La Dépêche de l'Aube n°700 du Jeudi 20 février 2003 La Dépêche de l'Aube n°700 du Jeudi 20 fevrier 2003

La dépêche de l'Aube n°700 du Jeudi 20 fevrier 2003

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3000 manifestants place de l’Hôtel de Ville

La paix est passée par Troyes
La place de l’Hôtel de ville noire de monde. Ils étaient trois mille, toutes générations confondues, de toutes religions rassemblées, le peuple de gauche présent bien sûr mais pas uniquement, unis derrière la même banderole, applaudissant d’un même élan ceux qui de la tribune proclamaient un seul mot d’ordre :
NON A LA GUERRE.
Il y avait là une foule heureuse de se retrouver si nombreuse pour exprimer son refus de la guerre et fière de participer comme les millions de citoyens partout dans le monde à ce cinglant camouflet infligé à l'administration Bush.
Une foule silencieuse et recueillie lorsque Pierre Fabrice et Marie Hélène Ain du théâtre Populaire de Champagne ont lu avec talent de magnifiques poèmes de Paix. Puis joyeuse et virevoltante reprenant en chœur la chanson "l'erreur est humaine" du groupe Zebda, entonné capella par Philippe Cuisinier.
Le cortège coloré et bruyant qui traversait tête haute les rues de la ville de Troyes et qui grandissait et grandissait toujours faisait plaisir à voir. Et lorsque la manif arriva à son terme devant la bourse du travail, la foule peina à se disperser, comme si chacune et chacun avaient pris conscience qu'il venait de se produire quelqueschose de grand.
Une dernière clameur s'empara de la foule lorsque les organisateurs annoncèrent en clôture «C'est formidable, nous sommes plus de 3000 et l'on peut dire qu'aujourd'hui à Troyes aussi la paix a marqué des points"
Une seule voix pour la paix
Ce rassemblement qui incontestablement sera à ranger parmi les annales aux cotés des manifs troyennes les plus réussis, doit aussi une part de son succès à la volonté affiché des organisateurs d'y apporter quelques spécifités.
Il y a quelques semaines lorsque la fédération de l'Aube du PCF a lancé dans la presse un large appel aux partis politiques, syndicats et associations locales pour "réussir un grand rassemblement contre la guerre" la volonté avancée par les communistes était claire :
1° Pour la Paix, une seule voix, un seul mot d'ordre, tous rassemblés derrière la même banderole,


2° Dépasser tous les clivages politiques et religieux, pour cela la culture est le meilleur ferment. D'où le choix d'une partie culturelle.
A quelques exceptions près - deux partis d'extrême gauche qui ne souhaient ni s'unir derrière la même bannière, ni de partie culturelle - toutes les organisations qui ont répondu à l'appel ont travaillé dans cet esprit en apportant chacune leur point de vue dans la construction de ce rassemblement.
En ce sens l'esprit de responsabilité des co-organisateurs que ce soit la CGT, ATTAC, La Ligue des Droits de l'Homme, Le MRAP, FSU, MRC, ARAC, ADECR, est à saluer.
Il faut remercier également les étudiants de l'école d'art appliqué qui ont réalisé la banderole de la tête de manif, ainsi que les étudiantes qui ont exposé des œuvres de peintres irakiens et assuré la projection d'un film "l'Irak entre deux guerres".
Nul doute que la majeure partie des trois mille manifestants de ce 15 février à Troyes se reconnaitront dans ce puissant mouvement qui de Seattle à Porto Alégre en passant par Gènes et bientôt St Denis se mobilise pour la paix tout en refusant un monde façonné sous l'égide de l'impérialisme américain. Et si comme le dit l'éditorialiste de l'Humanité "empêcher, jusqu'au bout, le recours à la guerre en Irak, c'était déjà un peu changer la face du monde" C'est certain ce mouvement est porteur de beaucoup d'espérance. On peut compter sur les communistes pour y contribuer.

