La Dépêche de l'Aube n°778 du Jeudi 19 août 2004 La Dépêche de l'Aube n°778 du Jeudi 19 août 2004

La dépêche de l'Aube n°778 du Jeudi 19 août 2004

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Les profits explosent,l’exploitation et le chomâge aussi !

Les grandes entreprises françaises ont engrangé de substantiels profits au cours du premier semestre 2004. Alors que le chômage continuait d’augmenter.
Les entreprises classées au CAC 40 (les plus fortes capitalisations boursières) affichent presque toutes des profits en forte hausse. Questions : Que reste-t-il de la dénonciation des 35 heures présentées comme un suicide économique? Quelle justification reste-t-il au refus d’augmenter les salaires ? Comment prétendre que l’assurance maladie ne peut améliorer ses comptes qu’à la condition de rembourser moins ou de prélever plus sur les salariés ? On nous aurait mentit?
Sans surprise, le groupe Total, profitant de la flambée des cours de l'or noir, engrange le plus gros résultat net, 4milliards d'euros. Juste derrière, les leaders de la banque et de l'assurance présentent, eux aussi, des progressions exceptionnelles, + 621% pour Axa, et + 40 % pour BNP-Paribas, qui, avec la Société générale, est devenu une véritable "machine à profit", comme l'écrit le Monde. Mais les autres secteurs ne sont pas en reste, comme le montre notre tableau. Les actionnaires de ces champions peuvent jubiler: selon les prévisions, les groupes du CAC 40 devraient enregistrer cette année une hausse de 22 %, en moyenne, de leurs bénéfices nets par action.
Réductions de coût sur le dos des salariés
Et «l' Observatoire des riches», tenu par le magazine Challenge, confirme la tendance : les 500 plus grosses fortunes professionnelles, après avoir connu un - relatif - repli ces dernières années, sont nettement reparties à la hausse. Parmi celles-ci, et en bonne place, un certain Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF mais aussi actionnaire de Marine Wendel, et qui continue sans vergogne de dispenser ses recommandations d'austérité salariale au gouvernement, jugeant notamment le smic " trop élevé ".
Plusieurs facteurs expliquent cette embellie financière des grandes entreprises. Les analystes pointent la baisse de l'euro par rapport au dollar, qui a rendu les entreprises européennes plus concurrentielles, et bien sûr le rebond d'activité enregistré depuis le début de l'année par l'économie française, actuellement sur un rythme de croissance de 2,5 %, contre les 0,5 % de l'année noire que fut 2003.
Mais, plus qu'à un développement de l'activité réelle, la flambée des profits tient aussi, bien souvent, à ce qu'un syndicaliste appelle l' " explosion de l'exploitation ", qui a permis de réaliser de substantielles réductions de coûts sur le dos des salariés, les directions se sont livrées à une véritable guerre à l'emploi, cherchant par tous les moyens à comprimer au maximum leurs effectifs. En 2003, selon les statistiques officielles, le nombre d'emplois salariés a, pour la première fois depuis longtemps, reculé en France, et cette hémorragie a surtout affecté les grosses et moyennes entreprises.


