La Dépêche de l'Aube n°621 du 16 Août 2001.......La Dépêche de l'Aube n°621 du 16 Août 2001

La dépêche de l'Aube n°621 du Jeudi 16 août 2001

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Vivre en sécurité
Primauté à l’action préventive et éducative

L’insécurité est une des premières préoccupations des français et un des thèmes majeurs de la vie publique. C’est légitime, car le droit de vivre en sécurité conditionne, pour une large part, la possibilité de vivre ensemble et l’exercice des libertés.
Les citoyens ne peuvent qu’être inquiets à la lecture des chiffres de la délinquance des mineurs [+ 10% entre les deux premiers semestres de 2000 et 2001], ainsi qu’à l’écoute des professionnels du terrain ; plus jeune, plus violente et plus menaçante à l’égard des personnes, la délinquance juvénile interpelle chacun d’entre nous.

Une inquiétante exploitation politique
Mais, aussi inquiétante que soit l’ampleur du phénomène, les communistes sont tout autant préoccupés par le traitement politique qui en est fait. les derniers événements laissent craindre qu’on choisisse de privilégier le spectaculaire plutôt que la réflexion de fond, l’affrontement plutôt que le dialogue, l’exclusion des «éléments perturbateurs» plutôt que leur intégration dans la société, le répressif plutôt que le social. C’est ainsi que, depuis quelques semaines, le couvre-feu pour les jeunes fait l’objet d’un affichage politique sans précédent et la caution donnée par le Conseil d’état à la décision du maire d’Orléans a permis à d’autres maires de s’engouffrer dans la brèche ainsi ouverte. Les parlementaires communistes ont dit, à plusieurs reprises, leurs plus fortes réserves quant aux dispositifs qui interdisent la circulation la nuit des mineurs de moins de treize ans non accompagnés.

Non à l’instauration d’une règle d’exception
Alors qu’existe déjà une règle générale et applicable sur l’ensemble du territoire qui permet à la police de ramener les «enfants errants» à leur domicile, l’instauration d’une règle d’exception ne peut que conforter des inégalités déjà criantes. Au-delà même de son efficacité douteuse, on sait qu’une telle mesure conduit à stigmatiser un peu plus des quartiers déjà en grande difficulté et en phase de ghettoïsation - délaissement des commerçants, voire des services publics - et à exclure un peu plus ses habitants déjà en situation de forte précarité tant sociale qu’économique. Elle exprime le sentiments de méfiance à l’égard d’une jeunesse devenue ennemie.
Un problème qui intéresse toute la société
Tout se passe comme si, petit à petit, on renonçait à une politique globale de lutte contre la délinquance au profit d’un traitement pénal des mineurs. Or, l’ampleur de la délinquance des jeunes montre les limites de l’approche pénale. Celle-ci favorise la déresponsabilisation sociale puisqu’elle aboutit à confier au judiciaire et au pénal ce qui constitue un problème de société et se focalise sur les manifestations d’un malaise social sans se pencher sur ces fondements. Face à cette situation, des professionnels de la jeunesse ont déjà réagi dans différents lieux. Les communistes croient nécessaire, aujourd’hui, d’aller plus loin et de se mobiliser collectivement afin de faire échec à une inquiétante dérive sécuritaire et démagogique qui aboutit à rejeter une partie des enfants et des quartiers. Ils est urgent que les professionnels et les politiques fassent entendre leur voix

Propositions communistes pour vivre en sécurité

 

Conforter la primauté de l’action préventive et éducative et dire que l’action répressive, pour nécessaire qu’elle soit, est toujours un constat d’échec dont ne peut se contenter une société évoluée.
Défendre la nécessité d’une justice pénale spécifique pour les mineurs, fondée sur une réponse pénale proportionnée à l’acte et ayant pour objectif tant la réparation que la réinsertion sociale du jeune délinquant.
• Dire que la prévention passe nécessairement par l’aide aux familles en difficulté et le soutien à la parentalité, seuls véritables vecteurs d’une responsabilisation des parents.
Encourager l’action répressive contre toutes les formes de criminalité : trafics, mafias, économies souterraines, traite des êtres humains, etc.
Définir comme objectif la resocialisation des quartiers difficiles, en en faisant des viviers d’emplois et en développant les formes de réappropriation par les jeunes de leurs lieux de vie, via la culture et le sport.
Orienter le déblocage des moyens nécessaires sur la formation des personnels de terrain - policiers, éducateurs, psychologues, assistantes sociales, etc - dans la perspective de la constitution d’équipes pluridisciplinaires qui déclineraient, quartier par quartier, les engagements des acteurs publics pris dans le cadre des contrats locaux de sécurité

Loi Hue-
Loi de modernisation sociale


Alcatel : que le droit s’applique !

