La Dépêche de l'Aube n°723 du Jeudi 31 juillet 2003 La Dépêche de l'Aube n°723 du Jeudi 31 juillet 2003

La dépêche de l'Aube n°723 du Jeudi 31 août 2003

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Budget 2004
Rigueur pour les petits, cadeaux pour les riches

La construction d’un budget n’est pas qu’un exercice technique. C’est avant tout un choix politique.
Avec la présentation devant l’Assemblée par le gouvernement des orientations budgétaires qui vont être mises en oeuvre l’an prochain, et plus largement jusqu’en 2006, le gouvernement s’engage encore un peu plus dans la voie d’un libéralisme outrancier.
La rigueur la plus sévère est à l’ordre du jour et dans le même temps le dogme de la baisse des impôts pour les classes les plus aisées est réaffirmé. Une position plus idéologique qu’économiquement efficace. D’autant que les prévisions de croissance sont nettement plus mauvaises que les projections mirifiques de Jean-Pierre Raffarin. Cette situation complique quelque peu la tâche du gouvernement, englué dans le respect des sacrosaints 3 % de déficit exigé par Bruxelles et la BCE. Un choix impliquant la réduction des dificits publics qui frôlent aujourd’hui les 4 % car, selon le ministre du budget, «le pacte de stabilité constitue le règlement de copropriété de l’euro». Les raisons de ce dificit ? «La politique de la gauche qui a gâché la croissance», répond la droite dans un bel unanimisme. Ce même ministre dénonce pêle-mêle «les 35 heures, la création de 48 000 emplois nouveaux de l’Etat, les 220 000 postes d’emplois-jeunes, les prestations nouvelles comme l'allocation personnalisée d'autonomie, la couverture maladie universelle ou encore l'aide médicale au profit des étrangers en situation irrégulière".
La solution gouvernementale? 0% de croissance des dépenses de l'État. "Il n'y a pas d'alternative" assure le rapporteur UMP de la commission des finances, reprenant le refrain popularisé par François Fillon sur la réforme des retraites. Mais contrairement au ministre des Affaires sociales, ce rapporteur reconnaît que cela va entraîner "des remises en cause importantes dans le fonctionnement de l'État […]. Il faut avoir le courage de reconnaître que cet examen doit porter aussi sur l'étendue des missions exercées par l'État". En des termes plus clairs, la droite projette de réduire le

nombre de fonctionnaires et de se débarrasser de pans entiers du secteur public en privatisant des entreprises publiques comme EDF-GDF ou en décentralisant tous azimuts. On peut également s'attendre à une baisse drastique des budgets de l'éducation nationale ou de la Culture ou des ministères "sociaux" puisqu'il ne semble pas question de toucher les ministères "sanctuarisés". La Défense, notamment, devrait être épargnée, les investissement prévus dans la loi de programmation militaire n'étant pas remis en cause.
"Une véritable fuite en avant vers des solutions d'un capitalisme dur", estime le député communiste Jean-Claude Sandrier, accusant le gouvernement d'être "les Reagan et Thatcher de la France". Pour lui, favoriser les plus aisés est une "hérésie". Et de pointer "les vrais coûts à la charge de la société […], les coûts financiers". "Comment imaginer que dans un pays où la croissance est à 0,8%, l'inflation à 2%, on puisse exiger une rémunération des actions en augmentation de 15%" demande Jean-Claude Sandrier, en soulignant qu'en 1982 "69% des richesses produites étaient consacrées aux salaires, pensions et cotisations, et 31% au profit", alors qu'en 2002 "ce ne sont plus que 58% des richesses produites" qui vont aux "salaires, pensions et cotisations", contre 42% au profit. Une situation qui a pour effet par exemple d'amputer de "150 milliards d'euros par an" les ressources "nécessaires au financement des retraites".
Face à un gouvernement qui prétend qu'il n'existe aucune alternative, le député communiste s'est employé à démontrer le contraire, avançant des propositions comme "la baisse des dividendes excessifs pour baisser les charges financières des entreprises" ou la "réorientation de la fiscalité" pour donner "une plus grande part à l'impôt le plus juste, l'impôt proportionnel" qu'est l'impôt sur le revenu ainsi que l'augmentation significative de "l'impôt sur la fortune"


Privatisations

La casse des entreprises publiques
Baroin pas très à l’aise face aux agents EDF.

