La Dépêche de l'Aube n°750 du Jeudi 5 février 2004 La Dépêche de l'Aube n°750 du Jeudi 5 février 2004

La dépêche de l'Aube n°750 du Jeudi 5 février 2004

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Retraite
40 annuités
400 000 salariés grugés

L’application de la loi Fillon aux salariés ayant déjà cotisé plus de quarante annuités pour la retraite est un scandale.
Les médias en parlent peu : raison de plus pour alerter. De quoi s'agit-il ? De centaines de milliers de femmes et d'hommes qui se sont épuisés au travail et croyaient avoir compris que la loi Fillon sur les retraites permettrait d'accéder sans tarder à un repos mérité.
Alors que la réforme gouvernementale réduit les droits du plus grand nombre, cette mesure était présentée comme une des rares concessions positives. Huit cent mille salariés devaient être concernés. La CFDT en avait fait une des raisons de son repli en pleine ascension du mouvement social au printemps dernier.
Or, c'est un marché de dupes ! Près de 400 000 salariés concernés seront privés de ce droit. Plus grave encore: les restrictions inscrites dans les décrets d'application pour justifier cette exclusion introduisent des modifications lourdes de la jurisprudence sociale. Ainsi, les annuités cotisées par l'UNEDIC sont distinguées pour exclure du calcul les périodes de chômage!
Et tout à l'avenant, chaque texte gouvernemental est en ce moment utilisé pour bouleverser en profondeur le Code du travail. L'attaque est globale.
S'ajoutent les conséquences de la réforme d'indemnisation du chômage : là aussi, des centaines de milliers de travailleurs sont poussés vers la pauvreté. Au même moment, entre en vigueur le nouveau régime de l'intermittence, pourtant si largement condamné. Combien de salariés du spectacle seront-ils largués à cette occasion ? La CGT parle de 30 000. Auditionné par la mission parlementaire sur les métiers artistiques, le ministre de la Culture a rétorqué à propos de ce chiffre un laconique "je ne veux pas le croire"! Un peu léger, tout de même.

À l'hôpital, toutes les professions sont en état d'alerte. Dans le monde de la recherche, plus de vingt mille signataires crient au feu, les menaces de démission se multiplient. Et le monde salarié, public ou privé, n'a pas encore totalement réalisé ce qui l'attend si les préconisations du rapport Virville étaient mises en œuvre : la fin du contrat à durée indéterminée au profit de la généralisation de la précarité, pour les moins comme pour les plus qualifiés.
La machine à déréglementer et à exclure est en marche, et le pays se prépare à de graves catastrophes humaines et économiques si ce train d'enfer piloté par le Medef n'est pas stoppé au plus vite. En attendant, les marchands de désespoir se frottent les mains. Voilà pourquoi les communistes ne se résignent pas. Alertent. Mobilisent. Proposent

LDA.

Les communistes ont été les seuls à proposer un projet de réforme alternatif à celui de Fillon. Le projet communiste proposait notamment :
-le retour aux 37,5 années de cotisations et le calcul des droits basé sur le salaire moyen des 10 meilleures années de la carrière
-la possibilité pour ceux qui le souhaitent de choisir librement, moyennant toutes les garanties nécessaires, le moment auquel ils veulent interrompre partiellement ou en totalité leur activité professionnelle.
Dans ce cadre :
-tous les salariés ayant déjà cotisés 40 ans, notamment ceux ayant exercé des travaux pénibles ou contraignants, doivent pouvoir faire valoir leur droit à la retraite à taux plein dès 55 ans

