La dépêche de l'Aube n°830 du Vendredi 19 août 2005

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Avec Villepin Sarkozy Baroin
- Des mauvaises nouvelles pour les salariés et les petits épargnants - Baisse du livret A - contrat nouvelle embauche, le permis de licencier
- Des bonnes nouvelles pour les privilégiés de la fortune - Bénéfices records au CAC 40 - Vers une remise en cause de l’ISF

Visiblement avec ce gouvernement, ce n’est pas l’été pour tout le monde car une nouvelle fois, la période des congés aura été mise à profit pour s’en prendre aux salariés et aux «petites gens».
Depuis deux mois, c’est une véritable pluie qui s’abat sur notre peuple ; hausse des tarifs publics, des transports, des carburants, multiplication des plans de licenciements, attaque contre le code du travail avec par exemple, le contrat nouvelle embauche, véritable permis de licencier sans aucun motif, baisse du livret A. Des mesures qui s’ajoutent à celles déjà prises ; hausses des loyers en début d’année, du forfait hospitalier, mise en application du prélèvement de un euro sur chaque ordonnance médicale...
Par contre, pour les actionnaires des grands groupes industriels et financiers, l’été est radieux. Que de bonnes nouvelles : des profits records au CAC 40 pour les six premiers mois de 2005. Et pour qu’ils paient le moins d’impôts possibles, l’UMP de Sarkozy a aussi profité de cette période de congés pour relancer le débat sur la suppression de l’impôt sur la fortune appelé ISF.
Le permis de licencier :
C’est bien comme cela qu’il faut appeler le contrat nouvelle embauche de Villepin, entré en vigueur dès le 4 août. Pour le gouvernement qui craint une forte riposte syndicale, il ne fallait attendre la rentrée de septembre pour le met-tre en application. Mais ce n’est que partie remise car ce nouveau dispositif fait l’unanimité contre lui à l’exception bien sûr du patronat qui va pouvoir plus facilement licencier. En effet, durant les deux premières années, les salariés pourront être virés sans aucune justification de la part de l’employeur. Ce dispositif s’adresse aux entreprises de moins de 20 salariés. Ainsi la CGT y voit un projet qui ne vise pas la croissance et la création d’emplois mais de nouveaux moyens à la disposition des employeurs pour développer la précarité du travail. Pour FO, le contrat nouvelle embauche est pire que le CDD ou l’intérim qui sont des contrats très encadrés et la CGC estime que c’est une mesure qui n’intéresse pas forcément les très petites entreprises. Le PCF a indiqué que l’opération des «cent jours» de Villepin se réduit à une arnaque dont l’ambition inavouée est d’accélérer la régression sociale et démocratique engagée par Raffarin.
La baisse du livret A :
En décidant d’abaisser le taux du livret A de 2,25% à 2%, le gouvernement remet un plus en cause l’épargne populaire qui se trouve sacrifiée au nom du profit. Il avait été déjà minoré de 0,75% en août 2003. Le livret A constitue l’unique outil financier pour près de 80% de Rmistes, soit un peu plus de 700 000, 46 millions de «clients» en sont détenteurs dans notre pays.
Outre une nouvelle pénalisation des petits épargnants, sa survie à long terme se trouve posée car il y a une tentative d’affaiblir cet outil d’épargne populaire, en


