La Dépêche de l'Aube n°612 du 14 Juin 2001.......La Dépêche de l'Aube n°612 du 14 Juin 2001

La dépêche de l'Aube n°612 du Jeudi 14 juin 2001

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Les slogans du Parti communiste en phase avec les revendications des Aubelin.!

Près de 40.000 à Paris,
le 9 juin ...

Les licenciements «boursiers» deviennent des licenciements abusifs

 

République-Nation : près de 40.000 manifestants ont battu le pavé parisien derrière les salariés en lutte de LU, d’AOM, de Marks & Spencer, etc, pour exprimer leur volonté d’une autre politique de l’emploi. La conjonction du politique et du mouvement social a marqué des points La manifestation du 9 juin, après celles du 16 octobre et de Calais n’aura pas été vaines au regard des améliorations notables apportées au texte de loi de «modernisation sociale». Le texte voté le 13 juin a donc finalement intégré des exigences qui s’exprimaient à l’égard du gouvernement face aux vagues de licenciements motivées par les stratégies capitalistes de rentabilité et de valorisation boursière. L’occasion pour le PCF de faire la démonstration qu’il est possible d’être à la fois partie prenante du mouvement social et membre de la majorité gouvernementale. Une définition très restrictive du licenciement «économique» est désormais consignée dans la loi les licenciements «boursiers» deviennent des licenciement abusifs et un droit d’opposition suspensif à un plan de licenciement accordé aux comités d’entreprise ; amendements proposés par les communistes et qui reprenaient les demandes des organisations syndicales, notamment la CGT. Ce veto suspensif amènera la codésignation par le CE et la direction d’un médiateur chargé de rechercher des solutions alternatives acceptables par les partenaires. Sans oublier les autres volets positifs sur le harcèlement moral, l’abrogation de la loi Thomas, etc., la nouvelle loi confère donc des droits nouveaux conséquents aux salariés. Poursuivre la lutte pour l’emploi et des droits nouveaux Cette étape importante qui vient d’être franchie est de nature à redonner confiance dans l’action et la politique, mais il faudra néanmoins poursuivre les luttes pour la défense de l’emploi. Car c’est, incontestablement, un mouvement de grande ampleur pour «l’emploi pour tous» qui est en train d’émerger ; et son caractère inédit n’en est que plus


remarquable. Samedi dernier et d’une manière claire, syndicalistes en lutte, associations et organisations politiques étaient côte à côte dans la rue pour donner de la voix, chacun bien évidemment avec sa sensibilité et son identité propres. De nombreux manifestants n’ont, toutefois, pas caché leur perplexité à l’égard du «non appel» des grandes confédérations syndicales à se mobiliser sur un sujet aussi essentiel, rendant ainsi nécessaires de futurs débats afin de lever tous les obstacles pour réussir la plus large convergence possible et le «tous ensemble». Les Aubelin étaient à Paris Les communistes aubois n’étaient bien évidemment pas absents de l’évènement et deux cars ont fait le déplacement. Ils étaient accompagnés d’une délégation d’une trentaine de salariés en lutte de l’exusine Devanlay de Bar-sur-Seine. Derrière leur banderole, arborant bandeau à l’effigie du «crocodile», et au son des slogans et des cornes de brumes, elles furent particulièrement remarquées parleur dynamisme revendicatif et bloquèrent même quelques minutes le cortège de la manifestation devant un magasin Lacoste rue du faubourg Saint-Antoine ; la bonne humeur n’excluant pas la combativité et l’expression des revendications ! Dans la délégation auboise du PCF, conduite par Jean-Pierre Cornevin, secrétaire départemental, on a pu remarquer la présence de Roland Leloup, conseiller municipal et secrétaire de la section de Bar-sur-Seine, de Joseph Seghetto, maire-adjoint de Bar-sur-Seine, de Bernard Champagne, conseiller municipal de La Chapelle-Saint-Luc Joë Triché et Marie-Françoise Pautras, conseillers généraux, étant quant à eux «privés» de manifestation pour cause de Congrès National de l’Association des élus communistes et républicains qui se tenait à Reims. Un merci enfin, à toutes celles et ceux qui, ne pouvant se déplacer, ont participé financièrement à cette initiative, contribuant aussi à en assurer le succès.

