La Dépêche de l'Aube n°774 du Jeudi 22 juillet 2004 La Dépêche de l'Aube n°774 du Jeudi 22 juillet 2004

La dépêche de l'Aube n°774 du Jeudi 22 juillet 2004

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Avaient pris place autour de Pierre Mathieu, l’ensemble des conseillers Régionaux et Généraux communistes, socialistes, verts et notamment Y. Fournier, vice-président du conseil Régional chargé de l’aménagement du territoire et J. Myara, rapporteur du budget.

L’électrification de la ligne Paris Bâle est-elle remise en cause ?

Pierre Mathieu, vice-Président du Conseil régional et l’ensemble des élus de gauche appellent à une large mobilisation

Personne ne pourra dire qu’il n’était pas informé des menaces qui planent sur l’électrification de la ligne Paris Bâle.
En tenant une conférence de presse avec à ses côtés l'ensemble des conseillers régionaux et généraux de gauche du département, Pierre Mathieu a souhaité lancer un véritable appel à la mobilisation et au rassemblement à tous les élus, aux acteurs économiques, aux usagers de la ligne ainsi qu'aux syndicats et associations.
D'emblée les mots du vice -président communiste de la région sont lourds de signification : " Si l'électrification de la ligne ne se réalisait pas cela serait un coup terrible porté au développement et à l'avenir du département de l'Aube mais également à celui de la Haute Marne ".
En effet, si l'arrivée du TGV-EST va profondément bouleverser le paysage ferroviaire de notre région en 2007 et peut constituer un formidable atout de développement et d'attractivité pour les villes et départements qui bénéficieront de ses dessertes, ces améliorations ne profiteront pas à notre département, qui ne dispose même pas d'une liaison ferroviaire pour les voyageurs avec la préfecture de région et Reims. En matière ferroviaire, le département de l'Aube et de la Haute-Marne restent de "parents pauvres" et se trouvent toujours complètement enclavés. Nous ne disposons d'aucun accès direct à d'autres liaisons avec des grandes lignes nationales, et bien évidemment d'aucun accès direct aux réseaux TGV.
C'est dire l'extrême urgence qu'il y a à concrétiser tous les engagements qui ont été pris pour améliorer radicalement la situation de la liaison Paris-Bâle. La réalisation pleine et entière des projets inscrits au 4e Contrat de Plan État Région (CPER pour la modernisation de la ligne et pour une première phase d'électrification (de Gretz à Troyes) s'impose plus que jamais. Ils n'ont pourtant jamais été aussi proches d'être remis en cause
Les menaces qui pèsent sur l'avenir de la ligne Paris-Bâle
Pierre Mathieu a clairement explicité les raisons de ses inquiétudes :
- 1°) Le gel par le gouvernement de nombreux crédits, notamment ceux qui sont liés aux infrastructures et la difficulté de l'État à honorer les engagements qu'il a pris notamment dans le cadre des contrats de plan État-Région. Dans un courrier du 28 juin 2004 le secrétaire d'État aux Transports et à la Mer, Monsieur François Goulard, en réponse à une question du Maire de Combs-la-Ville en Seine et Marne indiquait en conclusion de sa lettre : " Enfin, vous attirez mon attention sur le projet d'électrification de la ligne Paris Troyes. L'étude d'avant-projet de cette opération remise en juillet 2003 a évalué le coût des travaux à 210 millions d'euros. Toutefois, dans le cadre des contraintes budgétaires actuelles et du montant de l'opération d'électrification, sa programmation n'est pas envisagée à court terme".
- 2) La volonté exprimée par la direction nationale de la SNCF de se débarrasser dès la fin de cette année d'un certain nombre de lignes nationales qui, selon elle, génèrent trop de déficit et de les transférer aux régions concernées. Nous avons un exemple en Champagne-Ardenne avec la ligne 1 " Calais-Bâle " que la SNCF veut transférer à la Région en fin d'année. Ici ou là, il se dit que cela pourrait aussi concerner la ligne 4 (Paris-Bâle), notamment avec la mise en service des TGV-EST et Rhin Rhône. Ainsi, l'État et la SNCF prendraient argument de la mise en service de TGV qui ne procurent aucun avantage à l'Aube, à la Haute-Marne et la Haute-Saône pour se désengager totalement de leurs responsabilités. Au titre de sa responsabilité concernant la desserte du territoire national et de sa responsabilité en termes d'aménagement du territoire, l'État doit intervenir et garantir que la ligne Paris Bâle reste bien une liaison nationale. Il convient également d'ajouter que le plan Fret mis en place par la SCNF risque de pénaliser lourdement la ligne 4, en renforçant son déséquilibre financier.
- 3) Les surcoûts liés aux travaux connexes à ceux du TGV-EST dans l'agglomération de Reims. Il faut en effet savoir que RFF présente sur cette opération un dépassement de 12 050 336 €. Cette situation est


