La Dépêche de l'Aube n°712 du Jeudi 15 mai 2003 La Dépêche de l'Aube n°712 du Jeudi 15 mai 2003

La dépêche de l'Aube n°712 du Jeudi 15 mai 2003

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2 millions de manifestants dans les rues de France, 7 000 à Troyes, 500 à Bar-sur-Aube, 300 à Nogent-sur-Seine pour dire non à la forme de régression sociale du gouvernement Raffarin.
Retraite :
Le peuple rejette le projet de Raffarin et du Médef
Combien perdrez-vous ?
Graphe de l'évolution
Nous avons affaire à un véritable gouvernement de casseur !
Son seul but est de soumettre le peuple de France aux exigences du MEDEF et des marchés financiers. Pas un salarié du privé comme du public ne veut travailler plus pour gagner moins. D'autres choix sont possibles pour réformer notre système de retraite.
Demain on risque de se retrouver avec des grands-parents au travail alors que leurs petits enfants seront au chômage.
Comme si chaque progrès pour l'être humain comme l'allongement de la durée de la vie devait se payer au prix fort, celui de la casse d'un acquis social essentiel, une retraite solidaire garantissant à chacun les ressources pour vivre décemment après une vie de travail.
Seul le capital y trouve son compte
Alors que les profits des grandes entreprises ne cessent de s'envoler, que les spéculations financières continuent de gangrener l'économie et la société, le gouvernement fait payer la facture aux salariés et aux familles. Les cotisations patronales elles, n'ont pas augmenté depuis 1979.
Par contre, depuis 1993, les allégements de cotisations sociales n'en finissent plus. Il y a dix ans, ces allégements représentaient moins d'un milliard d'euros. En 2002, ils en représentent plus de 21 milliards. Ces sommes dépensées pour soi-disant créer de l'emploi ont eu comme principal effet de tirer les qualifications vers le bas et donc les salaires, et donc les possibilités de financement des retraites. C'est donc tout le contraire qu'il faut faire.
Cette réforme autoritaire que la droite veut imposer, avec une parodie de concertation, répond aux exigences de cette construction européenne inféodée aux règles du capitalisme.
D’autres choix sont possible. Les communistes proposent :
D'assurer le droit et la possibilité de partir à la retraite à taux plein, à 60 ans au plus tard, avec 37,5 annuités pour en bénéficier. Et pour cela, les périodes non travaillées telles les études, les contrats d'insertion, la recherche d'un premier emploi, les fins de droits doivent être validées gratuitement comme annuités.
D'assurer la garantie d'un taux de remplacement de 75 % minimum, calculé sur les 10 meilleures années pour le privé et sur la totalité de la dernière rémunération pour le public, le montant des pensions de retraite étant indexé sur les salaires.
D'assurer la possibilité de départ anticipé avant 60 ans pour les salariés exerçant des métiers pénibles ou ayant commencé à travailler très jeunes.
Ce n'est pas à nous de payer.
Des emplois stables, des rémunérations justes, du travail pour les jeunes, des investissements productifs, dans la recherche et le développement pour une meilleure croissance économique : voilà comment assurer le

financement des retraites. Tout comme il est nécessaire et juste de mettre à contribution les revenus financiers des entreprises.
On mesure le niveau d'une civilisation à la manière dont elle respecte chacun tout au long de sa vie, en permettant de parvenir à la retraite en bonne santé, de vivre correctement et dignement.
Il n'y a pas trop de retraités en France. Il y a trop de sans emplois, trop de précaires, trop de salariés mal payés. C'est cela qui vide les caisses des retraites et de la protection sociale. Un million de personnes de plus au travail apporterait, par le biais de leurs cotisations, l'équivalent de 1 % de la richesse nationale dans les caisses de retraite. Rappelons que, selon le Conseil d'orientation de la retraite, il faudrait, d'ici à 2040, environ 6 points de PIB de plus qu'aujourd'hui pour payer les pensions sans abaisser leur niveau. On voit bien là que le nerf de la guerre est bien une politique efficace de l'emploi et non les exonérations de charges systématiques qui ont montré leur inefficacité.
Le gouvernement Jospin n’a pas affronté ce défi
Construire le système de retraite de notre temps, c'est un grand défi humaniste. La gauche n'y a pas répondu, faute d'une haute ambition sociale et par un immobilisme frileux devant un prétendu réalisme économique. C'est une des raisons du désaveu qu'elle a subi.
Le parti communiste, pour sa part, ne se résout ni à cet échec ni à la domination de la droite.
Il soumet des propositions aux citoyens, au mouvement social, a l'ensemble du peuple de gauche, a toutes celles et tous ceux qui refusent de subir afin que nous mettions au cœur du débat une véritable alternative aux projets de la droite, pour des choix de progrès humains et la pérennisation de la retraite solidaire.
C'est l'objectif de son action pour rendre à la politique son utilité, sa légitimité et sa dignité.
Cela nous concerne tous, parce que le monde est à nous tous.
Il ne doit pas nous échapper, il ne doit pas nous écraser.


