La Dépêche de l'Aube n°617 du 19 Juillet 2001.......La Dépêche de l'Aube n°617 du 19 Juillet 2001

La dépêche de l'Aube n°617 du Jeudi 19 juillet 2001

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Hôpital / Santé


Ca ne peut plus durer!

Mois après mois, la situation devient de plus en plus explosive dans les hôpitaux de toute la France.
A Troyes et à Romilly S / Seine, les élus communistes sont à l’offensive. Si la grève de l’an dernier a permis des créations de postes et des mesures catégorielles sur les qualifications, la réponse du gouvernement était largement en deçà des besoins et l’hôpital continue de s’asphyxier faute de moyens budgétaires et surtout de personnel.
Les directions essaient de repousser les problèmes en fermant davantage de services que les années passées, sans tenir compte des besoins des malades. Et une nouvelle fois, l’incertitude plane quant à leurs réouvertures à la rentrée.
En finir avec le plan Juppé L’origine de cette situation est connue: le plan Juppé, qui allie l’autoritarisme des agences régionales de l’hospitalisation et l’austérité budgétaire.
N’est-ce pas d’ailleurs cette même logique qui pèse lourdement sur le passage aux 35 heures? Y parvenir sans créer les postes nécessaires comporte un risque réel: celui de faire passer une des mesures les plus positives prises par le gouvernement actuel d’un progrès à la régression (on l’a vu en 1991 avec les 35 heures de la nuit).
Pour les communistes, répondre aux besoins, c’est rompre clairement avec le plan Juppé et sa logique. A Romilly S/Seine sous l’impulsion du conseiller général communiste Joé Triché, un comité de défense s’est créé afin de mobiliser la population sur les risques d’une disparition de la chirurgie et du pole de santé.( voir article ci-dessous)
A Troyes MF Pautras a alerté les pouvoirs publics sur le manque de personnel à l’hôpital. Cette situation qui n’a que trop duré ne permet pas d’assurer dans de bonnes conditions la qualité des soins, l’humanisation de l’accueil et la prise en charge des patients notamment au service des urgences. «  Va t’on laisser, comme en Angleterre, se dégrader le service public de la santé au nom de la réduction des services publics ? » a déclaré l’élue communiste. Là aussi les aubois sont invités à s’investir dans une campagne d’action et de pétitions pour demander aux autorités compétentes de recruter rapidement les médecins et les personnels soignants nécessaires au bon fonctionnement du centre hospitalier de Troyes.
Un choix de société
“Cela coûterait trop cher”, nous objecte-t-on souvent. Mais il faut mesurer le coût social que provoque la poursuite des fermetures de services et d’hôpitaux, le coût social et médical de la dégradation des conditions de travail.


D’autant plus que l’argent existe pour répondre aux besoins. À l’inverse de la logique actuelle, qui conduit Alcatel à brader ses usines de production ou Aventis à fermer ses centres de recherche dans une recherche effrénée du profit financier, ne convient-il pas de mettre ce dernier à contribution?
À seul titre d’exemple, la taxation des revenus financiers au niveau des cotisations prélevées sur les salaires, non seulement freinerait les gâchis sociaux et économiques auxquels nous assistons actuellement mais raporterait 100 milliards par an à la Sécurité sociale.
Supprimer dès cette année la taxe sur les salaires
Dans le même ordre d’idées, le gouvernement doit également agir. Il prélève actuellement trois taxes pour un montant de 25 milliards (10 milliards de TVA, 5 milliards de surcompensation de la CNRACL et 10 milliards de taxes sur les salaires).
Ces trois taxes représentent près de 10% du budget des hôpitaux. Le Parti communiste propose donc de les supprimer et de commencer dès cette année, avec le vote du budget à l’automne, par la suppression de la taxe sur les salaires.
Cette mesure de bon sens (elle est demandée par les syndicats mais aussi par l’ensemble des fédérations patronales), un calendrier précis pour la suppression de la TVA et de la surcompensation de la CNRACL, la taxation des revenus financiers des entreprises font l’objet d’une pétition que les militants communistes font signer dans toute la France. Ces pétitions seront remises aux parlementaires d’ici le débat sur la loi de financement de la Sécurité sociale.
Pour ce qui les concerne, c’est en fonction des réponses à ces demandes que les députés communistes détermineront leur vote vis-à-vis de la loi de financement de la Sécurité sociale.