Cet été, le pouvoir entend se consacrer, entre autres, aux privatisations.
France-Télécom et EDF-GDF sont dans le collimateur. L’ouverture du capital d’EDF serait au menu du Conseil des ministres du 6 août. Le même jour, le gouvernement pourrait chercher à sceller le sort de l’opérateur téléphonique.

Pour France-Télécom, plusieurs transformations majeures sont prévues. Il s’agit en premier lieu de faire tomber la part de l’Etat actuellement à hauteur de 56,3 % du capital sous la barre des 50 % «pour faciliter la réalisation de projets industriels», selon le PDG. Cette disposition serait contenue dans un projet de loi prévoyant de garantir aux 106 000 fonctionnaires de France-Télécom le maintien de leur statut et les droits qui y sont rattachés. C’est en tout cas ce que laissent filtrer direction et gouvernement qui prétendent lever toute inquiétude à ce sujet. L’opération consiste en fait à maintenir des droits pour les fonctionnaires encore en place jusqu’à ce qu’ils partent en retraite en sachant que l’opérateur ne recrute plus sur concours depuis 1996. Pour la direction et le gouvernement, il s’agit de ma-noeuvrer pour éviter les vagues que pourrait susciter le deuxième projet de loi.
Ce dernier, appelé «paquet Télécom», concerne la transposition en droit français de la directive européenne de mars 2002 qui fait obligation de soumettre à appel d’offres les missions de service universel. Le texte a été transmis au Conseil d’Etat et devrait être examiné en Conseil des ministres soit le 6 août, soit le 27 août, lors du premier Conseil de la rentrée. Le contenu des deux projets de loi serait déjà tranché. Jean-Pierre Raffarin aurait donné ses derniers arbitrages le 2 juillet. Pour le gouvernement, il fallait répondre au problème posé par la jurisprudence du 18 novembre 1993 qui indiquait que

«des corps de fonctionnaires de l’Etat ne peuvent être constitués et maintenus qu’en vue de pourvoir à l’éxécution des missions de service public». La directive européenne de mars 2002, qui ouvre le service universel au marché dégage, après transposition, France-Télécom de l’obligation de ses missions de service public et le statut de fonctionnaires ne se justifie plus en son sein aux yeux de la loi. C’est pour éviter que de telles évolutions détériorent le «climat social» que le gouvernement a hésité, semble-t-il, entre plusieurs solutions. Jean-Pierre Raffarin semble préférer miser sur l’extinction «naturelle» grâce aux départs à la retraite de la fonction publique à France-Télécom.
C’est une transformation profonde supplémentaire du service public des télécommunications qui intervient, quatre ans après l’entrée en vigueur des directives européennes sur l’ouverture totale de ce secteur. Une transformation opérée sous pression des marchés financiers. Ces derniers ont prêté beaucoup d’argent à France-Télécom, lequel s’est lancé dans une politique hasardeuse de rachats de filiales. Au point de contracter une dette de 70 milliards d’euros. Sans la signature de l’Etat, les banques auraient refusé de rééchelonner cette dette. L’Etat intervient pour désendetter l’entreprise afin de la rendre privatisable d’un point de vue financier. L’extinction du statut des fonctionnaires sert aussi à rassurer les marchés.
Pour sa part, le PCF a condamné la décision du gouvernement de baisser sa participation dans le capital de France-Télécom, ainsi que le projet concernant le statut des salariés. «Ces deux projets traduisent la volonté de Jean-Pierre Raffarin de privatiser totalement l’entreprise à terme. Jean-Pierre Raffarin et son gouvernement s’apprêtent à casser toutes les entreprises publiques en catimini. Le PCF s’oppose à cette politique de bradage»

Une date à retenir
Samedi 30 août
Barbecue géant

Dans le même cadre champêtre que l’an dernier entre Brévonnes et Blaincourt, par la route d’accès D124, (suivre fléchage pique-nique PCF)
avec la participation de : Roland JACQUET Trésorier national du PCF
De 11h30 à 13h Intervention de Roland Jacquet et débat avec les participants
Ensuite, apéro, barbecue, Après-midi récréative : tombola... etc..