extrêmement grave puisqu'en première approche, elle implique un redéploiement des crédits réservés à l'électrification de la ligne Paris-Bâle, ce dont il ne saurait être question. Il faut en effet rappeler que la Région a lié son engagement dans le financement du TGV-EST à la réalisation concomitante du dossier de modernisation et d'électrification de la première phase de Paris-Bâle. Cela dans un souci d'équilibre territorial que rien ne justifie de remettre en cause et qui est partagé par tous au niveau régional.
Ni les stratégies de désengagement financier de l'État, de la SNCF, de RFF, ni les surcoûts liés à l'arrivée du TGV/EST ne sauraient justifier la remise en cause des engagements contractualisés pour la liaison ferroviaire desservant l'Aube.
Des solutions doivent donc être rapidement trouvées. Elles doivent comporter des garanties et être pérennes. c'est le sens des courriers et des demandes de rendez-vous qui ont été envoyés par le président de la région Jean Paul Bachy au Président de RFF, et au Ministre des Transports.
Afin de préserver toutes ses chances à l'Aube et à la Haute-Marne, la vigilance et la mobilisation de tous les acteurs concernés s'imposent. D'où l'appel lancé par Pierre Mathieu :
- aux élus qui sont en responsabilité du devenir des populations et des territoires qu'ils administrent,
- aux acteurs économiques dans leur diversité. Quelle efficacité pour les entreprises, sans moyens de transport ferroviaires performants ?
- aux usagers actuels de la ligne et à tous ceux qui pourraient le devenir avec son amélioration,
- aux associations, organisations syndicales et toutes celles et ceux qui ont agi ces dernières années pour arracher les améliorations et les investissements indispensables.
Il s'agit de proposer que sous des formes adaptées et respectueuses des spécificités de chaque secteur et de chaque acteur, s'exprime auprès des décideurs l'exigence que tous les engagements qui ont été pris seront bien tenus.
Pour les collectivités territoriales, il est proposé qu'elles matérialisent leur demande en adoptant des voeux lors de leur prochaine réunion.
MM. Adnot et Baroin doivent se préoccuper de ce dossier !
Pour leur part, les élus présents à cette conférence de presse et au-delà des mobilisations citoyennes auxquelles ils participeront naturellement se sont engagés à agir :
- pour obtenir le bouclage financier du dossier. C'est la condition indispensable pour que les études de projet s'engagent rapidement et que les travaux se réalisent dans la foulée,
- pour que les collectivités concernées par le financement inscrivent dans leur budget primitif 2005 les autorisations de programmes et les crédits nécessaires. Ces demandes sont formulées aux collectivités de Champagne-Ardenne, notamment au Conseil Général de l'Aube et la CAT. Ph. Adnot et F Baroin seraient bien inspirés de faire jouer leurs relations au gouvernement pour faire avancer le dossier, mais aussi à celles de l'Île-de-France (Conseil régional, Département de Paris, Conseil Général de la Seine et Marne…).
- contre toute tentative de sortir notre liaison ferroviaire du réseau national SNCF..
Pour conclure P. Mathieu a également rappelé que les élus de gauche :
-s'inscrivent dans une perspective de poursuite d'améliorations et d'investissements jusqu'à Culmont-Chalindrey
- qu'ils sont tout aussi attachés au transport des personnes qu'à celle des marchandises par le fer,
- que la dimension environnementale doit absolument être pris en compte
- qu'ils souhaitent l'amélioration immédiate de la qualité et de la régularité des dessertes actuelles qui ne doivent en aucun cas, être réduite à l'occasion de l'arrivée du TGV.
Comme on le voit, sur une question d'une telle importance, c'est bien d'un rassemblement le plus large possible dont nous avons besoin pour que les intérêts des aubois et de l'Aube soient pris en compte
.

