La Dépêche de l'Aube n°777 du Jeudi 12 août 2004 La Dépêche de l'Aube n°777 du Jeudi 12 août 2004

La dépêche de l'Aube n°777 du Jeudi 12 août 2004

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Aube
Trente sept bureaux de poste menacés de fermeture

Depuis le 1er janvier 2004, la poste est une entreprise. Elle ne vit que par la marge qu’elle réalise !....
C’est en ces termes que s’est adressé le directeur départermental de la poste aux Maires des trente sept communes réunis pour leur annoncer la fermeture de leur bureau de poste.
Une déclaration qui si il en était besoin, démontre une fois de plus que les services publics quand ils sont gérés comme une entreprise c’est à dire avec le souci de la rentabilité sont de moins en moins des services publics dont la mission est avant tout de répondre aux besoins des usagers.
Mais pour les Maires présents à cette réunion la pillule est dure à avaler. En lien direct et quotidiennement avec leurs administrés ils constatent leurs mécontentements.
Car après la fermeture de l’école, de la perception et maintenant des bureaux de postes les villages perdent de plus en plus leur âme. Après tout cela que valent les discours sur l’aménagement harmonieux du territoir ? Pour celles et ceux qui subissent ces situations c’est du baratin car c’est du déménagement du territoire dont il est question avec de telles décisions.
DE MAASTRICHT A LA CONSTITUTION EUROPEENNE DE GISCARD.
Libéralisé le marché, favoriser la libre circulation des capitaux et des marchandises étaient les pierres angulaires de ce fameux traité de Maastricht. Dix ans après on en mesure les dégats avec notament l’accélération des délocalisations de production qu’il a provoqué et la casse des services publics.
Mais avec la constitution de Giscard l’objectif est d’aller encore plus loin.
Le modèle ultra libéral capitaliste sera la loi.
C’est comme si on inscrivait dans la constitution Française la politique de Raffarin. Alors comment un projet peut il obtenir des soutiens chez certains dirigeants socialistes et chez les verts ?
LA POSTE DOIT DEVENIR UNE MACHINE A FABRIQUER DU PROFIT.
C’est dans cet optique qu’aujourd’hui le gouvernement de droite veut faire imploser toutes les missions de service public et faire oublier toute référence à ces valeurs. Il veut ainsi faire de la poste une machine à fabriquer du profit et un instrument du marché financier.
Pour cela deux leviers sont utilisés par le gouvernement et la direction de la poste.


65 000 emplois doivent disparaître dans les activités courrier-colis d’ici 2010. Six mille bureaux de poste sont fermés ou en passe de l’être.
Conséquence : une dégradation généralisée et sans précédent des services rendus. Quatre usagers sur cinq n’intéresse plus la poste car ils sont considérés insuffisamment rentables.
La création d’une banque postale met en cause l’équilibre et l’unité des services du courrier, des colis et des services financiers. De surcroît, cette banque permettra de livrer aux marchés financiers les compte courants postaux et l’épargne au détriment d’un réelle développement économique régional et national au service des populations, de leurs besoins à partir de droits nouveaux reconnus à leurs associations, aux salariés.
LA POSTE INSTRUMENT DU MARCHE FINANCIER OU OUTIL DU DEVELOPPEMENT HUMAIN.
Construits à partir de valeurs universelles de solidarité, de justice et d’humanité, les services publics de la poste sont devenus des références mondiales de qualité et d’efficacité sociale et économique.
La poste a mieux à faire qu’à singer les grands groupes capitalistes et à accumuler du profit.
A une logique qui transforme tout en marchandise, nous opposons le droit à la communication pour tous les citoyens, indépendamment des revenus de chacun.
Et, au lieu d’alimenter les marchés financiers, l’argent de la poste doit être mis au service du développement des productions utiles et de la création d’emplois. Ce sont-là les objectifs qui devraient guider l’action de l’entreprise publique et inspirer les transformations dont elle a besoin.
Car, dans un paysage banquaire en pleine restructuration, se lancer dans une concurrence sauvage serait désastreux pour l’emploi. Au contraire, l’exemple de la poste pourrait constituer un cercle vertueux incitant les établissements publics, mais aussi privés, à proivilégier un développement économique au profit des populations, de l’aménagement du territoire et de l’ensemble de la société


LDA

Référendum : NON à cette Europe là !