Jean-Pierre Cornevin


Loi de financement en 2002 de la sécurité sociale
les propositions des députés communistes:
* rétablir les élections à la Sécurité sociale
* relever tous les taux de remboursement de l’assurance maladie avec une priorité donnée à celui des prothèses dentaires, lunettes et appareillages pour handicapés.
* relèvement des allocations familiales et versement dès le premier enfant.
* gel des mesures Veil-Balladur allongeant la durée de cotisation pour les retraites.
* relèvement des pensions de retraites avec un effort particulier pour le minimum vieillesse.
* taxation des revenus financiers des entreprises.

 
Pôle de santé romillon

Le comité de défense reçu à l’Agence régionale de l’hospitalisation

Mardi 12 juillet, une délégation composée d’une douzaine de personnes représentant la diversité du Comité de défense pour le maintien à Romilly de la chirurgie et du pôle de santé a été reçue par M. Patrick Broudic, directeur de l’Agence régionale de l’hospitalisation.
La délégation était porteuse d’une pétition, signée pour l’instant par près de 5.000 personnes, traduisant la volonté de la population de ne pas voir s’installer un désert sanitaire entre Provins et Troyes. Pourtant, au terme des deux heures d’entretien avec le directeur de l’ARH, on ne peut pas affirmer que le danger n’existe pas. Aujourd’hui, personne ne peut prétendre, en effet, que l’appui apporté par la clinique des Ursulines va permettre à la polyclinique Pasteur de retrouver une gestion équilibrée avec un retour de la confiance des patients envers cet établissement. Car les causes de son déficit, cela est maintenant admis, sont bien le résultat de cette situation et non, comme certains voulaient le faire croire, les suites du procès Vauzanges. Au cours de la discussion avec M. Broudic, la question de l’échec de la solution Janer a, bien sûr, été évoquée. C’est une éventualité qui n’est pas écartée par le directeur de l’ARH. N’oublions surtout pas que M. Janer n’a sans doute pas eu un intérêt soudain pour la polyclinique Pasteur, seulement pour les beaux yeux de la population romillonne. Il ne sera candidat à la reprise qu’à la condition d’y gagner de l’argent. Partant de là, combien de lits de chirurgie va-t-il rester ? Et avec combien de personnels ?
Pourquoi ne pas envisager une solution publique ? Cette question a fait l’objet d’un échange avec le directeur de l’ARH. En effet, comme le demande la pétition du comité de défense, «toutes les solutions, y compris publiques, doivent être recherchées». Dans ce cadre, Joë Triché préconisa un retour des lits de chirurgie à l’hôpital de Romilly avec l’intégration du personnel de la polyclinique Pasteur dans le service public de santé et la mise en place d’une coopération entre l’hôpital de Romilly et celui des Hauts-Clos de Troyes. Cette solution aurait l’avantage de pérenniser durablement le pôle de santé de la seconde ville du département qui se trouverait ainsi dégagé de la pression de la rentabilité financière