JPC

J.-P. Bachy en conférence avec les compagnies
Festival d’Avignon
Le Président de Région, Jean-Paul Bachy, rend visite aux compagnies de Champagne Ardenne

De notre correspondant Jean Lefèvre
La Région Champagne-Ardenne investit depuis 10 ans en Avignon en louant La Caserne des Pompiers, un espace aménagé pour y recevoir des spectacles théâtraux issus de notre région. Ce sont les compagnies régionales elles mêmes qui avaient lancé l'idée et entrepris cette promotion.
De nombreuses troupes s'y sont déjà produites avec succès. Elles y rencontrent le public et les investisseurs. L'expérience est d'ailleurs originale et d'autres régions rêvent d'en faire autant. Les spectateurs y viennent " les yeux fermés " tant la renommée du lieu est assurée. Un style est créé.
Cette année 5 spectacles sont présentés : Heimat par la Cie Là Où (Julika Mayer), Noce par Ici et Maintenant (Christine Berg), l'Oiseau Vert par l'Alliage-Théâtre (José Renault), Intérieur nuit ( Association W-arts du cirque) et Anatole Felde par la Cie Théâtre-Théâtre (Serge Added). C'est le choix de l'ORCCA(Office régional) , ce choix est bien sûr injuste au regard des troupes qui ne se produiront pas, mais chaque année il est remis en jeu. Il ne faudrait pas que ce lieu devienne une chasse gardée.
Je vous parlerai de ces spectacles si captivants et si divers.
L'événement a été aussi la présence de Jean-Paul Bachy, le nouveau président de Région et de Mmes M.N. D'Hooge et Nathalie Dahm, chargées de la culture en RCA.
Celui-ci a tenu à dialoguer avec les compagnies qui ont de nombreuses doléances et s'inquiètent à juste titre de leur avenir. Le probléme des Intermittents n'est pas réglé. On ne peut pas dire que le gouvernement les aide beaucoup à mettre le MEDEF au pas, comme en témoigne la dernière conférence de presse de J.Chirac qui n'a fait que rejouer la partition du " ça ira mieux demain quand on aura toutes les donnés du problème ".


J.P. Bachy veut pratiquer la concertation la plus large et propose que ce lieu de spectacle améliore encore son image. Il souhaite le rendre interactif. RCA doit être un exemple à suivre et un catalyseur. Faire des liaisons avec d'autres Régions permettra des prises de consciences, attirera de nouveaux publics et de nouveaux acheteurs pour les troupes. J.P. Bachy en a profité pour saluer le travail de fond de l'ORCCA.
Ce n'est pas au politique de choisir ce qui est bel et bon, dit le Président de Région, mais il doit pourtant donner une ligne politique culturelle en répondant aux souhaits des professionnels comme des amateurs. Il ne doit pas y avoir de conflits entre ces deux catégories. C'est dans la pratique amateur qu'on initie et qu'on fomente les professionnels de demain. J.P. Bachy accepte l'idée de réunir Région-Etat et Cies pour un dialogue constructif. Il ne faut pas en effet que l'Etat se défausse de ses responsabilités. Nous n'accepterons pas la décentralisation cynique .
La responsabilité de la Région sera de donner une identité propre, aujourd'hui floue, à la Champagne-Ardenne, une cohérence culturelle, mais encore une solidarité. Il faut élargir les auditoires, retrouver les publics exclus du champ culturel. Cette identité régionale nécessaire a été gagnée autour de projets culturels dans le Nord- Pas-de-Calais par ex. avec l'orchestre de Région qui est devenu peu à peu un outil de lien social. La Région Champagne-Ardenne a des atouts qu'elle doit mettre en avant : il faut toujours faire connaître ce que nous avons de meilleur, faire voyager les expositions, les orchestres, les compagnies théâtrales. Avignon est un exemple, mais ce ne doit pas être le seul


