La Dépêche de l'Aube n°725 du Jeudi 14 août 2003 La Dépêche de l'Aube n°725 du Jeudi 14 août 2003

La dépêche de l'Aube n°725 du Jeudi 14 août 2003

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Larzac 2003
Echanger,
partager,
confronter,
construire

Les 8-9 et 10 août, à l’initiative de la confédération paysanne, des dizaines de milliers de citoyennes se retrouveront sur le causse, pour manifester leur opposition aux maîtres du capitalisme qui prétendent régenter le monde.
A un mois du sommet de l'OMC à Cancun au Mexique, ce rassemblement sera un acte de résistance, de réflexion et d'élaboration pour un autre monde construit sur l'approfondissement des solidarités, le développement durable, les coopérations et la paix.
Les communistes étaient présents avec Marie George Buffet parmi les très nombreux acteurs du mouvement social, pour confronter leurs points de vue, manifester leur soutien aux luttes, préparer les échéances de la rentrée dont la fête de l'Humanité constituera les 12, 13 et 14 septembre à La Courneuve un nouveau temps fort.
Le rassemblement du Larzac répond à une expérience trentenaire de résistance et de créativité sociale de ceux qui refusèrent alors de se laisser déposséder de leur droit à la terre par l'extension du camp militaire. Il prolonge et enrichit une démarche originale de construction de solidarités nouvelles entre des forces sociales diverses qui cette année donneront à comprendre leurs révoltes et leurs exigences sociales, écologiques, démocratiques, altermondialistes.
Intermittent-e-s du spectacle mobilisés contre le diktat du Medef pour sauver leur régime indemnitaire et par cela-même des bases essentielles des activités de création et de culture dans notre pays et en Europe; des enseignant-e-s agissant pour une école d'égalité et de qualité ; des salarié-e-s des services et entreprises publiques résistants à la privatisation et à la mise en

cause de leur statut salarial; des hommes et des femmes de toutes conditions qui défendent un système de protection sociale solidaire violemment attaqué par le gouvernement qui veut l'adapter aux forces du marché et aux impératifs du profit ; des hommes et des femmes, des jeunes qui ne tiennent pas pour fatal un monde dominé par les puissances financières et militaires prédatrices et destructrices qui veulent ramener l'être humain à l'état de marchandise.
A l'heure où les licenciements se multiplient, où le chômage grimpe en flèche, où les atteintes aux libertés syndicales se multiplient pour tenter de casser les capacités de résistance, le rassemblement du Larzac affirmera l'exigence de liberté pour tous et notamment pour les syndicalistes menacés, condamnés, emprisonnés.
Pour toutes ces raisons la présence des communistes au rassemblement du Larzac s'inscrit dans l'effort engagé par leur parti pour contribuer au rassemblement le plus large des forces anti-libérales et de transformation sociale. Les luttes, pour gagner, ont besoin que se construisent des réponses politiques répondant à leurs attentes, capables de représenter une véritable alternative aux forces du libéralisme et à la mondialisation capitaliste. Dans cette perspective, le besoin est immense de confronter, d'échanger et d'élaborer en commun, sans exclusive. C'est ce à quoi les communistes présents ces trois jours vont s'employer, comme ils le feront durant les trois jours de la fête de l'Humanité les 12-13 et 14 septembre à La Courneuve et dans les Forums qu'ils organisent dans toute la France..

Forums
Les communistes rassemblent

Le 5 juin dernier à Paris, à l’initiative des communistes, un bon millier de citoyens, venus du mouvement social, syndical, associatif, représentants de partis politiques, ont échangé sur la question des retraites, des solutions alternatives, des issues politiques à élaborer.
Prolongeant ce qui s'est fait là, et dans d'autres villes également, le PCF entend dans la prochaine période, multiplier ces forums citoyens pour permettre aux intéressés de construire des réponses neuves aux questions politiques qui se posent aujourd'hui, par la confrontation de leurs exigences et des idées des uns et des autres. Il les invite partout où ce sera possible à construire ces initiatives avec toutes les forces qui le souhaitent.
Rassembler
C'est d'ailleurs avec cette démarche, rassembleuse, combative, que les communistes entendent aborder les échéances de 2004. Pour cela, ils décident d'inviter toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à participer dans tout le pays à des forums citoyens ouverts. Leur objectif est de permettre pour ces élections les plus larges rassemblements politiques possibles dans une perspective de transformation sociale de progrès. Et de