Le 18 juin dernier, le «projet de constitution européenne» a été adopté à Bruxelles.
Concocté, à quelques uns, sans consulter les peuples concernés, ce texte va décider de la vie des citoyennes et des citoyens d'Europe pour une très longue période.
Jacques CHIRAC vient d'annoncer, enfin, que les français seront consultés. Tant mieux!
Le Président de la République, l'Etat, doit informer les électrices et les électeurs du contenu de ce traité sur lequel ils vont se prononcer. Le texte de la constitution doit être adressé à tous les français, (par exemple en même temps que la déclaration d'impôt 2004).
Ce traité est néfaste. Il institutionnalise les règles impitoyables du marché, de la libre concurrence, du profit…, au détriment du développement des hommes et de la protection de la nature.
L'union européenne s'élargit alors que dans le même temps la contestation grandit devant les dégâts que provoquent les politiques libérales. Pourtant la mondialisation appelle un nouveau modèle social et démocratique! C'est donc de choix différents dont nous avons besoin.
Tout au contraire, ce "traité constitutionnel", adopté par des Gouvernements que le suffrage universel vient de sanctionner lourdement, accélère la mise en place de nouveaux leviers ultra-libéraux. Dans la continuité du "traité de Maastricht", les règles de l'économie de


marché, où la libre concurrence est reine, s'installent en lois intangibles. Alors que la guerre en Irak a provoqué un vif rejet et de profondes fractures au sein de l'Alliance atlantique, cette Constitution confirme la pérennisation de l'OTAN.
Comment ne pas faire le rapprochement entre cette Constitution et l'entêtement de notre Gouvernement à accélérer les privatisations et les atteintes aux services publics, les acquits sociaux…, dans notre pays malgré les deux fortes sanctions électorales qu'il vient de subir.
Cette constitution édifie les principes de la guerre commerciale a outrance. Elle encourage une concurrence sauvage et impitoyable entre les territoires et les hommes, elle défavorise le développement durable, s'oppose aux coopérations nécessaires à la citoyenneté et à la démocratie ainsi qu'à l'égalité d'accès aux services publics les plus élémentaires. Cette constitution tourne le dos à l'idée du bien public.
- Cette constitution européenne impose une politique libérale que les citoyens ont massivement rejeté dans la rue et dans les urnes! Nous appelons à dire NON au projet de constitution "tel qu'il est".
- Une autre Europe est possible si elle devient l'affaire des citoyens! Nous appelons à mettre en chantier, dés à présent, un nouveau traité pour une Europe de paix, sociale et démocratique.
-Le Gouvernement de la France doit organiser un vrai débat sur les enjeux de ce traité

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Histoire locale : l’affaire des Moulins-Neufs

La famille Baltet est connue dans le monde entier pour ses travaux en horticulture. Les frères Claude et Lyé-Savinien Baltet créèrent la fameuse pépinière de Croncels en 1820 (sur l'emplacement actuel de la foire de Champagne et au-delà). À cet endroit coulait la Vienne dont il sera question. La pépinière fut rendue célèbre par Charles et Ernest Baltet, les enfants de Lyé-Savinien.
On trouve trace des Baltet jusqu'en 1653, date de naissance de Nicolas, lui aussi jardinier comme tous ses descendants. Ils habitent tous ce même quartier des Faux-Fossés au-delà de la porte de Croncels. Les Faux-fossés ainsi que les fossés Patris furent construits pour mieux défendre la ville au Moyen- Age.
Les Moulins-Neufs.
En 1423 la ville de Troyes fit ériger 2 moulins à eau à la porte de Croncels, les moulins à bras et à chevaux datant de 1419 étant à la fois insuffisants et trop éloignés. On détourna la Vienne, on construisit une vanne, on modifia la voirie et miracle, après bénédiction de l'évêque, l'eau fit tourner les nouveaux moulins, dits Moulins Neufs. Malheureu-sement l'eau possède un double caractère, bénéfique en actionnant des meules qui écrasent le froment, maléfique en inondant les terres des voisins. C'est le malheur qui arriva aux cultures de l'abbaye de Montier-la-Celle, composées de riches jardins et vergers dont la fertilité était due à leurs terres noires, qu'on pourrait comparer au fameux tchernoziom russe. (1) Colère des jardiniers de Saint-André et des chanoines qui intentèrent un procès aux Troyens.
Nous sommes à l'époque où la ville de Troyes a fait allégeance aux Bourguignons . Le 14 mai 1420, sous l'initiative d'Isabeau de Bavière, a été "juré" dans la cathédrale le fameux traité de Troyes qui livrait la France à l'Angleterre. En 1423, c'est Jean de Dinteville, seigneur de Thennelières qui gouverne Troyes. Il est bourguignon et donc, allié du roi anglais. Les moines de l'abbaye en pincent eux pour Charles VII, le roi français, allié aux Armagnacs. L'affaire des Moulins a comme on le voit un arrière goût politique, d'autant que les deux partis ont des amis dans les deux camps. Le chapitre de la cathédrale qui possède des moulins à bras se range par ex. du côté de l'abbaye. On le voit, le progrès technique déjà, provoque quelques remous qui ne sont pas que d'eau.
C'est le procureur Pierre d'Arantières qui défendra les Troyens. Il a mauvais caractère et commettra quelques maladresses, comme d'accuser l'hiver et les pluies pour justifier l'inondation, ou d'insinuer des choses sur la vie privée des chanoines.