J.L

Bientôt la fête de l’Huma Pensez à vos vignettes....
Humeurs

Chez mon tabac
Première page, pleine feuille de mon quotidien aubois, l'autre jour, qu'est-ce que je vois, pas possible, dans l'Aube, un car scolaire attaqué par une famille de pédophiles à Colombé le Sec! Incroyable. Je me précipite sur mon vendeur qui fait aussi tabac. J'ai du mal à trouver ma monnaie. L'énervement. Le type, derrière son comptoir reste calme, comme tous les jours, souriant même. Je suis prêt à l'engueuler. Quand on vend des nouvelles pareilles, des horreurs, on a la politesse de compatir. On s'excuse quoi. Lui non ! Le commerce, on a beau dire, ça tue les sentiments.
Je jette un œil sur la feuille. Ah ! ce n'est qu'un enfant, un seul, enfermé dans le car, pendant des heures. Un seul, c'est déjà terrible. Il y a des pédophiles partout, et voilà qu'on a les nôtres, ici, chez nous.
Je regarde mieux. C'est seulement un gosse oublié dans le bus. Et pas trace de pédophile.
Mais non, l'enfant n'a rien. Il est même en bonne santé. Il est resté endormi sur la banquette du fond. C'est chaud une banquette quand on n'a pas fait sa nuit complète. C'est mieux que l'école en plus, la maîtresse qui râle, les copains qui piaillent, surtout les copines.
Une info banale somme toute. Fallait-il trois colonnes à la Une ? Il avait raison de rigoler le tabac. "Bonne journée, Malicette", il m'a lancé. - Ça fait vendre un titre pareil, je lui ai répliqué, un peu vachard. "J'espère que les cars seront un peu mieux surveillés", il me rétorque, pas trop converti par ce qu'il vend.
Le lendemain, j'ai vu que les parents faisaient une pétition au Conseil Général pour réclamer des accompagnateurs. Si ça se trouve, c'est lui qui leur a téléphoné. C'est bien les cafés citoyens. Maintenant il y aura les tabacs.

Malicette

Ecoutez-voir

La clé du succès.....
Vachette, le roi de la serrure, vient d'acheter une nouvelle machine italienne unique au monde et "que les Français sont incapables de faire".Cette "bête" produira plus vite, de meilleure qualité et moins cher. Bravo pour la production, mais le personnel ? Cet investissement, dit Vachette nous permet de rester compétitif et de ne pas licencier. C'est sans doute vrai aujourd'hui, mais demain ? On n'a jamais vu le machinisme capitaliste s'accommoder du plein emploi.
Ca tourne......
Le Tour de France est commencé. Première étape, une course individuelle contre la drogue. Est nommé premier, Joss Benzélik, arrivé une heure après les délais. Je plaisante !.
Paroles, paroles...
A l’occasion des fêtes du 14 juillet, Sarah Auzols nous a fait un discours à en faire trembler le Baron Seillières, le président du Medef. Elle a en effet dénoncé la remise en cause des acquis sociaux, la casse des services publics et la société de profit dans laquelle nous vivons. Dommage qu’au Conseil municipal du 25 juin, elle n’ait rien fait pour que l’assemblée communale décide de l’adoption d’une délibération demandant au gouvernement l’annulation du projet de privatisation d’EDF-GDF comme nous le proposaient les agents de cette grande entreprise publique présents à ce Conseil municipal.
Pour la 1ère adjointe au Maire, entre l’ultra libéralisme et le collectivisme, il y a une 3ème voie à rechercher. Je suis bien d’accord avec elle. Mais là s’arrêtera mon accord avec Sarah Auzols. Car vraiment, je ne crois pas un seul instant que cette 3ème voie, c’est-à-dire d’une société qui ne soit ni l’ultra libéralisme, ni le collectivisme puisse se construire avec l’UMP son alliée au Conseil municipal et aux élections. Cette autre société faite d’humanité, de solidarité, de coopération et de vivre ensemble, sera l’oeuvre des gens de progrès, des gens de gauche où elle ne sera pas.