JP Cornevin

Réforme des retraites :

Travailler plus pour gagner moins, augmenter les difficultés des plus modestes.
D'autres choix sont possibles !
Venez en débattre
La section de Troyes du PCF organise un débat public
Lundi 2 juin 2003 à 18 h 30
22 ter avenue Anatole France à Troyes
avec la participation de
Claude Pondemer
responsable de la commission nationale retraités du PCF

Doré Doré
La sentence est tombée 240 licenciements

Après Jacquemard, c’est au tour de Doré Doré d’opérer une sacrée purge dans l’emploi, près de la moitié de l’effectif va disparaître.
On peut donc comprendre la très grande amertume des salariés de ce fleuron, l’industrie textile auboise qui passe sous la coupe du groupe Italien Gallo.
Ainsi en a décidé le tribunal de commerce de Paris. Rappelons que le comité d’entreprise de Doré Doré dans lequel la CFDT est majoritaire s’était prononcé pour cette solution. Mais cette prise de position n’a pas du tout été appréciée par les salariés de l’entreprise troyenne qui employait cinquante-six personnes. En effet le repreneur Gallo a décidé de la fermer et de transférer la production de bas et collants en Italie. En fait, l’avis du CE a été sollicité pour lui demander de choisir entre la peste et le choléra et de ce fait d’entériner la suppression de deux cent quarante emplois. Bien évidemment, comme à chaque fois, il y aura des âmes bien pensantes pour expliquer aux salariés que c’était la solution la moins pire.
Mais comme toujours en pareille situation, pour les patrons c’est aux salariés de payer les pots cassés de leur gestion. On peut imaginer que durant toute la période où cette entreprise était une source de profits très importante pour la famille Doré Doré, l’avis du comité d’entreprise ne devait pas être sollicité pour décider comment les utiliser pour développer une stratégie industrielle pérénisant la production et les emplois. Les salariés de cette société ont pourtant pratiquement tout donné en pensant qu’il fallait en passer par là pour garder son emploi et sauvegarder l’entreprise, salaire bien souvent au SMIC, cadences et très rarement un mot de travers pour défendre ses droits.
Doré Doré avait en effet la réputation d’être une entreprise calme. Ajoutons d’autre part qu’il y a quelques années, les patrons de l’époque ont bénéficié des largesses financières des collectivités territoriales (Région, département, Europe...) pour la réalisation .

d’une importante usine relais. Or, aujourd’hui nous apprenons que Gallo a obtenu l’entreprise auboise pour 1 740 000 € soit 11, 5 millions de francs. Une bouchée de pain au regard du patrimoine industrielle de la notoriété de la marque D. D.et du savoir faire du personnel.
Ce dossier pose une nouvelle fois avec force toute la question de l’avenir de l’industrie textile dans notre pays et des emplois qui en découle. Le groupe Italien Gallo a déjà décidé de transférer la production des bas et des collants en Italie. Et demain ?
Pourtant l’industrie textile peut avoir encore un avenir dans notre pays. Mais au lieu d’avoir des stratégies a courte vue en recherchant des profits faciles dans les pays à très faibles salaires, il est nécessaire d’investir dans la recherche, l’inovation et la formation des salariés. Cela nécessite aussi un certain niveau de pouvoir d’achat pour permettre aux familles d’orienter leur consommation vers des produits haute gamme.
Des décisions sont donc à prendre au niveau gouvernemental mais également à l’échelle européenne comme l’a demandé Francis Wurtz, député communiste au parlement Européen dans un courrier adressé à Romano Prodi, président de la commission Européenne. Dans celui-ci, le député communiste propose que le textile soit déclaré en état de « crise manifeste», l’étude de mesures protectrices adaptées à la situation du textile et le gel temporaire des importations et des localisations, afin de pouvoir organiser en coopération, une maîtrise des marchés, une évolution des productions et des emplois vers de plus hauts niveaux de valeur ajoutée et de qualification dans la sécurité des salariés et des bassins d’emplois concernés. Comme quoi des solutions autre que la casse de l’emploi pour le profit peuvent être recherchées. Tout est question de volonté politique.


