La Dépêche de l'Aube n°672 du Jeudi 8 Août 2002 La Dépêche de l'Aube n°672 du Jeudi 8 Août 2002

La dépêche de l'Aube n°672 du Jeudi 8 août 2002

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La 3ème compagnie aérienne mondiale va être livrée au gros capitaux privés qui en feront rapidement leur vache à lait

Raffarin privatise Air France


Les financiers au 7ème ciel

Selon Francis Mer, la privatisation d’Air France devrait intervenir d’ici fin 2002 ou début 2003, “lorsque les conditions du marché le permettront”.
Les marchés financiers, déprimés ces dernières semaines, lorgnaient avec appétit Air France qui est parvenue à maintenir des bénéfices en dépit de la crise du transport aérien. Jean-Pierre Raffarin vient donc de charger Francis Mer de la leur livrer, ce dernier invoquant comme raison de privatiser de “permettre à la compagnie d’accélérer la modernisation de sa flotte, de consolider ses alliances et de nouer des partenariats.”
Des exemples édifiants
Pourtant, certaines privatisations hors de nos frontières sont loin d’avoir produit les résultats annoncés, sauf peut-être celui de remplir les poches des actionnaires. Les deux faillites historiques qui viennent de secouer les états-Unis concernent toutes deux des services publics privatisés - Enron pour l’énergie et WorldCom pour le téléphone -. Et que dire de la situation des chemins de fer britanniques dont la situation est à ce point calamiteuse, et dangeureuse pour les usagers, que Tony Blair envisage de renationnaliser ! Le transport aérien n’échappe pas à la règle. Lufthansa et British Airways ont toutes deux été privatisées : la première a perdu 633 millions d’euros en 2001 et la seconde 333 millions, alors qu’Air France en gagne 153 millions. Son statut public ne l’a nullement empêché de nouer des alliances qui manifestement ont été plus profitables que celles de ses deux concurrents. Quant à la situation périlleuse de France Télécom, elle confirme que la gestion privée est loin de garantir une bonne santé financière.
Un très mauvais coup pour l’entreprise
Pour l’ancien ministre communistre des transports, Jean-Claude Gayssot, “c’est un très mauvais coup porté à la compagnie nationale et aux performances du transport aérien français. [...] C’est une politique à

courte vue. On fait rentrer de l’argent frais mais cela ne dure pas éternellement, puis quand les comptes se dégradent on licencie.” En matière d’emploi, Bercy a déjà annoncé la couleur. Le statut du personnel sera seulement “prorogé dans une période transitoire”, le temps de négocier des accords d’entreprise qui mettront en cause avantages sociaux et retraites. De surcroît, combien d’emplois seront externalisés pour réduire le coût du travail et faire grimper les dividendes ?
Tout cela, on s’en doute, réjouit Ernest-Antoine Seillière, le président du Médef, qui jubilait récemment sur une radio nationale à l’énoncé des cadeaux gouvernementaux offerts au cours des premiers “cent jours du gouvernement Raffarin” : les contrats-jeunes, l’assouplissement des 35 heures, l’allègement des charges patronales et les privatisations ! Autant de mesures d’une grande cohérence. Ainsi, le milliard d’euros escompté pour le passage à 20% de la part de l’état dans le capital d’Air France (au lieu de 54% actuellement) sera-t-il consacré à financer l’allègement des charges où la baisse des impôts pour les plus gros revenus. Si Air France a su résister aux conséquences du 11 septembre et n’a pas été entraînée dans la spirale des faillites retentissantes d’autres entreprises de transport aérien privées, elle le doit essentiellement à la compétence de ses personnels, à leur statut et au caractère public de l’entreprise. à l’opposé, livrée au dogme de la rentabilité à court terme des marchés financiers, Air France risque, à l’instar de Luft-hansa et de British Airways, de plonger dans la logique des licenciements et des fermetures de lignes ; avec, fort probablement, un service plus onéreux et de moindre qualité. Mais tout cela sera un moindre souci pour les futurs actionnaires.

