La Dépêche de l'Aube n°698 du Jeudi 6 février 2003 La Dépêche de l'Aube n°698 du Jeudi 6 fevrier 2003

La dépêche de l'Aube n°698 du Jeudi 6 février 2003

Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur XRECHERCHE
Pour rechercher des informations dans le site de La Dépêche de l'Aube et ses archives.
Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur ATOMZ

Le gouvernement Raffarin va-t-il battre en retraite ?
MM.Baroin, Micaux, Mathis, Adnot, Gaillard, députés et sénateurs, tous U.M.P, avez-vous entendu les aubois ? !
Près de 3.000 aubois ont sillonné les rues de Troyes
Quelle claque ! 500.000 manifestants ont crié dans les rues enneigées de toute la France qu’ils ne voulaient pas d’une fin de vie à la sauce Raffarin.
Il faudra bien tenir compte de leur avis ! Tout comme devraient s’interroger les parlementaires aubois, tous U.M.P, sur le message transmis par près de 3.000 manifestants de Troyes. Car tout ce qui vit et lutte et se bat dans l’Aube était là. Porteurs d’espérances, revigorés d’être ensemble au coude à coude et si nombreux à se retrouver.
Pour un premier essai, ce fut un coup de maître.A présent, il s’agit de creuser le sillon. Faire comprendre à son voisin, son compagnon de travail, sa collègue de bureau que, s’il faut bien sûr moderniser notre système, il faut surtout imposer aux politiciens qui ont provisoirement fait main basse sur la France (pour le plus grand plaisir du Médef) une autre répartition des richesses.
Le «tous ensemble, oui tous ensemble» si souvent

scandé tout au long du défilé a mis au grand jour l’aspiration grandissante de se retrouver unis dans les luttes à venir, faisant fi des diviseurs. Fol, qui croirait que tout est gagné avec le succès de cette première manif ! Les manoeuvriers qui sont au pouvoir ont plus d’un tour dans leur sac ! Ils savent assujettir leurs funestes décisons d’une propagande éhontée. Et les solutions ne sont pas très claires pour tous. Car si le gouvernement de Lionel Jospin avait fait le choix de prendre cette question des retraites à bras le corps au lieu de botter en touche, il est fort à parier que présidentielles et législatives auraient été toutes autres.
Donc beaucoup de débats, consultations, échanges en perspectives, sans tabou. Pour sa part, le parti communiste est disponible, mobilisé, ouvert à toute discussion. Partageons nos idées, unissons nos forces. C’est ce que nous proposons, déjà, le 6 mars.


Geneviève Delabruyère

Retraites


Au lendemain de la puissante mobilisation des syndicats, le Premier Ministre a cherché à rassurer une opinion inquiète en adoptant une démarche «progressive» pour la réforme des retraites. Mais il ne parle pas de négociation et confirme une volonté d’allongement de la durée des cotisations, en particulier pour le secteur public

Jacquemard :
table ronde à la préfecture

Travailler pour éviter le déclin de Romilly

Lundi 3 février s’est tenue, comme l’avaient demandé les élus communistes, une table ronde pour examiner la situation de chez Jacquemard.
Joë Triché, conseiller général de Romilly, et Pierre Mathieu conseiller régional, ont exprimé les propositions des communistes sur ce dossier.
«Si nous nous félicitons de la tenue de cette table ronde que nous avions officiellement sollicités dès le début de l’annonce du cataclysme qui s’abattait sur Romilly et sa région, nous souhaitons surtout qu’elle soit le point de départ d’une réflexion et d’un travail dont les objectifs devraient être de trouver des solutions qui protègent les salariés, qui assurent leur promotion par la qualification et qui engage Romilly et le secteur vers une diversification industrielle mécontent de l’emploi qualifié.
Innover et sortir des sentiers battus
Cela suppose la mise en oeuvre de dispositions sortant des sentiers battus car l’expérience que nous avons et qu’ont les salariés et les populations, c’est, qu’en pareille situation tout ce qui a été fait ne marche pas, car nous restons dans une logique d’accompagnement de la casse de l’emploi. Pourtant les salariés victimes de ces choix ne portent aucune responsabilité dans cette situation mais en les licenciant sans leur offrir une réelle possibilité d’envisager autrement leur avenir professionnel on les condamne alors qu’ils sont non coupable. C’est particulièrement le cas chez Jacquemard. En effet, jusqu’en 1995, dans cette société étaient présentés chaque année des résultats nets très positifs. Or, c’est à partir de cette date que c’est accentuée la pression de la grande distribution sur les fabricants. L’objectif était pour celle-ci de récupérer les marges dégagées par les entreprises productrices les conduisant pour retrouver leurs profits, à développer les importations et la délocalisation. Nous considérons donc que la situation qui nous préoccupe aujourd’hui et plus généralement celle du textile nécesitent une intervention et des mesures à trois niveaux :
- au niveau européen
- au niveau national
- au niveau local, régional et départemental.
Trois exigences pour la défense des salariés
C’est dans cet esprit que nous avons engagé diverses démarches avec un seul souci. Les intérêts des salariés, de la ville de Romilly et du secteur. Nous avons ainsi rencontré, le président du Conseil général et Francis Wurtz, député européen vient de saisir Romano Prodi le président de la commission européenne ainsi que Pascal Lamy et Michel Barnier. Au niveau local, nous nous sommes adressés au Maire de Romilly. Ces diverses rencontres nous ont permis d’exposer les propositions que nous formulons pour que les salariés ne connaissent ni licenciement, ni chômage. A partir d’une réflexion globale et d’une volonté de traiter ce problème dans toute sa dimension, ces propositions s’articulent autour de trois exigences simples :
- Protection et promotion des salariés : cela suppose qu’en dehors de celles et ceux pouvant bénéficier de mesures d’âges ou étant volontaire pour un départ, que les autres salariés conservent leur contrat de travail en consacrant une partie de celui-ci à de la formation

