La Dépêche de l'Aube n°615 du 5 Juillet 2001.......La Dépêche de l'Aube n°615 du 5 Juillet 2001

La dépêche de l'Aube n°615 du Jeudi 5 juillet 2001

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SMIC

C'est insuffisant !

 

Non, l'augmentation du SMIC de 4,04% n'est pas satisfaisante Parler de "coup de pouce" pour 0,2% de mieux est même choquant: sur 3 ans le SMIC a augmenté de + 8,69%, alors que intérêts et dividendes grimpaient de + 28,8%, soit + 9% par an.
Les salariés ont besoin et sont en droit d'exiger une revalorisation bien plus forte.
C'est une question de justice sociale. Parce qu'avec le salaire, c'est de la vie des individus qu'il s'agit et, avec les profits qui explosent, on est en droit d'exiger une meilleure répartition des richesses. C'est une question d'efficacité économique. Parce qu'on a besoin de consolider la croissance, de la rendre saine et durable. Et pour cela ce sont les capacités humaines qu'il faut développer.
Or, le SMIC a augmenté moins vite que la croissance ces 10 dernières années, moins vite que la productivité et beaucoup moins vite que les intérêts et dividendes servis aux actionnaires.
Et le bas niveau du SMIC sert de prétexte au maintien d'un bas niveau des minima sociaux. Il y a une massification des bas salaires, de la pauvreté salariale, contradictoire avec les besoins d'une économie moderne. Il y a cette anomalie dans la mise en place des 35 heures qui conduit à un SMIC à plusieurs vitesses. Le patronat assène l'idée que l'augmentation du SMIC et des salaires tue l'emploi. La vérité, c'est qu'elle concerne lesprofits, pas l'emploi.


On est devant la même logique boursière que pour l'emploi: c'est la gestion boursière des entreprises; c'est la promotion des marchés financiers qui tuent l'emploi et qui motivent la pression sur les salaires. C'est avec cette logique que, depuis 20 ans, la part des salaires dans l'ensemble des richesses produites (la valeur ajoutée) a baissé de 10 points. Et il n'y a pas de rattrapage depuis 97. D'ailleurs, dans la déclaration commune PC-PS de novembre 2000, le PS en avait pris acte et avait pris des engagements. Visiblement il y a, sur ce plan là aussi, besoin de pousser à la roue. C'est la logique de cette politique salariale qu'il faut changer.
Il faut une nouvelle dynamique salariale pour une croissance saine et durable riche en emplois stables et qualifiés.
Et cette dynamique est partie prenante des luttes et des propositions pour un nouveau statut salarial, vers une sécurité d'emploi et de formation permettant une mobilité choisie, et l'évolution des salaires et des qualifications. Cela concerne la politique gouvernementale et le patronat. Cela concerne aussi l'action des salariés - des ouvriers aux cadres - pour les salaires, pour l'emploi, pour conquérir des pouvoirs dans la gestion des entreprises.
Comme pour l'emploi, les communistes sont mobilisés pour ces propositions, pour en débattre, pour améliorer et pou aider les salarier à marquer des points .

Fonds publics

Des droits nouveaux

La loi sur la mise en place de commissions de contrôle et d'évaluation des fonds publics attribués aux entreprises, dite loi Hue, a été adoptée le 21 décembre 2000. Le décret d'application a été publié le 6 juin dernier. Cette loi répond à la double exigence de contrôler, dans la transparence, l'utilisation des fonds publics et d'évaluer leur efficacité en fonction d'objectifs d'emploi, de formation et de développement équilibré des territoires.
Création d’une commission nationale et de commissions régionales des aides publiques aux entreprises
Elle crée deux nouvelles institutions en France: "une Commission nationale des aides publiques aux entreprises" et vingt-deux "commissions régionales des aides publiques aux entreprises" qui, dès les semaines à venir, vont pouvoir se mettre en place et commencer à travailler. Composées d'élus, de représentants syndicaux, patronaux et de l'État, de personnalités qualifiées, notamment du monde associatif ainsi, de nouveaux acteurs sociaux comme, par exemple, les représentants des associations de chômeurs, devraient y trouver toute leur place ces commissions permettront d'engager un examen systématique des politiques de l'emploi et de leur financement, un contrôle et une évaluation de l'efficacité, en regard d'objectifs sociaux, de l'utilisation des fonds publics attribués aux entreprises.
À partir du bilan annuel réalisé par ces commissions, un débat national et décentralisé va pouvoir s'instaurer sur les politiques de l'emploi, l'utilisation des fonds publics qui y sont