Un projet plus rigoureux sur le droit d’asile ne fera que grossir les rangs des sans-papiers dans la plus extrême précarité.

Réforme du droit d’asile en France
Un projet qui s’inscrit dans une logique de fermeture des frontières

Répondant au souhait exprimé par Jacques Chirac, le 14 juillet dernier, le gouvernement Raffarin vient d’annoncer les grandes lignes du futur projet de réforme du droit d’asile.
Il devrait être débattu au Parlement à la fin du mois d’août. Certaines des intentions affichées correspondent à des revendications de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et de la Coordination française du droit d’asile (CFDA). Ainsi en est-il, en particulier, de la réduction des délais de traitement des demandes par l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) et la Commission de recours des réfugiés (CRR). Ces derniers peuvent atteindre près de trois ans entre la première présentation en préfecture et la réponse définitive. De même, la création d’un “guichet unique” pour l’asile conventionnel et l’asile territorial ainsi que la convocation systématique des demandeurs en vue d’entretiens individuels étaient-il depuis longtemps réclamés par les associations.
Une logique très restrictive
Mais, au-delà de ces louables intentions, le reste du projet relève d’une toute autre logique, à savoir la volonté de fermeture des frontières européennes face aux mouvements migratoires mondiaux dans lesquels s’inscrit une demande d’asile croissante (48.000 nouvelles demandes en 2001 et quelque 30.000 dossiers en attente en France actuellement), alors que le taux de reconnaissance ne se situe guère au-dessus de 15%. Déjà les sanctions à l’encontre des transporteurs et le réseau des officiers de liaison prévus pour tarir les migrations illégales privent les demandeurs d’asile d’accès aux procédures dans les pays d’origine. Aller vers plus de rigueur à l’encontre de ceux parvenus en France, au péril de leur vie, ne pourra que multiplier le nombre des familles déboutées du droit d’asile et grossir les rangs des sans-papiers abandonnés à la plus terrible précarité.
Les préfectures (ministère de l’Intérieur), dont le personnel ne présente ni la formation ni l’indépendance nécessaires à l’instruction préalable des demandes, sont actuellement chargées non seulement de vérifier l’identité des demandeurs en vue de la présentation de leur demande à l’OFPRA (ministère des Affaires Etrangères) mais également de procéder au tri des demandes qui seraient “manifestement infondées”.

Parmi les causes essentielles de rejet, également à l’origine de la catastrophique situation de “Sangatte”, il convient de souligner la convention de Dublin qui prive les demandeurs de choisir le lieu de présentation de leur demande et leur impose de saisir le premier pays d’entrée dans l’Union Européenne. Tant que l’Union Européenne n’optera pas pour le libre choix par les demandeurs de leur pays d’asile, les demandeurs “fantômes” de Sangatte continueront à errer à travers l’Europe.
Remis au goût du jour : les “charters” de Pasqua
Participe de la même logique de fermeture, l’intention annoncée d’allonger la liste des pays auxquels est appliquée la clause de cessation (pays réputés “sûrs”), ce qui donne lieu à une procédure accélérée dépourvue des garanties normales. Le ministre de l’Intérieur, quant à lui, entend prolonger le délai de rétention administrative en vue de faciliter l’éloignement du territoire des étrangers. Il pourrait se heurter au refus du Conseil constitutionnel qui s’y était déjà opposé dans le cadre des lois Pasqua. Cette intention, comme celle de “retours groupés”, autre nom pour les “charters”, risquent de crisper un peu plus les relations avec les consulats et gouvernements de pays d’origine priés de ne pas faire obstacle au retour forcé de leurs ressortissants. On peut s’étonner d’un tel effet d’annonce après que la France et la Suède, au récent Sommet Européen de Séville, aient convaincu leurs partenaires de ne pas “sanctionner” les pays pauvres du Sud .
Le MRAP, dans un communiqué, vient de rappeler l’importance des “Dix conditions minimales pour le droit d’asile en France” (octobre 2001) de la Coordination française pour le droit d’asile, qui prévoient notamment : l’application stricte par la France de la notion de réfugié tel que définie par la convention de Genève ; la suppression de tout obstacle pour l’asile et l’admission sur le territoire ; le principe d’examen de la demande d’asile dans le pays où elle est déposée ; l’amélioration du système d’hébergement. Cette association insiste également sur la demande de la CNCDH de création d’une “autorité administrative indépendante”, seule compétente pour l’ensemble des procédures de traitement des demandes d’asile en France

José Bové, à sa sortie de prison et devant 5.000 personnes venues l’acclamer,.