exercée par des actionnaires privés. Dans le débat, il fut admis que cette solution n’était pas impossible. Par exemple, comme l’a expliqué M. Broudic, actuellement l’hôpital de Vouziers dans les Ardennes met sur pied une telle coopération avec celui de Reims. D’autre part, il n’est pas rare que les chirurgiens interviennent sur plusieurs établissements. C’est ce qui se passe à la polyclinique Pasteur, comme l’a confirmé la déléguée CFDT de cet établissement. Ainsi, plusieurs membres de la délégation ont-ils regrettéque toutes les hypothèses ne soient pas, pour l’heure, mises à l’étude. Pour M. Broudic, cette solution ne pourra être éventuellement envisagée et travaillée que s’il y a échec de celle proposée par M. Janer.
Le projet de rapprochement hôpital-clinique suspendu officielement depuis le 4 avril
Plusieurs échanges ont eu lieu sur le projet de transfert de la polyclinique Pasteur dans l’eceinte de l’hôpital. Projet dont les études ont coûté la bagatelle de 2,7 millions de francs. Cette suspension n’a aucun lien avec l’affaire Vauzanges, mais est consécutive au déficit structurel de la polyclinique qui aurait eu bien du mal à assurer le paiement des loyers à l’hôpital. Cette situation pouvait ainsi mettre l’établissement public en difficulté.
Ce qui est grave et d’autant plus que cela a été caché à la population romillonne ; les doutes sur la faisabilité du projet sont bien antérieurs à la date du 4 avril. Mais il fallait passer le cap des municipales ! On peut d’ailleurs s’interroger sur les raisons réelles de l’octroi d’une subvention du ministère de la Santé pour ce projet, un mois avant cette échéance électorale au résultat incertain. En effet, son montant de sept millions de francs était bien inférieur à la demande et, de ce fait, augmentait d’autant le coût du loyer qu’aurait dû payer la clinique. Ce qui, à l’évidence, plombait un peu plus le projet de rapprochement hôpital-clinique.
Mais l’essentiel n’a-t-il pas été de permettre à Michel Cartelet de passer le cap des municipales ? Au terme de cet entretien avec le directeur de l’ARH, les membres du Comité de défense ont tenu à réaffirmer qu’ils resteraient vigilants et prendraient d’autres initiatives pour obtenir le maintien du pôle de santé à Romilly avec la médecine, la maternité, les urgences, la chirurgie avec tous ses lits et son personnel, ainsi que la création de postes à l’hôpital public

La droite a soif de revanche

A dix mois des élections présidentielles le RPR se met en ordre de bataille, espérant qu’une possible victoire de Jacques Chirac aux prochaines élections présidentielles ouvrirait la porte à un retour en force de la droite à l’Assemblée nationale. Son but, balayer les résistances et les oppositions au vent de l’ultra libéralisme qui souffle sur le monde. La droite veut reprendre l’offensive et elle le fait savoir. Dans l’unité retrouvée, elle s’oppose en bloc à la loi Hue sur le contrôle des fonds publics accordés aux entreprises en menant une bataille d’obstruction au Sénat pour en retarder l’application. Elle vient ainsi d’en repousser le débat à l’automne, alors même que l’annonce de la fermeture de ses usines par le groupe Alcatel en démontre encore l’urgence pour les salariés et le pays. L’appel à serrer les rangs est également au cœur du Conseil national que le parti chiraquien tenait le week-end dernier et où Nicolas Sarkozy est apparu en candidat au poste de Premier ministre, présentant les grands axes de son programme. L’ancienne étoile du balladurisme a cru bon de rappeler , pour ceux qui l’auraient oublié que : « La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose. Moi, j’ai toujours été de droite. » Et de décliner quelques propositions «  à la carte » , d’un programme de la droite qui se veut «raisonnable » mais « sans complexes »,


« généreux » mais « clair ». Ce qui est sûr, c’est que son application, en cas de retour de la droite au pouvoir, se traduirait par de nouveaux reculs des acquis sociaux et des droits des salariés et du peuple français. Ainsi, « le caractère obligatoire » des 35 heures et de la retraite à soixante ans serait « supprimé ». Dans la foulée, le maire de Neuilly annonçait que le recul social de 1993 concernant l’allongement de la durée de cotisation pour avoir droit à la retraite serait généralisé et étendu aux agents de la fonction publique, et que la privatisation d’EDF serait entreprise sans tarder. Enfin, exploitant la vague des peurs et angoisses qui monte face aux problèmes d’insécurité, il prône des solutions aussi démagogiques que réactionnaires comme des quartiers d’isolements, les « internats », pour les jeunes délinquants, ainsi que la suppression des allocations familiales à leurs parents. Les candidats de la droite qui se sont déjà déclarés pour la présidentielle, comme François Bayrou ou Alain Madelin, sont par ailleurs invités par le ténors du RPR à se ranger, en vue du second tour, sous la bannière de la lutte contre ce qu’Alain Juppé dénonce comme le « social-étatisme » de la gauche. Un avertissement pour cette dernière, qui ferait bien de moins écouter les sirènes sociales libérales et concrètes que les gens souhaitent.

