La Dépêche de l'Aube n°726 du Jeudi 21 août 2003 La Dépêche de l'Aube n°726 du Jeudi 21 août 2003

La dépêche de l'Aube n°726 du Jeudi 21 août 2003

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Canicule Quand l’hôpital se fout de la charité

François Baroin député, maire de Troyes, président du Conseil d’administration de l’hôpital, vient de réagir (14 août) face à la canicule, dans un court communiqué où il donne quelques conseils comme «d’éviter de s’exposer au soleil et de s’hydrater en permanence».
Cette réaction homéopathique est à l'image de la sorte de torpeur qui a saisi le gouvernement avant qu'il ne se décide à réagir face à la crise que nous venons de vivre, avec cet effrayant bilan - 3 000 morts au moins.
Secoué par un printemps très, très chaud, tenu sur les bancs de l'Assemblée jusqu'à la mi-juillet par les débats occasionnés par cette réforme des retraites qu'il voulait faire passer à tout prix, secoué encore par le mouvement des intermittents du spectacle qui aura conduit à cette "première", l'annulation sans précédent du Festival d'Avignon, sans doute espérait-il un peu de répit. Enfin les doigts de pied en éventail.
Mais il y a sans doute une deuxième raison, plus fondamentale à cette "difficulté" à réagir. La santé publique ne fait pas partie de ses priorités. Il est hautement significatif de constater que le premier ministre, tout en écartant les critiques, n'a de cesse de réaffirmer que la réforme de l'assurance maladie demandera des sacrifices, avant de donner un coup sur les 35 heures. De même, le versement évoqué d'une prime aux personnels des hôpitaux, si elle sera sans doute la bienvenue, ne saurait occulter la gravité et la profondeur des questions posées en termes de postes, de gestion budgétaire etc.
Dans le même temps, il y a quelque chose de scandaleux à voir enfourcher à cette occasion le cheval de la bataille contre les 35 heures. Jean-François

Coppé ose évoquer ces 35 heures "qui posent aujourd'hui des problèmes insurmontables à nos hôpitaux". Et d'ajouter, dont on ne sait si cela relève de l'inconscience ou du cynisme que "le rôle des responsables politiques, c'est d'activer les dispositifs existants en fonction de l'évaluation de la situation. Mais ce ne sont pas les ministres qui portent assistance aux victimes". Le fait est, que, précisément, ce qui est reproché au gouvernement, c'est de ne pas avoir activé des dispositifs à bonne hauteur en ayant sous-estimé la gravité de la situation. Certes, la mise en oeuvre des 35 heures dans les hôpitaux n'est pas sans poser problème. Pour les personnels, ce n'est pas faute d'avoir alerté, y compris lors de la précédente législature, et l'on peut se souvenir, - "sans polémique" - que les députés communistes avaient demandé instamment, et obtenu pour partie, mais pour partie seulement, des rallonges budgétaires pour l'hôpital public. De ce point de vue, tout, dans cette situation hospitalière, n'est pas de l'entière responsabilité de l'actuel gouvernement. Mais quelle a été, à cet égard, sa politique. Celle d'un changement radical de cap ? D'une volonté de répondre aux problèmes posés en mettant en phase progrès social et progrès de la santé publique ? On sait que la réponse est à l'inverse. Il a voulu flexibiliser encore davantage, il ne cesse de mettre en cause les services publics en dessinant, par sa politique budgétaire, un État de plus en plus libéral soumettant tout, dont la santé, aux critères du privé et de la rentabilité financière. Jean-Pierre Raffarin récuse les critiques qui lui sont adressées. Au fond, ce n'est pas étonnant. Sa conception de l'État n'est pas au service du bien public.

