La Dépêche de l'Aube n°693 du Jeudi 2 Janvier 2003 La Dépêche de l'Aube n°693 du Jeudi 2 Janvier 2003

La dépêche de l'Aube n°693 du Jeudi 2 janvier 2003

Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur XRECHERCHE
Pour rechercher des informations dans le site de La Dépêche de l'Aube et ses archives.
Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur ATOMZ

Au nom de la “liberté de choix”, on veut voler aux salariés la dernière étape de leur vie.
Le système des retraites dans le collimateur du gouvernement
Une régression dévastatrice
Le gouvernement veut remettre en cause l'un des piliers de notre protection sociale : la retraite solidaire garantissant à chacun les ressources pour vivre après la vie de travail.
Il veut aligner vers le bas les droits des salariés du public, allonger la durée de cotisation pour tous et pousser chacun à cotiser dans un fonds de pension. Aujourd'hui, les jeunes arrivent de plus en plus tard sur le marché du travail vu l'allongement de la durée des études, le chômage et la précarité. Pour eux, la retraite à taux plein à 60 ans après 40 annuités est déjà une chimère. Augmenter la durée de cotisation, c'est tout simplement les condamner à une retraite de pauvreté.
Casser le système actuel
Une offensive sans précédent pour casser les solidarités, changer les comportements, diviser les salariés, opposer les actifs aux retraités est lancée. Pour casser notre système, le gouvernement cherche à prendre de vitesse tous les acteurs de la protection sociale sous le prétexte de "l'équité" et du "libre choix" de chacun.
C'est déjà la droite qui a - en 1993 - allongé la durée de cotisation à 40 annuités pour les salariés du privé. Maintenant, elle réclame à cor et à cri "l'équité" entre privé et public afin d'infliger le même recul aux fonctionnaires. Mais la soustraction des droits ne fait pas de la justice. Et l'équité n'est pas la pénurie pour tous. Derrière cette "liberté de choix" au salarié, on veut lui voler la dernière étape de sa vie !
Parvenir à la retraite en bonne santé, vivre correctement sa longévité, finir sa vie dans la dignité, c'est bien là un progrès, une avancée de civilisation. Mais les forces capitalistes y voient un gaspillage insupportable ! Elles veulent effacer les gains d'espérance de vie enregistrés grâce au système social et de santé. Elles veulent réduire l'espérance de retraite, comprimer la dernière étape de la vie, programmer un terrible recul de civilisation.
Jouer sa retraite en bourse ?
Le gouvernement prépare la création d'un méga-fonds de pension pour les salariés du privé : le fameux "3ème étage de retraite" du président Chirac. Pour quoi faire ?
Pour la bourse : "S'il y avait des fonds de pension en France, la Bourse se porterait mieux" explique le "ministre" du budget.
Pour casser la retraite par répartition avec la promesse d'un "complément de retraite" boursier. La bourse peut détruire rapidement l'épargne de toute une vie. Comme l’a démontré l'exemple emblématique d'Enron.
Au contraire de cela, il faut consolider les retraites par répartition et développer la solidarité entre générations Pour mener à bien son projet, le gouvernement de droite, s'appuie sur le fait que la gauche n'a pas engagé une réforme des retraites. Mais va-t-on laisser le gouvernement, sous ce prétexte, précariser la vie de retraite des salariés d'aujourd'hui et de demain ?

Intervenir sur les grandes questions de société
Le Parti communiste ne se résigne ni à la domination de la droite et à ses projets destructeurs ni à l'échec de la gauche. Partout, il appelle les populations ; les hommes et les femmes, à intervenir sur les grandes questions de société et d'avenir. C'est la raison pour laquelle il engage, dans tout le pays, les rassemblements d'action, de projets et les forum citoyens. C'est, dans l'esprit de cette démarche politique au service des gens, que les communistes organisent une journée nationale d'information et de mobilisation sur les retraites le 16 janvier 2003 sur l'ensemble du territoire. Ils seront à l'initiative, avec les forces de progrès, les citoyens, contre le projet de démantèlement du système des retraites, pour s’opposer à une régression sociale majeure.