contribuer ainsi à écarter le piège de la bipolarisation opposant de manière illusoire les tenants du libéralisme à ceux d'une politique sociale-libérale.
Réfléchir
Tous les membres ou représentants d'organisations progressistes qui le souhaitent (syndicats, associations, collectifs citoyens et partis), toutes les personnes intéressées par cette démarche seront convié-e-s à y intervenir, à égalité de droits, afin de nourrir la réflexion commune.
De la même façon, les communistes participeront à toute initiative qui permettrait de mener le débat politique sur les contenus et les conditions politiques d'une véritable alternative.
Participer
Par cette promotion de l'intervention directe des citoyenne-s pour construire et maîtriser de bout en bout les objectifs politiques qu'elles et ils décident de se fixer, ils entendent contribuer à dépasser la crise de confiance qui les éloigne de la politique telle qu'elle est, permettre au peuple lui-même de s'investir dans la vie politique et de s'y faire entendre et créer ainsi les conditions d'une dynamique politique transformatrice..

Une date à retenir
Samedi 30 août
Barbecue géant

Dans le même cadre champêtre que l’an dernier entre Brévonnes et Blaincourt, par la route d’accès D124, (suivre fléchage pique-nique PCF)
avec la participation de : Roland JACQUET Trésorier national du PCF
De 11h30 à 13h Intervention de Roland Jacquet et débat avec les participants
Ensuite, apéro, barbecue, Après-midi récréative : tombola... etc..

Humeurs

Mort d’un solitaire...

L’humoriste que je suis a du pain sur la planche s’il veut faire oublier tous les malheurs du monde en les tournant en dérision. Mon ministère est paraît-il nécessaire tellement les agressions fleurissent. C’est pourquoi la Dépêche me garde encore un peu. Elle n’aura plus besoin de moi quand les lendemains chanteront et que les bonheurs seront notre pain quotidien. Le chœur des «lendemains qui chantent» répète encore, mais n’est pas encore au point.
Cela dit on ne peut pas s’amuser de tout sans être taxé d’insensibilité. Ainsi de l’histoire de ce malheureux chevreuil arborant sa superbe et de beaux bois. Les andouillers font mal quand ils assaillent la fesse du promeneur. La bête cherchait chevrette dans le parc Henry, à deux pas de chez moi, chargeant et blessant intrus et intruses sans se soucier des motifs de leurs promenades. Le Parc Henry est un joli petit bois, riche en essences forestières, mais peu équipé pour l’élevage des cervidés. La bête, en rut majeur, comme n’importe quel jaloux humanoïde, avait décidé de montrer de quel bois il savait se chauffer. Il ne tolérait rien sur son territoire, expulsant les autres bêtes à cornes fussent-elles de l’espèce humaine. Pauvre hère en mal de biche (1), pauvre brocard assoiffé d’amour. Une chasse à courre fut organisée contre le chevreuil à dix cors, qui expira dans ses propres bois de justice, seul, comme Roland sonnant de l’olifant ou comme le loup de Vigny qui nous apprit à nous passer des anesthésiques, et encore le petit tambour Bara qui crut jusqu’au bout aux vertus de la République.


Malicette

(1) Je commets volontairement une erreur zoologique car le hère est un jeune cerf, mais qui s’en apercevra par ces chaleurs horribles ?...

Ecoutez-voir....

...CHATEAU DES COURS

Dans Libé et peut-être aussi l'Est-Eclair le journaliste C.G. rappelle l'histoire oubliée du "Château des Cours" à Saint-Julien, belle demeure que voulait acheter Voltaire et qui possédait 40 ha de parcs et bois. C'est dans ce parc qu'en septembre 1940 se réunissaient les premiers résistants aubois dont l'objectif initial était de récupérer les armes abandonnées par l'armée française, de les nettoyer et de les cacher. Parmi eux Maurice Romagon et Lucien Planson (père d'Henri) dont le premier mourut fusillé à Clairvaux et le second en 1947 dans un accident. Cet épisode montre assez que la résistance communiste n'a pas attendu juin 41 pour se mettre en action.


