La Dépêche de l'Aube n°665 du Jeudi 20 juin 2002.......La Dépêche de l'Aube n°665 du Jeudi 20 juin 2002

La dépêche de l'Aube n°665 du Jeudi 20juin 2002

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Les forts taux d’abstention de dimanche dernier conduisent à un affaiblissement critique de nos institution et de la démocratie.

Le Parti communiste au lendemain des législatives


-Une force de résistance, de proposition et d’espérance-

Il y aura un groupe communiste à l’Assemblée nationale. Alors que d’innombrables voix s’élevaient depuis le 21 avril, et plus encore depuis 9 juin, pour annoncer une nouvelle fois la fin du Parti communiste français, ce résultat, remarquable dans le contexte d’un véritable raz de marée à droite, constitue un véritable démenti.
La capacité des candidates et candidats communistes à rassembler toute la gauche là où elles ou ils étaient présents au second tour prend une signification particulière. Les françaises et les français peuvent compter sur les députés communistes pour constituer dans de telles circonstances une force résolue et vigilante de résistance et d’opposition. Elles, ils feront entendre jusqu’à l’Assemblée nationale les attentes et les exigences populaires. Comme le scrutin du 9 juin le faisait craindre, l’abstention a atteint de nouveau un niveau record. Le mécontentement des citoyennes et des citoyens à l’égard des principales forces politiques conduit à un affaiblissement critique de nos institutions et de la démocratie.
Le second tour confirme les résultats du premier :
l’Assemblée nationale sera archi-dominée par une droite revancharde dont le score a été gonflé, dès le premier tour, par de très nombreuses voix d’extrême droite. Rarement un choix d’une telle portée – la politique de la France pendant cinq ans – n’aura été pris après un tel faux semblant de débat. Comme la présidentielle, la campagne des législatives aura été détournée d’une véritable confrontation de projets par l’utilisation exclusive du thème sécuritaire. Le Président de la République aura été élu contre Le Pen ; sa majorité parlementaire par une complaisance honteuse avec ses idées.
Ce retour de la droite n’est pas en Europe un cas isolé. Il y a quelques années à peine, une immense majorité des quinze pays de l’Union européenne était gouvernée par des forces ou coalitions de gauche à direction social-démocrate. Leur ralliement aux choix du social-libéralisme a entraîné échec et déception. Presque partout, elles sont maintenant battues et remplacées par des majorités de droite. En France, la gauche aura donc déçu et a été sanctionnée par deux fois en moins de dix ans. Dans les deux cas, cette déception aura été liée à la

promesse non tenue d’un véritable changement. Cette répétition a des conséquences considérables : elle alimente une crise de confiance majeure à l’égard de la politique et des forces dites de gouvernement qui fait le lit de l’extrême-droite.
Les communistes seront donc une force de résistance

Mais notre ambition se réduira moins que jamais à cela : nous serons aussi force de proposition et d’espérance. Il faut désormais se poser directement la question d’une construction politique à gauche qui permette de rassembler les forces anti-libérales, d’opposer à la droite et au patronat la dynamique d’une véritable alternative de société, et d’échapper enfin à l’hégémonie du social-libéralisme. Les communistes en ont engagé le chantier : elles, ils iront jusqu’au bout de cette démarche nouvelle.

La gauche n’a pas répondu aux attentes des salariés et des citoyens ; elle vient d’en payer le prix et particulièrement le PCF.
Mercredi 26 et jeudi 27 juin
Réunion de la Conférence nationale du PCF
Après les élections présidentielles et législatives, le Parti communiste est confronté à des questions et des choix vitaux.
Tel va être l’objet de la Conférence Nationale qui se réunira les 26 et 27 juin. Que s’est-il passé ? Que peut, que doit faire notre Parti communiste. Quel peut être son rôle, et son avenir même ? Comment comprendre l’évolution de cette société dans laquelle nous vivons et que nous voulons transformer ? La possibilité existe-t-elle d’une alternative au capitalisme aujourd’hui ? Où en est la gauche ? Comment nous situer à son égard et pour y faire quoi ?
Identifier de manière précise les problèmes
Toutes ces questions nous concernent directement. Et, autour de nous, dans le monde du travail et l’opinion progressiste, elles suscitent de nombreuses interrogations, d’inquiétudes, de débats. Il n’y a pas d’autre voie pour tenter d’y répondre que de les mettre toutes entre les mains des intéressés. D’engager une confrontation d’idées et d’expériences entre les communistes, et avec la société, qui soit à la hateur des enjeux et qui débouche sur des choix. L’objet de la Conférence nationale sera, non pas de décider et de clore le débat, mais au contraire de créer les conditions de son développement en identifiant clairement les questions à traiter et en définissant les modalités par lesquelles les décisions seront prises. Plusieurs des problèmes posés portent sur les choix stratégiques du Parti communiste. Statutairement, ceux-ci relèvent d’un congrès. La Conférence Nationale, lors de sa réunion, devrait donc en décider la convocation.

