La dépêche de l'Aube n°827 du Vendredi 29 juillet 2005

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Ordonnances
Coup de force du gouvernement et de l’UMP

le parlement français réduit au silence, ni débat ni vote sur le plan villepin

Le comité supérieur de l’emploi s’est réuni le 21 juillet regroupant représentants de l’État et des partenaires sociaux.
Mais comme on pouvait s’y attendre, cette pseudo concertation s’est conclue par un constat de désaccord. Comment pouvait-il en être autrement, car depuis le début, Dominique de Villepin n’a cessé de répéter qu’il n’entendait pas modifier son projet malgré des critiques unanimes et sévères des syndicats. Quant au parlement, il est, on sait, tout simplement court-circuité du fait même du recours aux ordonnances. Ainsi le gouvernement a décidé de procéder en catimini, sans consultation, sans négociation. Cette procédure qui relève du coup de force, est rendue possible depuis que les députés UMP, avec les aubois Mathis, Micaux, Menuel et leur chef de file Nicolas Sarkozy, ont voté début juillet comme un seul homme le projet de loi d’habilitation de ces ordonnances.
Enfoncez-vous ça bien dans la tête
Pour justifier ce mauvais coup, le gouvernement et l’UMP vont nous asséner leur bréviaire habituel : «nettoyer», le code du travail, «li-bérer» les employeurs, c’est rendre un bon service à l’emploi. Qui peut croire un instant ce discours mille fois répétées qui, depuis des années, aboutit au même résultat ?
N’ont pas créé l’emploi mais précarisé ceux qui existent. N’ont pas résisté à la déferlante de la mondialisation libérale mais se plier à ses règles, quitte à se fragiliser encore, à faire de nos territoires, de nos entreprises, de nos salariés des proies plus alléchantes pour les prédateurs boursiers.


La protection des salariés mise à mal
Avec ces ordonnances, Villepin, Sarkozy et Baroin, n’oublions jamais que notre cher maire de Troyes est aux manettes avec tous ces «braves gens». Ils veulent faire passer en force des textes qui ne sont pourtant pas mineur. Elles sont autant de coups de couteau dans les protections des salariés consignées dans le code du travail.
Une même ligne de conduite : tout pour les patrons
Cela vaut tout spécialement pour le contrat nouvelle embauche qui donne plus de libertés que jamais aux employeurs pour licencier, mais aussi pour le service chèque emploi qui menace de détailler en pièces un document aussi essentiel que le contrat de travail.
La troisième ordonnance, visant à ne plus prendre en compte les salariés de moins de vingt six ans dans le calcul des seuils sociaux, n’est pas moins malfaisante : elle réduit les jeunes travailleurs à la condition de sous salariés.
Avec la quatrième, qui prévoit de nouvelles exonérations de cotisations sociales, le gouvernement s’enfonce dans une voie qui s’est pourtant avérée jusqu’ici totalement inefficace pour réduire le chômage.
Pas étonnant que le gouvernement, avec de tels projets, redoutent comme la peste, un large débat public. C’est pourquoi, il a tout fait pour que ces dispositions entre en application dès la rentrée de septembre et pour que les ordonnances le permettant, soient homologuées en pleine période de congés.

LDA

Troyes - Hôpital des Hauts Clos

F. Baroin pète les plombs
les communistes aubois devant l'hôpital des Hauts clos réclament plus de moyens pour la santé, lors de la venue en février 2003 de JF Matteï ministre de la santé du gouvernement Raffarin

