La dépêche de l'Aube n°825 du Vendredi 15 juillet 2005

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LE PRIX DE L’ ESSENCE MONTE,
LE PEUPLE TRINQUE

Le prix de l'essence fait à nouveau la culbute, mordant dans le budget des travailleurs et de leurs familles, encore plus cruellement en cette période de vacances. En 6 mois, à la pompe, les prix des litres du sans plomb et du gazole ont augmenté de 14%, celui du fioul domestique de 26,5%.

POURQUOI UNE TELLE FLAMBÉE ?
Certes, depuis 2 ans, le prix du baril de pétrole monte : d'avril 2003 à avril 2005, il a cru de 107% en dollar mais de 74% seulement en euros.
En réalité, en dollar constant, le prix du pétrole demeure largement en dessous des niveaux records atteints dans les années soixante-dix et au début des années quatre-vingt.
Hier, on vous disait : " c'est la faute aux pays producteurs, notamment arabes ".
Mais, les recettes pétrolières des pays producteurs les plus peuplés demeurent très insuffisantes en regard de leurs besoins d'équipements et de formation. Elles sont largement absorbées par le paiement de la dette.
Aujourd'hui, on vous dit : " c'est la faute aux pays consommateurs en développement, notamment la Chine ".
Si la consommation des pays émergents, dont la Chine, augmente avec leur industrialisation, elle est toujours très inférieure à celle des Etats-Unis qui demeurent, de très loin, le plus gros gaspilleur de pétrole.
Pourtant, on oublie de vous parler de deux acteurs essentiels du " racket " pétrolier.

DES COMPAGNIES PÉTROLIÈRES.
En 2 ans, leurs marges brutes de raffinage en dollars ont augmenté de près de 80%. Mais elles ont peu investi dans la recherche/ exploration et moins encore pour développer leurs capacités de raffinage. Elles ont ainsi entretenu les tensions sur les prix des carburants ramassant la mise à tous les coups. Total est un très bon exemple des pratiques des groupes pétroliers.
En 2 ans, les bénéfices nets de cette compagnie ont été multipliés par 2 pour atteindre la coquette somme de 12 milliards de dollars. A quoi à servi cet argent ? Tout d'abord à verser des dividendes fabuleux aux actionnaires : 3,1 milliards de dollars en 2003, 5,6 milliards en 2004 soit une progression de 220% depuis 2002 ! Total a aussi racheté ses propres actions à tour de bras (4,5 milliards de dollars en 2003 puis en 2004) afin d'accroître le rendement des actions en Bourse.

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UNE POLITIQUE DE GÂCHIS FINANCIER
Il y a aussi le rôle des les États européens, l'État français tout particulièrement.
Les recettes de la taxe sur les produits pétroliers (TIPP) et de la TVA ont explosé au cours de la dernière décennie. De 2001 à 2004, la TIPP a rapporté 98 milliards d'euros dont 25,3 milliards d'euros pour la seule année 2004 contre 23,4 milliards d'euros en 2002. Cet argent, revenant pour l'essentiel à l'État, a été mis au service de la politique anti-sociale et de gâchis financier que l'on sait.
Enfin, on nous refait le coup du " choc pétrolier " pour expliquer la croissance molle et le chômage de masse. Bien sûr, la hausse du pétrole n'encourage pas l'activité mais ce n'est pas elle qui explique fondamentalement les difficultés actuelles. Celles-ci ont commencé bien avant le relèvement des prix du pétrole en liaison avec les politiques anti-salariales et de soutien aux marchés financiers des grands groupes et du gouvernement.

CE RACKET SUR LES TRAVAILLEURS ET LEURS FAMILLES DOIT CESSER !
LE PCF PROPOSE :
Tout de suite :
Une diminution de 5% des taux d'État de la TIPP sur l'essence sans plomb. Cela amènerait ainsi à la moyenne européenne l'écart entre taxation du sans plomb et du gazole.
Le gel des taux de la TIPP sur le gazole.
L'instauration d'un " prix maximum " à la pompe, tout particulièrement pour le fioul domestique.
La mise en place d'une contribution sur les profits bruts des compagnies pétrolières pour financer ses mesures et pour commencer à abonder un Fonds de lutte anti-pollution.
A plus long-terme :
La création d'un Fonds pour la lutte anti-pollution permettant d'amplifier la recherche pour les énergies alternatives, les économies d'énergie et les moteurs propres.
Une action de la France pour une maîtrise concertée des marchés énergétiques en Europe.
Une action déterminée de la France pour réunir une Conférence mondiale pour une gestion commune à l'ensemble des peuples des ressources énergétiques et leur partage équitable, le droit d'accès à l'énergie et la négociation d'un " juste prix " du pétrole.


