La Dépêche de l'Aube n°694 du Jeudi 9 Janvier 2003 La Dépêche de l'Aube n°694 du Jeudi 9 Janvier 2003

La dépêche de l'Aube n°694 du Jeudi 9 janvier 2003

Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur XRECHERCHE
Pour rechercher des informations dans le site de La Dépêche de l'Aube et ses archives.
Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur ATOMZ

Commerce nord/sud
Le diktat américain
Après le refus des Etats-Unis d’un accord sur les médicaments bon marché pour le Tiers Monde, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est en crise.
Cette organisation, à Doha, en novembre 2001, avait ouvert un espoir pour les pays pauvres. Un nouveau "cycle" était lancé en faveur du "développement", marquant une rupture avec le dogme libéral inspirateur de l'OMC jusque-là. Un changement était particulièrement notable: il concernait l'accès des pays les plus pauvres aux médicaments. Cet accord devait être précisé lors de nouvelles négociations à Genève; elles viennent de s'achever sur un échec. Les 144 pays membres de l'organisation ne se sont pas mis d'accord sur le dossier des médicaments, ce qui provoque les inquiétudes les plus graves. Les États-Unis, faisant montre d'unilatéralisme, ont bloqué seuls le compromis qu'avaient accepté l'ensemble des autres membres.
Le motif du différend concerne l'accès pour les pays pauvres à des médicaments génériques destinés au traitement des grandes épidémies qui déciment les populations du Sud, notamment l'Afrique. À Doha, les Etats-Unis, qui abritent les plus grandes multinationales pharmaceutiques, avaient accepté que les pays pauvres soient exemptés jusqu'en 2016 des règles commerciales courantes sur les droits des brevets et puissent ainsi

importer des génériques. Ceux-ci seraient fabriqués dans les pays riches mais aussi dans les pays intermédiaires qui disposent d'une industrie pharmaceutique, comme l'Inde ou le Brésil.
Un recul de l’esprit de Doha
À Genève, les États-Unis ont bloqué le compromis d'application parce qu'ils veulent que ces dérogations commerciales ne concernent qu'une liste limitée à quinze grandes maladies (sida, tuberculose, paludisme...) et ne soient pas élargies aux maladies infectieuses individuelles comme le diabète ou l'asthme. Le diktat américain est venu du vice-président des États-Unis en personne, "sensible", dit-on, aux préoccupations de ses multinationales de la pharmacie.
Les pays en développement soulignent que l'accord de Doha fait référence aux maladies qui touchent "les problèmes de santé publique"; ils réclament de juger par eux-mêmes des maladies en question et rejettent toute liste limitative. Cet échec de Genève marque un recul de "l'esprit de Doha", comme on dit, en faveur des pays les plus pauvres et laisse mal augurer de la manière dont peut se concrétiser le "cycle du développement". L'accès aux soins est une nécessité absolue pour ces millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui meurent alors que la capacité de les soigner existe. Ne pas trouver le moyen de le faire est un scandale humain.

Clonage
Un crime contre l’humanité

L’humanité serait donc entrée dans une nouvelle ère, celle de la possibilité d’une reproduction non sexuée
Rien n'assure que l'annonce du premier clonage humain est vraie. Reste que l'état des connaissances font qu'un tel objectif n'est plus hors d'atteinte. "Réalisable", voilà le mot. En ce début de XXIè siècle, ceux qui cherchaient en vain un choc de civilisation l'avaient sous les yeux et ne le voyaient pas. Il est énorme et voit s'affronter dans l'effroi d'une possible nuit noire ceux qui bricolent l'humain et la conscience de ceux qui, contre les vents du néoscientisme, tentent de faire barrage à la désacralisation de l'humain. Car le débat, tout pollué soit-il par les éprouvettes et les chaînes ADN, est d'abord et avant tout éthique et il ne suffit pas de s'étonner du bulletin de victoire d'une sinistre brigade sans en anticiper les dangers.
Un rêve prométhéen
Chacun sent bien qu'au-delà de l'éventuel clonage thérapeutique, l'homme poursuit un rêve prométhéen. Égaler la nature, la dominer et, non pas contrôler la reproduction, mais inventer la création à l'identique. Un goût d'éternité grotesque et absurde que l'intelligence de l'homme ne parvient pas à chasser de son inconscience. Seulement voilà, le clonage reproductif appliqué à l'être