Comme tous les hôpitaux de France, celui de Troyes connaît depuis plusieurs années de très graves difficultés financières.
Rien que pour boucler son budget 2005, il lui manquait 8,6 millions d’euros. Face aux multiples refus du gouvernement de lui accorder des moyens financiers supplémentaires, était venu le temps des mesures d’austérité pour cet hôpital mais aussi pour les patients.
L’agence régionale de l’hospitalisation exigeait 4 millions d’euros d’économies supplémentaires alors que dans le même temps, le prix de journée enregistrait des hausses particulièrement importantes. De 2004 à 2005, elles se situent entre 16,6% à 43,6% selon les disciplines. Mais jusqu’à maintenant, cette situation difficile n’avait jamais franchi les murs de l’hôpital alors qu’elle était connue de tous et plus particulièrement des membres du Conseil d’administration de cet établissement.
Le silence est rompu
Cela coïncide avec l’arrivée de Pierre mathieu, élu communiste qui représente depuis peu le Conseil régional de Champagne-Ardenne au sein du C.A. des Hauts Clos. Ainsi, dès qu’il a eu connaissance de cette situation, il décida avec son collègue Marc Bret, élu socialiste représentant le conseil municipal de Troyes, de rompre le silence et d’informer la population auboise au cours d’une conférence de presse qu’ils ont tenu fin juin.
Cette initiative publique avait pour objectif de sensibiliser les habitants de notre département et de faire pression sur le gouvernement qui jusque là, refusait d’accorder plus de moyens financiers.
Baroin sort de ses gonds
Président du Conseil d’administration de l’hôpital des Hauts Clos, François Baroin au lieu d’être satisfait d’avoir des membres du CA qui ne se laissent pas faire, s’en est pris drôlement au cours d’une conférence de presse à Pierre Mathieu et Marc Bret. Il les a traités de démagogue en les accusant de s’être «emparés de la maladie des gens pour en retirer de supposés bénéfices électoraux». F. Baroin n’a pas hésité à parler d’«une prise d’otage politique de la part de quelques irresponsables - je pèse mes mots -» a-t-il ajouté. En tenant cette conférence de presse, Pierre Mathieu et Marc Bret, selon le maire de Troyes, ministre de Villepin, ont mis «en danger ce qui constitue un élément de notre cohésion sociale» car pour lui «la santé, c’est un sujet tabou : c’est un sujet qu’on ne doit pas exploiter». Et bien, n’en déplaise à François Baroin, ce n’est pas notre conception. Au contraire, tout ce qui a trait à la vie de nos concitoyens doit faire l’objet de débat public. Mais visiblement, ce n’est pas celle de F. Baroin et du gouvernement dans lequel il siège. L’utilisation des ordonnances pendant la période des congés, c’est-à-dire sans débat ni vote des députés pour la mise en oeuvre du plan Villepin pour l’emploi en est la démonstration.
Alors qu’il refusait toute aide supplémentaire, le gouvernement lâche d’un seul coup 5 millions d’euros d’aide exceptionnelle :
Depuis longtemps, l’hôpital de Troyes souffre d’une sous-dotation budgétaire qui l’oblige chaque année à demander plus d’ aides pour boucler son budget. «J’en ai assez de faire des voeux, de pleurer misère tous les ans et de mettre un genou à terre pour demander des sous» a déclaré le député F. Baroin. Mais alors pourquoi ce qui était refusé auparavant a-t-il été accordé pour cette année ? Visiblement la conférence de presse de Pierre Mathieu et de Marc Bret n’a pas été un handicap pour l’hôpital. N’a-t-elle pas été au contraire un élément utile pour que cet établissement soit enfin entendu. Le coup de sang de F. Baroin est vraiment mal venu, au lieu de se plaindre il aurait dû plutôt se féliciter de cette mobilisation.
Une bouffée d’oxygène pour 2005 mais après...
En effet, cette aide exceptionnelle vise à soulager les Hauts Clos de ses difficultés financières pour l’année 2005. Mais cette situation risque de se reproduire en 2006. Certains comptent sur la mise en oeuvre de la réforme Douste-Blazy pour sortir les hôpitaux de l’asphyxie financière dans lesquels ils se trouvent. Les communistes n’y croient pas comme d’ailleurs beaucoup de professionnels de la santé.