Le 24 décembre 1424 a lieu sur place une confrontation. Chaque partie a rameuté ses troupes. Les laboureurs et jardiniers sont d'un côté de la rivière et parmi eux sans doute déjà un Baltet ! Ils sont défendus par Maître Oudart Hennequin, pas très enthousiaste. De l'autre côté, Arantières et Jean de Grève, prévôt (magistrat) et le Conseil Municipal.
On tente, côté jardiniers, de démolir la vanne, travail difficile car le courant est fort et les menaces pleuvent sur les charpentiers très hésitants d'ailleurs.
La conclusion de cette affaire aura lieu en août 1425. Un nommé Guillaume Andouillette, maître de l'Hôtel-Dieu, qui tient sans doute son nom du fameux plat troyen (et non le contraire (2) va conseiller d'Arantières. Il fait comprendre à son "très cher et honoré sieur et compère" qu'un petit avantage versé aux témoins qui seront interrogés dans un nouveau procès serait du meilleur effet. On appelle cela corruption ou prévarication. Mais a dit Guillaume, "faites le secrètement comme vous savez bien le faire."
Après comparution de tout ce beau monde en Parlement (3), on décida quelques travaux pour le bon fonctionnement des Moulins-Neufs. On modifia la vanne et l'on cura les fossés.
Commentaire : Cette chronique que j'ai revisitée n'a pas d'autre raison que de parler de notre belle ville de Troyes. J'ai commencé par la famille Baltet pour montrer que les terres de cet endroit nourrirent des générations de jardiniers et furent très convoitées au cours des siècles. Une association se bat pour protéger le site qui devait être mutilé par le fameux Boulevard des Viennes, heureusement tombé aux oubliettes.
Je remercie notre amie Françoise Bibolet qui connaît l'histoire ancienne de Troyes par le menu. Je lui ai beaucoup emprunté. Ceux qui sont intéressés par l'histoire de notre cité peuvent lire avec profit HISTOIRE DE TROYES qu'elle a rédigé pour une bonne part. ( Éditions Maison du Boulanger.)


Jean Lefèvre


(1) L'abbaye possédait la seigneurie de Saint-André et louait ses terrains aux habitants ce qui lui procurait de beaux revenus.
Cette histoire n'a pu être racontée que par la grâce des recherches historiques de Françoise Bibolet, ancienne bibliothécaire de Troyes. Qu'elle en soit remerciée.
(2) Andouillette vient du latin "inductilia" qui désignait les produits prêts à être introduits dans le boyau. Le mot andouillette sera consigné dès 1451.
(3) Endroit où l'on " parle".

Se rendre à la fête en car à la fête de l'huma 2004...

 

Comme chaque année, la fédération de l’Aube organise des départs en car pour permettre aux auboises et aubois de se rendre à la fête :
Le dimanche 12/09 : départ de Bar S/Aube à 5h30
(parking Leclerc) Réservations : E. Pansard 03 25 27 16 15
Le dimanche 12/09 : départ de Troyes à 6h30 au siège de la Fédération)
et de Romilly à 7h15 (Bibliothèque Mun.).
Inscriptions & réservations au siège de la Fédération du PCF: 03.25.73.43.40.
Un copieux petit déjeuner est offert gratuitement à l’arrivée au stand de l’Aube (retour vers 20 heures).