Actualité du communisme
Devons-nous poursuivre avec une conception de la révolution issue de 1917 en tentant de l’adapter aux conditions actuelles ; considérer que notre visée transformatrice, notre identité s’inscrivent dans cette filiation, mais que le terme de “communisme” ne leur correspond plus ? L’échec que nous rencontrons interroge sur la “mutation”. était-elle fondée ? Est-ce sa mise en oeuvre qui est en cause et faut-il engager un processus d’“invention” du communisme du 21è siècle ? Faut-il créer un autre parti ? Participer à une reconstruction de la gauche qui déboucherait sur la création d’une grande formation au sein de laquelle nous prendrions notre place ? Pourquoi les expérimentations successives tentées ces dernières années ont-elles conduit à certaines avancées, mais aussi à des affaiblissements de l’organisation du Parti, de sa démocratie interne ou de ses liens avec la société ?
Quel communisme ?
La mutation est-elle porteuse, par sa nature même ou la façon dont elle a été mise en oeuvre, d’une liquidation avouée ou rampante du Parti communiste ? Pourquoi les initiatives prises pour ouvrir sur la société, pour dynamiser l’activité de proximité ont-elles donné si peu de résultats ? Faut-il aller vers un congrès fondateur d’un nouveau Parti communiste ou construire une nouvelle forme d’organisation communiste avec toutes celles et ceux qui voudront y contribuer, adhérents ou non ? C’est à tous et à toutes que revient d’engager le débat sur le problème de l’existence, de la conception, du rôle et de l’avenir du PCF et, le moment venu, de définir les termes des choix à opérer.

Législatives
2ème tour Les résultats dans l’Aube
La Dépêche ouvre ses archives

La Dépêche et la Fédération de l’Aube du PCF préparent activement leur déménagement qui va s’effectuer pour le 30 juin.
Jean Lefèvre, pour l’occasion “grand ordonnancier” du transfert, réunit autour de lui des équipes de camarades bénévoles qui sont déjà à l’oeuvre. Ainsi vendredi dernier, une équipe de quatre romillons et deux briennois est venue procéder au tri des vieilles collections de La Dépêche (depuis 1960). Cela nous a permis de constater que nous possédons chaque numéro en de nombreux exemplaires.
Cela peut constituer une mine d’informations (et de photos) sur l’histoire ouvrière de notre département et celle du PCF aubois, dans laquelle peuvent puiser sans modération les camarades et amis qui s’y intéressent.

C’est pourquoi nous offrons l’opportunité à ceux qui le souhaitent de se procurer un ou plusieurs numéros de cette riche collection. Bien évidemment, une modeste contribution financière sera demandée qui aidera au réglement des frais occasionnés pour ce transfert. De nombreux livres sont aussi en attente de potentiels “cocos” chineurs. Attention, nos stocks sont limités et nous ne pourrons satisfaire les camarades que dans la limite de nos disponibilités.
De plus, nous renouvellons notre appel en direction de toutes celles et ceux qui souhaiteraient donner “un coup de main” pour le déménagement. Pour cela contacter Jean Lefèvre au 03.25.73.43.40. ou 03.25.49.35.40

Humeurs
Magie

La magie est un art, mais ce n’est que de la magie. Pourtant le magicien sait encore berner son monde et alimenter des fausses croyances On sait qu¹il y a un truc, mais lequel ? La cuillère tordue à distance par Uri Geller, était faite dans un nouveau métal capable de mémoriser sa forme ancienne. Donc le métal, sous l’influence du temps et de la chaleur, reprenait sa forme primitive tordue. Les ampoules grillées à distance, l¹aiguille qui traverse la langue, le mage qui marche sur des braises ou qui dort sur des clous, ce sont des procédés connus depuis longtemps. Mais il y a encore heureusement des naïfs pour s’esbaudir car, c’est du spectacle. Les prévisions par les tarots ou le marc de café ont été modernisées bien que l’horoscope fasse toujours fureur. Elles ne valent que par la bonne volonté de celui qui les reçoit. Ce n’est déjà plus du spectacle, c’est de l’arnaque.
Notre siècle très scientifique, très «lumières», a besoin d’ombre, on dirait, car les magiciens sévissent aussi en politique et en économie. Ils sont plus sournois encore car ils se déguisent en politologues, toujours présentés comme spécialistes, chercheurs, grands techniciens de la chose politique. Ils ont le même aplomb que Madame Soleil.
On les avait déjà vus se planter le 21 avril. Toute cette semaine dernière, grâce à ces professionnels hors soupçon, on apprenait que le Parti communiste en grande faiblesse et déliquescence n’aurait plus de groupe à l’Assemblée. Faites leur confiance, ils ont déjà trouvé une piste nouvelle pour corriger leur bourde car, avec 21 députés, le PCF conserve bien sûr un groupe et de la capacité à réagir et s’adapter.
Restons philosophes : les prédictions et les prophéties sont extrêmement faciles à réaliser, sauf en ce qui concerne le futur..