incitant ces détenteurs à s’en détourner au profit d’autres placements plus lucratifs pour les banques. Depuis 2003, l’actuel gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer ne cesse d’ailleurs de promouvoir une réorientation de l’épargne collective vers l’actionnariat.
Bénéfices records pour les entreprises du CAC 40 :
Les géants du CAC 40 crèvent les plafonds boursiers, c’est ce que révèlent les résultats du premier semestre 2005. Les vedettes du CAC 40 se portent au mieux. En ces mois d’été, la spéculation bat ses propres records. Les profits aussi ; de 400 millions à 6,5 milliards d’euros pour les premiers tombés en tout juste six mois. Côté bénéfices nets, ces mêmes entreprises annoncent des progressions époustouflantes + 240 chez France Télécom, + 122% pour Arcelor, + 52% pour Renault ou bien encore + 15% chez Schneider Electrics. Bref, les actionnaires et autres acteurs financiers vont toujours avoir de quoi s’éclater. Pour satisfaire aux intérêts égoïstes d’une caste au service de laquelle se soumettent tous les leviers du pouvoir, des millions de salariés doivent se sacrifier ou être sacrifiés sur l’autel du chômage. Le gouvernement actuel ne déroge pas à la règle établie à Matignon et au parlement depuis 2003.
La droite voudrait supprimer l’impôt sur les fortunes
C’est l’UMP de Sarkozy, avec des députés de ce parti et des ministres du gouvernement qui a relancé le débat sur la suppression de l’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune. Et pour justifier cette fronde de la droite ou on retrouve toujours les mêmes arguments ; impôt anti économique qui favorise les délocalisations; l’exportation de capitaux et qui joue contre l’emploi. Il toucherait un nombre croissant de contribuables de la classe moyenne pénalisée par la prise en compte dans son assiette de la valeur de la résidence principale, touchée par le boom des prix immobiliers.
Une affirmation qui ne résiste pas à l’examen des faits. Pour un impôt qui ne se déclenche qu’à partir d’un seuil de 732 000 euros de patrimoine il ne concerne qu’1% environ des foyers fiscaux, avec 335 525 déclarations pour 2004.
«A un million d’euros, l’impôt est de 1645 euros» par an, «il faut arriver à 12 millions d’euros pour payer un ISF conséquent de 150 000 euros» selon les chiffres avancés en juillet par Libération.
Ainsi, si le gouvernement confirmait son intention dans ce domaine, cela voudrait dire que selon lui, les riches ne doivent pas être soumis à un devoir de solidarité pour contribuer à solutionner les problèmes du pays.
Décidément la droite sera toujours la droite égoïste, ne pensant qu’à servir les intérêts de sa classe. Les décisions prises par son gouvernement en ces mois d’été le confirment encore.

Joë Triché

Cyclisme FSGT Geoffrey Corniau (UVA) vainqueur du critérium du souvenir Brangbour
Sur la photo, Raymond Brangbour remet le challenge.

Disputé le 1er vendredi du mois de juillet chaque année, mais reporté cette saison d’une semaine concurrence oblige, le critérium cycliste du souvenir à la mémoire des dirigeants travaillistes troyens que furent la famille Brangbour, a connu son succès habituel. Belle récompense pour Raymond Brangbour principal instigateur de cette épreuve et Mme Brangbour, femme du regretté André son frère, ex président également, car ils étaient une bonne cinquantaine de concurrents à se disputer les lauriers de la victoire.
La course fut vivante à souhait. Les primes offertes par de nombreux et généreux donateurs agrémentaient par des sprints disputés sur la ligne, de nombreuses échappées. La principale fut l’oeuvre de Cahier L. de la pédale rémoise et Cyril Duflexis (UVA) que l’on croyait se voir disputer la victoire mais rebondissement dans le dernier des 50 tours, Geoffrey Corniau venait coiffer les 2 leaders et emportait l’édition 2005 de ce prix du souvenir. Classant 3 hommes dans les 5 premiers, l’UVA Aube prolongeait une année la garde du somptueux challenge que remettait sur la ligne Raymond et Mme Brangbour.
Malgré le temps incertain, un nombreux public était présent à cette organisation
Raymond remercie tous les sympathisants volontaires qui ont bien voulu faire la sécurité aux carrefours.

Humeurs...