professionnelle pour leur permettre d’évoluer vers des emplois qualifiés et mieux rémunérés. J’ai cru comprendre que la direction Jacquemard n’y était pas opposée à condition de ne pas en supporter le coût financier. Cela mérite donc d’être discuté et étudié.
- Réindustrialisation et diversification du tissu économique de Romilly et du bassin d’emploi avec l’objectif d’y implanter des industries de main-d’oeuvre qualifiée. Dans ce cadre, pourquoi ne pas envisager la création d’une zone d’activités économiques à Romilly impliquant la région, le département, l’état et l’europe ?
- Péréniser le groupe Jacquemard à Romilly avec le maximum d’emplois, suppose qu’il engage des évolutions dans le cadre d’une diversification de ses activités.
Pour travailler sur ces pistes, nous préconisons deux autres types de mesures :
- le gel au niveau actuel de la délocalisation au moins pendant toute la période nécessaire à l’étude et la mise en place de ces dispositions nouvelles.
- la création d’un fonds régional impliquant tous les intéresés pouvant financer ces projets : actionnaires, Etat, région, département, banques, Europe, grande distribution.
Les solutions existent, les moyens financiers également,
il ne manque que la volonté politique pour les concrétiser. Pour engager ce travail, il est nécessaire pour les intervenants potentiels, d’avoir une connaissance exacte de la situation du groupe Jacquemard, afin d’assurer sa pérénité et les emplois sur la ville de Romilly. Cela nous conduit à demander la réalisation d’un audit qui pourrait être réalisé par la banque de France dans le cadre de la procédure Géode co-financé par le Conseil général. Cette contre expertise pourrait avoir une triple mission :
- l’analyse réelle de la situation financière
- les questions stratégiques du groupe
- les coûts possibles à économiser autres que sur les salaires, charges financières et approvisionnement par exemple.
Nous sommes animés d’une volonté qui préserve les interêts des salariés, de la ville de Romilly et du secteur. Nous souhaitons que ces propositions fassent l’objet d’un débat, d’un examen et d’une étude pour une mise en oeuvre. Alors que la situation Jacquemard et de la situation de l’emploi sur Romilly et le secteur nécessitaient des engagements concrets sur des mesures exceptionnelles, on est resté dans le cadre des dispositifs en place, donc le risque existe vraiment à l’étape actuelle que malheureusement les salariés de chez Jacquemard licenciés risquent de connaître le même sort que ceux de Aubelin, Celatex, Moulinex et autres, à savoir une situation des plus difficile et de chômage.
Pourtant les propositions et les moyens financiers existent également, mais la volonté politique de la part de ceux qui ont le pouvoir de décision n’était pas présente à cette table ronde. Il faut donc encore travailler et surtout faire pression sur l’état et ses représentants politiques dans l’Aube autrement Romilly va continuer son déclin inexorable».