Alcatel vient d'annoncer une restructuration majeure. Le groupe se séparerait 41 sites de fabrication de composants standards et 9 sites de fabrication de batteries. 50 usines seraient ainsi cédées à la sous-traitance dont 27 en Europe et 6 en France. Le rêve patronal réalisé de faire du fric sans usines… et sans salariés !
Alcatel a réalisé ces dernières années des profits d'exploitation gigantesques, principalement tirés par son activité aux U.S.A. Ces profits ont servi des dividendes énormes aux actionnaires et en parallèle à des investissements, à réaliser des opérations financières, à lever des fonds sur les marchés financiers. Résultat, le groupe connaît un endettement croissant, alors que la croissance se ralentit aux Etats Unis et dans le secteur des télécommunications.
Soutenir la rentabilité financière ?
Il s'agit, par ce bradage massif, de gagner en flexibilité pour piloter la conjoncture; de réduire l'investissement industriel - grâce à la sous-traitance - pour se concentrer sur la recherche-développement, le marketing, et en fait accentuer son implication sur le marché financier; de s'exonérer des questions d'emploi, de formation, de reclassement désormais "gérés" par la sous-traitance; de récupérer des millions de dollars de plus-values de cessions d'actifs. Tout cela mène à l'impasse économique et sociale.
Le gouvernement ne doit pas laisser faire !

De fait, l'Etat encourage cette fuite en avant en favorisant les placements financiers; en privatisant, déréglementant et en baissant le coût du travail par l'allègement des charges sociales; en versant d'importants fonds publics, sans exigence de résultats sur l'emploi et la formation, de recul de l'insécurité au travail; en favorisant des baisses d'impôts; en soutenant l'orientation actuelle de la Banque centrale européenne de pression à la baisse sur les budgets sociaux.


S'appuyer sur les avancées de la loi de modernisation sociale
Ce qui a été obtenu par les députés communistes est un texte - certes insuffisant - qui "durci" la définition des licenciements et ouvre de nouveaux droits aux salariés et à leurs organisations en termes de propositions alternatives. Il s'agit d'un point d'appui dans le droit du travail pour faire progresser l'exigence de moratoires suspensifs de toutes ces restructurations à des fins financières et gagner le droit de contre-proposition. Il faut s'en saisir pour exiger du Premier ministre et des préfets sur le terrain la mise en œuvre par anticipation de la loi.
Ne peut-on pas tout de suite exiger un moratoire suspensif sur l'ensemble de l'opération ? Pour faire procéder à une étude d'impact; permettre aux CE, en concertation avec les élus, de faire jouer leur droit nouveau de contre-proposition; organiser des tables rondes nationales et régionales incluant les banques travaillant avec Alcatel pour, si nécessaire, construire les financements indispensables pour rendre plus sûr l'emploi, notamment par la formation.
Une mission d'audit sur les fonds publics
L'Etat a des moyens d'intervention. Il passe de très importantes commandes publiques à Alcatel et il lui a accordé d'énormes fonds publics. Il peut donc - avec la loi Hue - faire procéder à une mission d'audit sur l'utilisation des fonds publics par Alcatel.
Enfin, le gouvernement doit prendre des initiatives européennes: création d'une commission auprès du Parlement européen chargée du suivi et de l'alerte sur les stratégies des multinationales; interpellation de la Banque Centrale et exigence d'une réorientation du crédit avec l'Euro en faveur d'une sélectivité d'emploi et de formation; demande d'une conférence européenne sur le marché unique et la politique de la concurrence pour poser en terme d'efficacité pour l'emploi, la formation et la croissance réelle, les coopérations européennes et transatlantiques des groupes