consacrés et sur des propositions nouvelles qui pourront être avancées.
Cette loi introduit également des droits nouveaux pour les comités d'entreprise, les délégués du personnel et pour les élus de terrain. Ainsi, dorénavant, les maires ou les comités d'entreprise seront en droit de saisir la Commission nationale pour faire la clarté sur tous les fonds publics qui ont été accordés à une entreprise. Ces informations seront obligatoirement transmises à celui qui l'aura saisie.
Elle ouvre également pour les salariés un droit nouveau important permettant d'engager une procédure contre des directions d'entreprise irresponsables en matière d'emploi, de formation et de traitement des territoires où elles sont implantées. Cette procédure, qui pourrait aboutir à une suspension ou un remboursement des aides reçues, doit prendre en compte les engagements de l'entreprise, mais aussi les propositions des salariés en matière d'emploi.
Enfin, cette loi réactive l'obligation faite aux entreprises de fournir chaque année au comité d'entreprise "un rapport écrit sur les aides ou les avantages financiers consentis à l'entreprise par l'État, les régions et les collectivités locales et leur emploi". Avec cette loi et malgré une inclination à faire prévaloir des "verrouillages étatiques", introduits dans le décret, sur le contrôle et l'initiative citoyens, il s'agit de commencer à libérer l'intervention des salariés et des populations, notamment sur l'utilisation des fonds mis à la disposition des entreprises par la société

Pôle de santé

Joë Triché répond à Michel Cartelet Le rassemblement est plus nécessaire que jamais .

Alors qu'un sujet comme celui de la défense du pôle de santé de Romilly ne devrait pas être l'objet de polémique politicienne, Michel Cartelet, comme à son habitude, attaque ceux qui prennent des initiatives pour permettre à la population et aux personnels de santé d'exprimer ensemble leurs exigences, à savoir : le maintien dans notre ville de l'activité de chirurgie avec tous ses lits, tout son personnel et un plateau technique de qualité, ainsi que la création d'emplois à l'hôpital. Pour justifier son refus de participer au Comité de défense, créé à l'issue de la réunion du 14 mai dont j'avais pris l'initiative, il prétend ne pas avoir été invité. Quelle mauvaise fois ! Tous les communiqués de presse annonçant nos réunions invitaient toutes celles et ceux qui voulaient agir sur cette question.
D'ailleurs, dans l'intervention que j'ai prononcée au nom de notre Comité avant le départ de la manifestation du 26 juin, j'ai à nouveau lancé un appel en ce sens. Force est de constater que sur cette question de la santé, Michel Cartelet a décidé de travailler seul, ou plutôt qu'avec les actionnaires des cliniques privées ; la population n'étant jamais invitée à donner son opinion. Le dossier de rapprochement hôpital-clinique en est la démonstration. Aucun débat au Conseil municipal,

aucune initiative en direction de la population pour l'informer et solliciter ses avis. Dans la presse du 27 juin, il prétend que tout esten voie de règlement alors qu'à la récente assemblée générale de l'association Corail, il avait fait part de ses " vives inquiétudes " (CF. CR de la presse du 15/05]. Quand faut-il le croire ? Et que faut-il penser de ses projets ?
Celui du rapprochement hôpital-clinique est sérieusement remis en cause alors que 2,7 millions de francs ont été dépensés pour les différentes études, la solution parapublique permettant de garder la chirurgie à Romilly, elle a été rejetée par l'Agence régionale de l'hospitalisation. A vouloir toujours se passer de l'avis de la population et des acteurs concernés, on ne se donne pas tous les moyens de la réussite. C'est pourquoi, depuis le début de ce dossier, je me suis attaché à favoriser tout ce qui pouvait permettre le rassemblement et l'action. C'est dans cet esprit que j'ai proposé un vœu au Conseil général et le vote d'une délibération au Conseil municipal de Romilly, ce qui a conduit la presse à titrer dans son compte-rendu : «majorité et opposition ensemble pour la défense du pôle de santé». Alors pourquoi Michel Cartelet veut-il aujourd'hui introduire des polémiques et des querelles sur ce dossier ? Celui-ci n'en a vraiment pas besoin.