Alain Keslick


Les salariées d’Aubelin, auxquelles la fédération du PCF et la section de Bar-sur-Seine ont offert le car, se sont exprimées avec force
Les communistes aubois derrière leur banderole.
Dans la manif, en bref...

Les aubois étaient représentés au plus haut niveau puisque, outre Pierre Mathieu, Anna Zajac, membre du Conseil national, était dans la délégation nationale du PCF, aux côtés du Robert Hue, d’Alain Bocquet, président du groupe parlementaire communiste, de Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat, etc.

Odette Terrade (ci-dessus), sénatrice communiste du Val-de-Marne, elle aussi membre de la délégation nationale, est venue, en cours de manifestation, saluer les ouvrières d’Aubelin et s’entretenir longuement avec elles sur l’évolution de leur situation depuis le 16 mai, date à laquelle elle s’était rendue, accompagnée de Roland Muzeau, sénateur des Hauts-de-Seine, sur les sites occupés de Bar-sur-Seine et de Chaource.

Roland Leloup, conseiller municipal et secrétaire de la section de Bar-sur-Seine, a eu un long échange, quant à lui, avec le député européen Francis Wurtz, originaire de l’est de la France, à propos de la stratégie de la famille Mauss, financiers propriétaires de Devanlay. Une famille, semble-t-il, bien connue pour ses pratiques par le député européen..

 

A l’arrivée place de la Nation, les ouvrières d’Aubelin ont pu discuter avec les salariés de DIM de Bourbon-Lancy (Saône et Loire) et les informer sur la nature d’un repreneur actuellement sur les rangs pour racheter leur usine : Pacreau ! On prend des autres et on recommence ?

 

La délégation auboise se trouvait en tête du cortège du PCF derrière les dirigeants nationaux et la délégation de l’Association nationale des élus communistes et républicains. Un positionnement «privilégié» qui a permis à des ouvrières d’Aubelin d’échanger quelques mots avec le secrétaire national, Robert Hue ; l’occasion aussi de prendre quelques photos

 

Loi de modernisation sociale:Le sens du vote communiste

Déclaration d’Alain Bocquet à l’Assemblée Nationale

Les députés communistes ont voté pour le projet de loi de modernisation sociale. Nous publions ci-dessous l’explication de vote d’Alain Bocquet, président du groupe communiste. « A l’issue d’un report de quinze jours, décidé par le premier ministre, à la demande de mon ami Robert Hue, le texte qui nous est soumis n’est plus le même que celui qui était sorti des débats de deuxième lecture le jeudi 24 mai. Nous avons déjà eu l’occasion de le souligner, la prévention et la lutte contre les licenciements abusifs est essentielle à nos yeux. Les salariés des entreprises, menacés de plans de suppression d’emplois, mais aussi plus largement une majorité de l’opinion publique ont manifesté leur refus des licenciements à des fins spéculatives, appelés licenciements boursiers. Les manifestations de Calais et de Paris ont témoigné de la détermination du mouvement social. Aussi, nous étions particulièrement attachés à une redéfinition plus stricte des motifs du licenciement économique et à l’instauration d’un droit d’opposition pour les comités d’entreprises et les institutions représentatives du personnel. Sur ces deux points, des dispositions fondamentales ont été inscrites dans le code du travail. L’amendement du gouvernement, sous amendé par notre groupe, a permis d’aboutir à une rédaction précise, limitative et éclairante des causes autorisant le licenciement économique. Comme nous le souhaitions dès le dépôt, au printemps 99, de la proposition de loi de mon ami André Lajoinie, il devient l’ultime recours. La réécriture de cet article L 321-1 modifie en profondeur le paysage social. [...] La presse économique constate la portée réelle de l’adoption de nos amendements. L’édition électronique du journal «Les échos» [du 13/06/2001 ndlr] relève ainsi, je cite : «autant dire qu’en réalité les licenciements de compétitivité, tels ceux que prépare Danone sur Lu, seront nettement plus difficiles à partir de la fin de l’année, une fois que la loi aura été promulguée.» Sur le second point, celui d’un pouvoir de contestation attribué aux représentants des salariés en vue de faire prendre en compte des propositions alternatives aux projets de restructurations, des progrès notables ont été