Humeurs

Didier
Didier Bienaimé est mort à 44 ans, au plein fruit de l'âge. Didier devenait un comédien reconnu, réclamé. Je dis "devenait", car les talents ne sont pas donnés à la naissance, il y faut l'étude, la rage et la patience. Il y a des métiers sans rabots, ni copeaux, rien qui se voie, qu'on puisse consigner, classifier. Tout se construit dans le souffle, le regard, l'âme. Didier avait, depuis longtemps, depuis toujours, pris la distance qu'il fallait pour revêtir la peau des héros qu'il incarnait en ayant épousé d'abord la nature. Avant le cinéma et la télé, il avait chanté, dit des poèmes, fait du théâtre, taquiné la musique, la scène était son univers, c'est-à-dire le monde. On n'aime pas encore bien les comédiens. On ne les jette plus au trou sans prière, mais on les qualifie de gavroches, de bohèmes, d'intermittents. C'est une manière de les tenir à distance. On connaît peu de parents pour dire : "Mon fils, tu seras comédien". Pourtant, ils nous sont indispensables. Ils nous servent de miroir, de repoussoir, de ciment social. Si la société a progressé dans la reconnaissance du rôle indispensable des artistes, certains veulent limiter leur nombre et donc leur rôle. Pourtant être artiste, et Didier l'était par toutes ses fibres, c'est le seul métier où il faille donner la totalité de son être. Didier se donnait et donnait tout à la fois, dans l'amitié, l'échange , la fraternité "des quelques hommes qui fondèrent l'honneur d'être hommes", comme disait Malraux.
Je ne sais pas bien ce que Didier pensait de la politique. En 1984, il était venu à la fête de la Dépêche, à Géraudot, chanter "Salut Robert". Le spectacle, mis en chansons par Gérard Fardet, était aussi un hommage à cet autre artiste disparu trop tôt, Robert Noël, fils de l'ancien député communiste aubois Marcel Noël.
Didier n'était pas communiste, il était homme parmi les hommes et nous pleurons sa disparition comme un outrage fait à la raison.

Jean Lefevre

Festival d’Avignon.
NOCE de Jean-Luc Lagarce par la Cie Ici et Maintenant

En assistant à ce spectacle de grande qualité, on comprend que se soit construite la renommée de la Caserne des Pompiers, ce lieu mis à la disposition des Cies de Champagne-Ardenne. Les troupes qui s'y produisent sont le reflet du travail artistique produit en région. Après la fronde de l'an dernier qui avait vu l'annulation du Festival In, suivie par les spectacles de la Caserne, la Cie Ici et Maintenant de Christine Berg a repris son travail, bien que le problème des intermittents ne soit pas résolu. Mais, il faut vivre. Le sacrifice consenti en 2003 a montré la détermination des artistes devant la surdité et maintenant les atermoiements du gouvernement.
NOCE de Jean Luc Lagarde a été le spectacle le plus accompli, le plus esthétique, le plus inventif, le plus instructif aussi grâce à l'ingéniosité du décor et de la mise en scène, à la qualité, la virtuosité et à la connivence des comédiens.
Le sujet : un banquet de noce est organisé, mais on ne connaît presque rien des gens, du lieu, de l'époque. Cinq personnes qui affirment posséder une invitation s'y rendent. Pour faire la fête ? Pour être reconnu de la bonne société ? Ils réussissent à pénétrer après force barrages, policiers, chiens ou valets. Propos déroutant qui sent son Kafka., mais le héros kafkaïen dans son échec permanent est seul dans un monde incompréhensible. Chez Lagarce, il y a un collectif, une classe sociale pauvre et qui manifeste une forme de révolte. Ces cinq-là finiront par s'installer à force de ruse et de colère, et pas mal d'insolence. Le saccage des lieux est une possession désespérée, un simulacre de rébellion de ceux qui ne mangent pas. Mais ne suffit-il pas d'une étincelle pour que cela devienne une vraie lutte ? J.L.Lagarce nous exaspère comme nous irrite la société actuelle en proie à des mouvements contradictoires, à des égoïsmes et des violences gratuites. Et si d'un côté, il y a les riches (organisateurs de la noce), ils sont indécelables comme le sont les actuels possesseurs des décisions économiques. Et si de l'autre il y a les pauvres, Lagarce n'en fait que des envieux, des casseurs, et pire des imitateurs, comme si la société ne pouvait jamais que se reproduire à l'identique.
Christine Berg fait partie de ces artistes créateurs qui épousent les soubresauts du siècle et nous en font toucher l'ironie, la complexité et la cruauté. Beaucoup de gens de théâtre, contrairement à l'image désuète que certains colportent encore, ne sont pas de vulgaires amuseurs qui vendent du plaisir, mais pour la plupart, des lecteurs curieux et passionnés, dont la grande culture nous est restituée dans des spectacles émouvants. L'intérêt de Christine Berg pour les auteurs contemporains (2) en est un exemple. La Noce, ce chef-d'œuvre d'ironie, de méchanceté, d'absurdité, est transmis avec pertinence par des acteurs excellents parmi lesquels il faut remarquer le jeu admirable d'Élodie COTIN. Je n'aurais garde d'oublier Mathilde Michel, Laurent Nouzille, Mélanie Faye et Michel Boy.