humain, qu'il soit motivé par la célébrité, l'argent ou des croyances tordues, reste dans son fondement même un crime contre l'humanité. Qui vise à l'assujettissement de l'autre. Qui dénie le plus fondamental bien commun de l'espèce humaine: l'unicité. Or, tuer dans l'œuf l'unicité comme principe inaliénable ouvre la porte à la "production" de "sous-hommes", voire, à terme, de "surhommes" classés, catalogués, choisis pour des critères physiques ou ethniques, "produits" à la chaîne parce qu'ils sont blonds, grands, forts... C'est Hitler revisité !
La liberté de chercher - notamment à des fins thérapeutiques - doit s'arrêter où commence l'intégrité de la personne. Elle n'autorise en rien d'intenter à la vie. Et l'éthique consiste bien à définir quels sujets de recherche sont légitimes ou non. Entre l'étau des scientifiques, des besoins légitimes d'avancées médicales, et des financiers qui voient là un champ infini de profits, les nations et l'humanité tout entière sont confrontées à un risque majeur: la victoire du "moins disant" éthique. Y a-t-il tant de distance entre l'homme rustine et l'homme dupliqué ? Entre l'être et le supposé être ? Il n'est pas trop tard pour qu'un arsenal législatif contraignant - et mondial - soit mis en place. Vite

 

Voeux de riposte

Les fêtes de fin d'année ont été pour beaucoup comme une parenthèse, le temps de souffler, de se retrouver, de rêver; elles ont exprimé un besoin de partage, d'humanité. Ce besoin est d'autant plus fort que 2003 s'annonce déjà comme une année difficile. Dans le département de l’Aube, les centaines de suppressions d’emploi programmées dans le textile donnent le ton.
On ne mesure sans doute pas encore à quel point l'élimination de tout candidat de gauche au deuxième tour des dernières élections présidentielles, laissant le terrain à une confrontation entre Jacques Chirac et l'extrême-droite, a déplacé le centre de gravité de la vie politique très à droite. Cela a ouvert la voie à des choix régressifs dans tous les domaines. Le temps n'est pas si loin où nos concitoyens risquent de le ressentir très durement dans leur vie quotidienne s'il n'y est pas mis un barrage. Car le gouvernement de droite et sa majorité parlementaire frappent dur :
Remise en cause des 35 heures ; suppression des dispositions législatives permettant aux salariés de se défendre contre les licenciements boursiers et de contrôler avec les élus territoriaux l'usage des fonds publics versés aux entreprises ; suppression des emplois jeunes et de milliers de postes de surveillants ; réductions des moyens pour l'école et la recherche ;entreprises et secteur public livrés aux appétits du

privé ; remise en cause, sous prétexte de décentralisation, des missions de service public, d'égalité et de solidarité de la République ; escalade judiciaire et policière exclusivement répressive qui porte atteinte aux droits et libertés. Elle est aussi dangereuse par ses applications qu'illusoire sur les résultats proclamés ; militants syndicalistes frappés de lourdes peines de prison. Seul le MEDEF est satisfait : il peut ainsi user, hors de tout contrôle, de l'argent public destiné à favoriser les créations d'emplois, il peut licencier sans entraves, peser sur les salaires, accroître la précarité et il s'attaque désormais aux minima des salaires et des indemnités Assedic. Son ordre social est bien gardé.
Les gesticulations d'un Sarkozy prétendant faire reculer l'insécurité ne visent en fait qu'à cacher ces attaques généralisées qui ne feront qu'aggraver les conditions de vie des familles. Au bout du compte, c'est une société de plus grande insécurité sociale, humaine et écologique ; une société encore plus divisée par l'application de la loi du plus fort que prépare le pouvoir de droite. Alors je forme le vœu qu'ensemble nous sachions trouver les moyens de résister et d'imposer d'autres priorités que celles accordées à l'argent et au profit financier.