Repères


L' espérance de retraite (nombre d'années de vie comme retraité) est de 14 ans pour les ouvriers, 16 pour les employés et les professions intermédiaires (contre 21,5 ans pour les cadres, les professions intellectuelles et artistiques). L'allongement de la durée d'activité réduit cette espérance et vole aux salariés une partie de la dernière étape de la vie.
Selon les projections du Conseil d'Orientation des Retraites, l'économie du pays devra faire face à un besoin de financement des retraites de deux points de PIB en 2020 et de quatre en 2040. Mais, d'ici là, les richesses créées (le PIB) auront doublé alors que le poids des retraités dans la population n'aura augmenté que de 13 points. Cela signifie que la dépense par retraité aura diminué ! Telle est la vérité que la droite et le patronat cachent à l'opinion.
La situation de nos aîné(e)s est très grave. Le montant moyen d'une pension pour une carrière complète est de 7.800 Frs, selon le rapport du Conseil d'orientation des retraites. Trois millions de personnes (surtout des femmes) perçoivent une pension en-deçà du minimum vieillesse. Sans parler de l'aumône que représentent les retraites agricoles et certaines pensions de réversion. En outre, le pouvoir d'achat des pensions a considérablement baissé au cours de la décennie 90.
Sans remise en cause des mesures Veil-Balladur de 1993, le taux de remplacement (rapport entre la première pension servie et le dernier salaire perçu) pour l'ensemble des salariés du privé (cadres et non cadres) baissera de 9 à 17 points en 2040 : cassures brutales des niveaux de vie lors du passage à la retraite

 

Unedic :
rééquilibrage des comptes Sur le dos des chômeurs !

Pour rééquilibrer les comptes de l'Unedic, un accord entre les organisations patronales emmenées par le Medef et deux organisations syndicales de salariés vient d'être passé sur le dos des chômeurs.
Ce sont eux, en effet, qui paieront au prix fort le retour à l'équilibre des comptes pour 2005. C'est le comble du mépris ! On se souviendra opportunément des “raffarinades” sur la France d'en bas à l'heure où une nouvelle fois ceux que l'on prive de travail sont sommés de payer, de se serrer davantage encore la ceinture et de se taire.
La cohérence destructrice de l’offensive de la droite
Les nouveaux chômeurs, les précaires verront pour les premiers, leurs cotisations au régime des retraites complémentaires passer de 1,2 à 3%. Pour les autres, les précaires, ils devront avoir travaillé six mois au cours des vingt-deux derniers mois au lieu de quatre mois lors des 18 derniers mois pour bénéficier des indemnités de l'Unedic pendant sept mois.
Les chômeurs de cinquante ans et plus seront indemnisés pendant 36 mois au lieu de 45 actuellement et l'indemnisation jusqu'à l'âge de la retraite ne sera

garantie qu'à partir de 57 ans contre 55 à présent.
La Cgt, qui a refusé de signer cet accord, dénonce cette révision à la baisse des droits des chômeurs. Les communistes partagent cette indignation, comme ils partagent la colère et la révolte des organisations de salariés précaires et de chômeurs. A l'heure où le gouvernement et sa majorité parlementaire s'acharnent à réduire chacun des droits pour se défendre contre les licenciements ainsi que les quelques mesures législatives permettant aux salariés et aux élus de contrôler l'usage par les patrons des fonds publics destinés à l'emploi, chacun mesurera la cohérence destructrice de l'offensive conservatrice de la droite, et sa logique au service du grand capital.
Il n'y aura pas d'issue à la situation sociale de millions de femmes et d'hommes, de jeunes dans notre pays en dehors de la relance des activités économiques, par un autre usage de l'argent et des revenus du capital, par le progrès des salaires et l’élévation du niveau des qualifications et par la mise en œuvre d'une sécurité d'emploi et de formation tout au long de la vie pour tous. Les communistes n'auront de cesse de combattre ces régressions délibérées pour les mettre en échec

Fonds publics
Liberté pour les prédateurs

Le vote du Sénat dominé par l'UMP en faveur de l'abrogation de la loi sur le contrôle des fonds publics est scandaleux ; il participe d'une série déjà longue de largesses du pouvoir en direction du patronat.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les pouvoirs publics accordent des avantages au grand patronat au motif invoqué de sauver les sites industriels et l'emploi. Dans la grande majorité des cas, les fonds versés ont été utilisés à d'autres fins: pour grossir les profits voire pour financer des plans sociaux.
La loi qui avait été votée par la majorité de gauche d'alors, à l'initiative de Robert Hue, au nom du groupe communiste, visait à introduire de la moralité, de la lisibilité, de la démocratie dans le contrôle de l'utilisation des fonds publics. Quoi de plus normal en somme ? Certes, le gouvernement Jospin n'avait guère fait preuve de diligence dans la mise en œuvre des décrets d'application, tout comme il avait résisté, tant qu'il avait pu, avant d'accepter les amendements communistes renforçant, dans la loi de modernisation sociale, les droits des salariés face aux projets de licenciements