Jean-Pierre Cornevin

Les députés communistes dans la bataille des retraites

Les députés communistes dans la bataille des retraites
Les parlementaires communistes sont de ceux qui pensent que notre système par répartition est juste et a atteint ses objectifs, même s’il faut le consolider et renforcer son financement
. Nous entendons assurer la pérennité de nos régimes par répartition, dans la concertation et dans le souci de l’équité entre les générations, sans remettre en cause les régimes spéciaux. Nous ne pouvons être favorables à un allongement de la durée de cotisation, comme le demande le Médef et comme l’a récemment déclaré le gouvernement. Ce serait un recul de civilisation, d’ailleurs les françaises et les français n’en veulent pas non plus. Au contraire, ils souhaitent même, et ils ont raison, de diminuer l’âge du départ en retraite.
Des propositions à débattre
Nous avons des propositions et voulons les faire débattre et grandir dans le pays. Nous posons comme principe fondamental que le droit à la retraite est un droit pour tous. Nous défendrons des propositions qui correspondent aux attentes des salariés plus qu’aux sirènes de la finance et du capitalisme. C’est pourquoi nous avançons l’idée du droit à la retraite dès 37,5 années de cotisation et plus tôt encore pour celles et ceux qui ont travaillé jeune ou qui ont effectué des

travaux pénibles, le calcul sur les dix meilleures années, d’indexer les pensions de retraites sur les salaires, la préservation des régimes spéciaux. En outre, il faudrait prendre en compte les années d’apprentissage, voire les années d’études universitaires.
Ces propositions garantissent l’égalité de tous devant la retraite, la solidarité entre les générations. C’est le contrepied des tenants du libéralisme qui veulent un système reposant sur l’individualisme ou chacun pourrait avoir une retraite selon ses capacités à se la constituer. Avec le risque que cela comporte pour les pensions placées en bourse, l’exemple des Etats-Unis doit servir d’exemple.
Financement : déjà l’emploi
Concernant le financement, il n’y a pas plusieurs voies. La principale reste l’emploi. Une augmentation d’emploi, c’est autant de cotisants. Mais aussi il faut responsabiliser davantage les entreprises et mettre à contribution les revenus de leurs placements financiers qui ne contribuent en rien en faveur de la solidarité nationale. C’est cette logique que nous voulons impulser.

Extraits d’une interview de Muguette Jaquain, députée communiste.

Humeurs

Maniffe
Quelle belle, quelle grande, quelle joyeuse, quelle sérieuse maniffe ! On s’était donné rendez-vous sur le parvis de l’Hôtel de ville ce qui veut dire le paradis. Le paradis de la paix, avec même des gardiens de la paix déguisés en CRS. Une grande maniffe avec tête en fête à la Préfecture et queue à perpète. Avant le discours unitaire de J.P. Cornevin, on avait placé trois vedettes anti-américaines sur scène : Philippe chantant «l’erreur est humaine» de Zebda, ce qui veut dire «l’erreur est américaine» , Pierre et Marie-Hélène récitant des textes qu’Euripide écrivit 25 siècles avant Bush, exhortations contre les horreurs de la guerre, tirées des Troyennes de Troie à l’intention de celles de Troyes, toutes pareilles aux anciennes, à demander au peuple de se mettre en travers des chars et des méchantes intentions. Jacob Diboum fermait la marche antimilitaire.
Avant de partir crier aux malentendants des maisons bourgeoises notre horreur de la guerre, le discours de Jean-Pierre fut comme une batterie d’anti-missiles, mi-sales, fort applaudi, sauf par quelques énergumènes se croyant investis de la vérité pure quant à la conduite du monde, comme si on n’en avait pas assez d’un à la Maison-Blanche, d’un énergumène investi.
Le lendemain, la presse relata objectivement les faits, surtout Libé qui ne questionna que des jeunes, sans du tout parler des organisateurs. Et c’est justice, car la jeunesse est l’avenir du monde..

Jean Lefevre

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Ecoutez-voir...

.CANAL 32 COMMUNISTES, CONNAIS PAS !....
J’évoquais la semaine dernière le débat houleux au conseil Général où Philippe Adnot perdit son calme après que Joë Triché soit intervenu sur les suppressions d’emplois à Romilly.
Canal 32 était là et a évoqué cette colère du Président Adnot. Il l’interviewa comme il est juste de le faire. Celui-ci s’expliqua pour donner son point de vue et dire que ce débat «à son avis n’aurait pas dû être politisé». Tu parles, pas politiques les suppressions d’emploi ?. Puis Canal 32 donna la parole à l’opposition comme il est juste de le faire. Devinez qui fut interrogé ? - Marc Bret, au nom du P.S ! Pas de communiste dans les infos donc. D’ailleurs les images diffusées du Conseil n’en montraient aucun. Dormez tranquilles, braves bourgeois, il n’y a plus du tout d’élus communistes ! Enfin, la droite aimerait qu’il n’y en ait plus, Est-ce que Canal 32, télé d’informations, favorise la droite ? Question.