Fête de l’Humanité


José Bové y sera

Directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric avait adressé à José Bové une invitation pour la prochaine fête où, selon lui “des milliers de participants seraient heureux de pouvoir entendre la voix de José Bové, celle d’un homme libre.” Appelant à l’action contre les libertés syndicales depuis la prison de Villeneuve-lès-Maguelonne (dont il est sorti le 1er août), le leader de la Confédération paysanne avait répondu au député communiste Jean-Claude Lefort, venu en signe de solidarité : “J’y serai avec plaisir pour défendre les libertés syndicales, les injustices, les droits de l’homme aujourd’hui gravement menacés par le libéralisme.”
à sa sortie de prison et devant 5.000 personnes venues l’acclamer, José Bové a tenu à évoquer sa situation en

prison “au nom de la France du sous-sol, au nom de touts mes amis prisonniers, quoi qu’ils aient fait, car ce qu’ils vivent est insupportable.” Une préoccupation très importante au moment où la droite fait voter des lois très inquiétantes contre les très jeunes mineurs. Il a aussi dénoncé la criminalisation de l’action syndicale qui tend à se développer aujourd’hui contre le mouvement social. Et cela au moment où dix mille infractions patronales au droit du travail ne sont jamais poursuivies. Le responsable paysan a enfin insisté sur le sens du combat qu’il mène aux côtés de beaucoup d’autres et qu’il entend “développer partout pour que les droits économiques, sociaux, culturels de l’homme puissent se développer sur toute la planète".

13, 14, 15 septembre 2002 - Espace fête du parc de La Courneuve
La fête de l’Humanité


Yann Tiersen

Vendredi 13
à 20 h 30

Ernesto T. Puentes

Dimanche 15
à 14 h 15

Sinsemilia

Samedi 14
à 18 h 30

Yannick Noah

Samedi 14
à 22 h 30
Et aussi : Sinclair samedi 20 h 45, Ismaël Lô samedi 15 h 00, Tiken Jah Fakoly samedi 16 h 30, Les Motivés dimanche 16 h 15, Spook and the Guay
samedi 19 h 00, une scène métissée au Village du Monde..

Humeurs

Méchant gaucho

Tout le monde le sait, la ruche est malade. L’abeille est attaquée de partout. Le varroa la mange. Le gaucho la démange. Le varroa est une petite bête bien identifiable. La science en viendra sûrement à bout, mais le gaucho est plus pernicieux car c’est un produit miraculeux comme savent les fabriquer les grands industriels et sauveurs de l’humanité, genre Bayer ou Monsanto.
D’abord, le gaucho contient de l’imidaclopride, et l’on ne saurait suspecter un si joli nom d’être dangereux d’autant plus qu’il est destiné à tuer les prédateurs du blé, du maïs et du tournesol. C’est un insecticide systémique, mon bon monsieur, fait pour le bonheur des cultivateurs. Hélas, seul le gaucho de la pampa est sympa. Le gaucho des céréales est abominable. Il tue nos abeilles, en douce. Le pollen, dont nos amies sont si friandes, est imprégné d’insecticide et comme l’inventeur n’a pas encore compris que, le charançon, la mouche machin ou la tique chose et l’abeille, sont tous de la famille des insectes (et l’homme sans doute aussi), toutes ces petites bêtes, les bonnes et les mauvaises sont menacées par le grand chimiothérapeute Bayer, l’inventeur merveilleux du grain aseptisé et de la farine plus blanche que blanche. Tuez les toutes, la bête à bon Dieu, reconnaîtra les siennes, il dit. Mais si l’abeille meurt, il n’y a plus de miel. Il n’y a plus de fruits non plus puisque, sans l’abeille, l’arbre ne fructifie plus.
Le syndicat des apiculteurs dont Yves Védrenne est le Président, dénonce le gaucho depuis longtemps. Ça n’a pas plu à Bayer qui l’attaque en justice, à titre personnel, comme un José Bové mal léché. Nous sommes tous derrière le syndicaliste dans cette affaire parce que nous avons besoin de miel, d’abeilles, de fruits et de gens comme lui.