Jean Lefevre

Ecoutez-voir ....

Drôle d’air...
J’ai des amis normands et bien sûr ces gens-là sont un peu nos immigrés quand ils viennent chez nous. Ils ne peuvent pas s’empêcher de nous épater avec leur façon de parler. J’étais au marché de Troyes avec un pépiniériste de Lisieux qui me dit : “a nieu j’ai carié une bannée de male dans la canchére de mon érie de porias.”(1) Un jeune homme qui se trouvait là dit à son amie que ce type-là avait un drôle d’air et qu’il n’était pas Français. Mon Normand lui a souri et répondu en bon français : “Je suis Normand, mon petit gars, mais Français quand il s’agira de voter contre Le Pen.”

Malicette

(1) Cette nuit, j’ai chargé un tombereau de fumier à côté de ma planche de poireaux.

 

Jean-Yves TEXIER
Peint les taureaux, les chevaux et les hommes.
Maison du Boulanger.
Entrée gratuite

Maison du Boulanger, là où la ville de Troyes distribue le bon pain culturel, il y a une belle exposition du peintre Jean-Yves Texier. Celui-ci est du pays de Langres où les hivers sont rudes. Sa peinture l’est aussi, avec couleur et vigueur, je dirais même avec véhémence. On y trouve du Picasso arrondi, du Modigliani retassé, de l’Ingres violent. Ce n’est pas de la peinture mélodieuse sinon ça serait mauvais. C’est de la peinture qui grince, qui crie, qui mugit, qui hennit et qui séduit. Un beau carrosse musclé et crotté, une symphonie en pleine manif d’étudiants. La bonne peinture, c’est de la musique qui se voit. J.Y. Texier donne à voir du Prokofiev et du

Poulenc. Il peint des chevaux, des taureaux et des hommes. Qui est la bête, qui est l’homme ? Le peintre est un toréador qui brutalise sa toile, mais quelle belle chose quand la toile nous renvoie des coups de cornes.
Il y a des peintres qui n’entrent pas dans nos entrailles ou qui font joujou avec notre culture. Ils neutralisent notre émotion : trop léchés, trop grossiers, trop bêtes. Au bout d’un moment, on ne peut plus les voir en peinture. Jean-Yves, lui, je veux le voir en peinture.

Jean Lefevre

Assemblée générale des militants de la section de Romilly

Mardi 25 juin à 18 heures Espace Monmousseau à Romilly-sur-Seine
Analyse des résultats des législatives dans la circonscription, le département et au niveau national.
Débat dans le cadre de la préparation de la Conférence nationale des 26 & 27 juin
S’appuyant sur le mouvement social, J.C. Gayssot s’était opposé fermement au texte ultra-libéral de la Commission européenne.
Transports : marchandisation du ciel européen
Il faut un moratoire sur les directives de déréglementation

Début juillet, le Parlement européen aura à son ordre du jour la proposition de réglement et ses annexes qui livrent la navigation aérienne civile à la concurrence.
Une fois de plus, d'importantes décisions vont être prises sans véritable débat et sans l'accord des représentants des salariés, des usagers et des riverains des plates-formes aéroportuaires.

Impératif de sécurité ou concurrence ?
En France, et dans d'autres pays européens, le contrôle et la gestion de la navigation civile relèvent du service public. Les syndicats s'inquiètent sur l'avenir du contrôle et de la gestion de la navigation aérienne. Ils expriment des craintes concernant la sécurité des passagers, des personnels, des populations survolées et des plates-formes aéroportuaires. Ces craintes sont fondées. On l'a bien vu dans d'autres secteurs: l'ouverture à la concurrence conduit inéluctablement à la suprématie des normes de rentabilité financière sur tout autre considération. Avec le projet de Bruxelles, l'organisation et le contrôle du ciel seront, à terme, livrés aux filiales des compagnies aériennes. La promesse de sécurité résistera-t-elle à la logique du profit ? Qu'en sera-t-il de l'impératif de sécurité ? Comment ignorer - ou faire semblant d'ignorer - les dégâts prévisibles sur l'emploi, les salaires, les conditions de travail des personnels qu'implique la mise en compétition des opérateurs ? La proposition de règlement n'affiche-t-elle pas l'objectif "d'augmenter la mobilité des contrôleurs aériens" ?
Refuser un projet dangereux
La mobilisation des aiguilleurs du ciel - lors des grèves de décembre 2001 - a heureusement permis de retarder le processus de mise en œuvre. S'appuyant sur ce mouvement, Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports, s'était fermement opposé au texte ultra-libéral de la commissaire européenne

