCF

Déclaration du comité régional du PCF
Construire une alternative qui réussisse

Les puissantes manifestations de la dernière période pour l’Ecole, contre la réforme des retraites (40.000 manifestants en Champagne-Ardenne le 13 mai), celles contre les délocalisations, les fermetures d’entreprises et les plans de licenciements montrent la détermination populaire à mettre en échec la liquidation de l’emploi, des acquis sociaux, du service public, de la protection sociale...
Nous sommes face à une offensive sans précédent du gouvernement Raffarin, visant à un véritable remodelage en France et en Europe au service exclusif d'un capitalisme prédateur, destructeur qui entend investir tous les domaines des activités humaines qui lui échappent encore. Si les décisions que tente actuellement de faire passer le gouvernement répondent aux vœux les plus inavoués du MEDEF, elles représentent pour tous ceux qui vivent de leur travail le danger d'un recul sans précédent de civilisation.
Tout doit-être entrepris pour mettre en échec les projets actuels. La manifestation nationale du dimanche 25 mai à Paris constitue la prochaine étape d'une mobilisation populaire dont la force doit devenir irrésistible pour faire reculer un gouvernement très déterminé.
Le comité régional du PCF qui vient de se réunir à Reims, après avoir débattu de la situation, appelle les communistes champardennais à participer, dans le respect des mots d'ordre des organisateurs, le plus nombreux et le plus activement au succès de la manifestation nationale.
La situation appelle à faire prévaloir d'autres solutions, en faisant notamment contribuer les revenus financiers au financement des retraites, d'autres choix de société et de créer avec l'intervention citoyenne permanente, les conditions politiques de leur mise en œuvre à tous les niveaux.
Sans remise en cause des choix libéraux à tous les niveaux, il ne saurait y avoir de réponses possibles à la hauteur des besoins et des attentes des citoyens, du développement durable de la société.
Oui, il y a besoin de réformes mais d'un autre contenu, avec une autre utilisation de l'argent et des ressources.
A tous les niveaux - Commune, Département, Région, Europe la droite UMP/UDF est un relais actif, un "poisson pilote" d'une politique gouvernementale qui nous envoie dans le mur.

L'énorme mensonge de Raffarin concernant la décentralisation est illustratif. Car derrière la propagande il y a les faits. Le transfert prévu, par exemple, de 110 000 personnels de l'éducation nationale aux collectivités locales conduit à ce que nos enfants soient traités différemment selon les ressources et les décisions locales. Nous n'avons pas à faire à des mesures rapprochant les décisions des citoyens, mais à une remise en cause de l'égalité des citoyens dans des domaines essentiels de la vie (éducation, santé…) et à une remise en cause de l'unité de la République le tout sous le pilotage autoritaire de la commission européenne. Comme d'habitude les plus fragiles seront les plus touchés
Face à de tels enjeux il faut sortir des sentiers battus, et surtout ne pas reproduire ce qui n'a pas marché jusqu'à présent. La volonté des communistes est de travailler à une alternative à la politique de la droite et aux rassemblements des forces politiques que cela implique. A une alternative qui cette fois réussisse. Y parvenir implique impérativement que tout cela se fasse sous le contrôle et avec l'intervention permanente des citoyens.
C'est dans cet esprit et sur ces questions que les communistes engagent dès maintenant avec la population champardennaise toutes les rencontres nécessaires.
Dans ce mouvement, d'ici fin juin, une rencontre départementale sera organisée dans chaque département avec la participation des conseillers régionaux communistes. Il s'agira de faire le point des actions engagées, des résultats obtenus et surtout de travailler avec tous les propositions à faire prévaloir dans la prochaine période et aussi dans la perspective du renouvellement des assemblées départementales, régionale, européenne.
C'est avec la même démarche exigeante sur le contenu des réformes à opérer, constructive et ambitieuse que nous rencontrerons l'ensemble des forces de gauche, écologistes sans exclusive pour examiner, dans le cadre d'un mode de scrutin qui vise à réduire dans la Région le pluralisme politique, comment être le plus efficace pour les champardennais face à une droite hégémonique et à une extrême droite dont le poids et la représentation doivent être absolument réduits

Les Octaves chantent Mouloudji

Le nouveau spectacle des Octaves est arrivé.
Ils chantent Mouloudji sous l'appellation "Comm' un p'tit coqu'licot". Ils ont lancé la navette à partir du Théâtre de la Madeleine et espèrent se mettre en orbite autour du succès.

Les Octaves ne débandent pas. Ils viennent de finir "encore un p'tit vers", avec des poèmes qui sont, quoi qu'on en dise faits à base de tripe et de couteau, de sang et de larmes et le désir de combler le vide sidéral.
Mouloudji fait partie de ces figures inquiètes et douces mais animées d'un désir fou d'être au monde. C'est le chantre de Paris, un poulbot qui gouaille avec le peuple. Il chante aussi l'amour de façon douce : un cœur tendre qui chante à cœur fendre. Il fut acteur (à 12 ans : il est né en 1921), comédien, écrivain, poète et chanteur. Je suis un éternel amateur et d'un talent dispersé, disait-il quand je le fréquentais ainsi que Gérard Fardet et qu'il me disait son admiration pour Aragon. Il a suivi l'aventure du groupe Octobre en 1936. C'est lui qui a mis le pied à l'étrier des Octaves en les engageant pour des spectacles et des disques fameux (la Commune en chantant, Chants syndicalistes, Chants et poèmes concentrationnaires). "Moulou" fut interdit d'antenne en 56 pour avoir chanté le Déserteur. Sa carrière en prit à l'époque un sacré coup. Mais Moulou fut un artiste et un citoyen.

Les Octaves étaient quelque part dépositaires de cet héritage. Ils ont travaillé une vingtaine de chansons grâce à l'ingénieux Fabien Packo, habilleur de refrains sur mesure et sacrément bon musicien. Il ne fallait ni dénaturer, ni imiter. Exercice aussi difficile que la corde à nœuds. Quand l'auditeur a un chanteur dans l'oreille, difficile de lui chanter autre chose que ce qu'il connaît.
Donc l'habillage est important qui donne un caractère frais. Il faut qu'une chanson de Mouloudji devienne une chanson des Octaves. Voilà l'enjeu ! Nos quatre chanteurs mis en scène par Joubert - fils, accompagnés par le grand orchestre Packo-Collin (1) ont enthousiasmé le public bien que pour une première tout ne fut pas totalement parfait. Mais il y a un certain sadisme du public. Malheureusement pour lui les quatre pas tous barbus (surtout la douce Léda) ont déjoué les pièges et chanté à cœur fendre. Il y eut quelques larmes dans la salle. Des masos.


Jean Lefèvre


(1) L’application des critères de Maastricht a malheuseusement obligé les Octaves à ne plus être accompagnés que par deux musiciens. Mais quels musiciens !