Joë Triché, conseiller général

Humeur

Gros temps

La météo pré-présidentielle est au gros temps. Les nuages plombés s’accumoncellent au-dessus de l’Elysée. Va-t-on assister au déclenchement du fameux «F 6»[1], ouragan cataclysmique, Graal des météorologues et inédit sur terre de mémoire d’homme ? L’électricité statique entre le siège de la Présidence et le Parquet fait crisser les voltmètres. Les poils se hérissent, on s’énerve ; Jospin à l’Assemblée nationale, puis au Cnit qui fourche de la langue et lapsusse «trotskyste» quand il veut dire «travailliste» ; Roland «Belles-Pompes» Dumas et Le Floch-Prigent promettent à certains des sommeils agités ; Pasqua ne vient à Paris que le week-end quand les cabinets des juges d’instructions sont fermés. Bref, comme avant l’orage, on rentre le linge, les poules et la grand-mère et on ferme les fenêtres. Dans sa cage de Faraday, modèle breveté «Constitution», Jacques Chirac s’isole des foudres judiciaires et des tonnerres médiatiques : les HLM de Paris, les emplois fictifs du RPR, les lycées d’Ile-de-France, tiens, fumes, c’est du belge.
Même si la justice se garde-à-vouse devant le planton moustachu de l’Elysée, les gens bavardent. Ils parlent des voyages de l’ancien maire de Paris : 240 millions de centimes payés en liquide, prélevés dans on ne sait trop quel bas de laine secret. Et puis l’on évoque les menues lubies du futur président : «Achètes-moi une usine de chaussures à Egletons en Corrèze» demande-t-il à une copine qui, illico, sort son carnet d’adresses. Et pof, André Guelfi, dit Dédé-la-Sardine, alors patron du Coq Sportif, exauce. «On m’a dit que cela ferait plaisir au député de la circonscription, Jacques Chirac» angélise la sardine qui voulait faire plaisir à son Huile. d’huile comme la mer avant le coup de tabac qui prend l’homme.

Alain Keslick

(1) Ouragan de force 6 sur l’échelle de Fujita.
Modélisé sur informatique et «théoriquement» possible,
l’énergie cynétique produite par ses vents soufflant à plus de 600 km/h rendrait un
brin de paille aussi dangereux qu’une balle de fusil
.

Concert symphonique et populaire

Quand un homme politique fait une dépense de prestige on dit qu'il se paie une danseuse. Celle de Philippe Adnot, s'appelle l'Orchestre Symphonique de l'Aube. Elle est superbe ! Le second concert, donné dimanche matin devant un théâtre de Champagne bien rempli, a été d'une qualité à adoucir les réticences des censeurs les plus virulents. Il est vrai que le choix des oeuvres, le talent du chef, Gilles Millière, la qualité des interprètes, tous sortis de la cuisse d' Euterpe, y sont pour beaucoup. Rossini, Grieg, Waldteufel et Dvorak ( prononcer Dvorjak), sont des auteurs populaires au vrai sens du terme (qui plaisent à une majorité). Les raffinés penseront que Waldteufel et ses valses viennoises n'ont pas leur place dans ce concert. Ils auront tort car la musique de ces ténors de la belle époque (les Strauss , Lanner, LeharS) vaut par son élégance et sa grâce.
Rossini fait partie des grands auteurs malgré sa réputation de facilité et de brillance. Son ouverture de Guillaume Tell est une symphonie de poche en 4 mouvements. On commence par un lever du jour avec violoncelles suivi par la violence de l'orage avec tonnerre, tam-tam incorporé et gouttes d'eau en trompe-l'oreille. Une sereine sérénade suit où les bois chantent (flûtes, hautbois, charme, chêne etc.). Tout cela débouche sur le célèbre galop bien dans la manière de Rossini, étincelante, pétillante, véloce, avec gonflement des poumons dans les trombones, chevauchée fantastique du téméraire Guillaume Tell allant gauler les pommes et mettre sa raclée à Gessler.
Edvard Grieg incarne, dit-on, l'âme de la Norvège. Son Peer Gynt est un héros rêveur et charmeur, un héros quelque peu irresponsable comme un Don Juan de banlieue. Mais la musique de Grieg vous tire les larmes du coeur.