Jean Lefèvre

Ecoutez-voir

Assez donné ou assez encaissé ?...
Dans un article publié le 12 juillet dans Libération-Champagne, on apprend qu’Alain Nemarcq envisagerait de quitter le groupe Vestra pour devenir le directeur général du joaillier Mauboussin. Il considère, qu’après avoir passé vingt années dans le textile, il a “assez donné”. Donné des chômeurs au pays, ça sûrement. En effet, il a passé toute sa carrière à acheter et à revendre des entreprises textile. Et à chaque fois, des salariés se sont retrouvés à la rue alors qu’il encaissait des millions de francs de fonds publics. On est en train de le voir à l’oeuvre à Romilly depuis qu’il a repris l’entreprise Devanlay : les effectifs sont passés, en effet, de 435 en 1988 à 235 aujourd’hui. Ainsi, au terme d’une carrière passée dans le textile, pour les salariés de Nemarcq c’est la galère, alors que pour lui c’est du bijou .

 

Sécurité et justice : haro sur les jeunes et les familles les plus pauvres


Le temps de la répression

Les députés ont adopté mi-juillet en première lecture le texte du projet de Nicolas Sarkozy sur la sécurité.
Ce texte qui instaure une “justice de proximité” réforme l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante et aménage la procédure pénale. Le projet prévoit un budget de 3,65 milliards d’euros de 2003 à 2007 et comporte trois volets
.
3.300 “juges de proximité”, magistrats non professionnels, devraient être recrutés pour régler, au civil, “les litiges de la vie quotidienne” et au pénal les petits délits commis par les majeurs mais aussi les mineurs. Cette création provoque l’indignation des associations des droits de l’homme, des avocats, des magistrats et des éducateurs qui qualifient cette justice de “sous justice” et s’étonnent que la voie choisie soit celle “du recours à des juges non professionnels exerçant à temps partiel”, s’inquiétant, de plus, de voir confier le jugement d’affaires pénales à des juges non professionnels. Le deuxième volet du projet Perben concerne la justice des mineurs. Il créé des “centres éducatifs fermés” où seront placés les mineurs de 13 à 18 ans, dans le cadre d’un contrôle judiciaire ou d’un sursis avec mise à l’épreuve. En cas de non respect du contrôle judiciaire, le mineur pourra être placé en détention provisoire et ce dès 13 ans. Le projet

prévoit aussi des “sanctions éducatives” pour les 10-13 ans. Pour sa part, le groupe communiste à l’Assemblée nationale rejette “ce projet sécuritaire qui n’améliorera pas la sécurité quotidienne de nos concitoyens. [...] Quelque soit l’effort, nous déplorons que ce projet cantonne l’état dans un rôle de maintien de l’ordre et de répression, au détriment de ses missions d’éducation, de protection et de redistribution sociale”. Le troisième volet modifie les conditions de placement et de durée de la détention provisoire. Selon Philippe Chaillou, président de la chambre spéciale des mineurs à la cour d’appel de Paris, “on élargit l’outil répressif sans s’attaquer aux causes du phénomène”.
En fait, la philosophie du projet Sarkozy repose sur deux principes : la stigmatisation et la répression. Stigmatisation des quartiers populaires et des familles les plus durement aux prises avec les difficultés sociales, les plus pauvres, les étrangers et les jeunes. Le projet de loi sur la justice, élaboré par Dominique Perben avec la même précipitation que son collègue de l’Intérieur, entérine ses principes. Mais en définitive, ses dispositions dévoient l’aspiration légitime des français à la sécurité en accréditant l’axiome de la droite dure selon lequel la répression serait la prévention.