...OGINO, C'ETAIT LE BON TEMPS
C'était à la une de la presse locale : "la pilule contraceptive est cancérigène". De quoi s'agit-il exactement ?
1/ L'annonce est faite à partir d'un communiqué de presse du Cercle international de recherche sur le cancer.
2/ Le même organisme ne publie les résultats d'aucune recherche nouvelle justifiant son communiqué et les professionnels de santé n'en savent pas plus que les journalistes.
3/ De ce communiqué imprécis la presse a extrait les conclusions les plus alarmistes. Car après la phrase "Les contraceptifs oraux augmentent le risque de cancer du sein, du col utérin et du foie", on peut lire aussi : " … mais diminuent le risque de cancer de l'endomètre et de l'ovaire". Et aussi : "Dix ans après la fin de l'utilisation, le risque semble être redevenu semblable… " … "Davantage de travaux sont nécessaires pour évaluer les risques et les bénéfices". Et même : "Il est possible que le résultat global net pour la santé publique soit bénéfique".
Dans l'état actuel des études, et selon le communiqué lui-même, Il ne semble pas qu'il y ait réellement de quoi affoler les nombreuses femmes qui ont utilisé ce mode de contraception, ou qui l'utilisent encore. Il faut aussi mettre dans la balance les risques et les conséquences des grossesses non désirées, surtout qu'il s'agit du procédé contraceptif le plus facile (souvent le seul possible) pour les jeunes filles.
On ne peut s'empêcher de se demander quelles sont les arrière-pensées du Groupe communication du Circ ou des médias. Méfiance ! Si ça se trouve, on nous dira bientôt que le latex qui entre dans la composition des préservatifs n'est pas au-dessus de tout soupçon…

Guy Cure

Ecoutez-voir ...!

...Radars....
Il y a quelques jours est passée, sur France 2, une petite info qui fait réfléchir... Sur un ton humoristique le reportage montrait un radar automatique, quelque part du côté de Clermont-Ferrand je crois, qui avait été hors service pendant 3 semaines. Pourquoi ? Parce qu'EDF avait coupé le courant pour facture impayée !!! Drôle, non ?
Mais ce n'est pas tout, le vraiment intéressant est ailleurs. En effet le journaliste nous expliqua que la société qui gère le radar n'avait pas payé en temps sa facture d'électricité.
La société qui gère le radar ????.
Quoi ?? Une société privée gère le radar ?? Je croyais que les radars dépendaient de l'Etat !!! Mais alors si on réfléchit cela veut dire qu'au passage il y a des gens qui se sucrent sur les infractions des automobilistes et que l'argent des amendes loin d'aller entièrement dans les caisses de l'Etat (ce qui serait un moindre mal) va en partie dans des poches privées !! Et on peut supposer (car aucune entreprise privée n'est une oeuvre philanthropique) que ces entreprises sont intéressées proportionnellement à la rentabilité des radars. La spéculation sur la sécurité routière, voilà la dernière trouvaille... On ne nous avait pas dit ça quand le gouvernement a lancé sa campagne. Il n'y a pas que la sécurité routière dans l'histoire mais aussi (et surtout ???).Une affaire de profit !!!
Et bien sûr pour couronner le tout, le PDG de cette entreprise n'est autre que le frère du ministre Gille de Robien !.
...Mauvais coup en catimini
Les sénateurs communistes appellent J. Chirac à intervenir contre l’extension du «forfait jours» aux salariés non cadres. A la faveur d’un amendement déposé par un député de droite, le texte de loi sur les PME adopté le 13 juillet «peut conduire à faire travailler les salariés visés 218 jours par an, six jours par semaine et jusqu’à 13 heures quotidiennement» expliquent les sénateurs communistes. Dans un courrier au chef de l’Etat, ils lui demandent d’intervenir, comme le permet la constitution, pour obtenir une nouvelle délibération. «Il n’apparaît pas acceptable que la majorité ait anticipé l’application d’une directive européenne que vous-même et le gouvernement de la France se prévalent de combattre» écrivent-ils dans ce courrier signé par Nicole Borvo, présidente du groupe .

 

Fête de l'humanité 9-10 et 11 sept 2005

Fête de l'humanité 9-10 et 11 sept 2005
Se rendre à la fête de l’Huma en car 16 €
Comme chaque année, la fédération de l’Aube organise des départs en car pour permettre aux auboises et aubois de se rendre à la fête :
- Le dimanche 11/09 :
départ de Troyes à 5h30
au siège de la Fédération)
- De Romilly à 6h15 (Bibliothèque Municipale)
Inscriptions & réservations au siège de la Fédération du PCF: 03.25.73.43.40.
- Un copieux petit déjeuner est offert gratuitement à l’arrivée au stand de l’Aube (retour vers 23 heures 30).