OPA SANOFI-AVENTIS Les gâchis du système

L’annonce de l’OPA hostile de Sanofi-Synthélabo sur Aventis fait l’effet d’une bombe.
Près de milliards d'euros jetés en Bourse ! Excusez du peu, le laboratoire français, aujourd'hui à la quinzième place mondiale, mobilise pour se hisser dans le trio de tête un trésor de guerre qui pèse cinq fois le déficit de l'assurance maladie. De quoi méditer sur les vrais gâchis du système.
La guerre entre les groupes est déclarée, l'Élysée et Matignon ont semble-t-il donné leur bénédiction. Le coût de ces opérations est faramineux. Le Figaro répertorie les trente dernières opérations menées dans le monde dans le secteur depuis 1989. Total des sommes mobilisées: 425 milliards de dollars !
Pour quel objectif ? Grandir, encore grandir, mettre la main sur le plus grand portefeuille possible de molécules en développement. Sanofi jure ses grands dieux qu'elle veut éviter les suppressions d'emplois et qu'en matière de médicaments il n'y a pour elle "ni petits pays ni petits produits". Mais elle ajoute aussitôt que les enjeux pour réussir la fusion s'appellent "rentabilité", "recentrage sur les projets les plus prometteurs", "optimisation des grands lancements de médicaments", notamment aux États-Unis et au Japon.
Les cent mille salariés des deux entreprises, les vingt-cinq mille salariés français et leurs syndicats ont donc mille fois raison de s'inquiéter de la facture sociale et sanitaire d'une telle opération. Une fois de plus, au lieu d'aller au développement des équipes de recherche et des savoir-faire, au financement de coopérations


internationales permettant l'accès de toute la planète aux traitements des maladies endémiques, des sommes colossales vont être englouties dans la guerre des marchés, dans la rentabilisation d'OPA financières totalement déraisonnables.
En quelques jours, les Français viennent de voir défiler sur leurs petits écrans toute l'absurdité d'un monde capitaliste piloté par les intérêts de la mondialisation financière. Vendredi, le ministre de la Santé culpabilisait les Français à propos du déficit de l'assurance maladie. Connaissait-il alors le montant de l'OPA de Sanofi ? Samedi, des spots télévisés appelaient à la générosité du public pour combattre la lèpre. Dimanche, les conseils d'administration d'actionnaires de Sanofi donnaient leur feu vert à l'Opa sur Aventis.
Et pendant ce temps-là, comment se porte la première fortune de France (13,5 milliards d'euros) ? Tout va très bien pour elle, merci. Mme Bettencourt espère bien que l'Oréal, actionnaire de référence de Sanofi, gagnera la bataille. Quant à son héritière, sa fille unique, titulaire de la donation-partage depuis 1992, elle attend sereinement de prendre le relais.
Un livre récent consacré aux "deux cent familles qui possèdent la France" nous l'assure: aimant peu l'exposition médiatique, elle se consacre à l'éducation de ses enfants et à ses passions, le piano et la mythologie grecque

Mercredi 3 Mars STE-SAVINE
Meeting avec Patrick LE HYARICK

Elections régionales et cantonales
Mercredi 3 Mars à la Maison pour Tous STE-SAVINE à 18 h 30 Meeting avec Patrick LE HYARICK Directeur de l’humanité membre de la direction nationale du PCF
Retenez votre soirée.

Soirée choucroute Samedi 28 février organisée par la section barséquanaise du Parti communiste français
Soirée choucroute organisée par la section barséquanaise du Parti communiste français Samedi 28 février à 20 h 00
Salle polyvalente de Bar-sur-Seine suivie d’une soirée dansante
Menu : Kir, entrée, choucroute, fromage, dessert, café
Adultes : 13 € Moins de 12 ans : 6 €
Réservations jusqu’au 23 février auprès des militants ou 03.25.73.43.40.
Assemblée-débat avec un(e) dirigeant (e) national (e) du PCF à partir de 18 heures.
Humeurs

...Honnêtes !
ls n’ont pas agressé une femme dans la rue pour lui prendre son sac. Ils n’ont pas mis le feu dans les poubelles de l’immeuble. Ils n’ont pas molesté un commerçant du centre ville. Ils n’ont pas payé le magasin d’usine avec un chèque en bois. Ils n’ont pas traité les policiers de voyous. Ils n’ont pas emprunté la voiture d’un voisin pour aller faire un tour. Ils ne sont pas drogués que je sache. On ne les a jamais vu porter le foulard. Ils n’ont pas tiré les sonnettes ni maraudé dans le verger du voisin, ni craché par terre.
Ils ont simplement détourné quelques millions pour leur parti, même qu’ils n’en ont pas profité eux-mêmes.
Certains ont même donné cent balles à l’abbé Pierre.
Il faut donc les saluer avec amitié, proclamer leur honnêteté foncière, dire que ce sont des Français au-dessus de tout soupçon. Et puis ce sont des hommes après tout. Ils souffrent comme vous et moi. Ils ont femme et enfants. On ne va tout de même pas accabler ces honnêtes citoyens.