La Champagne-Ardenne au festival d’Avignon

La confession d’Abraham

Sur un texte de l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, le troyen Alain Lecucq a construit un petit bijou théâtral. Histoire de réviser le récit biblique, M. Kacimi fait parler Abraham, père d’Ismaël et d’Israël, des Juifs et des Arabes. Abraham est dans son caveau à Hébron et parle à sa femme Sarah.
Ils sont heureux d’avoir enfanté une humanité innombrable quoique divisée. Celle-ci est bavarde et questionnante. Elle dépose du courrier dans la tombe. Après le papyrus, les omoplates de chameau, les tablettes sumériennes arrive le papier et même Internet ! “WWW sont des consonnes pieuses qui lèvent leurs deux bras au ciel”. Abraham a beaucoup voyagé entre Ur en Chaldée, Canaan, Sodome, Jérusalem ou l’Egypte. Il déclare «Nous étions heureux en traversant les déserts d’Irak car Dieu n’avait pas encore inventé les Américains.» C’est par de telles saillies anachroniques que Kacimi nous indique qu’il n’a pas tout à fait l’intention de raconter les Saintes écritures. Les horreurs modernes sont passées en revue et Sarah remarque que «l’homme n’a honte de ses crimes que lorsqu’ils sont très loin dans l’histoire.» Un long passage est consacré à l’origine des religions. Quelle est la bonne religion, la plus ancienne, celle qui va donner le nom du vrai Dieu ?
Chaque croyant donne sa version. L’hilarité est au rendez-vous sinon la vérité historique. C’est tout de même l’Israélien qui gagne : “Vous êtes en Israël, le

seul pays qui ne tolère que l’infini. Et nous, Hébreux, nous étions là avant la création du monde”. Sont passés en revue la peine de mort, la double peine, les grèves, Vilvoorde, Sodome et Gomorrhe atteints par la frappe chirurgicale de Dieu, Idith transformée en statue de sel pour avoir voulu regarder la scène. Elle devient, ce faisant, l’ancêtre des journalistes algériens dit Kacimi.
Alain Lecuck a cousu tous ces tableaux dans son théâtre de papier faisant se succéder ânes, chameaux, paysages, temples et peuples. Une vraie bande dessinée. La voix est égale, grave et sûre. L’acteur s’arrête parfois pour replanter un décors. Ce n’est que du théâtre, on en voit les ficelles et les bouts de carton. Il faut croire que cela déclenche en nous des émotions antiques. Nous sommes enfants pour le spectacle, adultes pour la réflexion et la distanciation. L’émotion naît de cette richesse et de cette confrontation.
Ont participé à ce travail de précision et d’émotion : Annie Bizeau pour la mise en scène, Daniel Linard pour les lumières, Denise Noirot pour la régie plateau. Mohamed Kacimi est né en Algérie en 1955. Il voyage entre deux cultures et vit à Paris. Il écrit romans, pièces, essais et s’implique dans un projet d’une Maison Rimbaud à Aden.


Jean Lefèvre

Interdiction d’Unité radicale
Rester vigilants
Les communistes ne peuvent que souscrire à l’annonce par le ministre de l’Intérieur de son intention d’interdire le groupe d’extrême-droite, raciste et xénophobe, “Unité radicale” au titre de la loi du 10 janvier 1936 qui permet de dissoudre les associations, ligues assimilées et groupement de fait présentant un caractère de “groupement de combat” ou de “milice privée”. Cependant, cette interdiction ne règle pas tout et il convient de rester extrêmement vigilant quant à l’évolution à venir des membres de ce groupe et la non-reconstitution de ce dernier en marge de la loi.
Par ailleurs, cette interdiction ne saurait en aucun cas dédouaner de leur responsabilité les “commanditaires” moraux et politiques de ce groupe que sont les partis d’extrême-droite, notamment le Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. En effet, c’est sur l’une des listes de ce parti aux élections municipales de 2001 que figurait Maxime Brunerie, auteur de l’attentat du 14 juillet dernier contre le président de la République et membre d’Unité radicale ”