accomplis. Désormais, le comité d’entreprise se voit doté d’un droit d’opposition à caractère suspensif et, le cas échéant, d’un recours en référé pour s’assurer de la qualité du débat contradictoire. Le gouvernement a tenu compte de nos préoccupations. Les mesures adoptées, au terme de ces quinze jours de réflexion, constituent des outils considérables pour tous les salariés, leurs représentants et les syndicats de notre pays. Autant de points d’appui à l’heure où, devant un fléchissement de la conjoncture, les gros actionnaires et les fonds spéculatifs s’apprêtent, une fois encore, à pressurer les coûts salariaux utilisant l’emploi comme une simple variable d’ajustement pour maintenir à la hausse leurs taux de profitabilité. Ce ne sont pas moins de 430 plans de licenciements qui menacent aujourd’hui de déchirer le tissu social de nos régions, avec toutes les angoisses du chômage pour les familles et la misère qui l’accompagne. Du reste, nous ne nous estimons pas quittes sur le renforcement indispensable des droits et des pouvoirs des salariés. Madame la ministre, vous avez promis d’ouvrir le chantier de la démocratie sociale dans un nouveau projet de loi. Il convient, effectivement, de prendre des dispositions pour parvenir notamment à faire respecter la loi sur la création des instances représentatives du personnel, à instaurer un statut d’élus salariés siégeant dans les conseils d’administration ou de surveillance, ou encore d’instituer la règle de la majorité syndicale dans les accords. Ceci étant dit, nous apprécions positivement les autres avancées contenues dans ce projet de loi dont plusieurs font écho à des propositions du groupe communiste, telles la transcription législative du protocole d’accord obtenu par les personnels hospitaliers, l’abrogation de la loi Thomas sur les fonds de pension, la validation des acquis professionnels et la reconnaissance du délit de harcèlement moral. Après l’adoption de la loi sur le contrôle des aides publiques aux entreprises, dont les décrets viennent d’être publiés, les députés communistes ont une nouvelle fois fait la preuve de l’utilité de leur détermination et de leur démarche constructive.»

Humeur

Résurrection

Le Musée du Vauluisant à Troyes, expose la «très sage Héloïse»(1), qui fut maîtresse et femme d'Abélard quelques mois et abbesse du Paraclet pendant trente-cinq ans, ce qu'on pourrait considérer comme une pénitence. Mais cette femme brillante et légendaire, cette âme forte, osait écrire à son amant de mari(2) qu'elle continuait au couvent, à mettre leur amour au-dessus de tout, du mariage par exemple, et même de Dieu. Abélard lui aussi sent le souffre. Il ose prétendre que la raison peut aborder aux rivages de la foi, ce que conteste Bernard de Clairvaux, apôtre du dogme . L'exposition est prestigieuse. Elle donnera lieu à des animations. La légende propagée par Villon, Jean-Jacques Rousseau et le romantisme a nourri de nombreuses oeuvres et grandi les rares reliques. Il ne reste presque rien du Paraclet près de Nogent et Paris nous a volé le tombeau des amants. Troyes s'honore d'ouvrir son coeur à Héloïse si longtemps boudée par les édiles puisque aucune rue ne porta son nom ni celui d'Abélard jusqu'en1993. Troyes a, neuf siècles durant, préféré Saint Bernard. Fort heureusement, il fut admis un jour que leurs noms accouplés méritaient une rue. On leur dégotta une bretelle un peu châtrée du boulevard Pompidou. Le plus beau est que ce fut un conseiller communiste, parfaitement incroyant, qui se bagarra pour qu'on honorât ces deux fervents chrétiens. ça vous les coupe !