.Jean Lefèvre


Photo. Tous les protagonistes de cette burlesque aventure de la NOCE.
(1) Ici et Maintenant, créé en 1999 par Christine Berg, est basé à Chalons en Champagne
(2) Howard Barker, Valère Novarina, J.L Lagarce…

Denise Floiras, ancienne rédactrice à Libération-Champagne, vient d'écrire une histoire de Louise Michel, sous-titrée "Amour du peuple, haine des institutions". C'est une brochure de 70 pages, joliment écrite et vendue 6 € au profit des Médecins du monde. Il est co-édité par le Club Bertrand de Bar que préside notre ami Hubert Herrig.
Louise Michel (Vroncourt (52) -1830 Marseille- 1905) fut une des grandes figures de la Commune, toute sa vie attachée à la défense des exclus, bataillant sans relâche pour l'égalité entre hommes et femmes, se battant pour le respect des peuples opprimés (Canaques, Algériens par ex.).


J.L.

Pendant l’été la casse continue

Amarche forcée, malgré le dé-saveu des urnes, Chirac et son gouvernement profitent de l’été pour poursuivre la sale besogne.
A l'Assemblée nationale, l'UMP - et elle seule - a fait passer la réforme de l'assurance maladie : hausse des prélèvements pour les salariés, les retraités et les malades, baisse des soins, culpabilisation des médecins et des assurés sociaux. La privatisation d'EDF-GDF avance. Ignorant les protestations, jusque dans ses rangs, la majorité décide de passer à la sauvette une loi de "décentralisation" qui casse le cadre républicain, met les territoires en concurrence et conduira inexorablement à la hausse des impôts locaux.
Les frères Sarkozy - l'un à Bercy, l'autre au Medef - s'attaquent aux 35 heures. Le chantage à l'emploi devient légitime. Finies les belles phrases des élections européennes. Chez Doux et Bosch, SEB, Volailles Dodu, comme en Allemagne chez Siemens, le cynisme est sans complexe : "travaillez plus ou on délocalise!". C'est le nouveau slogan européen, directement tiré du projet de constitution Giscard : celui d'une Europe définie comme "un marché unique où la concurrence est libre".
NON à cette société d'injustice
Nous n'acceptons pas cette société de plus en plus injuste, qui prend sans cesse davantage à celles et ceux qui n'ont que leur travail pour vivre, pour en donner toujours plus aux riches et aux puissants. Cette année encore, 10 millions de françaises et de français, un enfant sur trois ne peuvent pas partir en vacances ! Le chômage augmente et les indemnités diminuent. Comme chez Bush ou Blair, le nombre des "travailleurs pauvres" augmente.
Depuis 30 ans, la part des richesses produites qui va au capital augmente; et diminue celle qui va au travail et à la satisfaction des besoins humains. La "libre concurrence" sert à ça : obliger les peuples qui ont un

peu plus à accepter moins ; "harmoniser" par le bas les salaires et les droits sociaux.
C'est cette logique que le projet Giscard de constitution européenne veut graver dans le marbre pour longtemps. En disant massivement "non" au référendum qu'a dû concéder Chirac, nous ferons capoter la manœuvre, et nous obligerons les gouvernements à négocier un nouveau traité répondant aux attentes des peuples d'Europe.
Rassemblons-nous pour résister et construire une autre politique
Nous sommes très nombreux à refuser ces mauvais coups, à vouloir mettre les immenses progrès de notre époque au service des êtres humains, de la préservation de la planète, du co-développement de tous les peuples. Mais pour cela, il faut nous rassembler. Dans les luttes, sur des propositions alternatives. Et autour d'un projet politique rompant enfin avec les logiques libérales.
N'attendons pas 2007. Rassemblons-nous pour résister, proposer, arracher. Et travaillons ensemble dès maintenant pour proposer à notre peuple une autre politique.
Le Parti communiste est décidé à assumer pour cela sa part de responsabilité. Nous proposons que s'organise dans les mois qui viennent un grand débat populaire, citoyen, ouvert à toutes les femmes, tous les hommes, toutes les forces sociales et politiques de progrès qui le souhaitent, pour élaborer un programme politique que nous proposerons, aux françaises et aux français : un programme qui tirera sa force non pas d'accord de sommets, mais de l'implication effective de centaines de milliers de femmes et d'hommes qui l'auront élaboré et le porteront ensemble.
Dès maintenant, construisons l’avenir.