Jean-Pierre Cornevin

Humeurs

Insécurité
Je me promène dans les rues de Troyes avec beaucoup de précaution depuis que nos gouvernants nous ont désigné tout ce qui nous menace. On baigne dans l’insécurité. Je vivais dans l’inconscience ou quoi ? Voyez le crime de Fouchy. Vous êtes à la merci d’un amant jaloux, d’un mari fou. Je plaisante à peine. La plupart des crimes commis sont des affaires privées. Rentrer chez soi ? ­ Ce sont les accidents domestiques qui menacent, premières causes de décès et de blessures graves dans les cuisines. On ne va pas mettre un policier derrière chaque hachoir à viande. Parlons du tabac. On ne cesse de nous prévenir : la cigarette est une chambre à gaz individuelle. L’Etat veille donc sur notre santé et nous protége en augmentant sans cesse les taxes. Que cherche-t-il ? - Non à nous prendre notre argent, non, non, comme l’affirment les mauvaises langues, mais à nous empêcher de l’utiliser pour acheter du paradis artificiel. Il y a encore l’alcool noyeur de chagrins. Ils surnagent sans peine. On a essayé des substituts à l’alcool : amuseurs publics, hommes politiques, rap, bouffe MacDo, Loft Story. On a vite déchanté. Reste la bagnole, fléau menaçant qui tue plus de jeunes que les duels avant Richelieu(1).
Dans ma promenade menacée, j’ai rencontré des licenciés frais émoulus, des chômeurs au long cours, des anciens TUC, des jeunes CDD, allant de case ANPE en petits boulots, et je leur ai raconté tout ce qui les menaçait. Ils n’en revenaient pas ! Quand j’eus passé toutes ces obscénités sociales en revue, j’étais aux Chartreux, perdu dans mes pensées et je traversais la rue à peu près aussi ingénument qu’une nappe de mazout le long des côtes atlantiques, quand un grand nègre freina des quatre fers sur mes fesses et me klaxonna de toute la masse de sa vieille 403 Peugeot : «Eh ! connard, t’es suicidaire ou quoi ? J’allais t’écrabouiller, mec.» Jamais incivilité ne m’apparut plus humaine ni plus fraternelle.

Jean Lefevre

(1) Richelieu fit prendre un décret pour les interdire car ils fauchaient toute la jeunesse noble.

Ecoutez-voir ..

Hypocrite....
L'ANDRA qui enfouit les déchets nucléaires veut enfouir davantage. Les élus de l'Aube grognent. Pourtant, tous les élus ont voté (à droite et à gauche, Verts compris) pour une politique de l'énergie nucléaire. Il faut donc bien enfouir et traiter les déchets. Pas chez moi, disent les uns ! Pas assez de retombées financières disent les autres. Ils font donc semblant de protester pour rassurer leurs populations et leur dire : "vous savez, nous veillons à votre sécurité". Tout ça est un peu hypocrite, ne trouvez vous pas.
Baby badaboum.
L’après le Baby-boum des années 60, c'est le Baby-badaboum, la pâte retombe. Mamans et papas font moins de gosses parce que c'est cher et que l'avenir est brouillé. Ils réfléchissent avant de procréer. Autrefois c'était plus sauvage. Les hommes ne demandaient pas la spermission et l'on obtenait des résultats effrayants avec surpopulations et misères assurées. Aujourd'hui, on a quand même un grand progrès, il n'y a plus en France la surpopulation.