J. L

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Commémorations dans l'Aube

...Travail dans la vigne
J’appelle à résister ceux qui ne peuvent plus payer leur loyer, qui ne peuvent plus manger, boire, s’habiller comme dans la PUB, ceux qui ont l’huissier à leur porte, ceux dont l’allocation menace de s’arrêter, ceux que les flics menacent, ceux qui travaillent pour un salaire dérisoire dans des conditions intenables.
Fils d’ouvrier, communiste tendance anarchiste. Dans la poussette, j’allais déjà coller des affiches, distribuer des tracts, me ballader, quoi. J’entre à la jeunesse communiste à 13 ans, au PCF à 16 ans, part à 18-20 ans sur Bar-sur-Seine, 10 ans sur Troyes, 10 ans sur Lyon. Retour il y a 2 ans au pays, je m’aperçois qu’au niveau du travail, le débouché c’est la vigne. On me fait connaître un viticulteur qui me paie d’une manière non-excessive mais qui et correcte.
Dure la viticulture
Je commence le palissage avec lui. Un couple de «copain viticulteur», que j’avais contacté avant, m’appelle pour que je les rejoigne. Là je me rends compte que les conditions de travail ne sont pas les mêmes, mais peut-être un peu confiant, un peu naïf, sûrement con, je ne demande pas le taux horaire, la gamelle, le transport. Mais en même temps, ce sont des «copains» avec qui il m’arrive de faire la fête, manger, ou boire un canon. Mais j’avais encore oublié qu’on pouvait être de la même planète mais pas du même monde.
Mon fils, 17 ans et demi, qui passant son Bac français, est appelé au pied levé, sans préavis, à nous rejoindre dans la vigne, je lui dis : «t’angoisse pas tu seras récompensé de ton effort». Excuse moi fiston si je les ai aidé à te tromper et si tu loupes ton examen pour mauvaises révisions. Donc on gratte comme des bourricots, en plein soleil, pause au bout de 5h30 de travail non stop, après aller retour dans le rayon (1h30). Au bout d’une semaine, travaillant avec des ouvriers réguliers à eux, les langues se délient. Et un profond doute s’empare de moi concernant le prix de l’heure. J’attends midi et vais voir la fille patronne. Je l’appelle seul et elle m’apprend qu’on est payé à 6,83 euros, elle voit ma déception. Je lui dis que l’an dernier le moins qu’on m’ait payé est aux alentours de 8,40 euros J’arrive à obtenir 7,32 euros. Deçu, je vais voir l’équipe et leur annonce. Ebranlé, écoeuré après des tergiversations, on décide de ne pas continuer à l’heure. On finira la vigne à la tâche. On bossera à 7,32 euros mais avec des conditions de travail humaines.
La paie
Une semaine plus tard, ma soeur avec ma nièce m’emmènent chercher la paie. Je vois une dame et lui demande où est la secrétaire comptable (fille du patron). Là, arrive un homme, rablé, d’une cinquantaine d’année, direct il me dit : «c’est toi Bruno», je lui réponds : «bonjour monsieur, oui c’est moi». «C’est toi qui veut faire la révolution»?. «Ben! oui! vu les conditions de travail dans les vignes et ce qu’on est payé!». Et là, il s’emporte dans une ivresse lyriquement vulgaire et rageuse. J’en ai vu des barjots en hôpital, quand ils piquaient des crises comme cela, infirmiers, personnel intervenaient avec piqûre et chambre capitonnée. On leurs mettait des garde-fous. Lui n’en a même pas, pas même le code du travail. Enfin, tant bien que mal, plutôt mal car il cherchait, revenait, repartait du bureau en criant, injuriant, il espérait me pousser dans mes derniers retranchements, et que je commette la faute, celle qui lui aurait permis d’appeler le 17.
Cette lettre je l’ai écrite pour toi, ouvrier viticole, pour nos fils, nos filles, on peut éventuellement travailler à 6,83 euros dans la vigne si on est respecté en tant qu’être humain. Je sais que ma vie est plus riche que ton compte en banque, fils, fille, mâdame, môssieur le vigneron.
Voilà, mon ami, mon frère, mon camarade, si ça te dit, rejoins moi, pour qu’on parle de nos expériences, que l’on voie comment regagner, le respect, pour nous et nos enfants. C’est peut-être là que commence la révolution. La révolution des raisins.