Loyola de Palacio. Aujourd'hui, alors que la commission revient à la charge - en application des récentes décisions du Sommet de Barcelone -, la grève unitaire des personnels de la navigation aérienne du 19 juin a exprimé le juste refus d'un projet dangereux. Le ciel européen n'a pas besoin d'une déréglementation supplémentaire mais plutôt de davantage de service public et de coopérations entre les acteurs du transport aérien. Dans ce cadre, le statut public de la DGAC est un atout à préserver et à développer. À l'opposé, certains plans envisagent le changement de son statut et l'ouverture de son capital.
La France, qui contrôle 30% du trafic européen, ne doit pas donner son accord à une telle mesure. Il y va de la préservation du service public de la navigation civile et de la sécurisation de l'espace aérien européen. C'est sur la base de ces exigences que le projet de règlement doit être rejeté, la tentative de privatisation d'Air France également.
L’Europe des peuples et non de la finance
Après vingt années de déréglementation du transport aérien et de l'ensemble des services publics, il est temps de stopper la fuite en avant et de changer de cap pour que l'Europe soit celle des peuples et non celle de la finance. Cela passe par la modification en profondeur des traités européens et leur renégociation pour y faire reconnaître un secteur de service public géré selon d'autres principes que le "tout marchandise". Dans cette perspective, le Parti communiste demande un moratoire sur les directives et les règlements, un bilan sur la libéralisation et un débat public sur l'avenir des secteurs concernés associant les salariés et leurs représentants, les usagers, les populations et leurs élus .

Les 13, 14 et 15 septembre 2002


Fête de l’Humanité

La fête de l’Humanité aura lieu, comme tous les ans, au Parc départemental de La Courneuve, les 13, 14 & 15 septembre prochain.
Comme chaque année, les communistes vont se mobiliser pour que la fête de l’Humanité, plus grande fête populaire en Europe - “leur” fête et celle de tous ceux qui ne se résignent pas à l’arrogance de l’ultra-libéralisme et luttent contre ses ravages - soit un grand moment festif, mais aussi de confrontation d’idées et d’expérience ; bref, qu’elle ait l’éclat mais aussi l’utilité pour combattre les mauvais coups de la droite revancharde. Cette fête revêtira aussi un caractère exceptionnel car elle s’inscrit en plein dans le grand débat qui s’instaure autour du Parti communiste, de son utilité et de son avenir. Comme chaque année, mi-septembre, ce grand rassemblement populaire, convivial, avec sa multiplicité de divertissements, ne sera pas en dehors de l’actualité économique, sociale et politique. De nombreux débats s’y tiendront sur une grande diversité de thèmes, mais qui auront tous comme dénominateur commun de mettre en perspective des propositions concrètes, alternatives, utiles et efficaces pour combattre la pieuvre tentaculaire et ravageuse du capitalisme mondialisé.

Ainsi par exemple, à l’espace “Environnement”, le thème de l’eau sera en vedette cette année, quelques jours seulement après le sommet de Johannesburg sur cette question. Expositions sur l’eau et la “cité durable”, commerce équitable, débats avec des personnalité françaises et étrangères, des militants associatifs, des élus, syndicalistes et chercheurs ; tout cela avec comme objectif de lutter contre le productivisme et le libéralisme, qui conduisent au gâchis des ressources de la planète, afin de mettre en place un développement humain, citoyen, durable et solidaire.
La fédération de l’Aube sera bien évidemment présente à la Fête. L’organisation et la réflexion sont en cours ; nous y reviendrons dans nos prochaines éditions. Mais d’ores et déjà, chacun peut contribuer au succès de la Fête de l’Humanité en achetant et en popularisant la vignette-bon de soutien dont le prix est fixé à 10 euros. Elle est disponible dans les sections et à la fédération : une large diffusion sera un premier gage du succès de la fête qui est le grand rendez-vous annuel de la lutte contre le capitalisme.