Culture Festival d’Avignon,
Marie Ruggeri dans « Vagabonde »

Marie Ruggeri dans « Vagabonde »

Marie Ruggeri est une diva. Elle chante ses chansons fines en coquine et ses chansons tendres à cœur fendre. Sa voix a fréquenté le bastringue et l'opéra. Elle sait tout faire et surtout nous envoûter. Parfois des larmes de plaisir et peut-être même d'émotion désarçonnent les spectateurs les plus insensibles. Son tour de chant leur joue un tour. Les musiques sentent Kurt Weil, Stravinsky ou Loulou Gasté. Les textes diffusent l'énergie, la nostalgie, l'espoir et la malice. Le show (oh le vilain mot) nous fait chaud au cœur. Il faut aimer le métier pour s'y agripper de cette manière. Bernique de scène la Ruggeri. Elle a de l'aplomb et de l'humour. Elle entoure chaque chanson d'une salade frisée, un mot, une histoire, une boutade, un regard tendre. C'est son enfance qui remonte, une enfance pas terrible d'où sourdent ses colères, ses coups de blues, ses amours. Il y a même une mise en scène pour chaque chanson avec valises, tiroirs tirés, objets assortis, sortis de leur incognito. Elle a de l'allure, de la fièvre, de la jactance. Si on la suit dans ses dires et ses rires, Marie a eu des vies multiples par répertoire interposé. Peut-être les siennes, on ne sait jamais avec ces artistes qui nous mentent si vrai.


Marie Ruggeri a choisi les chansons les plus abouties du répertoire des grands auteurs, les joyaux de Clouzot, Marie Dubas, Jean Tranchant, Pierre Dac, Boby Lapointe, Souchon, Gainsbourg, Jonasz, Pagnol etc. surprenantes chaque fois et heureusement pas télévisuelles pour deux sous, car Marie Ruggeri c'est le vrai spectacle vivant, malgré son corset, cause d'un accident récent.
Marie est accompagnée par un complice doublé d'un pianiste, Christian Belhomme qui cherche à colorier les chansons plutôt qu'à montrer sa science du clavier, défaut de tout accompagnateur débutant.
"Vagabonde" est voyageable et transportable dans le monde entier et au-delà, car la chanteuse parle et chante dans des langues diverses. Elle a bien entendu visité la comédie musicale, le théâtre, le cinéma, la télévision, les bandes-son et les dessins animés. Ce n'est que le génie minimum du métier, ou vice-versa.
Le spectacle a été créé à Langres pour le festival Tinta'mars. Il est issu d'un travail en résidence près de la Cie MR.


Jean Lefèvre

Planète vie - Planète Mort


L’heure des choix !.....