Jean Lefevre

(1) 1101-1164 (2) et marri d'avoir perdu sa virilité.

Politique culturelle départementale

L’orchestre symphonique de l’Aube

Ca n'existait pas avant. Cela est aujourd'hui. Preuve que le monde a changé. Le département qui veut exister contre vents et Pays, a décidé de se doter d'un orchestre. Non pas d'une minuscule fanfare , ni d'un quatuor à l'étouffée, ni d'une harmonie aussi pétaradante qu'elle devrait être, mais d'un orchestre symphonique, voui Môssieur, avec chef à queue de pie incorporé et violons qui s'envolent quand il tape sur son pupitre. M. Philippe Adnot a de l'ambition pour le département. Il n'hésite pas à verser jusqu'à 1,7 MF pour mettre sa politique en partition. Il y a des dépenses qu'on boude parce qu'elles n'ont que le clinquant du prestige. Celle-là est de bon aloi parce qu'elle peut générer des plaisirs collectifs et des vocations. On espère que le volet formation a été ouvert (voir encadré). Le choix de Gilles Millière est pour beaucoup dans le succès du premier concert donné le 8 juin au théâtre de Champagne. Gilles est par sa culture et son autorité le seul capable de

 

 

mener à bien cette entreprise délicate. Car il faut choisir des femmes et des hommes, c'est-à-dire des talents à emboîter et des oeuvres suffisamment populaires, dans un premier temps, pour construire un public. C'est ce qui s'est produit vendredi. Quels compositeurs sont plus divers plus colorés et plus accessibles que Bizet, Offenbach, Saint-Saëns et même Liszt ? Cela ne veut pas dire faciles à interprêter. Le chef doit se soucier de cohérence et de clarté avant de donner son «la», sa petite musique à lui, qui a été cette fois encore, je crois, la simplicité et la luminosité. Et, à part un ralenti (doubles croche-pattes, les ralentis !) mal négocié par une artiste dans l'Arlésienne, tout a été parfait, les solistes, les équilibres , les ombres et les lumières. On reverra tous ces artistes chaleureux et superbes à Nogent s/Seine le 30 juin, à Romilly s/Seine le premier juillet dans un programme tout aussi alléchant (Rossini, Grieg, Dvorak, Waldteufel).

Jean Lefevre

Faut-il bouder la musique classique ?

Plaisir musical d'accord ; accession aux oeuvres en commençant par les plus populaires, d'accord ; chef prestigieux et charismatique et donc bien choisi, d'accord. L'Orchestre Symphonique de l'Aube (OSA comme il faut déjà l'appeler) accomplira, personne n'en doute, un bon travail de diffusion de la musique classique. Mais,

1. Cet orchestre a un coût avoué de 1,7MF. Même si on retire 400.000 F de recettes, chacun des quatre concerts donnés dans l'Aube reviendra à plus de 300.000 F. Philippe Adnot dit que cela va permettre d'accéder aux plaisirs de la musique classique et de progresser. Ne pouvait-on pas accéder à ce même plaisir en invitant des orchestres de Région pour un moindre coût (tournées nationales et frais amortis) ?

2. Pourquoi le Conservatoire de Troyes n'est-il pas associé à ce projet ? N'est-ce pas avec cette structure qu' un ensemble cohérent de mesures aurait pu être réfléchi ?

3. Y-a-t-il, justement, en dehors des concerts de qualité, un projet formateur dont pourraient bénéficier le département et ses écoles de musique ? Quelle formation supplémentaire, quelles classes, dans quelles disciplines ?

4. Comment organiser des retombées artistiques prometteuses ? Car il ne suffit pas de se payer un orchestre comme on se paie une danseuse, il faut que l'argent du contribuable permette l'éclosion des talents futurs, l'apprentissage de la musique et la formation du goût.

Video : Pierre Mathieu répond aux journalistes de FR3 dans l'émission "L'Hebdo"

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