Les salaires aussi ont trinqué. Et leurs pressions actuelles pour revenir sur les 35 heures, augmenter la durée du travail montrent que les patrons n'ont aucunement l'intention de s'arrêter sur ce chemin. Il s'agit d'éviter au maximum d'embaucher, de maintenir ainsi un taux de chômage élevé, dans le but de conserver des bas coûts salariaux, explique l'économiste communiste Alain Morin, en soulignant les dangers d'une telle politique. " Avec la baisse des charges sociales sur les bas salaires, on a orienté la production française vers des produits à faible valeur ajoutée, au contraire des États-Unis, de l'Allemagne ou même du Japon", et, du coup, on a fragilisé sa position.
Gouvernement et patrons ne semblent pas prêts à changer leur fusil d'épaule. Leurs objectifs sont clairs : continuer à comprimer emploi et salaires pour servir des rendements toujours plus élevés aux actionnaires !, liquider le smic, en finir avec la législation du travail ! Comme s'il n'était pas encore assez évident que c'est précisément cette logique libérale qui, tout à la fois, enfonce la société dans la précarité et son cortège de drames sociaux, et empêche un développement économique durable.
Les bénéfices redistribués aux actionnaires
Ces bons résultats financiers, pourraienêtre une bonne nouvelle et servir la croissance française, mais encore faudrait-il que ces entreprises ne redistribuent pas la majeure partie de leurs bénéfices aux actionnaires et à leur PDG (31% d’augmentation en 2ans) et qu'elles investissent ensuite en Europe, et pas en Asie et dans les pays de l'Est, comme par exemple Axa, qui se prépare à utiliser ses profits pour de nouvelles opérations financières en Asie-Pacifique. Ce virage, en direction d'une autre logique économique recentrée sur les besoins sociaux, les salariés pourraient bien "aider" «les patrons à le prendre." S'ils ne font rien pour le personnel, ils le paieront, «un jour ou l'autre», pronostique un syndicaliste de BNP-Paribas, où les dividendes versés aux actionnaires ont augmenté, ces dernières années, de près de 200 %, contre 3,45% pour les salaires. Une chose est certaine, les communistes et leurs élus, n’accepteront jamais que cette course aux profits ce fasse sur le dos des salariés. Le rapport des forces politiques en Europe favorable à la droite et à son extrême, l’abstention grandissante parmi les couches populaires offrent malheureusement un terrain favorable à une régression sociale généralisée sans précédent Face à cette terrible menace, .la gauche française, doit ouvrir rapidement le débat avec le peuple de France pour construire un véritable projet alternatif au libéralisme pour 2007.


LDA

S

Communistes et chrétiens


Après l’homélie de Dominique Roy à l’enterrement de Didier Bienaimé

Depuis longtemps les communistes pensent qu’il n’est pas nécessaire
d’être communiste pour changer le monde.
Beaucoup de gens se battent contre les injustices sociales provoquées par la recherche du profit. Cette lutte peut prendre plusieurs formes, politique, syndicale, associative et même religieuse.
Cette dernière forme peut surprendre car l'histoire et l'actualité nous donnent souvent la preuve de l'intolérance et du fanatisme religieux. Il n'empêche que si ces certains enragés sèment la terreur, d'autres prêchent la paix, se référant à la parole de Jésus-Christ. Les croyants ne sont pas, loin de là, tous intégristes. Les intégristes sont-ils d'ailleurs des croyants ? Leur intolérance sert seulement des appétits de pouvoir. Aussi, n'est-il pas rare de rencontrer cette engeance ailleurs que dans les religions. Napoléon était porté par l'idée républicaine. Pol Pot par l'idée communiste. De nombreux tyrans affirment vouloir le bonheur de leur peuple : ce sont des populistes qui pervertissent l'humanisme.
De nombreux croyants se mêlent aux agnostiques pour dire qu'il ne faut pas accepter la tyrannie, la guerre, l'injustice. Ils refusent même d'expliquer ces maux par la fatalité ou le destin. "Il ne faut pas mentir devant la mort. Il faut laisser les blessures ouvertes, refuser les idées de fatalité et de destin" disait le prêtre lors des obsèques de Didier Bienaimé.
Certes le langage du prêtre n'est pas celui du militant syndicaliste. Il parle du "passage de l'égoïsme au partage, de la haine à la tolérance, de la violence à la tendresse, de l'indifférence à l'accueil, de l'injustice à la justice, de la laideur à la beauté", mais c'est un langage que tous les hommes qui souffrent peuvent traduire en paroles militantes contre l'individualisme, le racisme, la servitude, la pauvreté, les inégalités si je reprends l'ordre des termes employés par D. Roy.



Ce discours serait vain s'il ne désignait pas plus précisément les causes des injustices et les personnes qui les orientent. Les communistes désignent, bien entendu, le capitalisme, la course au profit, les gros patrons, les gouvernants à leur service. Les chrétiens manient plus volontiers la parabole, l'euphémisme et la litote, mais pas toujours. On comprend tout de suite qui est visé quand sont nommés "les superbes, qui ont récité leurs prières sans en oublier aucune mais en interdisant l'accès à Dieu à ceux qui ne pensaient pas et ne priaient pas comme eux, les riches qui ont amassé des richesses mais sans les partager avec leurs frères affamés, les savants, qui ont fait réciter les articles de la loi et de la morale sans d'ailleurs toujours les appliquer, les responsables qui ont fait semblant d'écouter les demandes de leurs frères, ont hoché la tête et se sont empressés de passer aux dossiers suivants, s'intéressant davantage à leurs ambitions personnelles plutôt qu'à la réussite des autres ... "
Si nos styles diffèrent, si nos ambitions sont peut-être plus concrètes, nous pouvons cependant dire exactement comme Dominique Roy quand il s'agit de la lutte des intermittents dont Didier faisait partie,: " Prions (1) pour les artistes, amateurs ou professionnels, afin qu'ils continuent à œuvrer pour la beauté du monde, sans se décourager face à la galère, à l'indifférence ou au mépris et qu'ils aident tous ceux qui ont en charge les affaires du monde à ne pas sacrifier l'essentiel - la beauté de l'homme - sur les autels mensongers du profit égoïste et trompeur et de la popularité intéressée et illusoire"
Il n'y a pas d'incompatibilité entre chrétiens et communistes. On peut être d'ailleurs à la fois l'un et l'autre. Ce qui compte c'est qu'ici, sur terre, une même volonté de paix et de justice les anime.