Le livre publié sous ce titre est un évènement au moins sous deux aspects : il dresse un bilan lucide des dangers que l'activité humaine fait courir à l'équilibre biologique de la planète, c'est aussi une étape dans les relations des catholiques avec le monde .(1)
L’horreur économique que Viviane Forrester a fait paraitre il y a quelques années avait eu l'immense mérite de dénoncer les gâchis humains de nos sociétés. Quelques critiques avaient regretté que le livre s'arrête à une dénonciation et ne propose pas de solutions. Le même reproche n'épargnera peut-être pas Planète VIE Planète MORT. Le livre du collectif dirigé par Marc Stenger est d'abord un cri et les auteurs rappellent à plusieurs reprises que les remèdes relèvent du domaine politique.
"Nous n'avons qu'une terre" et "le poids de notre espèce en fait une planète à risques"
Une première partie établit les constats. Les risques sont décrits, analysés, argumentés. Il s'agit bien du "danger de destruction de la planète" sur lequel sont d'accord tant de scientifiques. Rien de nouveau, mais on a ici un mémento clair, facilement repéré, véritable "outil de pédagogie". La démographie, la biodiversité,
l'urbanisation, l'énergie et les transports, les OGM, l'agriculture, la pénurie d'eau sont les chapitres où sont évoquées les modifications rapides que l'homme inflige à son environnement et les conséquences prévisibles. Pas de dramatisation sentimentaliste inutile ; le bilan et les perspectives sont suffisamment terribles : il s'agit bien de la survie de l'espèce humaine et nous sommes à "l'heure des choix". Chaque chapitre est rédigé par un spécialiste du sujet et les questions qui font débat sont posées franchement, par exemple en ce qui concerne la démographie et la "nécessaire limitation des naissances". Ce chapitre insiste sur le rôle que les femmes doivent pouvoir jouer dans la société. Leur liberté, c'est "l'avenir de l'homme"
Faire face à la peur, croire en l'avenir
La deuxième partie présente une "réflexion théologique". Je comprends que les croyants s'interrogent spécialement quand il est question d'affrontement entre l'homme, image de Dieu, et le reste de la Création. Mais finalement, les questions d'éthique et de morale se posent à toutes les consciences. Le risque fait partie de la vie, la prudence impose des limites : les angoisses s'imposent dans des termes voisins quels que soient les questionnements de chacun.
Ce chapitre m'a semblé parfois un peu trop défensif. Il est vrai que Jean-Paul II a donné de l'Eglise l'image d'une organisation dure aux faibles et aux pauvres, plus soucieuse de préoccupations politiciennes que d'être en phase avec le monde. Le préservatif et le sida,

l'éducation au Nicaragua, les revendications sociales en Amérique latine, mais que ceux qui ne se sont jamais obstinés dans des erreurs dogmatiques lancent le premier anathème ! L'Eglise, c'est aussi (surtout ?) ces hommes et ces femmes dont la générosité et la sensibilité s'expriment quotidiennement. C'est aussi la diversité et l'intelligence des rédacteurs de ce livre qui proposent d'être "les jardiniers du Jardin de Dieu".
Partager, c'est aussi changer des habitudes, même si "la sobriété n'est pas dans l'air du temps"
La troisième partie présente quelques expériences de ce que peut être "le développement durable". Mais il s'agit d'ilots de résistance face aux "responsables économiques poussés à prendre des décisions inacceptables sur le plan social et/ou écologique sous la pression de leurs actionnaires". Les exemples sont louables et méritent d'être encouragés. En même temps, nous savons qu'ils ne peuvent pas se généraliser dans une société où la finance fait la loi. On retombe sur la question de l'issue. Certes, il faut utiliser les "échéances électorales" ; c'est ce que j'ai fait à l'occasion du référendum. Mais la démocratie a aussi ses limites : il faut condamner à la faim, à l'esclavage et à la mort lente les trois quarts de l'humanité si le quart restant ne veut pas changer son mode de vie. Se pose entre autres le développement des loisirs consommateurs d'énergie. Et le partage a-t-il encore un sens pour les individus qui s'isolent, se replient, se côtoient et ne communiquent plus que par électronique interposée. Certes, le raz-de-marée en Asie a démontré des trésors de générosité ; la brutalité des images a fait vibrer les cordes affectives. S'engager personnellement, dans la durée, sans incitation des médias, contre une catastrophe progressive est une autre affaire.
Le comportement de la grenouille n'incite pas à l'optimisme . Mais la grenouille était seule et ne comprenait pas ce qui arrivait. L'espoir de l'homme réside dans la diversité des bonnes volontés, dans les yeux qui s'ouvrent, dans les refus des fatalités. Planète VIE Planète MORT contribue à une prise de conscience collective. C'est à la fois un ouvrage de conviction et un outil de rassemblement

Guy Cure


(1)Ouvrage collectif publié sous la direction de Marc Stenger, avec un avant-propos de Nicolas Hulot. Editions du cerf, 280 pages, 24 €.
(2)À part cette allusion à Aragon, toutes les citations sont tirées du livre.
(3)Voir la Dépêche du 5 aout.