Humeurs

Vivent les boissons agricoles...

. Claude Mathis, député de l'Aube, dénonce la sponsorisation de la coupe du monde de rugby par une marque de vin comme le veut la loi Evin. "Qui voit Evin, ne parle pas de vin" dit le proverbe.
On pourrait croire à juste titre que notre député qui aime le sport (1) veuille lutter contre l'alcoolisme. Vous n'y êtes pas. Mathis qui aime le sport aime aussi le vin. Mais pas n'importe quel vin ; le vin qu'il n'aime pas c'est celui qui justement parraine la Coupe de rugby. Vous vous dites, Mathis est un gourmet, il lui trouve un défaut à ce vin. Oui, un gros défaut - Il est australien ! C'est un vin australien, quoique son propriétaire soit français. Le proprio s'appelle Pernot-Ricard et ce grand patron alcoolophile a tourné la difficulté du sponsorat interdit en achetant une marque australienne. Salaud de Pernot-pinpin qui tourne la loi Evin !
Que J.C Mathis râle contre les grosses firmes, c'est un scoop ! - Non, vous n'y êtes pas, J.C. Mathis râle contre la loi Evin : c'est une loi scélérate puisqu'on peut facilement la contourner; c'est une loi improductive puisque, à cause d'elle, on ne peut pas faire la promotion de notre bon vin français. Notre député, vous l'avez compris, aimerait, que le sponseur soit un vin français(2) et que la fameuse loi disparaisse.
Alors J.C. Mathis a une idée géniale pour combattre cette loi sans être pour autant accusé de devenir un propagateur de l'alcoolisme : il écrit : " Il faut autoriser les opérations de parrainage pour les boissons…agricoles ! "
Je cherche dans ma tête de quoi il peut s'agir : le lait peut-être.


Malicette.

.(1) Qu'on me montre un élu qui n'aime pas le sport !
(2) On se souvient que des parents avaient critiqué les Jeux de l'Aube parrainés par une marque de champagne. J.C. Mathis ne les aurait pas soutenus !.

Ecoutez-voir....

...Philippe et Sylvie
L'affaire évoquée la semaine dernière a suscité bien des colères. Comment peut-on emprunter 150 000 F en 1989 et devoir en rembourser près de 400 000 en 2003 ? Les braves gens diront que ce couple a eu bien des malheurs pour en être arrivé là, les rigoristes qu'il a été certainement inconscient et léger. Si certains s'en tirent en disant que la société est pourrie, d'autres ne voudront pas remettre en cause la justice ni les lois de la République. Il y a pourtant quelque chose qui pêche quelque part. Être citoyen, n'est-ce pas s'arrêter sur chaque cas, mettre le doigt sur chaque addition comme disait Brecht et ne pas se réfugier dans les généralités ou la morale.
Pour le moment Philippe et Sylvie se battent comme des lions, écrivent, alertent, se remuent, assiègent quelques autorités mais d'un autre côté paient et croulent sous les dettes

J. L


....Demago !
Dans Press'Troyes, les partis d'opposition ont maintenant la parole comme la loi y oblige les majorités. Les Verts y parlent courageusement et humainement des prostituées tandis que le F.N, comme à son habitude, déverse la démagogie à pleins tubes. Arbonna qui est la voix de son maître Subtil (sans l'être tout à fait), demande que les policiers municipaux verbalisent moins et soient utilisés pour conduire «à la banque ou au distributeur, les seniors troyens…démunis face à une agression". Le groupe F.N s'appelle d'ailleurs en ce moment F.N. Troyes-sécurité. Quand ça sera la mode d'appliquer les lois suisses sur la propreté des rues, le groupe F.N s'appellera sûrement Troyes ramasse-crottes de chiens.