Joë Triché

Terrorisme
Le PCF contre toute loi liberticide

Le PCF a mis hier le gouvernement en garde contre «la tentation de prendre prétexte des attentats terroristes pour élaborer des lois liberticides». Condamnant vigoureusement les attentats de Charm-el-Cheikh, le PCF a estimé que le terrorisme est «la négation de l’humanité, de la démocratie, de l’émancipation humaine», rappelant que le pays le plus touché par cette «mondialisation du terrorisme» est aujourd’hui l’Irak.
Pour le Parti Communiste, il est urgent de s’attaquer «aux inégalités, aux injustices, à la militarisation des rapports internationaux» qui font le terreau du terrorisme, et de sortir du cycle guerre-attentats. «Le monde selon Bush, loin de favoriser la démocratie et le

développement, produit de la désespérance et de la haine», a souligné Michel Laurent, membre du Comité exécutif. Se démarquant de l’appel à l’union nationale de l’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin, Daniel Vaillant, auteur de la première loi de «sécurité intérieure» au lendemain du 11 septembre 2001, le PCF a appelé à maintenir une «vigilance démocratique» pour éviter tout recul des droits et des libertés au nom de la lutte antiterroriste. «Nous sommes choqués par le meurtre d’un innocent la semaine dernière à Londres par les forces de police» a affirmé Michel Laurent, appelant à refuser le glissement vers des «sociétés sécuritaires où il est permis de tuer par prévention.»

Culture
De notre correspondant en Avignon.
SUR LE PONT D'AVIGNON, ÇA CHANGE.....

Ca change en Avignon, non seulement quant au nombre de spectacles en vertigineuse ascension mais aussi quant au prix demandé par le privé aux Compagnies qui veulent montrer leur savoir-faire dans un lieu pas trop moche. Ce sont d'ailleurs les lieux traditionnels qui structurent le Off. Celui-ci explose : plus de 600 spectacles (contre une centaine au début) sont proposés au public toujours ardent, pluriel et festif car on va aussi en Avignon pour s'amuser. La foule festivalière varie peu mais l'abondance du pain culturel à consommer fait diminuer la fréquentation moyenne et du coup, le revenu des compagnies et la promotion des spectacles (1). Les Cies indépendantes en souffrent faute d'une meilleure lisibilité. Moins de moyens pour vivre et davantage d'intermittents en mal de travail. "Un art culturel dépressif mais effervescent" selon un directeur de scène. Il y a là une contradiction flagrante qui pourrait donner raison aux tenants de la philosophie de la restriction qui affirment que l'artiste voit son esprit créatif raffermi par la souffrance et la pénurie. Théorie ridicule qui permet sans doute aux grosses productions de gaspiller l'argent public dans des spectacles grotesques où se mêlent sang et sperme sous prétexte de modernité et de provocation. (2)
Mais ce qui change vraiment c'est la présence "politique" de la Région Champagne-Ardenne au Festival.
Depuis une nombreuse année la Région loue un lieu aménagé, "La Caserne des pompiers" pour que les Cies champardennaises s'y produisent et s'y offrent aux programmateurs. Mais depuis l'an dernier, le politique se déplace. C'est ainsi que Jean.Paul Bachy, président de Région, Nathalie Dahm (vice-présidente) et François Letzgus (président de l'ORCCA) ont tenu à venir applaudir les artistes programmés mais aussi rencontrer les autres troupes et discuter avec elles de l'action culturelle en région.
Plusieurs réunions de travail ont eu lieu, la principale pour discuter d'un réseau Grand-Est interrégional. Le spectacle vivant traverse une crise et se doit de réagir pour permettre à la fois une large diffusion des spectacles, le développement des publics, autant que la formation des compagnies.
Les représentants des Cies ont échangé leurs points de vue, offert des pistes et montré leur manière de faire. Des outils existent : réseaux intercommunaux, scènes conventionnées, résidences et même une structure nationale "Régions en scène" qui maillent le territoire, permettent les échanges.