LDA

Baisse du livret A :
l’épargne populaire pénalisée

Fixée à 2,25% depuis près de deux ans, la rémunération du livret A pourrait tomber à 2% à partir du 1er août.
Après la baisse brutale de 0,75% en août 2003, un dispositif automatique de fixation du taux a été créé. Depuis, celle-ci échappe au libre choix du pouvoir politique en place, qui abandonne ainsi le sort de l'épargne populaire au diktat du marché.
Actuellement, 46 millions de Français sont détenteurs du célèbre livret. Il est distribué par les Caisses d'épargne et La Poste, et géré par la Caisse des dépôts et consignations. Une baisse de sa rémunération entraînerait également celle d'autres produits d'épargne réglementée qui lui sont indexés comme le CODEVI, le li-vret d'épargne populaire, le livret jeune…
Une nouvelle baisse du taux entraînera-t-elle une nouvelle décollecte ? Au lendemain de la précédente baisse, 1,6 milliard d'euros sur plus de 100 avait été immédiatement retirés des livrets A. Cette décollecte s'est poursuivie l'année suivante avec 1,3 milliard d'euros supplémentaires. Mais, depuis le début de l'année, la tendance s'est inversée avec une collecte nette de 865,2 millions d'euros. Pour les détenteurs d'un livret les plus en difficulté, ce placement représente plus un moyen de boucler les fins de mois, voire de combler les découverts qu'une véritable épargne rémunératrice.
Quelles conséquences sur le logement social ? Ce n'est certes pas une diminution de 0,25% qui bloquera la construction de logements sociaux, mais elle ne peut que porter préjudice à la collecte de fonds nécessaires à leur financement. Aussi faible que sera la baisse de la rémunération, il y aura forcément un transfert de l'épargne vers d'autres produits bancaires. Un éventuel laisser-faire du gouvernement serait révélateur de l'intérêt qu'il porte à la crise du logement. Et confirmerait si cela était encore nécessaire le décalage entre les effets d'annonce gouvernementaux sur la cohésion sociale et la réalité de ses actes et choix politiques.
Une fois de plus, ce sont les plus faibles revenus qui trinquent. L'argument de la relance de la consommation tombe à plat dans la mesure où même minime une baisse du taux d'intérêt du livret A diminuera le pouvoir d'achat de ses détenteurs. La rémunération du li-vret n'a rien d'assimilable à de la spéculation, elle évite à peine l'érosion monétaire. Ce n'est certainement pas du côté des petits épargnants qu'il faut piocher.
Le gouvernement qui garde une marge de manœuvre l'entendra-t-il ?

Humeurs...

...LES JEUX SONT FAITS
Ainsi, c'est Londres… Déjà pour les Jeux du centenaire, Atlanta et les dollars de Coca-cola avaient supplanté Athènes et le prestige d'Olympie. Certains disent que le rejet de Paris signe aussi la fin de l'usage de la langue française dans les Jeux olympiques. Mais comment s'étonner que les enjeux soient si peu sportifs ? Comment nos élites peuvent-ils s'indigner que les critères sportifs et d'équipements n'aient pas été décisifs ?
Sans attendre la décision du 6 juillet, le SNEP (syndicat des professeurs d'éducation physique) avait proposé de faire " le pari d'un autre Olympisme ". La France doit d'abord être exemplaire en ce qui concerne le sport scolaire et le sport associatif. Mais les amputations du budget du ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative montrent une volonté de disparition de ce service public. Les dépenses et les responsabilités sont reportées sur les collectivités locales, avec les risques connus et souvent vérifiés d'asphyxie et de clientélisme. Ainsi, les mêmes élites qui clament leur déception n'ont aucun projet national ambitieux.
Chacun voit bien que le sport est engagé dans une impasse, que le dopage, la corruption, les manipulations atteignent leurs limites. Même sans les Jeux, les questions sont posées : Quels modèles pour les jeunes ? Quelles gratifications pour les bénévoles ? Quelles valorisations de l'effort ?