Malicette

Ecoutez-voir......

Ecoutez-voir..
... Mondialisation
Un ami m'a rapporté de Pologne une plaquette sur la production fruitière polonaise. Les pommes les plus cultivées là-bas sont la Golden, la Starking, la Jonagold , l'Idared, etc. fruits issus de la botanique ou des méthodes de production d'outre-atlantique.ts et leurs usages, parlent anglais, cultivent américain, investissent yankee et font partie de ce grand damier mis en place par les Etats-Unis, gendarmes et prêcheurs du monde mondialisé.


Jean Lefèvre


... 65 ans après
Le S.T.O (Service du travail obligatoire), instauré pendant la dernière guerre sous l'occupation nazie et le régime de Vichy, consistait à fournir aux barons de forge " (déjà européanisés) des trains d'esclaves très bon marché, gratuits même. Les réfractaires traqués par la police (française) n'avaient d'autres ressources que la clandestinité, la résistance.
Le R.M.A (revenu minimum d'activité (la langue française est pleine de subtilité) consistera aujourd'hui à fournir mais oui ! toujours aux mêmes, les mêmes "produit".
Le fantôme du maréchal, qui pense toujours à nous, fait distribuer actuellement par ses disciples, une médaille miraculeuse dans certaines églises avec le sigle T.F.P ( Tradition Famille Propriété). Tiens, tiens !
Mon oncle Max, résistant FTPF, massacré par les nazis et leurs complices, me souffle du fond de son tombeau : "T.F.P, travail, famille, patrie. On en est revenu là ! Mais qu'est-ce que vous avez foutu !!"
Tu as raison mon oncle, on va se reprendre.

M Joulain

.
... Honte au fuyeur
Elle a 17 ans, est élève au Lycée E. Herriot. Comme elle habite près des Vassaules, c’est un long trajet à faire en bus, matin et soir. Pas sans risque, la preuve.
Ce matin là, vers 7h10, elle traverse au passage protégé. La petite silhouette est verte sur le feu, c’est donc bien à elle de passer. En face, le car arrive à son arrêt. Alors qu’elle est déjà engagée, une auto démarre, la bouscule, la renverse... et repart.
Menton fendu, côtes douloureuses, la jambe abîmée, notre lycéenne se relève, toute seule et parvient à prendre son bus, où le chauffeur, gentiment, lui demande si elle n’a pas trop mal. Arrivée au lycée, ne se sentant pas bien, elle avertit ses parents. Le docteur à l’hôpital qui la soigne, prescrit 5 jours d’absence. Plainte est déposée. Le policier estime le chauffeur en tord, aggravé du délit de fuite. Depuis le silence. Pas de témoins ? Bizarre. L’enquête ne donne rien.
Quelle image peut avoir une jeune fille de 17 ans de cette indifférence à sa souffrance et de la fuite de celui qui n’a pas voulu «perdre» quelques minutes pour la relever ?

«Hitler : la naissance du mal»
ou la falsification de l’histoire

La «reconstitution historique» (Hitler la naissance du mal) diffusée ce mercredi 28 janvier, par TF1, serait selon certains critiques, une réussite.
Sans doute convient-il de ne pas trop s’étendre sur le choix des propos prêtés aux différents protagonistes, ni non plus, au choix des comédiens, d’ailleurs excellents, interprétant ces protagonistes, mais il en va différemment à propos du soin apporté à occulter tout ce qui pourrait laisser apparaître que les communistes sont les premiers, voire les seuls lors de cette période, à s’opposer à la «résistible» ascension du nazisme.
Cette courte période, (1919 à 1934), a rarement été abordée par les médias et si l’on évoque, au cours de ce téléfilm, l’apparition des camps de concentration, on omet soigneusement de préciser que les premiers hôtes de ces camps furent les communistes allemands.
De la même façon on évoque, brièvement, l’incendie du Reischtag en ne précisant pas que cet incendie fut l’oeuvre des nazis, dans le but essentiel d’en accuser les
communistes, pour justifier la répression qui s’abattait sur eux. Mais ceci, sans doute, serait insuffisant pour démonter le parti pris de falsification des auteurs. Aussi, pour ne laisser personne dans le