Retraites:
Débat à Sainte Savine

Retraites: Débat Mercredi 6 mars à 18 heures Salle grand salon rue de Lamoricière à Sainte-Savine
avec Claude Pondemer, chargé du dossier des retraites à la direction nationale du PCF
Comme la Dépêche l’annonçait précédemment, un large débat pluraliste et contradictoire aura lieu le 6 mars, avec Claude Pondemer.
Sur la question des retraites, aucun sujet ne sera tabou avec comme fil conducteur : y-a-t-il d’autres solutions que celles avancées par le gouvernement Raffarin et si oui, comment les faire triompher ?
Pour donner toute son importance à cette initiative, la section de Troyes du PCF a formé une petite commission composée de salariés (public et privé), de syndicalistes, de responsables d’organisations, de retraités, chargée de préparer ce débat et de lui donner toute sa résonnance.
Si vous êtes intéressé par ce travail de recherche, vous pouvez vous y joindre en prenant contact
au 03 25 73 43 40, vous serez les bienvenus ou

Mobilisons-nous pour empêcher
LA GUERRE EN IRAK
Les jours qui viennent vont être décisifs pour empêcher la guerre et sa soif de puissance et d'humiliations. La guerre et son fardeau de peur, de misère et de faim. La guerre et son cortège de destructions et de morts. Il faut maintenir la pression du peuple sur le gouvernement de la France pour qu'il ne cède pas à la folie guerrière de Bush.

Samedi 15 février
Journée internationale de manifestation
contre la guerre.
A l'appel du collectif d'organisation :
PCF, CGT, ATTAC, MRAP, LDH, ARAC, MCR...
Grand rassemblement
à Troyes
à 15 heures place de l'Hôtel de Ville.

Humeurs

Pacifisme
KIM PHUC est cette petite fille que le monde découvrit en 1972 quand sa photo fit le tour du monde. Une bombe au napalm avait frappé sa maison dans un village du Vietnam. Elle s’enfuyait nue sur un chemin désolé, brûlée atrocement par la furie américaine. L’Humanité en fit sa première page.
La petite fille a grandi. Elle est venue à Troyes raconter sa vie. Et sa conversion. Car KIM PHUC, de Vietnamienne est devenue Canadienne, de propagandiste communiste (malgré elle, dit-elle comme pour s’excuser) est devenue très chrétienne et très américanophile, de victime innocente est devenue messagère de paix, une paix qui nous soucie un peu en ce moment, car les Américains (encore eux) veulent, à leur manière, la mettre en péril en Irak.
Est-ce à son insu qu’elle a pris le bâton de pèlerin d’une certaine idée de la liberté américaine ou à l’insu de son plein gré ? La jeune femme est jolie et sourit à vous ficher le virus du pardon au coeur. Car elle a pardonné à ses bourreaux. Elle a pleuré devant le monument aux morts américain avec l’aviateur qui largua la bombe. Ce qui est très chrétien mais pas très catholique quand même. Elle dirige aujourd’hui une fondation pour aider les enfants victimes des guerres. Celles-ci seraient-elles inéluctables ? Il y en a une qui couve du côté de l’Orient. Il serait dommage que des petites KIM s’enfuient défigurées des villages irakiens. L’ancienne enfant martyre ne dit pas.comment éviter la guerre.
Un poème d’Aragon présente le pardon de bien meilleure façon : «Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand.» (1) dit le résistant fusillé. Il y a là-dedans un pardon qui condamne la barbarie et qui annonce des peuples fraternels.

Jean Lefèvre

(1) L’Affiche rouge à la gloire du groupe Manouchian.
Jeannine Pinet nous a quittés
Jeannine Pinet nous a quitté vendredi 31 janvier à l’âge de 72 ans. Son brusque décès nous a tous surpris ; Jeannine avait été hospitalisée courant décembre et semblait s’être remise de son intervention. Elle était passée nous rendre visite à la fédération il y a quelques jours pour prendre des nouvelles des camarades et de la vie militante du Parti communiste aubois auquel elle a tant donné. Syndicaliste et militante communiste, Jeannine était de toutes les luttes, de toutes les «manifs». Femme d’action, de caractère mais aussi de dialogue, ses qualités d’écoute et de coeur étaient appréciées de tous les militants communistes aubois qui l’ont connue. Elle exerçait jusqu’à très récemment la responsabilité de trésorière de la section de Troyes ; fonction qu’elle a rempli avec le sérieux et la méticulosité que tous lui reconnaissaient.
En ses pénibles et douloureuses circonstances, la fédération de l’Aube du PCF et son hebdomadaire La Dépêche de l’Aube adressent leurs condoléances les plus émues à sa famille et à ses proches. Jeannine, tu nous manqueras.