 


Guy Cure

Écoutez-voir…

Spéculation sur la sécurité routière ?
Il y a quelques jours est passée, sur France 2, une petite info qui fait réfléchir...... Sur un ton humoristique le reportage montrait un radar automatique, quelque part du côté de Clermont-Ferrand, qui avait été hors service pendant 3 semaines. Pourquoi ?
Parce qu'EDF avait coupé le courant pour facture impayée !!! Drôle, non ?
Mais ce n'est pas tout, le vraiment intéressant est ailleurs. En effet le journaliste nous expliqua que la société qui gère le radar n'avait pas payé en temps sa facture d'électricité. La société qui gère le radar ????..............
Quoi ?? Une société privée gère le radar ?? Je croyais que les radars dépendaient de l'état !!! Mais alors si on réfléchit cela veut dire qu'au passage il y a des gens qui se sucrent sur les infractions des automobilistes et que l'argent des amendes loin d'aller entièrement dans les caisses de l'état (ce qui serait un moindre mal) va en partie dans des poches privées !! Et on peut supposer (car aucune entreprise privée n'est une oeuvre philanthropique) que ces entreprises sont intéressées proportionnellement à la rentabilité des radars. La spéculation sur la sécurité routière, voilà la dernière trouvaille...
On ne nous avait pas dit ça quand le gouvernement a lancé sa campagne. Il n'y a pas que la sécurité routière dans l'histoire mais aussi (et surtout ???)... Une affaire de profit !!!
Et bien sur pour couronner le tout, le PDG de cette entreprise n'est autre que le frère du ministre Gille de Robien !


Poil à gratter

 

La région Champagne-Ardenne hors AGCS :
Vœu adopté par le conseil régional

L'organisation mondiale du Commerce (O.M.C.) est le cadre dans lequel s'élaborent les traités commerciaux internationaux qui ont force de loi pour les pays qui ont adhéré, dont la France.

Actuellement est négocié l'A.G.C.S, Accord Général sur le Commerce des Services qui devrait aboutir à la signature d'un traité. Cet accord sera sans précédent ni équivalent juridique puisqu'il contraindra les pays membres de l'O.M.C. à négocier périodiquement jusqu'à la privatisation de tous les secteurs dits de service à l'exception " des services fournis dans le cadre du pouvoir gouvernemental ". Ainsi, ne seraient pas concernées les fonctions régaliennes de l'Etat : justice, police, défense. Mais tout le reste serait privatisable : éducation, santé, logement social, services de l'eau, droits de propriété intellectuelle, recherche, transports, postes, bibliothèques, musées, etc.
L'A.G.C.S. obligera, selon ses règles internes, chaque pays ou groupe de pays engageant des secteurs dans la privatisation, à considérer ces accords comme irréversibles. De plus, l'A.G.C.S. stipule que ces engagements s'appliqueront à tous, mettant ainsi devant le fait accompli non seulement les Parlements mais aussi toutes les collectivités territoriales.
Toutes ces discussions se déroulent dans le plus grand secret. L'Union Européenne, qui traite pour la France, refuse de rendre publiques les demandes qu'elle a formulées et les offres de privatisation qu'elle propose, refus adressé aux citoyens mais aussi au Parlement européen, à l'ensemble des parlements nationaux, aux diverses collectivités.

Une fois ce traité signé, l'O.M.C. imposera sa loi à travers l'O.R.D., Organe de Règlement des Différents. Tout pays qui contreviendra à ce traité sera exposé à des plaintes et des sanctions pour " atteinte à la liberté de commerce ".
Au nom de l'A.G.C.S., demain en Champagne Ardenne, la privatisation de services publics des collectivités territoriales pourrait ainsi être imposée, des subventions

pourraient être interdites si nous n'exigeons pas aujourd'hui un débat démocratique et public sur des questions qui concernent le travail et la vie quotidienne de nos concitoyens.
Le Conseil Régional de Champagne-Ardenne ne peut accepter que des compétences liées à l'éducation, la santé, l'environnement, la vie sociale et culturelle puissent être démantelées au nom du commerce international.