J. L

.....Trêve estivale ?
L'été: la belle saison. Qu'on parte ou qu'on n'en ait pas les moyens, c'est, pour chacune et chacun le temps d'une accalmie. Le temps libre si bien nommé. Ne nous en privons surtout pas.
Traditionnellement, la politique connaît elle aussi sa trêve estivale. Mais cette année n'est décidément pas comme les autres. Avec la victoire du non en Corse, ce début de juillet vient d'être marqué par une sanction retentissante à l'encontre de la droite. Un verdict dans lequel se retrou-vent de plus en plus de nos concitoyens; qui, à sa manière, donne raison au mouvement social et ne peut qu'encourager la détermination de celles et ceux qui luttent, tels les intermittents du spectacle. Le gouvernement continue à n'opposer à ceux qui se dressent contre sa politique qu'arrogance et répression. "Ça passe ou ça casse", semblait-il penser. Le fait nouveau, dont il n'est pas encore possible de mesurer toutes les implications, est que "ça casse" de plus en plus.
Ainsi, dans la confrontation ouverte depuis le 21 avril - qui porte sur la conception même de la société, de l'Europe, du monde -, ce sont plutôt les exigences de transformation dont ont témoigné, chacun à sa manière, la levée des jeunes contre Le Pen, puis le mouvement pour la paix en Irak, puis les luttes sociales de ce printemps, qui prennent davantage de force.
La question de la période que nous vivons est bien celle de la construction politique de faire droit à ces exigences. Elle demeure bien sûr devant nous, mais elle n'en est plus à son point zéro. Ni pour les différentes formations politiques qui produisent des idées, des actes, des votes qui les situent. Ni pour le Parti communiste, dont l'apport des militantes et militants, des parlementaires est davantage reconnu. À l'évidence, l'intérêt pour le débat politique ne va pas refluer parce que l'été est là

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Abonnements - souscription - prêt personnel
Aidez La Dépêche à passer un cap difficile

La Dépêche a besoin de 30.000 euros d’ici la fin de l’année pour faire face à une situation financière délicate qui peut compromettre son existence.
La situation est grave mais pas catastrophique comme cela était expliqué dans l’appel lancé à ses lecteurs et amis(es) la semaine dernière.
En 2004, elle devrait en effet équilibrer ses comptes. Mais pour l’heure, une passe très difficile est à surmonter et ses lecteurs sont invités à relever le défi. Comme tout journal et encore plus quand il est communiste, son existence et à certains moments sa survie dépendent de leur soutien. Face à la politique de la droite qui s’en prend en permanence aux petites gens et au rouleau compresseur de la plupart des médias pour la justifier, la Dépêche de l’Aube même modeste est un outil, un contre poison pour celles et ceux qui ne veulent pas baisser pavillon, mais au contraire résister et construire dans le débat et l’action une alternative politique de progrès pour les individus. Ainsi, depuis une semaine, abonnements, dons et engagements de prêt personnel se mettent en place. Mais bien sûr, on est encore loin du compte. Il faut accélérer le mouvement car les échéances financières auxquelles il faut faire face n’attendent pas.

Joë Triché

Dans le monde
Un enfant sur six travaille

Un avenir sans enfants au travail ! C’est ce que réclame l’ONU.
Selon le rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT), ils sont 246 millions soit un enfant sur six, filles et garçons, entre cinq et dix-sept ans, à travailler à un âge où l'on doit jouer ou étudier. Parmi eux, 73%, soit 180 millions, sont utilisés à des travaux mettant en péril leur santé mentale et physique, certains (8,4 millions) étant même soumis à l'esclavage et à la servitude pour dettes, à la prostitution et à l'enrôlement forcé.
La convention de l'OIT, ratifiée par 134 pays, sur "les pires formes de travail" (celles où l'enfant perd son droit à l'éducation et où sa santé et sa vie sont menacées), réclame la disparition d'une exploitation en augmentation partout dans le monde. C'est un bouillon de culture fait de violence économique, de misère, de chômage et de sous emploi, de conflits armés, d'émigration, de désertion scolaire qui jette filles et garçons dans les bras des marchands de travail. Pourvoyeurs ou destinataires, ou les deux à la fois, la majorité des pays viole actuellement les droits des enfants. La liste en est interminable.