Réaction du PCF Moins de soins, plus de morts

La presse se fait l'écho des drames qui se déroulent aux portes des urgences, dans les maisons médicalisées et de retraites.
Le gouvernement non seulement n'a pas pris la mesure du risque sanitaire que représentait une canicule de grande ampleur et de longue durée, mais a attendu que les personnels des Urgences tirent le signal d'alarme de l'opinion publique pour réagir. S'il ne vient à l'idée de personne de rendre le gouvernement responsable de la chaleur, il est indispensable de tirer les conséquences des réalités que celle-ci révèle.
On meurt faute d'être accueillis et soignés à temps.La canicule constitue un terrible révélateur des régressions occasionnées par la logique comptable des dépenses de santé en place depuis plusieurs années dans notre pays et qui conduit à diminuer l'offre de soins par tous les moyens. La fermeture de lits, le manque de personnel médical et para médical ne permettent plus d'assurer la mission de service public de santé. Les personnes les plus fragiles comme les personnes âgées, les personnes en très grande précarité, en sont les premières victimes. Il s'agit là d'un recul de civilisation. Ni plus, ni moins.
Des mesures immédiates doivent être prises
Le renforcement des équipes dans les services d'urgence ;
Des moyens d'information et de prévention pour l'ensemble des collectivités locales ;
Des dispositifs d'indemnisation pour les équipes en surcharge d'activité sur le front de la santé. D'autres mesures d'urgence sont indispensables
Des dispositions favorisant l'embauche de personnels soignants avec la titularisation de tous les médecins travaillant à temps plein dans des conditions précaires
Une politique d'embauche et de formation attractive pour les personnels para-médicaux, l'arrêt de la flexibilité à outrance (les salariés n'ont plus d'horaires, ils viennent quand on les appelle), la mise en place d'offres de logements, la revalorisation des rémunérations et des déroulements de carrière (aides-soignantes, infirmières), l'embauche des CDD, le paiement des 200 heures par infirmière),

Des coopérations entre structures publiques, permettant d'accroître l'efficacité globale du système, sont nécessaires. Elles doivent réellement être recherchées au lieu de poursuivre la politique de fusion, de disparition de structures, il faut agir dans toutes les directions possibles :
- Développer la recherche lorsque cela est souhaitable pour le malade du maintien à domicile sans surcoût pour celui-ci
- augmenter le nombre des lits de suites
- développer les collaborations hôpital-ville
- revaloriser le rôle et les moyens des unités de proximité tels les centres municipaux de santé
- accroître le nombre des lits de moyen et long séjours
- lever les quotas appliqués au nombre d'infirmières libérales et revaloriser le montant de leurs prestations qui sont un obstacle au retour à domicile
- augmenter les structures ambulatoires conjuguées à celles des moyens d'exploration, sont des pistes à approfondir.
Une Commission de crise, composée de représentants des personnels médicaux, para médicaux, des représentants des collectivités locales, devrait être mise sur pied pour décider dans chaque hôpital, des mesures organisationnelles et budgétaires permettant de faire porter l'ensemble des efforts sur des missions de soins. Plus fondamentalement, il faut endiguer la crise que traverse l'hôpital et le système de santé. Or, la privatisation projetée de la protection sociale, celle annoncée de certains hôpitaux, le démantèlement de l'AP-HP, le déremboursement de médicaments, sont autant de décisions qui vont dans le sens opposé des missions de service public. Il faut donc avoir le courage de rompre avec le dogme de la logique de maîtrise comptable des dépenses de santé et dégager de nouveaux financements de la protection sociale ancrés sur le développement de l'emploi, de la formation, des qualifications, mais également sur la taxation des produits financiers..

Une date à retenir
Samedi 30 août
Barbecue géant

Dans le même cadre champêtre que l’an dernier entre Brévonnes et Blaincourt, par la route d’accès D124, (suivre fléchage pique-nique PCF)
avec la participation de : Roland JACQUET Trésorier national du PCF
De 11h30 à 13h Intervention de Roland Jacquet et débat avec les participants
Ensuite, apéro, barbecue, Après-midi récréative : tombola... etc..

Humeurs

Contrôles...

Je me promène souvent dans les rues de Troyes sans rien voir de particulièrement inquiétant. J'y surprends la police à expertiser des papiers. Les "suspects" sont rarement en costume-cravate ce qui prouve que le délinquant adopte bêtement des tenues voyantes, Chouingomme méprisant, chéchias (rare), casquette black retournée pour simuler une fausse fuite, faciès peu discrets, du genre qu'en portent les Congolais de souche ou les Algériens de Barbès. Ces contrôles de la population mouvante et colorée confortent d'aucuns dans l'idée qu'ils sont en sécurité dans leur coupé Mercedes.
Certains fautifs cependant sont assez malins, quoique jeunes. L'un d'eux trottait à la fraîche le long du parc Henry (de sinistre mémoire, rappelez vous l'aventure du chevreuil !), pour, avouait-il, s'entraîner à la course. Mon œil. Le policier bien que balourd (selon Brassens) ne s'y laissa pas pren-dre. Cette course matutinale et sportive cache une fuite, chef, car il est bien connu qu'un truand ne reste pas bêtement sur le lieu de son forfait et file toujours rondement chez un comparse en rasant les murs. Le jeune suspect était blanc. (Il avait compris la remarque ci-dessus concernant le faciès). Il fallut beaucoup de flair aux policiers qui l'arrêtèrent, l'interrogèrent, le fouillèrent, l'apeurèrent un peu et le relâchèrent, déçus. Suspecter un blanc, ne me dites pas qu'il y a du racisme dans la police..