Bruno Hantzberg


...Bienvenue à Nogentland
A en croire la majorité municipale de droite et son maire Gérard Ancelin, Nogent S/Seine serait, dans l’Aube et bien au-delà, une exception culturelle, économique, sociale...
Un havre de paix, un petit paradis, une oasis au milieu d'un désert culturel (disparition programmée de milliers d'intermittents du spectacle), économique (plans sociaux, hausse du chômage), social (répression contre les syndicalistes, médicaments non remboursés…) … Et même "ville olympique" (lu sur son site internet…) ! A Nogent s/s, tout y est mieux qu'ailleurs, et ceux d'ailleurs envient Nogent S/Seine.
Bienvenue à NOGENTLAND, expressément recommandé par le MEDEF pour "les allégements fiscaux pour les entreprises, les facilités relatives au financement des entreprises -participation, capital risque»- (lu sur son site internet…). Si l'argent n'a pas d'odeur, les patrons, eux, ont du flair !
Ah, Nogent s/s, son musée, son petit théâtre à l'italienne, sa centrale nucléaire, Camille Claudel, sa fontaine… son plan d'eau interdit à la baignade, la maison délabrée de Camille Claudel, ses usines-relais qui partent sans laisser d'adresse et sans rembourser, son hôpital fermé, son chalet Masson (superbe demeure, municipale, dans un parc verdoyant) en ruines…
Ah, Nogent s/s, et … ses 2 cocos ! Accusés par le Maire de "vouloir ternir l'image de la ville" comme dans cette autre ville voisine que nous aurions "laissé exsangue après un vrai travail de sape". Tant de haine pour avoir osé demandé, et obtenu par la loi, le droit de s'exprimer dans le bulletin municipal ! Décidément, y'a pas que les bêtes à cornes qui ont encore peur du rouge…
Ah, le bulletin municipal de Nogent s/s, "L'ECHO NOGENTAIS", qui "fait l'unanimité à Nogent mais aussi dans l'Aube toute entière" selon G. Ancelin (est-Eclair du 1er août). Ou plutôt "qui faisait" car, avant même que ma collègue Françoise Mériaux et moi-même ayons sorti notre plume, M le Maire craint déjà de "perdre tout ce qui faisait le charme de ce petit journal". "L'ECHO NOGENTAIS", plus beau journal municipal de l'Aube, ça me fait penser à ces pompeuses cérémonies de remises de trophées : Césars, 7 d'or, Molières… Sur 5 nominés, 1 vainqueur, et autrement dit 4 autres qui valaient pas un clou. On pourrait imaginer une cérémonie de remise des "plumes d'or" ! Et le vainqueur est … L'ECHO NOGENTAIS pour ses "pages neutres et objectives" (c'est toujours le maire qui le dit ! ! ! ! mon œil…). Gérard Ancelin et sa majotorité municipale de Droite condamnés aux bravos forcés !
L'opposition communiste s'est donc invitée dans "L'ECHO NOGENTAIS", conformément à la loi n° 2002-276 relative à la Démocratie de proximité du 27 février 2002, que l'on doit au gouvernement précédent. Pour avoir osé réclamer l'application de la loi, on nous accuserait presque d'être des terroristes. Décidément, y'a tellement de rebondissements dans l'affaire de la démocratie à Nogent s/s, qu'on la croirait en caoutchouc. : règlement intérieur du conseil municipal qui baillonne le débat, refus d'associer la population à la préparation du budget, et maintenant l'épisode de "L'ECHO NOGENTAIS". Nogent, ton univers impitoyaaaable !
Eh bien, oui, n'en déplaise à M le Maire et sa majorité bien de Droite, nous allons nous exprimer dans le bulletin municipal. Nous disons bien "dans" (comme à Troyes, à Reims…) et non à côté, sur une feuille volante, comme il voudrait nous l'imposer !
On dit qu'on ne peut pas être et avoir été… nous, nous rappelons que nous avons été élus en mars 2001 et que nous sommes aujourd'hui élus pour plus de démocratie, de transparence et de justice sociale à Nogent s/s.


Laurent Levasseur

Votre lutte nous concerne tous !

La lutte des intermittent-es est juste : l’accord minoritaire doit être retiré.
Cette réforme conduirait au licenciement programmé de 30 000 professionnelles du spectacle. L’avenir de la création est en cause.
Le Gouvernement est seul responsable de l’annulation des festivals et des perturbations qui marquent la tenue d’un certain nombre de manifestations culturelles et de spectacles. C’est l’intransigeance du Gouvernement et du Medef qui aboutit à ce gâchis intolérable. L’annulation d’Avignon comme d’autres festivals est une souffrance pour tout le monde, pour les intermittent-es d’abord, pour le public, pour toutes celles et ceux qui contribuaient à ces grands moments de fête au service du public.