Les enfants sont utilisés dans les travaux les plus divers. En ville, ce sont plutôt les travaux domestiques, la vente dans la rue, le travail de restauration, de nettoyage, de colportage. Ou encore la mendicité et la prostitution. Dans les campagnes, sept enfants sur dix travaillent dans des exploitations agricoles souvent pour une production destinée à leur propre famille ou pour des grands groupes internationaux.
L'exploitation des enfants concerne également les pays développés, où 2,5 millions d'enfants travaillent dans l'agriculture aux États-Unis, les services à la personne en Grande-Bretagne, le textile et le bâtiment en Europe du Sud, les ateliers clandestins en France…
Aux citoyens d'intervenir pour que les plans mis en place, à tous les niveaux, pour combattre le fléau, contre les réseaux criminels, contre les trafics transfrontaliers, pour l'incitation au maintien scolaire, en impliquant le plus souvent possible famille et enfants eux-mêmes dans cette lutte, soient plus efficaces

Souvenir Marcel-Pierre et famille Brangbour

Comme chaque année notre camarade Raymond Brangbour à remis au vainqueur du critérium de St- André-les-Vergers, le challenge du souvenir Marcel-Pierre et de la famille Brangbour. En grand passionné de la petite reine, c'est avec joie et une fierté non dissimulée que Raymond à procédé à cette remise. .

Immigration
Les mensonges de Sarkozy

Le gouvernement conduit «dans l’urgence» la énième réforme de l’ordonnance de 1945 sur l’entrée et le séjour des étrangers.
Celle-ci aménage la "double peine". Nicolas Sarkozy s'en glorifie comme d'une épine dans le pied du gouvernement Jospin. Mais si le projet autorise le retour des bannis qui n'auraient pas dû l'être, il ne supprime pas cette double peine : l'étranger continuera à être puni deux fois pour le même délit sauf si ses attaches en France et la durée de sa présence rendent le renvoi particulièrement inacceptable.
En même temps, ce projet de loi ouvre toutes grandes les portes à la suspicion, au rejet, voire à la condamnation de ceux qui s'avisent de défendre et d'aider les étrangers, ces "droits-de-l'hommistes" auquel le ministre voue un souverain mépris. Quand on s'attaque au délit de solidarité, le "délit d'hébergement" n'est pas loin : l'attestation d'accueil sera étroitement contrôlée, l'hébergeant paiera une taxe, l'autorisation des mariages sera rétablie (à moins que l'amendement des députés UMP interdisant tout mariage d'une personne en situation irrégulière ne recueille l'assentiment de l'Assemblée…). Le ministre a même inventé la notion de paternité "de complaisance" à rechercher et à dénoncer. Les temps de présence pour obtenir un titre de long séjour seront allongés, le droit au

regroupement familial rendu encore plus difficile et fragilisé, le tout, autrement dit "l'intégration" de l'étranger, étant soumis à contrôle. Contrôle des demandeurs de visa dans les consulats, fichage systématique, allongement de la durée de rétention à trente jours… Dans ces conditions, il est difficile d'imaginer que ceux qui revendiquent que pacsés et couples mariés aient les mêmes droits puissent être pris en compte.
En fait, la maîtrise des flux migratoires chère au ministre de l'Intérieur doit se faire dans un cadre précis: "Moins d'un immigrant sur dix est choisi en fonction des besoins de notre économie et de nos capacités d'intégration", déplore-t-il. Le projet a donc pour but de "choisir" et de permettre plus facilement les renvois. "Pas une ligne du texte, dénonce le député communiste André Gerin, ne tend à la protection des étrangers victimes (des trafiquants de main d'œuvre)».
La politique actuelle de répression que mène la France n'est pas seulement un manquement à une tradition d'honneur et au droit, ce n'est pas seulement une trahison, c'est aussi un mensonge et une mystification. C'est la réponse donnée à un danger imaginaire qui sert d'alibi à une politique de racolage actif des voix de l'extrême droite