Humeur

Vitesse et volupté

De plus en plus, le platane, cet arbre cependant paisible, se met à commettre des infractions graves au code de la route. On a cru longtemps que les accidents étaient dûs à la vitesse, l’abus d’alcool ou la fatigue et que c’étaient les conducteurs qui, bien que victimes, allaient à la rencontre du platane. Il n’en est rien ! Des observations fines ont permis de rétablir la vérité. Le platane à feuilles d’érable, variété méritante pour son ombrage mais dont la feuille multilobée est détestée des cultivateurs(1), a été vu se déplaçant soi-même vers la voiture ou la moto. Ce sont des engins trop apparents - bruit, phares, rutilance, vitesse - pour ne pas être remarqués du platane, arbre parfaitement observateur et persévérant. Cette reptation, même imperceptible, est en tout cas une attitude totalement criminelle.
Il est possible que tous les platanes n’aient pas ce défaut. De même, toutes les femmes ne sont pas sensibles au charme viril de Jacques Chirac. Mais, on ne va pas mettre un gendarme derrière chaque platane et un mari derrière chaque sourire du président de la République comme on lui met un huissier derrière chaque dépense.
Aussi la règle que se sont donnés certains, c’est celle qu’avait adoptée Hérode contre les Innocents : «tuez-les tous !». Les Hérode d’aujourd’hui s’arment de tronçonneuses et ne font pas de détail mais beaucoup de sciure.
Comme on les comprend. Je les vois déjà abattre les murs des maisons, les poteaux indicateurs, souvent installés sur les routes, les panneaux publicitaires, les vaches trop curieuses, les trains et leurs passages à niveaux ou les avions volant trop bas. Un peu d’ordre et d’espace, bon dieu ! Place à la vitesse et à la volupté.

Jean Lefèvre

(1) Elle ne fait pas de fumier.

Jeunesse et sports
La médaille de bronze pour Raymond Levasseur

Personnalité reconnue et très écoutée du monde sportif et associatif, romillon et départemental, Raymond Levasseur vient d’être distingué, le 14 juillet dernier par la ministre de la Jeunesse et des Sports, Marie-Georges Buffet, qui vient de lui décerner la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports.
Après plus de trente années passées à exercer le métier de cuisinier au lycée Joliot-Curie et dans les colonies de vacances de la ville de Romilly, Raymond est aujourd’hui retraité. Retraite fort active, puisqu’après avoir animé, jusqu’à très récemment encore, le Secours Populaire, il est responsable de la section romillonne de la Confédération nationale du logement. Militant syndical, mais aussi très actif au sein du

PCF de Romilly, ses qualités d’homme de coeur, de contact, son volontarisme et sa persévérance caractérisent cet «homme de bien» qui a consacré une grande partie de sa vie à combattre, sur le terrain, les injustices qui le révoltent. Cette médaille est la reconnaissance, par les plus hautes autorités du pays, du travail exemplaire de Raymond au service de la collectivité et de l’intérêt général. Nul doute que cette distinction honorifique le confortera et lui donnera un élan nouveau dans la défense des causes auxquelles il a déjà donné sans compter de sa personne. En cette heureuse circonstance, notre hebdomadaire tient à lui adresser ses plus chaleureuses félicitations.

 

Le cirque de Châlons au festival d’Avignon

La Tribu iOta

Drôle de nom pour cette peuplade venue de Champagne, « méconnue des anthropologues » et qui possède toutes les vertus de la vie : la vigueur, l'héliotropisme(1), le désir, la beauté, la vélocité avec ou sans vélo, la virtuosité du muscle et de la mimique, la fécondité du geste et du jeu.
Tout pour se reproduire et produire sur le spectateur la joie des secousses et la peur de l'envahissement. L'école du cirque (Centre National des Arts du Cirque ouvert en 1985 et dirigé par Bernard Turin) de Châlons-en-Champagne fabrique, année après année, des artistes polyvalents à l'âme patrimoniale et à l'ambition moderniste. La promotion 2001, la 12ème, a donc concocté un spectacle avec une mise en piste pleine de feu de Francesca Lattuada et une musique originale, vraiment, de Jean Marc Zelwer. Les fils sont bien cousus, tout s'enchaîne en surimpression. On n'a pas le temps d'intégrer une merveille qu' une autre se propose à vous, parfois comme un pétard de 14 juillet, parfois avec la lenteur et la splendeur d'une rose qui se déplie. C'est ainsi que Régina Trachsler, beau symbole, se dévêt lentement et se rhabille au milieu des siens et du public pour nous dire la fragilité et la beauté du cirque, sa parfaite vérité nue (ou nudité vraie comme on veut).
Tout se crée, tout se perd, kaléidoscope pour la récré. C'est un spectacle entre cirque et opéra. C'est du théâtre sans cesse avorté sauf le rêve. Rêve ininterrompu. Il y a interruption volontaire de réel sauf le mât chinois le long duquel Nicolas et Aurélius à têtes d'oeufs grimpent