Jean Lefèvre


(1) «Battons-nous», dirions-nous...

Fête de l'Humanité 2004. 10-11-12 Sept
Et la solidarité aux village(s) du Monde
La Palestine, l’Algérie, l’Argentine, le Chili, l’Irlande, l’Ethiopie, le Vénézuéla, Cuba, le Vietnam, etc... une multitude de journaux et associations progressistes des quatre coins du monde vous accueillent pour vous faire connaître leur situation, leur culture, leurs luttes...
Le village du Livre, l’Espace théâtre, Tous les coins de France , plus de 400 stands de toutes les régions de France ou vous pourrez faire la fête, chanter et puis rire, goûter les richesses des multiples spécialités gastronomiques. Pif Gadget. l’espace enfance qui regroupe de très nombreuses associations, accueille en 2004 le mensuel Pif Gadget qui a fait son grand retour. Et une exposition «100 ans 100 peintres» qui s’annonce comme un évènement, une exposition sur Jean Ferrat -en sa présence- «Jean des encres, Jean des sources».
Se rendre à la fête en car à la fête de l'huma 2004...

 

Comme chaque année, la fédération de l’Aube organise des départs en car pour permettre aux auboises et aubois de se rendre à la fête :
Le dimanche 12/09 : départ de Bar S/Aube à 5h30
(parking Leclerc) Réservations : E. Pansard 03 25 27 16 15
Le dimanche 12/09 : départ de Troyes à 6h30 au siège de la Fédération)
et de Romilly à 7h15 (Bibliothèque Mun.).
Inscriptions & réservations au siège de la Fédération du PCF: 03.25.73.43.40.
Un copieux petit déjeuner est offert gratuitement à l’arrivée au stand de l’Aube (retour vers 20 heures).

Humeurs

Parallèle
Les premiers chrétiens furent à tous points de vue des héros de la justice autant que de la foi. Normal qu'ils aient eu des martyrs et que tant de villes et de villages portent leur nom. Leur combat s'émoussa peu à peu avec la victoire de l'église. Il y eut bien des retours de flammes (comme on le dit en amour et en religion) avec les Templiers par ex. Mais le pouvoir use. Être un vrai chrétien, dans la vie moderne, c'est de plus en plus compliqué. Même si les motifs de révolte restent nombreux.
Les communistes aussi eurent leurs temps héroïques. La grande révolution leur montrait du doigt le chemin. C'étaient les soldats de l'an II d'une société sans classe. Ah! Comme la guerre était fraîche et joyeuse quand l'ennemi était clairement désigné. Il avait la gueule d'Hitler, de l'esclavage et du capitalisme monopoliste d'état. Aujourd'hui, il faut philosopher davantage. Le marteau est devenu ordinateur et la faucille coupe-papier à Bruxelles. Le racisme est confus, l'exploitation pernicieuse, l'inégalité cache son impudeur avec un slip RMIste. On croit la misère exotique comme on croyait autrefois le bonheur dans une île. Et pourtant, nos deux aérostiers qui reviennent sur terre au bout de 60 jours, voient encore partout les guerres et les injustices... Les braves tombent des nues!
Un Chrétien doit être un hérétique disait Jean Guitton qui vient de mourir. Abélard à peu près la même chose. Un communiste se doit toujours d'être un premier chrétien.