Musiciens et chef d'orchestre sont émus de la même façon. C' est une musique larmophile, soyeuse et chatoyante. Avec Dvorak, on peut s'éponger, le peuple entre en scène. Ses danses slaves ne sont pas tirées directement du folklore, elles sont génétiquement « reconstituées » par l'auteur. Les voilà plus vraies que les vraies. Elles sont espiègles,légères, court-vêtues, frivoles, aériennes et en même temps terrestres et racées. C'est toute la grâce d'un peuple, son génie, ses fantasmes, ses amusements, ses bourrasques qu'on entend. Le public, divers, réconcilié, communiant dans une même fête des sons et des rythmes, applaudit à tout rompre, heureux qu'il est des grêles de notes qu'il reçoit, corrigées cependant par les vagues tendres des violons. Ce qui enchante encore dans cette magnifique prestation de l' Orchestre Symphonique c'est la présence de nombreux jeunes talents férus de musique. Ces virtuoses, des enfants encore, ont fermé la télé et ouvert les méthodes. Ils ont accepté le fouet de la technique, la geôle des gammes, l' étuve de la forge dans laquelle on bat le cuir des grandes partitions. Mais si ! le monde est jeune et beau, je vous le dis, puisque je viens de l'entendre. Certains ont critiqué le dernier article de la Dépêche dans lequel je demandais comment était employé l'argent du contribuable. Qu'on me pardonne cette grossièreté : il ne faut pas mêler l'or et l'art sans doute mais j'aurai du mal à me guérir en vieillissant. Donc je dis et répète que j'aime cette initiative qui consiste à donner à entendre une musique raffinée au plus grand nombre : la qualité à la quantité. Mais il faut faire en sorte que ce choix ait des retombées sur la formation des jeunes et les écoles municipales de musique de tout le département.

Jean Lefèvre

 

 

Festival en Othe

On le croyait ad patres, il revit. C'est le joyeux festival en Othe, 11e édition. Il est vrai que la 10e année est toujours difficile à passer. Les budgets enflent, les recettes se dégonflent. Mais une autre équipe de direction s'est mise en place. On n'espère plus que le beau temps. 150 artistes nous réjouiront les yeux et les oreilles. Le thème des festivités sera l'itinérance ce qui correspond au métier des artistes voyageurs, migrants et transhumants. Comme tous les ans le Festival touche les Pays d'Othe et d'Armance avec 40 communes visitées, entre Troyes, Auxerre et Sens.
Le Pass' festival coûte seulement 490F et l'abonnement à 5 spectacles, 310F
Dates : du mardi 10 juillet au samedi 21.


Les artistes : Tous les genres seront représentés : la musique reggae (Djoloff), le théâtre de papier(lecucq), la chanson( Petites faiblesses, Gérard Fardet, les Octaves, la TordueS) l'opéra (Carmen), la danse, le rock, les musiques nouvelles, l'art choral, la guitare en quatuor, l'accordéon (Marc Perrone), le cirque etc. Il y aura des spectacles carrément adultes et d'autres juvéniles. Il y aura des soirée cabaret, des scènes découvertes, des expositions, des stages et plein de surprises. Vous le voyez, le pays vit et se bat. La culture inonde les capillaires de la campagne. On ne se nourrit pas que de soupe, comme disait le mot d'ordre du Salon du livre de Montreuil. On se nourrit aussi de chansons, de spectacles, de plaisirs d'idées et de passions .

Jean Lefèvre