follement, le câble fragile sur lequel on danse, les cordes, les anneaux, les barres, les balancelles, tous agrès ou de force sur quoi on défie la mort et le coeur fragile du spectateur. C'est une marmite féroce où cuisent des défilés, des couronnements princiers, des îles désertes, des mystères moyenâgeux, des parades bruyantes, des bagarres atroces, des courses sauvages tandis que là-haut, près des étoiles, Magali Nouyrigat chante et trapèze.
Ce n'est certes pas le cirque de papa. Il n'y a pas de lions ni d'animaux savants, pas de clown blanc. Il y a seulement des femmes et des hommes qui font tomber la cendre et la poussière et la bêtise du monde pour nous dire que l'Homme est un mystère autant qu' une richesse, qu'on peut tirer de lui tout, le meilleur et le rire, le rêve et le réel, le surréel, l'audace, le naturel. Tout cela sans un mot (à part une jolie chanson), avec le seul recours du muscle, du geste, du sourire. Ce spectacle est un des plus beaux qu'il m'ait été donné de voir et d'entendre (n'oublions pas la musique très tribale et «iOtaesque», faussement populaire, vraiment belle).
Le cirque de Châlons n'a pas fini de surprendre. Il a investi dans l'invention, l'exploration hardie sans quitter la piste et le chapiteau, c'est-à-dire le bonheur d'entrer dans les villages, d'ameuter les enfants et d'installer le bonheur pour ce soir.

Jean Lefèvre

(1) Façon que possèdent les plantes amoureuses du soleil de s'offrir à lui

 

Fête de l’Humanité

Politique, culture et fraternité

Comme chaque année, la fête de l’Humanité sera un temps fort de la rentrée sociale et politique, dans un contexte fortement marqué par les prochaines échéances législatives et présidentielle.
Mais la fête de l’Huma, c’est aussi le creuset d’un formidable brassage et d’échanges de la diversité culturelle. Théâtre, cinéma, peinture, danse et musique s’y entremêlent au détours de flâneries dans les allées.
Cette année le polar sera à l’honneur au Village du Livre, avec quelques «pointures» du genre ; la danse aura comme ambassadeur la troupe de la Cie Jacky Auvray ; modernité des sculptures et des peintures qui seront exposées au stand de l’Humanité. Sans oublier le Village du Monde, cette année complètement repensé, qui sera le forum de nombreux débats pour une autre alternative au capitalisme mondialisé. Un journaliste écrivait récemment que l’augmentation du fossé entre les riches et les pauvres était une «maladie vénérienne du libéralisme». Si tel est bien le cas, la fête de l’Humanité aura donc aussi valeur thérapeutique puisqu’on y discutera beaucoup - et on y agira - pour construire un autre monde. Et tout cela à quelques semaines du congrès extraordinaire du PCF.

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Et puis les têtes d’affiche : un Patrick Bruel en plein «come-back», le cubain Compay Segundo au sommet de son art, Manu Chao, dont le succès de sa carrière solo après avoir quitté la Mano Negra n’est plus à démontrer, La Grande Sophie, Eiffel, etc, sans oublier la Nuit Techno de samedi soir, animée par le «must» de l’électronique et du sample. Autant de bonnes raisons de se rendre à la fête
Comme chaque année, un car partira de Bar s/S, Bar s/Aube Troyes et Romilly, le dimanche 16/09 - Tarifs spéciaux pour les jeunes de moins de 25 ans. Renseignements et réservations : 03.25.73.43.40


En cette mi-août, au coeur de la période estivale, une douce somnolence semble engourdir le pays. C’est le «dimanche de l’été» écrit Jean d’Ormesson.
Depuis la mi-juillet, jour après jour, à partir de rencontres entre amis, en réponse au courrier que nous avons adressé, suite à des contacts, nous parviennent des réglements de vignettes-bons de soutien à la Fête. De nombreux amis, qui ont à coeur sa réussite mais qui, malheureusement, ne pourront faire le déplacement, nous retournent avec leur réglements leurs vignettes, afin qu’elles puissent profiter à d’autres. La solidarité et la générosité comptent aussi beaucoup dans la préparation de la fête de l’Huma et, cette année encore, elle ne se dément pas. 200 vignettes sont déjà payées à la fédération du PCF. Leur diffusion est essentielle pour la trésorerie de l’Humanité. En rapport avec l’actualité, le vécu, ce qui bouge dans la société et le monde, les communistes, les amis, les lecteurs de l’Huma auront à coeur de préparer «leur» fête ; belle, exceptionnelle et ambitieuse comme ils la souhaitent. Prochain RV national de diffusion : le 30 août sur le lieu de la fête.