Jean Lefevre

Buchères : cité martyre
Le 24 août, une brigade de grenadiers SS investit Buchères et massacre 62 habitants

Depuis l’avènement d’une nouvelle municipalité à Buchères, la commémoration du massacre du 24 août 1944 a pris une nouvelle forme qu’elle aurait dû avoir depuis longtemps.
Les autorités républicaines sont enfin conviées ainsi que les organisations de résistants. Une sorte de censure avait écarté les forces vives du département de ces cérémonies. Certains avaient écrit l'histoire un peu vite en 1945 et mis sur le dos de la Résistance la cause du carnage. Un peu partout en France la même idée était d'ailleurs apparue, honteuse bien souvent mais vite combattue par les Résistants et les autorités. Ce fut ainsi à Oradour-sur-glane…comme s'il fallait trouver de bonnes raisons à l'horreur ? Roger Gallery dans son "Combat des obscurs" écrivait "En condamnant le combat de Buchères on condamne toute la résistance sans exception faisant ainsi le jeu des revanchards de la collaboration" Un habitant de Buchères, Pierre Wuertz, se pose, lui, de nombreuses questions concernant l'ensemble des témoignages et leur analyse. Il a été "choqué par le fait que certains habitants rendaient les résistants responsables du massacre"Il est de ceux qui refusent d'accepter cette version ancienne des faits qui est malheureusement encore aujourd'hui répandue, éditée, distribuée par certains élus.
Je ne porte pas de jugement sur la tactique des combattants. Certains ont pu commettre des erreurs. Les militaires aguerris en commettent, les armées de libération n'en n'ont pas été exemptes. Va-t-on pour cela douter de ce combat libérateur qui a sauvé la patrie et écrasé le nazisme ? Les historiens font ressurgir les faits avec le maximum d'exactitude, mais ils doivent aussi remettre l'action dans son contexte général qui, à l'époque, était l'occupation, le nazisme, les massacres et les camps.
À Buchères, les SS allemands et danois ont usé de la tactique de la terreur. À Creney, ils ont assassiné de la même façon 49jeunes hommes tirés de la prison de la rue Hennequin et s'apprêtaient à en assassiner encore cent autres.
En replaçant ces commémorations en concordance avec l'ensemble des cérémonies patriotiques auboises et françaises, la nouvelle municipalité de Buchères accomplit un acte certes courageux étant donné le contexte, mais somme toute, naturel et légitime.
Mais, si les Résistants et leurs organisations ont été invités ces années dernières, on ne com-prend pas le choix de 2004 qui donnera la parole aux Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, association sympathique au demeurant mais qui n'a aucune légitimité pour parler au nom des victimes de Buchères. Cette erreur va provoquer encore des polémiques inutiles dont les habitants n'ont nul besoin.


JL

Une proposition de loi des députés communistes
Droit à la retraite à 55 ans pour les salariés du bâtiment-travaux publics

Le secteur de la construction est «l’un des secteurs les plus exposés à des formes de pénibilité multiples et pourrait représenter une priorité dans les politiques de retraite anticipée au même titre qu’il existe déjà, dans d’autres secteurs, des systèmes de retraite anticipée», soulignent Alain Bocquet et les autres membres du groupe communiste et républicain dans une proposition de loi déposée ces jours-ci.
Une statistique brutale est à garder en mémoire : l’espérance de vie d’un ouvrier de la construction est de cinq ans inférieure à celle de son encadrement et de trois ans par rapport aux ouvriers de l’ensemble des autres industries. De façon générale, le bâtiment-travaux publics «présente les données chiffrées les plus préoccupantes en termes de santé au travail, de risques au travail et de conditions de travail», expliquant le fait

qu’il apparaît comme l’un des secteurs les moins attractifs en termes d’emploi. Le niveau des rémunérations pratiquées et la précarité galopante de l’emploi du BTP viennent faire caisse de résonnance dans le même sens. De même que dans les carrières et chez les négociants de matériaux.
Autant de constats «qui militent pour la réparation des préjudices subis et l’amélioration de la législation sociale» relève l’exposé des motifs de la proposition de loi «relative à la reconnaissance de la pénibilité du travail pour les métiers de la construction et au droit à la retraite à taux plein à 55 ans». Toutes les études sur les conditions de travail confirment l’urgence de poser clairement l’articulation/retraite. D’où cette proposition de justice sociale, attendue des salariés de ces branches, visant à revenir sur la contre-réforme du 21 août 2003 et à accorder le bénéfice du droit à la retraite à taux plein à 55 ans pour les métiers de la construction.

LDA

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