En conséquence, le Conseil Régional inquiet de la nature et de l'ampleur des conséquences des négociations en cours :

Demande :
· un moratoire de suspension des négociations sur l'Accord Général sur le Commerce des Services
· que soit rendue publique, au nom de la transparence et de la démocratie, l'intégralité des documents concernant l'état actuel des négociations pour la France, formulées par l'Union européenne
· L'ouverture d'un débat national sur l'A.G.C.S. impliquant la pleine participation des collectivités locales, des organisations syndicales, sociales, culturelles, environnementales et des populations afin que soient pris en compte les besoins réels de la société
· Que cette consultation soit prolongée par l'organisation d'un débat parlementaire avec vote, avant toute reprise éventuelle de négociations qui touchent des domaines si essentiels.

- Prend position, en tant qu'assemblée élue, contre l'obligation qui lui serait faite par l'A.G.C.S. de privatiser des services publics qu'elle considère devoir rester dans le domaine public,

- Déclare la région Champagne-Ardenne zone hors A.G.C.S.

* Voeu adopté à la majorité. Pour : PCF, PS, PRG
Contre : UDF
N’ont pas pris part au vote : UMP et FN

Culture .....

FESTIVAL EN OTHE
Le Festival démarre sur les chapeaux de roue (de charrette) à AIX en OTHE, les 14, 15 et 16 juillet. On peut affirmer que ce Festival, bien rôdé par ses 15 années d'itinérance rurale, est, comme le dit son directeur, un " service culturel de proximité ". Il a investi tous les endroits possibles où un artiste peut se produire, les châteaux, les églises, les salles polyvalentes (qui firent très peu de temps la gloire des potentats locaux), les préaux, les lavoirs, les jardins, les soupentes, les escaliers, et même, pourquoi pas, les scènes en bonne et due forme avec personnel technique approprié. Il existe en effet un peu partout des lieux stériles qu'il suffit de replâtrer un peu pour qu'ils se réveillent et soupirent. C'était une réflexion dernière de l'ORCCA, bras armé de la culture en région : comment faire circuler la sève artistique élaborée en ville, jusque dans les capillaires de la campagne, ici de la " petite Normandie ".

En bref, et puisque vous avez manqué le début à Aix en Othe, je vous conseille d'aller applaudir le 15 juillet, Ginkobiloba, Karpatt et l'Emir Kusturica ; le 16 juillet, Camille Bazbar, Ridan et les Fatals Picards, tout cela à Aix en Othe bien entendu et sur la grande scène.
On pourra ensuite se rendre à Villeneuve l'Archevêque ou à Bouilly pour Expect- Cie 36 du mois, à Migennes


avec Didier Super (le lundi 18), à Joigny avec les Primitifs du futur (ce qui nous promet encore des politiques bas-de-gamme) , le mardi 19 à Saint-Flo, mercredi, avec le Grand Dérangement (ce qui est exagéré comme réflexion, St Flo étant à 2 encablures de Troyes), enfin l'époustouflant spectacle de l'Homme de la Mancha à Tonnerre, les 21 et 22 juillet, spectacle du tonnerre de Dieu et dans son hôtel (1), donné en l'honneur des 400 ans de Don Quichotte de la Mancha, qui fut un des premiers intermittents à tendre la main pour survivre.
Le feu d'artifice final sera tiré par l'Orquestra do Fuba qu'on a fait venir du Brésil à Sens le samedi 23.
Renseignements : 0810 68 93 74 ou www.festivalenothe.org pour les ordinatoristes qui surfent sur la toile.


J.L.


(1) Hôtel-dieu pour ceux qui décryptent lentement.

VINDOVERA, le " son et lumière " de Vendeuvre-sur-Barse, est donné tous les vendredis et samedis de juillet. Qu'on se le dise.