doute, ces auteurs ont jugé utile d’ajouter quelques commentaires écrits qui sont censés résumer la fin de l’histoire.
Ces commentaires sont, on ne peut plus édifiants et les pauvres télespectateurs qui n’auront que cette mouture pour connaître la fin tragique de cette histoire ne sauront jamais que des dizaines de milliers de communistes, avec d’autres, ont été les victimes du nazisme. Ils ne sauront pas, non plus, que plus de vingt millions de soviétiques sont morts dans ce combat, qu’il y eut un tournant décisif qui s’appellait : Stalingrad, que le bunker, où Hitler se suicida, a été enlevé par les soviétiques qui furent les premiers à entrer dans Berlin.
Aujourd’hui, il est de bon ton, afin de ne pas passer pour un suppôt de Staline, faute de ne pouvoir en nier l’existence, d’occulter tout ce qui peut rappeler ce que fut cette période qui précéda l’effondrement du nazisme et ce mensonge par omission constitue, selon moi, une falsification pure et simple de l’histoire.


Robert Triché.

Débat sur le voile
Une manipulation et deux objectifs

Malgré les alertes, les mises en garde, la droite continue d’oeuvrer pour de bien tristes calculs à faire du débat communautaire le centre de la polémique nationale .
L'objectif est double : marginaliser la question sociale à un moment où gouvernement et Medef accélèrent un remodelage global de la société française; réduire le débat public à un affrontement entre adversaires de la République et remparts de sa défense, que la droite et sa loi sur le voile s'emploieraient à incarner.
La publicité avantageuse accordée tout au long du week-end aux manifestations organisées par un groupuscule islamiste pour la défense du port du voile est une autre illustration de cette dangereuse manipulation. Tous les observateurs s'accordent à reconnaître que les manifestations n'ont pas connu le succès annoncé. L'immense majorité des Français de confession musulmane ne sont pas tombés dans le piège. Mais dès vendredi dernier, des sources officielles faisaient circuler dans toutes les rédactions des chiffres alarmants, chiffres souvent repris sans distance et sans vérification après la tenue des défilés de samedi. Et même, parfois, avant. Le Parisien annonçant dès vendredi à la une plus de dix mille manifestants à Paris et de possibles débordements sous ce titre évocateur : " La manif qui fait peur ".

Et que dire de la destruction criminelle de la voiture du préfet Aïssa Dermouche? Veut-on faire de l'affrontement communautaire le cœur du débat politique national? Honteusement visé, le nouveau préfet du Jura voit en quelque sorte se retourner contre lui le boomerang lancé par Nicolas Sarkozy parlant à propos de sa nomination de " préfet musulman ", au mépris de tous les usages républicains. C'était dans l'émission " Cent minutes pour convaincre " où le ministre avait ce jour-là choisi ses ennemis: Jean-Marie Le Pen et Tariq Ramadan. Décidément, on ne joue pas impunément avec le feu.
À qui profitent en effet toutes ces surenchères, sinon aux extrémistes islamistes eux mêmes, au Front National qui espère bien en tirer profit, et à la droite qui croit pouvoir ainsi échapper à la condamnation de sa politique dans les milieux populaires ? La mise en scène est conçue pour durer le temps d'une campagne électorale si possible. Le projet de loi sur le voile vient en débat à l'Assemblée dès le 3 février (quelle célérité!) et les organisateurs des manifestations de samedi veulent remettre cela le 7 février.
Va-t-on laisser faire ? Ou bien briser ce piège, secouer le scénario électoral qu'on veut nous imposer ?

Théâtre ...
Oates, Molière, Siméon, du beau théâtre à satiété.