Joë Triché

De nombreuses marques de sympathie ont été adressées à G. Guingoin au cours de la cérémonie. Ici, Pierre Mathieu, qui lui a, ces dernières années, rendu plusieurs visite, au nom de la direction nationale du Parti  Communiste. A droite, de la photo, Régis Labbé, maire adjoint
Hommage à un grand résistant,
Georges Guingoin reçoit
la médaille de la ville.
Le 8 mai 2003 a été l’occasion pour la municipalité de Ste Savine, de rendre hommage à un grand résistant, Georges Guingoin, «Compagnon de la Libération», depuis le 5 octobre 1945.
Si une grande partie de sa vie s’est déroulée à Limoges, c’est successivement dans l’Aube qu’il réside depuis 1953, instituteur à Montiéramey, St André et Troyes. Depuis 1978, la famille Guingoin est installée à Ste Savine.
Résistant de la première heure, Georges Guingoin deviendra très rapidement le responsable de la lutte contre l’occupant hitlérien du Limousin. Dès 1940, recherché par la police pour tracts dénonçant le gouvernement de Vichy, il «prend le maquis», ce qui lui vaut le surnom de «Fou qui vit dans le bois». Son exemple sera suivi par bien d’autres.
Devenu chef de la résistance civile dans sa région, fondateur du Maquis Limousin, il dirige de vastes actions de sabotage qui lui valent une condamnation par contumace aux travaux forcés à perpétuités. Pour tous, il devient «le Grand». Pour ses compagnons de l’ombre, il est «le colonel». Les actes de résistance se multiplient. Destruction des chaudières de Wattelez, du câble souterrain reliant la base des sous-marins de Bordeaux à l’état major de Berlin, etc.
Les allemands sont furieux. Sur leur ordre, Vichy dépêche treize escadrons de la garde, douze escadrons

de GMR et des pelotons motorisés de gendarmerie. Les maquisards restent maîtres du terrain. Le 28 mars 1944, les membres de la commission franco-allemande de Limoges sont enlevés. Hitler décide personnellement d’envoyer dans la région la division blindée «das Reich», forte de quinze mille hommes, trois cent blindés et cent vingt-six chars lourds, ne laissant que trois divisions blindées en Normandie. Ce qui fera dire à Eisenhower : l’action de la résistance limousine a sauvé «la tête de pont alliée». Bel hommage !
3 aout 1944 : le Colonel Guingoin devient chef militaire de la 4è brigade FFI
21 août : Limoges est libérée. Huit mille cinq cent combattants de la Résistance encerclent la ville.
Quel chemin parcouru depuis le temps du «Fou qui vit dans les bois» et jusqu’à cette armée populaire ! Que de courage, de souffrance, de lucidité.
Georges Guingoin sera maire de Limoges de 1945 à 1947. Puis en 1953, il rejoindra l’Aube.
Une nombreuse assistance a participé le 8 mai 2003 à la remise de la médaille d’honneur de la ville par Jean-Jacques Arnaud, maire de Sainte-Savine


G. Delabruyère

Humeurs

B. B
Brigitte Bardot, alias B.B., fut un sex-symbole, jolie femme à la beauté un peu vulgaire qui passait dans les films en n'ayant de soucis majeurs que de faire la moue et d'embellir le monde. Fit-elle progresser le septième art ? Elle servit en tout cas, à l'époque, de catalyseur dans l'accomplissement de nombreux actes conjugaux. Aujourd'hui qu'elle a eu des hommes de tout poil et des malheurs, elle s'est réfugiée dans la vulgarité intellectuelle, la défense des bébés-phoques et la haine de son prochain surtout s'il est immigré ou métèque. La gloire rend triste.
Son dernier livre "Un cri dans le silence" est écrit dans un style putassier. Le racisme y éclate à chaque page. Ça ressemble à du Goebbels mal dégrossi. Tout est foutu dit-elle ; où est la race pure ? Il n'y a plus que des bâtards, les "gueux" que sont les réfugiés, les Martiniquais, les infirmières espagnoles, les homosexuelles, les politiciennes, les handicapés, les défenseurs des droits de l'homme, les fonctionnaires… Ah ! si elle les avait oubliés, ceux-là, ils auraient manqué !
Le MRAP a porté plainte contre le livre de cette récidiviste de l'injure raciste, déjà condamnée plusieurs fois. Il s'étonne qu'on donne sur les antennes du temps à Le Pen et à Bardot et rien aux défenseurs de Droits de l'Homme et de la Femme dont se réclame cependant 80 % de Françaises et de Français.
Brigitte Bardot, alias B.B. alias F.N. perd peu à peu ses poils, sa raison et ses admirateurs. Elle ne fait plus rêver que les chiens perdus sans collier.
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Jean Lefevre