 

Pour une grande rasade de soleil avant l’automne,
retrouvons nous à
La Fête de l’Huma
les 14,15 et 16 septembre
Parc de la Courneuve-Espace fêtes
Spectacles : Patrick Bruel, Compay Segundo, Manu Chao, soirée salsa, nuit techno, fest-noz géant, nombreux concerts, expo, village du livre, etc.
Au stand de l’ Aube :
Auberge Champenoise
son champagne,
sa poêlée auboise.
Pour acheter la vignette : 03.25.73.43.40

Humeur

Ubu maire

La semaine dernière, Jean évoquait les platanes et les arbres «qui deviennent plus grands que nature» sous l’effet des modifications climatiques.
Les arbres courent un aussi grand péril pour peu qu’ils prospèrent en bordure des voies carrossables. Ils furent plantés là, m’a-t-on dit un jour, sur ordre de Napoléon pour indiquer, en période hivernale - beaucoup plus boueuse et neigeuse à l’époque - les routes à ses armées.
Depuis peu, circule en effet l’idée que, pour diminuer les accidents de la circulation, il suffirait de couper les arbres en bordure des routes. La demande fut même formulée récemment au Conseil général de l’Aube. Fort à propos, le président Adnot, faisant pour une fois preuve de sagesse, débouta le conseiller général «platanicide».
Dernièrement dans le sud de le France, 96 platanes centenaires ont succombé aux assauts des tronçonneuses au prétexte que l’un des leurs se serait trouvé sur la trajectoire d’un motard qui voulait franchir le mur du son. Le maire vengeur de la commune a voulu faire un exemple : un platane responsable - encore est-ce à démontrer - 96 qui vont se retrouver transformés en contreplaqué chez Ikéa ! Qu’on se le dise !
On eu pu, en l’occurence, se prendre à réver que le motard fracasse son engin contre la maison de l’ubuesque édile. Crac, la maison rasée ! Et tout le quartier avec pour faire bonne mesure !

Alain Keslick

Les salaires des dirigeants de société

Un gérant de SARL employant moins de dix salariés perçoit en moyenne un salaire net de 150 000 francs par an, tandis que le salaire net annuel d'un PDG de société anonyme de plus de 200 salariés atteint 1 million de francs.
Le salaire des dirigeants dépend fortement de la taille de la société. Les dirigeants employant moins de 10 salariés perçoivent en moyenne 180 000 francs nets par an, contre 990 000 francs pour les dirigeants d'une entreprise de 500 salariés et plus.
Les écarts de salaire entre hommes et femmes sont plus importants parmi les dirigeants que chez les salariés. Le salaire du dirigeant le mieux rémunéré d'une SA, assimilé au PDG, est en moyenne de 400 000 francs; celui des autres dirigeants employés de SA, considérés ici comme des directeurs généraux (DG), est de 330 000 francs. Quant à la rémunération moyenne des PDG, elle se situe aux alentours de 320 000 francs par an dans les sociétés anonymes de moins de 20 personnes.
A l'autre extrémité, le salaire des PDG de sociétés anonymes employant plus de 500 salariés atteint 1,3 million de francs. Un clivage homme/femme très marqué Moins de deux dirigeants sur dix sont des dirigeantes, alors que les femmes représentent 45% de l'ensemble de la population active ayant un emploi au recensement de 1999.
Une gérante gagne en moyenne 24%de moins qu'un gérant alors que cet écart est de 20 % pour l'ensemble des salariés. Pour les PDG, l'écart se creuse encore, les femmes percevant 30% de moins que les hommes. Si on élimine les effets de secteur d'activité, de taille et de forme juridique, le salaire des dirigeantes reste de 20 % inférieur à celui des dirigeants, ce qui est bien supérieur à ce qui est constaté pour l'ensemble des salariés (12%). Comme pour l'ensemble des salariés, le salaire des dirigeants croît avec l'âge.