Malicette

Mouvement anti-mondialisation

Forum social européen de Florence

Dimanche d'après manif. Le ciel bleu et le soleil prolongent la fête… Il est impossible de trouver un journal… lorsque Ludmilla dit "les affaires ont bien marché ?" le vieil homme du kiosque répond montrant son cœur "le mieux est là. Merci à vous". Les rues de Florence-la-magnifique sont pleines. Les camarades qui se croisent s'échangent leurs bons plans, on a si peu de temps pour tout voir… Les musées - gratuits pour l'occasion - se laissent envahir. En s'appropriant Florence, berceau de la Renaissance, les "barbares" font un sacré pied de nez à Berlusconi qui prédisait l'arrivée de hordes détruisant la ville.
Résistance
Les boutiques ouvertes ont accroché le panneau bleu : "Florence ville ouverte". D'autres sont barricadées. Elles ont cédé à la peur. Les palissades censées les protéger se sont faites tableau noir : "Bois ici, sciure dans la tête" peut-on lire. Cette foule parmi laquelle sont les communistes français est héritière de Carlo Giuliani [assassiné à Gênes] en cette Florence où naquit l'Humanisme.
Samedi. Nous sommes fiers de notre nombre, de nos banderoles visibles. Pendant plusieurs heures avec Marie-George Buffet et Robert Hue, encouragés par ces milliers d'Italiens qui, sur les trottoirs, applaudissent notre "Avanti Popoli ! Per une Europa sociale et solidale - Parti communiste français" nous sommes au diapason de la manif : "Bush, ta guerre, on n'en veut pas !". Florence, ville de Machiavel, de l'intelligence et du pragmatisme politique, a résonné depuis trois jours de paroles multiples. Ont-elles renoué avec la politique autrement ?
Le Parti communiste français est soutien de ce premier Forum social européen. Comment ses militants présents participent-ils aux conférences, débats, ateliers ? Ni Seigneurs, ni Maîtres, ni valets … communistes. Les militants communistes ont "gaiement squatté le stand de l'Huma pour se retrouver autour d'un coup de rouge" le vendredi midi pour échanger leurs expériences d'un jour et mieux encore s'éparpiller dans tous les lieux du Forum. Toutes les questions de société sont posées. De l'architecture financière mondiale, à la construction européenne, des services publics au développement durable, du respect des droits humains aux discriminations, de la souveraineté alimentaire à la citoyenneté… Les problématiques politiques cherchent à s'élaborer à partir du vécu des uns et des autres.
Cette effervescence n'est-elle pas l'expression de l'urgence de construire un projet politique à la hauteur des angoisses, peurs et régressions qui accompagnent les souffrances d'une humanité niée ? C'est ce que l'on tente ici de faire, dans la béance laissée par l'échec de deux projets : celui du communisme vécu dans les sociétés " soviétiques " ; celui des partis sociaux-démocrates au pouvoir. Dans cette époque de capitalisme dominant, d'arrogance hégémonique des Etats-Unis. Dans ce contexte, le rapport à la politique est omniprésent. Avoir, pour les militants de partis politiques, une attitude constructive peut faire avancer le

dialogue entre " mouvement social et parti politique ". Dialogue à l'ordre du jour de toutes les discussions désormais.
Le succès du premier FSE est indéniable.

Ce mouvement demeure toutefois fragile. Des réseaux européens se sont constitués sur nombre de problèmes. C'est à Saint-Denis/Paris de relever désormais le défi de la construction d'une Europe citoyenne. Les communistes, de retour de Florence, sont à l'initiative de nombre de débats. Ils veulent travailler les enjeux de la mondialisation et travailler les contenus de leurs propositions. Ils créent des comités locaux avec tous ceux qui, dans leur ville, leur village, leur entreprise, veulent partir du local pour comprendre le mondial.
L'objectif est bien de créer les conditions d'un rassemblement plus large et populaire. Ils invitent à parler de délocalisation (Loire), de défense des services publics, de lutte contre les bidonvilles (Val de Marne), de riposte au G8 (le Chablais), d'agriculture et de souveraineté alimentaire (Dordogne) , de jeunesse (Gironde), du racisme, des flux migratoires et des coopérations solidaires, du co-développement durable, de sécurité maritime , de cette "gouvernance mondiale", des multinationales, de l'élargissement de l'Europe, … dans les Alpes-Maritimes, en Alsace, Bourgogne, dans les Pyrénées-Atlantiques… Les élus communistes dans leurs ville participent de ce rassemblement, évidemment, à Saint-Denis, à Paris, à Ivry, à Sciez, au Sénat, à l'Assemblée nationale et européenne. Ils peuvent tous être ces militants politiques connus et reconnus dans leur volonté d'élargir le cercle de ceux qui veulent " rêver d'un autre monde " et le bâtir.
Le week-end dernier, la première assemblée générale du FSE 2003 s'est tenue. La diversité était au rendez-vous. Invitation à comprendre l'autre. Cette jeune turque au foulard à la tribune, cet intervenant hongrois qui dit le malaise provoqué par les drapeaux rouges, les faucilles et marteaux à Florence… Chacun, chargé d'histoire… Le processus du FSE se veut être un processus d'inclusion de toutes les souffrances qui mènent à vouloir changer le monde pour en décortiquer les mécanismes, en révéler les causes, co-élaborer des propositions.
Des exigences populaires
Les membres du Parti communiste français rejoignent ces préoccupations, conscients de l'urgence qu'il y a à s'adresser au plus grand nombre pour que les enjeux de la mondialisation deviennent des exigences populaires. Le débat "rapport mouvement social - parti politique" a été récurrent. Il n'appartient à personne d'en donner une vision réductrice. La question est essentielle. C'est ensemble que nous devons définir les bases claires d'une relation respectueuse des engagements de chacun. La confrontation de point de vue ne sera véritablement productive que si les uns et les autres se rejoignent dans des actes militants. La préparation du FSE 2003 peut en donner l'occasion