Malicette

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Romilly-sur-Seine
1,06 millions d’euros d’impôts locaux supplémentaires

Le conseil municipal qui s’est réuni le 13 février avait à débattre du budget municipal 2003. Comme devait le faire remarquer Yves Bouteiller au nom des élus communistes et partenaires, ce budget ne permet pas d’affronter les enjeux auxquels la ville et la population sont confrontées. Au contraire, il risque d’aggraver encore un peu plus les difficultés. Pour les ménages, c’est sûr ! Car l’équipe Cartelet/UMP a décidé de poursuivre le matraquage fiscal entamé déjà l’année dernière : nouvelle hausse des impôts locaux, mais aussi pour cette année, hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et des taxes sur l’eau et l’assainissement. Ainsi sur deux exercices budgétaires (2002/2003), les ménages auront à payer 1,06 millions d’euros (7 millions de francs) d’impôts supplémentaires. Mais ce qui caractérise également ce budget, c’est la poursuite de la réduction des services à la population. Par exemple, l’accueil du matin des

élèves des maternelles jusque là gratuit, sera désormais payant, les personnes âgées devront choisir entre le repas des anciens et le colis, la photo offerte à l’occasion de ce repas, le sera seulement tous les deux ans et les participants au thé dansant de la guinguette du passage devront payer maintenant le goûter. En fait, ce budget traduit la volonté de la majorité municipale de faire payer aux habitants les conséquences des choix politiques qu’elle a fait depuis quatorze ans et qui ont mis la ville en grandes difficultés financières; Le rapport du receveur principal que Joë Triché avait eu bien du mal à obtenir, n’indiquait-il pas que tous les signaux d’alerte étaient allumés ?
Aujourd’hui, le budget 2003 est en baisse de 10% et celui de l’investissement de 54,45%. Une véritable politique d’austente comme devait le souligner Yves Bouteiller

Troyes et l’agglomération
Les communistes discutent

Tous les adhérents de la section ont reçu la semaine dernière les textes préparatoires aux discussions et au vote pour le 32ème congrès prévu en avril .
Le grand thème sera : quel parti communiste pour le 21ème siècle.

Les communistes de Troyes et de l’agglomération sont de plus en plus nombreux à s’invertir dans ce grand débat. Pour faciliter ces discussions, le collectif de direction propose toute une série de réunions afin de permettre à chacune et à chacun d’exprimer son opinion, de confronter ses idées, de préparer son vote du 26 février en toute indépendance d’esprit.
Quelques dates sont déjà fixées et sont désignés les responsables d’organisation :

Anna Zajac, vendredi 21/2 à 17h Salle Bodié (à proximité de la Mairie) :
- pour La Chapelle-st-Luc
- St Parres-aux-Tertres à 20h
Geneviève Delabruyère, lundi 24/2 à 18h30 au Petit Salon rue Lamoricière à Ste-Savine :
- pour Ste-Savine, St-André
J.P. Cornevin, lundi 24/2 à 18h30 au Siège de la Section 22ter av. A. France :
- pour Les Chartreux, Jules-Guesde, St-Julien, Rosières
- à Estissac, Aix-en-Othe samedi 22/2 chez Maurice Jaillant
Si vous n’avez pas été contacté personnellement pour l’une de ces réunions, vous pouvez évidemment vous y rendre ou prendre contact avec la section de Troyes au 03 25 73 43 40

20 ans ! Pas facile de devenir aide-soignante !

Notre amie a 20 ans. Elle voudrait être aide-soignante. En ces temps de grande misère des hôpitaux en personnels de santé, cela devrait être une profession largement accessible, où les bonnes volontés soient accueillies, aidées, encouragées. La réalité que vit cette jeune fille est bien différente.
Le concours d'entrée à l'école aura lieu en mars. Pour préparer cet examen, elle suit deux fois par semaine des cours de préparation : 712 euros par an (4.670 F). De petits boulots en emplois précaires, il faut s'accrocher, jongler avec les petites paies, régler le loyer, assurer le quotidien sans trop demander aide aux parents, tout en

préparant le concours. Si elle est reçue, l'école durera un an, mais coûtera : 3.812 euros (25.000 F).
Des aides Assedic ou de la Mission locale seront possibles, sous certaines conditions. Notre jeune fille a déjà travaillé au Comte-Henri, mais son emploi précaire n'a pas duré assez longtemps pour que le Centre Hospitalier prenne son année de formation en charge. Lorsque ses parents ont appris que le Conseil régional avait voté la proposition d'aide aux étudiants formulée par les élus communistes, ils ont entrepris des démarches pour savoir si la formation d'aide soignante pouvait en bénéficier.