Malicette

Courrier des lecteurs....

Mon père Albert Vernant qui a créé la première cellule à Troyes, quelque temps avant de mourir, m’avait dit que nous allions vers des jours meilleurs que les leurs.
Né en 93, adhérent au Congrès de Tours en 1920, nous avons eu vraiment une pauvre petite retraite et je me dis que si rien ne change, toutes les conquêtes sociales vont ficher le camp.
Je ne veux pas y croire, on ne peut pas laisser des gens qui seront considérés vraiment comme des gens du bas, pendant que d’autres accumuleront des milliards, le progrès ne restant qu’à leur profit.
J’ai 83 ans, ma grand-mère travaillait en bonneterie avant 1914, dix heures par jours et 6 jours par semaine. On ne pourra jamais revoir ça. C’est impensable, mais pour des Raffarin, des Sellières et autres, ce serait d’une grande réjouissance!


Madeleine Chigot

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Vacances
Ne pas partir, c’est croupir un peu

Depuis dix ans, les inégalités dans l’accès aux vacances persistent.
Des associations se mobilisent pour donner aux plus modestes ce droit à l'épanouissement. C'est le cas du Secours Populaire.
À l'heure des grands chassés-croisés du week-end du 15 août, entre trains bondés et autoroutes saturées, quatre Français sur dix restent malgré tout cantonnés aux pavés, loin de la plage. Rien de bien nouveau puisque ces statistiques n'ont pas évolué depuis plus d'une décennie. Réduction du temps de travail, développement des séjours dégriffés, monnaie unique européenne..., rien n'y fait. Cette année, c'est près d'un Français sur deux qui pense rester chez lui pendant la saison estivale, d'après un récent sondage.
La principale raison du non-départ en vacances demeure financière. Il ne s'agit d'un choix délibéré que pour un cas sur cinq. Autres motifs évoqués : contraintes familiales, professionnelles ou de santé. Contraintes qui peuvent être conjoncturelles mais aussi - et vraisemblablement pour la majorité des cas - durables. Parmi les actifs, ce sont naturellement les ouvriers et les agriculteurs qui rencontrent le plus d'obstacles pour partir. Les premiers pour des questions d'argent, les seconds de temps. Autres catégories le plus souvent privées de vacances : les retraités, dépendants de leur état de santé, et les chômeurs, limités par leurs revenus. Même si la part des ménages les plus modestes progresse parmi les vacanciers, il n'empêche que chez ces derniers, la durée du séjour, la destination, les modes de transport et d'hébergement restent intimement liés à leurs ressources. Et croire que les personnes défavorisées ont davantage recours à des séjours courts est une erreur puisque ceux qui partent en week-end ou plusieurs semaines sont généralement les mêmes. Car le budget vacances pèse considérablement sur celui des dépenses quotidiennes. Le niveau de vie est donc le principal facteur du départ en vacances. La précarité, qu'elle soit économique, sociale ou physiologique, est par conséquent le premier frein aux velléités vacancières
Les enfants
Au Secours populaire français (SPF), plusieurs

dispositifs d’aide au départ ont été mis en place : centres de vacances, accueil dans des familles bénévoles, braderie pour remplir les valises, bourses....
Sans oublier bien sûr la fameuse Journée des oubliés des vacances qui, d'ici quelques jours, fera partir pour la première fois environ cinquante mille enfants. Mais depuis quelques années, le Secours populaire a élargi son champ d'action aux familles. "Cela résulte d'une réflexion sur le rôle des vacances. Il a fallu convaincre qu'un chômeur de longue durée comme un enfant vivant en zone rurale avaient tous deux besoin de vacances, explique-t-on à l'association. Parce que celles-ci permettent de découvrir un autre mode de vie et de rencontrer d'autres personnes. Il est indispensable aux familles victimes d'exclusion d'avoir une parenthèse et de laisser leurs soucis à la maison, afin de repartir sur de nouvelles bases. Les difficultés quotidiennes pourrissent les rapports familiaux. C'est important aussi de montrer que papa ou maman n'est pas qu'un chômeur. Enfin, les enfants peuvent ainsi raconter leurs souvenirs de vacances dans leur première rédaction, à la rentrée."