La saison théâtrale déborde de chefs d’oeuvre, on dirait.
Il y a d'abord eu la belle prestation du TPC à Gérard-Philipe, et son "En cas de meurtre" qui dénonçait la télé-réalité, et ses assassinats psychologiques à l'écran. (Voir D.A N° 749)
La Cie HUMBERT
Il y eut ensuite le travail remarquable de la Cie Humbert avec un Molière qui l'aurait mérité… le Molière. "L'Illustre Molière" de Michel Humbert se proposait de montrer la vie du comédien du Roy, ses difficultés, ses amours, ses pertes et profits. Mais Michel Humbert, auteur et metteur en scène, avait avant tout, je crois, l'ambition de mettre à nu la vie des gens de théâtre, autant que l'ambition pédagogique de montrer le parcours heurté de Jean-Baptiste Poquelin. Ses textes apportent un éclairage philosophique sur le métier des comédiens, intermittents toujours et jamais satisfaits, désirant plaire au public sans perdre leur âme. Débat toujours actuel. Dans cet "Illustre Molière", les comédiens mènent dans un train d'enfer leur affaire à grand fracas et force hilarités. Pourtant la mort de Molière dans son fauteuil est un moment d'intense émotion. La talent de J.Michel Frémont y est sans doute pour quelque chose ! Il est entouré de comédiens qu'on aime pour leurs facéties, grimaces, déguisements, clins d'yeux et tous leurs etcetera . qui tempèrent notre mélancolie. Citons Pascal Broché, Anne-Laure Lemaire, Claire Vrinat, Guillaume Perrin ou Anthony Brutillot.
LA STRADA
Un autre spectacle miraculeux est cette création de LA STRADA, "La Fabrique du Monde" de Jean-Pierre Siméon. La Strada qui poursuit sa route pleine de surprises et de rencontres a pignon sur rue à Troyes. Catherine Toussaint a su tirer les vers et le suc du nez de la poésie de J.P. Siméon. Évidemment ça fait peur la poésie, surtout quand elle parle du monde tel qu'il est, plein d'ombres et de merde (1), de misère et d'enfants qui n'ont jamais vu la mer. Siméon et la Strada font leur appel du Trocadéro à leur manière, en poètes qui veulent enchanter en connaissance de cause. Ils ne sont pas caritatifs, ils ne tendent pas de sébile, ils ne recueillent pas les sous qu'on donnera ensuite à un

Crozemarie. Ils ne veulent pas une poésie ni un théâtre cache-sexe, cache-misère, cache-monde. La misère du monde, pour certains, ne serait-elle qu'un "détail", alors qu'elle est la preuve ostensible, irréfutable du malheur de vivre en mondialisation.
La pièce ainsi éclairée peut déployer ses charmes et dévoiler ses batteries. Un cirque a planté sa tente, un élégant portique, des cordes. Les 4 artistes cabriolent, chantent, grimpent, disent. Ils sont accrochés à la barre du haut, la tête en bas, comme quoi ils se moquent du monde plat et de ses règles respectables.
Divertissement à la fois joyeux et risqué. Comme la vie. Comme la vie des gens qui perdent leur travail et leur identité.
La beauté des gestes, des voix, des textes et l'aléatoire, le fragile vivent côte à côte. L'artiste n'est-il pas un être précaire ? Un travail étonnant a permis ce miracle. D'abord nous avons affaire à de véritables acrobates sans cesse en danger, à des acteurs sans cesse en verve, à des chanteurs sans cesse en intelligence musicale. Car ils chantent sur une musique belle et difficile. Et si j'avais su que cette musique fut si belle, je l'aurais écrite. Elle est de Lyonnel Borel, musicien dièse qui sort des ornières du bruit de fond théâtral et donne aux acteurs un comédien de plus, une perspicacité supplémentaire. Et au public donc !
Merci à Catherine Toussaint qui a réalisé ce beau spectacle avec François Cancelli, Caroline Escafit à la voix superbe, Marie Seclet, et David Guillouart. La mise en voix de la musique a été réalisée par Sylvie Ponsot. Saluons aussi les enfants du collège, moins enfants que les acteurs car les enfants sont l'avenir d'un monde différent qui fabriquerait des lendemains qui chantent. Rien de sûr depuis le temps qu'on attend, mais Siméon le laisse entendre. C'est bon une petite voix qui crie qu'elle croit. Les enfants au rôle constructeur montrent du doigt les adultes qui font le pitre. Hé, vous là-bas, il y a tant d'ombre sur le monde !


Jean Lefèvre


(1) Ce qui est choquant ce n'est pas le mot mais la chose..

A vos souvenirs...

Grande grève textile 1921. Cantine des quartiers “bas”, tenue par les femmes grévistes.
Photo gracieusement offerte par Madeleine Chigot.

Grande grève textile 1921. Cantine des quartiers “bas”, tenue par les femmes grévistes