Les voeux
de la
Dépêche de l’Aube

Samedi 25 janvier s’est déroulée une cérémonie sympathique dans les nouveaux locaux de la Dépêche de l’Aube qui présentait ses voeux à ses amis.
Son directeur, Jean Lefèvre a rappelé la longue marche du journal depuis le 7 décembre 1920, quand elle vit le jour à Troyes à la Bourse du Travail. La rédaction était alors assurée par René Plard, Célestin Philbois, Emile Clévy, Thiriot, Croisé et Lemasson. Son sous-titre « Journal quotidien du monde du travail» en faisait une publication syndicalo-politique de tendance guesdiste. En exergue, on citait Anatole France : «L‘union des travailleurs fera la paix du monde». On ferait bien de s’en inspirer aujourd’hui.
« Toute l’équipe de la Dépêche vous présente ses meilleurs voeux de bonne année et de bonne santé. D’ailleurs il faut être en bonne santé pour militer et bien se battre. C’est pourquoi nous vous espérons en bonne santé. La Dépêche, c’est une équipe qui réfléchit au contenu du journal toutes les semaines depuis 1920, depuis 83 ans ! Il est vrai qu’on s’est un peu reposé pendant la guerre quand la Dépêche était interdite, mais nos militants eurent bien d’autres tâches comme vous le savez.
Aujourd’hui c’est Joë Triché, J. Pierre Cornevin, Geneviève Delabruyère, Marie Demillier et moi, qui assistons notre journal, mais il y en aura d’autres après nous, longtemps encore, nous l’espérons à mettre de riches idées fraternelles dans les têtes, des idées de jeunesse du monde, de matin d’épaule nue comme dit Eluard, des idées de justice, de paix, de fraternité que conjuguent depuis tant d’années nos militants.
Donc nous sommes encore nombreux, heureusement, au grand désespoir de certains qui croyaient bien que le journal allait sombrer puisque le PCF, venait, paraît-il de sombrer en 2002, un fameux 21 avril, chassé de la scène politique par la droite, grossie de Le Pen. Ce qui a sombré en fait dans cette aventure, c’est plutôt une forme de démocratie rongée par le capitalisme, rongée par la désespérance, la peur du lendemain, la vie difficile, les licenciements à la brouette, le mépris du patronat et de la droite et c’est sur ce fumier qu’ont poussé les fleurs noires du fascisme. Et bien nous n’avons pas sombré !
On nous a pris pour le grand chêne de La Fontaine abattu par la tempête, alors que nous étions le roseau qui plie mais ne rompt pas. Quand il fait mauvais, il est à ras de terre et quand le soleil revient, il se redresse

fièrement. Le problème, c’est d’allumer le soleil. L’idée communiste n’a pas sombré. On parle de la disparition des idéologies. On sous-entend par là qu’il n’y aurait plus d’espoir nulle part. Je crois que l’idée communiste n’est pas morte. Elle n’est pas morte en tout cas d’avoir trop servi, elle est morte de n’avoir pas servi. De n’avoir pas été utilisée»
Et Jean Lefèvre conclue :
«Inutile de vous dire que cette longue vie de la Dépêche de l’Aube a été émaillée de luttes, de succès et de déceptions mais que le bilan global reste positif.
Cela ne veut pas dire que nous n’y avons pas laissé de plumes, de regrets, de camarades trop vite partis. On pense à Adrien Gennevoix, Yves Roy, Michel Picard, Maurice Camuset, André Gaudot, qui se dépensèrent beaucoup pour notre journal. Je pense à ceux, toujours parmi nous, qui se sont également beaucoup investis comme M. Noëlle Lhomme, Jeannette Petitjean, Didier Berneau, Robert Vasseur et Raymond Fageot qui assura si longtemps la survie du journal. Je pense à tous ces souscripteurs dont les listes vont paraître régulièrement et qui sont restés fidèles et sont notre fierté.
Aujourd’hui la D.A doit continuer coûte que coûte et elle a besoin de ses lecteurs. Elle est sur Internet qui est un outil formidable. Tous les moyens de communiquer sont là : faites lui part de vos anecdotes, de vos réflexions, de vos colères et de vos coups de gueule. Ce n’est pas la matière qui manque.
Cette hécatombe de licenciements, cette Bérézina de mauvais coups, cette arrogance du patronat et des dirigeants de droite qui ont tous les pouvoirs.
C’est un règne à la Louis XIV avec quelques Médiathèques en guise de châteaux de Versailles, avec des Nuits de Champagne en guise de fêtes féeriques, Lulli est remplacé par les intermittents qu’on chasse quand le spectacle est fini. Colbert-Raffarin est cul et chemise avec le grand patronat. Javert-Sarkozy tient le peuple sous sa férule et s’en prend aux mendiants, aux prostituées, aux jeunes, aux écoliers pauvres. Ça rassure les bons bourgeois.
Répondez à notre appel, souscrivez, abonnez vos amis. Plus nous serons nombreux plus nous serons forts, plus la politique s’étendra, plus la Dépêche assumera son rôle de caisse de résonance de nos idées et de nos combats ..