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SMIC
L’esbroufe de Jean-Pierre Raffarin

Le gouvernement annonce avec grand fracas une hausse «de 5% au minimum» du salaire minimal.
Francis Mer se gargarise en affirmant qu'il s'agit "d'une politique qui ne consiste pas à donner aux riches et à prendre aux pauvres". Bref, tout le contraire de ce que nombre de Français auraient tendance à penser. En réalité, cette assertion relève ni plus ni moins de l'esbroufe. La hausse invoquée s'inscrit dans le processus d'harmonisation des différents SMIC nés de la mise en œuvre des lois Aubry sur les 35 heures.
En 1999, le gouvernement Jospin, au motif de ménager la "compétitivité" des entreprises, a refusé d'augmenter le taux horaire du SMIC de 11,4% comme il aurait fallu le faire pour éviter toute perte de pouvoir d'achat aux smicards passant de la semaine de 39 heures à celle de 35 heures. Il a préféré adopter un dispositif complexe, censé assurer le maintien du revenu en instaurant une "garantie mensuelle de rémunération" variable selon l'année de passage à la RTT.
La droite, à peine arrivée au pouvoir, a eu beau jeu de dénoncer cet éclatement du SMIC (six niveaux différents existaient alors!). Fut votée une réforme pour rétablie un SMIC unique d'ici à 2005. En juillet prochain, première étape de cette réforme, les diverses catégories de smicards vont donc recevoir des revalorisations différenciées, la plus élevée atteignant les 5%. Elle concerne les salariés au SMIC restés au 39 heures ou embauchés à 35 h, payés 35 h, se trouvant hors régime de "la garantie mensuelle". Ils bénéficieront de la première

tranche de relèvement du taux horaire, 3,7% à laquelle s'ajoutera la revalorisation annuelle normale indexée sur l'évolution des prix qui devrait être d'environ 2%.
En aucun cas, on ne peut parler d'un véritable coup de pouce au sens habituel, à savoir le geste que le gouvernement peut décider de faire, chaque année au 1er juillet, pour augmenter le salaire minimum en allant au-delà de ce que commandent les règles légales et faire ainsi preuve de justice sociale.
Il s'agit d'un rattrapage, d'une remise à jour progressive d'une garantie essentielle qui avait été dévaluée par une loi des 35 heures bancale. Un peu moins d'un demi million de smicards sont concernés par les 5% de hausse claironnés par le Premier ministre. Pour les autres, la revalorisation varie entre 1,6% et rien du tout. Dans cette affaire, le gouvernement ne donne donc rien aux pauvres. En revanche, il distribue aux entreprises un véritable cadeau puisque, pour compenser la "charge" de cette revalorisation du SMIC, il leur accorde un nouveau dispositif d'allégement de cotisations sociales plus généreux que tous les précédents: jusqu'à 26% du salaire brut, sans aucune condition liée à la durée du travail, et sur tous les salaires jusqu'à 1,7 fois le Smic.
Il faut ramener l'annonce tonitruante de MM. Raffarin et Mer à sa juste dimension: un leurre pour tenter de contrer dans l'opinion les effets négatifs de projets clairement antisociaux tels que la réforme des retraites et désamorcer un mécontentement croissant .

Les Octaves chantent Mouloudji

Ils chantent encore, ils chantent toujours. Ils seront mardi 20 mai au Théâtre de la Madeleine à 20 h 45 pour chanter MOULOUDJI. Ça s'appelle évidemment "Comme un p'tit coquelicot", mais il y aura aussi toutes les fleurs des champs qu'affectionnait "Moulou", Barbara ("quelle connerie la guerre !"), Faut vivre, le Déserteur de Vian, le Temps des cerises et pour finir, peut-être à l'intention de Raffarin, une bonne paire de claques…
Notons aussi la sortie du C.D "Encore un p'tit vers" qui met en musique quelques petits poèmes d'Aragon, Desnos, Cros, Amadis Jamyn (de Chaource !), Hugo, Eluard, Prévert ou Jean Passerat (poète troyen du 16e). Album atypique dont on ressort inguérissable.


Jean Lefevre
Location 03 25 40 15 55.