LDA

Budget 2005.

Le Premier Ministre vient d’annoncer les grandes lignes qui seront retenues dans la loi de finances 2005.
Alors que les Français ont marqué, au mois de mars, leur refus de la politique libérale aux ordres du MEDEF, le gouvernement continue sur sa lancée.
Après le changement de statut d'EDF ouvrant la voie de la privatisation, après la réforme de l'assurance maladie, le projet de budget 2005 est encore l'illustration d'une politique en faveur des plus riches.

Amnistie fiscale pour les spéculateurs et les entreprises ayant délocalisé leurs capitaux à l'étranger, tandis que, dans le même temps, on supprimerait 10 000 emplois de fonctionnaires, que l'on retarderait la hausse du SMIC, que l'on bloquerait les dépenses publiques et que l'on généraliserait la dérogation aux 35 heures.
Ce qui est sûr, c'est que face aux attentes des salariés, des sans emploi, des sans logis, des sans droits, le Gouvernement ne répond que par le mépris et n'écoute que les choix qui lui sont dictés par le patronat.
Ce projet de budget 2005 est une véritable offense au code du travail

Une commission d’enquête pour défendre le droit à l’IVG et à la contraception

Depuis de nombreux mois, le gouvernement esquive les sollicitations des associations représentatives dès qu'il s'agit d'aborder les questions relatives à l'éducation à la sexualité, à la planification familiale ou à l'IVG. Les quelques interventions du ministre de la santé sur ce sujet sont trop imprécises pour être satisfaisantes. Pire encore, certains décrets d'application de la loi du 4 juillet 2001 ne sont toujours pas publiés.
Au regard de ces constats, de ces réticences, de ces menaces mais aussi de la détresse exprimée par un

nombre croissant de femmes qui évoquent un véritable parcours du combattant pour accéder à ces droits fondamentaux, Mme Muguette Jacquaint et le groupe des député(e)s communistes et républicains ont demandé la création d'une commission d'enquête tendant à évaluer l'application de la législation sur l'IVG et la contraception
Au-delà d'une stricte évaluation de l'application de cette loi dans ses diverses dispositions, il s'agirait également de préciser les moyens à mettre en œuvre afin de rendre ces droits réellement effectifs. Une attention particulière devrait être notamment portée aux conditions de mise en œuvre de l'IVG médicamenteuse.

49-3 : Raffarin décentralise en force le libéralisme !

Au terme d'un suspens médiatico-politique dont l'issue était annoncée d'avance, c'est bien sans surprise que le Premier ministre a fait application de l'article 49-3 de la Constitution pour couper court au débat sur ce projet de loi tant controversé relatif aux responsabilités locales. Comme attendu, le texte d'une motion de censure a été immédiatement déposé.
Privé du droit constitutionnel de censurer le gouvernement, le groupe des député(e)s communistes et républicains de l'Assemblée nationale votera cette censure sans aucune hésitation.
Nous élevons une vive protestation contre le recours à l'article 49-3, intolérable mise en cause des droits du

Parlement pour imposer sans débat une réforme de décentralisation qui menace de s'attaquer aux collectivités locales en les obligeant à augmenter les impôts locaux et à diminuer les services et l'emploi publics.
En haut, c'est le MEDEF qui gagne, tandis qu'en bas, ce sont les Françaises et les Français qui perdent ! C'est cela la décentralisation selon Matignon !
Par le couperet du 49-3, le gouvernement entend enfin empêcher les député-e-s communistes et républicains de soumettre au débat parlementaire leurs propositions alternatives construites avec les élus locaux et les citoyens. Plus que jamais, l'heure est à la mobilisation pour combattre les tenants de l'ultra libéralisme sur le terrain et, pour notre part, nous y sommes déterminés.


Alain Bocquet .

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