Quelques intervenants ont mis l'accent sur la culture vue comme un service public et non comme un marché, ce qui a permis à J.P Bachy de faire une mise au point concernant les subventions régionales. Il a précisé que la Région ne percevait que 5 % de la masse de l'impôt et que l'Etat se désengageait souvent de ses responsabilités en appliquant à sa manière la décentralisation. Pour lui le réseau Grand-Est a le mérite d'exister et de se renforcer mais doit rester une structure associative dont la dynamique est à encourager. 44 structures y adhérent déjà. Il n'empêche que professionnels comme élus ont une responsabilité collective de la faire vivre.
L'idée de rencontrer TOUS les acteurs culturels dans chaque département est en train de mûrir, donc de décentraliser ce qui se fait déjà à l'ORCCA, l'idée aussi de faire connaître le travail de toutes les troupes en établissant un annuaire culturel précis des activités de chacun.
Déjà l'idée se fait jour d'un festival régional itinérant qui pourrait voir le jour en Champagne-Ardenne puis en Alsace.
Même si la gauche victorieuse en 2004 n'a pas l'intention de bouleverser tout le travail entrepris dans le domaine culturel, elle a montré son désir d'écouter, d'accompagner, de prendre des décisions collectives. Ouverture et démocratie sont donc à l'ordre du jour.
LES CINQ SPECTACLES PRESENTÉS ont été applaudis par tous et même salués par la presse nationale et par les journalistes ayant répondu à l'invitation de la Région (voyage de presse du 16 au 18 juillet), FR3, RCF, le Journal de la Haute Marne, l'Union et la Dépêche de l'Aube. L'Est-Eclair était absent ce qui peut être interprété comme un refus de communiquer car il était présent les autres années.
On peut même dire que les programmateurs se rendent à la "Caserne" en étant sûr d'y rencontrer la qualité.
(À suivre)


Jean Lefèvre


(1)Artfusion que co-dirige Marie-Benoite Ployé a investi beaucoup d'argent pour présenter un spectacle pour enfants "La reine et la pierre de lumière".
(2)Le mélange des genres et des techniques à la mode depuis quelque temps (" théâtre-danse-musique-vidéo ") apporte des spectacles décousus, grossiers ou plein de vanité comme celui de Jan Fabre (Histoire des larmes), cour du Palais des Papes ou celui de Pascal Rambert (After/Before) au gymnase Aubanel..

PÔLE DE COMPÉTITIVITÉ
DÉCISION POSITIVE À CONCRÉTISER.....

La désignation de la Champagne-Ardenne parmi les 67 pôles de compétitivité retenus au plan national, montre tout l’intérêt du dossier présenté conjointement avec la Picardie et les atouts de notre région.
En plaçant le projet inter régional (développement des agro-resssources) dans les 15 premiers et en lui donnant une dimension internationale, il s'agit là d'une incontestable reconnaissance du nécessaire besoin d'un développement économique et industriel de nos territoires. C'est aussi le résultat d'un travail de qualité réalisé en amont avec de nombreuses concertations auprès des différents acteurs concernés (élus locaux, départementaux, régionaux, Comité Economique et Social Régional…) Avec un taux de chômage particulièrement préoccupant et un tissu industriel en crise, la Champagne-Ardenne a un urgent besoin que se concrétise positivement cette décision.
Au-delà des annonces du gouvernement, il est nécessaire de bien préciser les modalités d'octroi des aides publiques et le champ d'intervention qui s'appliquera. Le dispositif pôle de compétitivité doit en effet servir à toute la Champagne-Ardenne et les réalisations à entreprendre permettre le développement de tous les départements. La création d'un pôle "bois" ou la diversification de la recherche du CRITT de


Charleville-Mézières sont, par exemple, des nécessités à prendre en compte afin de ne pas concentrer sur un ou deux départements les investissements.
Il est prévu à l'automne un Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire qui finalisera au plan national l'ensemble des projets. Tout n'est donc pas réglé. La vigilance s'impose dès à présent afin que ce choix bénéficie concrètement aux champardennais dans les différents territoires. Ainsi, il serait fort dommageable au regard de l'espoir que suscite une perspective valorisant nos atouts régionaux et pour l'emploi que ce dispositif se limite à la seule attribution d'avantages fiscaux et sociaux pour les entreprises.
Dans ce sens, les emplois à créer doivent être stables, et non marqués du sceau de la précarité comme le "contrat nouvelle embauche" imposé durant cet été par ordonnances par le gouvernement.
Par ailleurs, la mise en place de la commission d'évaluation et de contrôle des aides aux entreprises décidée lors de la séance plénière du 27 juin constituera un outil complémentaire à d'autres dispositifs afin que l'utilisation des fonds publics aille au développement de l'emploi.


Karine JARRY
Présidente du Groupe Communiste