Réforme du scrutin
Coup de force contre la démocratie

Non content de limiter, avec sa réforme des modes de scrutin, la représentation politique à deux formations, le gouvernement a décidé d’imposer cette réforme sans débat, en usant de l’article 49.3
Ainsi le gouvernement UMP impose aux Françaises et aux Français un texte qui nie le pluralisme, fondement même de la démocratie et muselle le Parlement. Cette droite hégémonique qui veut régner sans partage et qui rêve de fabriquer les résultats électoraux avant même que les citoyens ne s'expriment, méprise d'une manière caricaturale la représentation nationale.
Comble du cynisme, ce texte est imposé dans un contexte international où l'opinion publique française est fortement préoccupée par les risques d'un conflit

armé en Irak. Le jour où le Conseil de sécurité de l'ONU devra se prononcer sur la crise Irakienne, le gouvernement Raffarin passera en force un texte méprisant les 87% de françaises et de français qui n'ont pas voté Chirac au premier tour des présidentielles. Ce coup d'État politique est un formidable aveu de faiblesse d'un gouvernement ultra-libéral qui se refuse à entendre les véritables préoccupations des Françaises et des Français.
La démocratie n'est pas seulement le droit pour chacun de n'être soumis qu'aux lois. C'est aussi : «Le droit pour chacun de dire son opinion". Avec ce texte, le gouvernement rêve de voir disparaître tous ceux qui pensent différemment..

Théâtre
Du Goldoni aux p’tits oignons.

La Cie du Matamore et le Théâtre du Vésinet ont échafaudé une grande joyeuseté en montant Arlequin, serviteur de deux maîtres de Carlo Goldoni. Goldoni, c’est comme Mozart, un intarissable comédien (150 pièces), un pitre ingénieux sans en avoir la délicatesse. Héritier de la Commedia Dell’Arte, il lui a tordu le cou. C’est de sa faute aussi, elle était devenue un jazz bavard et grossier alors que naissait une aspiration dramatique dans un siècle en ébullition (Goldoni est mort à Paris en 1793). L’écrivain vénitien a remis l’écriture à l’honneur et gagné du même coup un statut d’auteur attitré. Un intermittent fixe ! Il a rejeté le fantastique au profit du réel, mais est resté un homme de scène, sur la scène du monde, un monde qui va de Venise à Venise. Là, il est à l’aise. Il y brosse ses caricatures. Il est rationaliste, populaire, prosaïque, laïque même, et révolutionnaire prudent «Des petits et des grands, on fera une seule pâte» ose- t-il parfois. Venise est une République «traître et lâche.» dit Bonaparte qui étouffera partout la République que Goldoni a peut-être voulu retrouver en France.
Nos deux Compagnies se sont servi de Goldoni avec force verve, gourmandise et liberté. Les dialogues ont chanté et dansé. Les mots ont été fouettés et battus pour la mayonnaise du rire. Un chef d’orchestre ingénieux (Serge Lipszye) a mené ses acteurs bride abattue

jusqu’à la finale, longuette mais toujours revivifiée. Quelle partition ! Le train va d’enfer, doubles croches-pieds, choeurs cadencés ou coryphées joviaux, sarcasmes bien calés, répliques qui cinglent, diables à péter les boîtes C’est une pièce encore dans le brouillon de la comédie de caractère, avec farces et attrapes, parfois trop, mais je ne vais pas bouder mon rire quand Pantalon (P. Gleizes), cette girouette, fait entendre le bruit de castagnettes de ses bijoux caducs.
Tout cela n’est que caricature et coups fourrés, certes. Arlequin (Henri Payet) n’est pas totalement crédible en demi-Beur, mais il a de l’abattage et une fontaine généreuse de talent. Tous les acteurs sont d’excellents musiciens baguettés par une énergique mise en scène et un texte pétillant.
Ce spectacle juteux, dans une fière et ardente sève populaire, a facilement conquis le public et prouvé, était-ce nécessaire, que la nouvelle scène du Théâtre de la Madeleine à l’intention de drainer un public large et complice.


Jean Lefèvre


Prochains spectacles :
M.11/03 Molière, le Médecin malgré lui.