ATD Quart-Monde

Même son de cloche du côté d’ATD Quart-Monde, qui fait partir deux cents familles pendant une à deux semaines par été.
Un retour à l'équilibre, un regain de volonté, qu'a également constaté Odile Boudot, travailleuse sociale à l'association Emmaüs, qui se charge de proposer des activités estivales aux personnes sans domicile, à Paris.
Si la mobilisation de la part des associations caritatives, appuyée par l'engagement du secteur du tourisme social, permet de venir en aide à des centaines de milliers de démunis, les aides publiques restent largement insuffisantes pour faire bénéficier à ces personnes du droit aux vacances. Et, contrairement aux idées reçues, la situation est loin de s'améliorer. La reprise du chômage liée à la politique de rigueur menée par le gouvernement, qui touche inexorablement les plus précaires, éloigne de la plage un peu plus de nombreux Français.


L. T

Alstom
L’intervention de l’Etat doit conjuguer développement humain et industriel, transparence et démocratie

Un des fleurons de l’industrie française, le groupe Alstom, ne doit d’éviter la faillite qu’à une injection d’argent public (300 millions d’euros) dans le capital de l’entreprise dont l’Etat devient ainsi actionnaire à hauteur de 31,5%.
Diverses autres mesures : prêts banquaires, émission d'obligations remboursables sous forme d'actions sont censées remettre à flot le géant en péril. Situation on ne peut plus paradoxale à l'heure où le gouvernement multiplie les privatisations. (Comme quoi, même à droite, le tout privé c'est pas le pied ! ).
Les syndicats de salariés des diverses branches d'Alstom ont pris acte positivement de la décision gouvernementale mais interpellent ce dernier sur ses intentions, la Cgt exigeant l'abandon des plans de restructuration annoncés et engagés.
Alstom c'est quatre grands secteurs d'activités regroupant 118 000 personnes dans plus de 70 pays.
L'énergie depuis des centrales de production électriques, à la fournitures de turbines à gaz, à vapeur et hydroélectriques dont celles destinées au nucléaire, des chaudières jusqu'à la maintenance, la modernisation et l'exploitation des centrales nucléaires,
Les transports avec notamment les TGV, motrices et wagons pour la SNCF et les réseaux TER
Les transmissions et distributions d'électricité, fabricant entre autres des transformateurs d’EDF
La construction navale, avec des compétences nouvelles en matière de construction de navires double coques, mais aussi dans les grands navires de tourisme et dans le militaire.
Ces secteurs sont porteurs d'importants développements alors, des questions se posent tout naturellement :
1 Comment en est-on arrivé là ?
2.Quelles orientations industrielles et financières l'Etat actionnaire va-t-il impulser?
3.Que deviendra le plan de suppression d'emplois et de licenciements programmé depuis plusieurs mois ?
Une des raisons de la quasi-faillite c'est la recherche effrénée de profits financiers de Gec et Alcatel, alors actionnaires d'Alstom qui ont procédé en 1998 en lâchant Alstom, à un prélèvement rémunérateur de 1,2
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milliards d'Euros chacun sur ses fonds propres. La stratégie d'acquisitions tous azimuts d'Alstom, produisant un endettement insupportable, à fait le reste.
L'exigence des actionnaires d'une rémunération de leurs actions (lesquelles ont subi une chute libre ces derniers mois) explique les mesures impitoyables de compression des effectifs décidées par Alstom, faisant fi des procédures d'information des représentants de personnels (que vient de condamner le tribunal de grande instance de Nanterre), et prévoyant pour ces prochains mois, 5000 suppressions d'emplois dont 2000 en France, alors même que le chiffre de 10000 suppressions d'emploi est redouté.
Le pilotage par la recherche du profit financier est dévastateur pour les personnels, destructeur d'activités et de cohérence interne. Un groupe privé de la dimension d'Alstom en fait l'éclatante démonstration.
Il faut tourner le dos à ces orientations en décidant des projets industriels ambitieux répondants aux besoins de développement dans les quatre champs d'activité où Alstom fait preuve d'excellence (Développe-ment du fer-routage, renouvellement du parc électro-nucléaire, mise en sécurité des flottes de pétroliers et méthaniers, modernisation et développement des équipements voyageurs de la SNCF et des réseaux TER...)
Dans cette perspective, le capital humain des entreprises du groupe est le plus précieux des biens. C'est à le préserver et à l'enrichir par la formation et la progression des qualifications que l'Etat actionnaire doit s'employer.
Puisque argent public il y a, il est impératif de mettre en place des moyens publics et démocratiques de contrôle de l'utilisation des fonds. On sait que les toutes premières dispositions législatives que le gouvernement Raffarin a prises en août 2002 étaient précisément de remettre en cause ces mesures légales de contrôle de l'usage des fonds publics. Mais l'usage privé et confidentiel de l'argent par Alstom et ses associés a-t-il été le gage d'une efficacité quelconque ? Imposons la transparence et la démocratie à l'entreprise aussi.

s