Joë Triché

Réaction de M.G Buffet
à l’intervention du Président de la République

Le Président de la République vient de décider de soumettre l'adoption de la Constitution européenne à référendum : c'est une bonne nouvelle pour la démocratie. Ce référendum doit être l'occasion d'un débat contradictoire sur l'Europe et non pas d'un plébiscite comme semble le souhaiter Jacques Chirac. Ce projet de Constitution européenne est une camisole de force libérale qui vise à imposer aux peuples européens la loi du marché pour les décennies à venir.La question n'est donc pas l'Europe ou pas l'Europe, mais quelle Europe ? Pour sa part, le Parti communiste français s'engagera pour l'Europe sociale et démocratique contre ce projet ultralibéral de Constitution européenne. Nous engageons dés maintenant une grande campagne d'explication et de mobilisation contre ce projet ultra-libéral.
Au plan intérieur, le Président de la République déclare qu'il a trois ans pour confirmer l'essai.

Quel essai ? Deux fois les Françaises et les Français ont dit au Président de la République qu'ils ne voulaient plus de cette politique antisociale, de cette machine à broyer les droits sociaux et à précariser notre société. Alors, il ne faut pas transformer l'essai et poursuivre la même politique : il faut changer radicalement de politique. De même, remettre en cause les 35h, c'est encore faire supporter aux salarié-es un effort qu'il faut demander aux profits boursiers. Les salaires sont trop bas et le pouvoir d'achat baisse. La solution est d'augmenter les salaires, pas d'affaiblir à nouveau le droit des salarié-es. Le Président de la République parle beaucoup sur la cohésion sociale mais la réalité de son projet, c'est la culpabilisation des chômeur-euses, la baisse des budgets sociaux et une nouvelle mise en cause de l'action et des missions de l'Etat ainsi que la casse de la Sécu.

En Avignon
La Région Champagne-Ardenne propose 5 spectacles flamboyants neufs.

Notre directeur Jean Lefèvre nous fait part de son plaisir
1.INTERIEUR NUIT, ou l'art du déséquilibre.
C'est un spectacle mi-cirque, mi-raison. Jean Baptiste ANDRÉ est une sorte d'insecte qui grimpe aux cloisons qu'il a lui-même construites. L'insecte en général porte un squelette externe, ce danseur-là n'en a pas. Il est plutôt serpent, pieuvre, créature idéale pour ingurgiter l'espace, s'y lover, le tenir à sa merci.
J'avais d'abord lu un texte de présentation assez incommode et vaniteux, comme seuls les intellos savent les faire. Je ne suis donc allé au spectacle que d'une fesse. Mais sur scène, heureusement, l'insecte était épatant, intelligent, bavard de ses muscles, plein d'idées les plus folles, les seules idées qu'on aime en ces âges farouches où l'on cloue les idéologies au pilori du marché.
Peut-être en a-t-il trop d'idées d'ailleurs. Par exemple ces vêtements bien rangés au début puis éparpillés, utilisés pour alimenter la colère, mis, démis, remis, saccagés, quel est leur rôle ? Faut-il un rôle à tout, hé ? Ils y voient une critique de la société de consommation, les idéologues. Tiens, il y en a ! D'autres, une boulimie de l'accoutrement, enfantin celui-là, brouillon, maculatoire. Peut-être une recherche de la pureté du

dépouillement du corps et de l'âme. Car on ne nous fera pas croire qu'il n'y a pas dieu là-dedans, le dieu d'avant la genèse quand il pèse entre l'ange et la bête.
À part cette énigme, le reste mon-tre l'os et la moelle, l'enfant, le naïf, l'enjoué, le primitif. Pour corser cet exercice de style périlleux et festif, Jean-Baptiste ANDRÉ se sert d'une moderne caméra vidéo. L'image prise sur le vif (le vrai J.B), est projetée de guingois sur le mur dans un angle de 90°, température d'ébullition de l'imagination. Le spectateur voit grimper sur la paroi l'araignée virtuelle (J.B peut-être). Le spectateur rit de sa peur possible, entre en extase. L'autre dupliqué explore, tâte, se faufile par des trous, réapparaît, ouf, fait la salle qui a mal aux mollets des cuisses.
La musique tient sa place grâce à Christophe Séchet. Elle est électronique c'est-à-dire souvent vide de coeur, mais pour une fois cousue à même la chair de la danse. En contrepoint une mélodie à deux notes, lancinantes et belles.
Si tous les spectacles sont de cette veine superbe et saine, on repartira ragaillardi.
(à suivre)
Ce spectacle est co-produit par l'association (W), Pauline Quantin et les Arts du cirque-arts numériques