Décès de Marius Ladouble

Marius Ladouble nous a quitté, le 24 décembre dernier, dans sa 94è année. C’est une figure très populaire de la vie romillonne qui vient de s’éteindre. A la Libération, Marius, qui rentrait de quatre années de captivité en Pologne, entre au Conseil municipal de Romilly. Aux côtés de Maurice Camuset, et pendant 32 années de mandats électifs, il se dépensa sans compter pour développer la vie sociale et particulièrement la formation professionnelle des jeunes. Marqué par la guerre, il oeuvra pour le rapprochement des peuples ; il fut à l’origine de la création du comité de jumelage de Romilly. Actif aussi, Marius le fut au sein du Syndicat d’Initiative, à l’Harmonie Municipale, et dans le mouvement mutualiste puisqu’il fut l’un des fondateurs de la Somuco qui l’avait honoré du titre de Président d’Honneur. Son idéal communiste, sa foi dans les valeurs de justice, de dignité et de partage, Marius les chérissait plus que tout.
En ces tristes circonstances, la fédération de l’Aube du Parti communiste et son hebdomadaire, La Dépêche de l’Aube, adressent à toute sa famille leurs plus sincères condoléances

Les voeux de Joë Triché Conseiller général

Jamais les mots solidarité, mobilisation, action n’ont eu autant de sens à un moment où l’emploi de centaines de salariés de Romilly et des environs est menacé. En cette période de voeux, ma première pensée ira donc vers ces familles plongées dans l’incertitude du lendemain alors qu’elles ont contribué à la renommée de marques prestigieuses et participé à la création de fortunes pour quelques actionnaires.
Les salariés méritent mieux que d’être jetés à la rue comme des citrons pressés. Les protéger et assurer leur promotion par une formation débouchant sur de l’emploi qualifié bien rémunéré ; tel est le sens de l’action que je mène avec mes amis.
Cela suppose de surseoir aux plans de licenciements en cours et de geler au niveau actuel les importations et la délocalisation afin de se donner du temps pour mettre en oeuvre ce dispositif. Toute autre décision ne sera que bla-bla et du déjà-vu avec, à la clé, aucune solution durable et d’avenir pour ces salariés.
Cela suppose également de préparer un nouvel avenir économique pour Romilly et sa population en favorisant une réindustrialisation par la diversification industrielle. Récemment, nous avons saisi le président du Conseil Régional, notamment sur cette question ; le 14 janvier, nous allons rencontrer M. le préfet ; nous allons solliciter un entretien avec le président du Conseil général.
Cela suppose aussi que les entreprises locales

concernées envisagent une diversification de leurs productions et réalisent des économies de gestion autres que par la suppression d’emplois. Quand une ville de la taille de Romilly est sur le point de perdre autant d’emplois, c’est l’équilibre de tout le secteur, au niveau économique, qui est en danger. Face à une telle situation, personne ne peut et ne doit échapper à ses responsabilités. Les actionnaires, la grande distribution, les banques, l’Etat, la Région, le Département, tous doivent s’impliquer dans la survie de notre bassin d’emploi. Des mesures nationales sont à prendre en direction, par exemple, de la grande distribution. Aux députés et sénateurs aubois d’être à l’initiative. Tels sont les voeux que je formule en ce début d’année 2003. Mais je sais qu’il faudra agir et se mobiliser pour qu’ils se concrétisent.
Tout en ayant consacré l’essentiel de mon propos à l’emploi, chacun me comprendra, je ne voudrais pas oublier celles et ceux qui ont à souffrir de la maladie, celles et ceux qui connaissent des difficultés quotidiennes, les personnes âgées dont la vie est faite, bien souvent de sollitude.
Je n’oublie pas non plus ces centaines de bénévoles de la vie associative qui, chaque jour et chaque week-end, se dépensent sans compter pour notre jeunesse.
A toutes et à tous, bonne année 2003.