Nous ne devons pas laisser la Culture aux appétits du Medef. Les intermittent-es ont raison de résister. La dureté du Gouvernement sur ce dossier comme sur les retraites est le signe de sa volonté de tout faire pour casser toutes les solidarités dans le pays.
Il faut dénouer cette situation et sauvegarder la création. Le geste qui le permettrait serait le retrait pur et simple de la réforme.
Le Parti communiste français agit pour contribuer à la mobilisation et au développement du débat national qu’exige votre situation et l’avenir de nos créations et activités culturelles.
Face à la logique libérale ravagteuse du gouvernement et du Medef, nous avons un devoir de résultats, nous y travillons avec toutes celles et tous ceux, sans exclusive, qui en partage l’urgence

Pourquoi ça brûle ?
La nature certes

Voilà des années que les régions méditerranéennes brûlent.
La sécheresse, le vent, la nature des arbres (résineux), la composition et la profondeur des sols, un relief tourmenté aux accès difficiles, une urbanisation imbriquée…
Les derniers incendies font la démonstration dramatique des limites des politiques mises en œuvre. Plus de 70 000 hectares de forêts et de garrigues sont partis en fumée ces dernières semaines. Le feu est arrivé aux portes des villes comme Marseille, Sainte Maxime, etc., des habitations et des campings ont été détruits, des milliers de personnes ont dû être évacués. Il y a eu des morts.
Invoquer seulement le soleil, la sécheresse, le vent, l'imprudence voire la responsabilité des pyromanes, pour expliquer ces sinistres ne peut suffire. Et cela ne peut conduire qu'à la fatalité.
Des causes humaines :
Bien sûr qu'il y a des pyromanes, il faut les trouver et les condamner. Mais ne soyons pas naïfs, posons-nous la question : qui a intérêt à ce que certains massifs brûlent ? N'avons-nous jamais vu dans le passé des pratiques immobilières de type mafieux se développer ? Des zones vertes non constructibles ouvertes - après les incendies les ayant ravagées - à la construction de lotissements, les exemples le long de notre littoral méditerranéen ne manquent pas.
Aussi les élus communistes demandent que les zones sinistrées restent classées en zone forestière non constructible.
Des responsabilités politiques
Au-delà des moyens matériels et humains de la Protection Civile, des SDIS ou encore du Bataillon des Marins Pompiers de Marseille lesquels fournissent des personnels et des volontaires dévoués qui méritent notre admiration et notre reconnaissance, nous nous interrogeons sur le nombre et la vétusté des avions
Canadair et Tracker.
Nous savons que depuis trois saisons, les pilotes de la
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Sécurité Civile plaident pour l'achat d'un ou deux gros porteurs pour ramener la puissance de frappe de la flotte à son meilleur niveau. Ils devraient être inscrits au budget 2004.
Gérer pour protéger :
Et surtout, nous pensons qu'il faut poser le problème de la gestion de l'espace forestier et rural méditerranéen dans une approche massif par massif et dans le cadre d'une responsabilité nationale, comme le prévoit la loi du 9 juillet 2001 : "la politique forestière relève de la compétence de l'État qui en assure la cohérence nationale" et dans un cadre spécifique à la forêt méditerranéenne.
Nous savons que le développement de la friche, lié à la désertification rurale, c'est à coup sûr l'incendie ! Et après les feux, l'érosion emporte la terre et les déserts de pierres succèdent à nos forêts méditerranéennes. Elles ont perdu la moitié de leur couverture végétale en 30 ans.
Cette désertification crée des déséquilibres, modifiant l'hygrométrie, la température, la pluviosité et la régularisation du régime des eaux. Cela met en péril l'équilibre écologique de nos régions.
Les forêts ne poussent pas toutes seules, elles ont besoin du travail et de la connaissance de l'homme.
Or, depuis des décennies, les possibilités de production ont été abandonnées parce que décrétées peu rentables (une partie seulement est exploitée, environ 25%).
Les forêts méditerranéennes sont d'autant plus combustibles qu'elles sont broussailleuses. Or, ces broussailles se sont développées en raison de l'exode rural et du recul de l'agriculture dans nos départements. Il est donc nécessaire de faire appliquer rigoureusement la loi faisant obligation de débroussailler son terrain jusqu'à une distance maximum de 50 mètres des habitations. Le maire pouvant étendre cette distance.
Il est tout aussi nécessaire et urgent de mettre en place un vaste programme de reboisement, avec des peuplements forestiers composés de nouvelles essences d'arbres moins vulnérables aux incendies.

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