collectifs. Finalement, tant la loi Hue que les mesures contre les licenciements boursiers constituaient des atouts aux mains des travailleurs et des élus pour limiter quelque peu l'arbitraire du pouvoir des actionnaires et insuffler un peu de transparence dans l'utilisation des fonds publics.
C'en était trop pour le Medef : on connaît son “horreur” de la démocratie sociale. Et en bon libéral, Jean-Pierre Raffarin s'attache sagement à détricoter tous les filets de protection, il veut la liberté pour les prédateurs. L'"assouplissement" de la loi sur les 35 heures, la suppression des emplois jeunes, la "suspension" de la loi de modernisation sociale et à présent le vote sénatorial contre tout contrôle démocratique des fonds publics, en clair, toutes les décisions du pouvoir Raffarin obéissent à un projet politique et social cohérent, celui de l'ultralibéralisme. Elles s'accompagnent des privatisations qui visent à livrer clé en main au capital privé les entreprises publiques les plus performantes et en meilleure santé possible. Comme on dit, c'est la saison des cadeaux

Humeurs

Missiles à domicile
L’autre jour, on arraisonne un bateau bourré de missiles cachés sous des sacs de ciment. Parti de Corée du nord à destination du Yémen. Aïe, aïe, aïe, ça sent le frelaté. Pensez-vous ! Ce sont des missiles de bon aloi, dit la CIA, puisque le Yémen a déclaré la lutte contre le terrorisme. Ouf.
Les anciens surnommaient la terre yémenite “l’Arabie heureuse”. Aujourd’hui, on y enferme et flagelle publiquement les journalistes qui enqêtent sur des sujets qui fâchent, genre corruption du gouvernement, droits de l’Homme, fonctionnement de la justice, etc. Donc le Yémen s’offre des missiles, mais pour attaquer qui, parce que ces engins-là, ça ne s’accroche pas en sautoir au-dessus de la cheminée ? Personne, ce sont des missiles “défensifs”, dit le Yémen. Bon d’accord, répondent les américains, reprenez votre barda. Pas besoin de douze mille pages de rapport ni d’inspecteurs en désarmement, on a une guerre sur le feu.
Donc, un : des ustensiles de mort se balladent un peu partout ; deux : quand on pique les trafiquants la main dans le... ciment, on la joue Tartuffe : “cachez ce missile que je ne saurais voir”. Bush et Blair nous prennent vraiment pour des cornichons. Saddam Hussein est un immonde salopard, mais est-ce vraiment pour ça que Bush veut lui faire sa fête ? Tudieu non, c’est son pétrole qu’il lorgne le texan. Bientôt, avant l’ultime goutte, il y aura de moins en moins de pétrole. La rareté élevant le prix, devinez qui s’en mettra plein les poches ? Les pétroliers texans qui ont financé l’élection de Bush. Retour sur investissement, ça s’appelle.

Alain Keslick

Ecoutez-voir ..

Réduction des dépenses de fonctionnement...
Le maire de Saint-André n'a une obsession : la réduction des dépenses de fonctionnement. A force de marteler cette idée, on pourrait croire que ce sont des dépenses inutiles. Lors du dernier conseil municipal, le conseiller communiste lui a rappelé que les dépenses de fonctionnement ce sont des dépenses nécessaires au bon fonctionnement de la commune et donc utiles pour les dryats. C'est le fonctionnement des crèches, de la restauration scolaire, des installations sportives, culturelles, de la jeunesse, etc, et bien sûr, derrière cela, il y a des femmes et des hommes dont le travail est d'assurer le bon fonctionnement de ces services. Il est donc inconcevable de baisser les dépenses de fonctionnement de façon significative sans, dans le même temps, supprimer des services utiles à la population dryate.
ou guerre idéologique..
Mais qu'importe, Alain Balland a une guerre à gagner. Et si l'opportunité de supprimer un poste d’employé communal se présente, il ne la rate pas. Son argument est béton : "les frais de personnel sont plus élevés que la moyenne nationale." A l'occasion du départ à la retraite du conducteur de la balayeuse municipale, il a donc cédé cet emploi au secteur marchand. Bénéfice pour les dryats : le coût annuel du balayage des trottoirs va être multiplié par quatre ! Il semble que ce soit plus la chasse aux emplois de fonctionnaire (le sport favori des élus de droite) que la volonté de faire faire des économies aux dryats qui motive les choix du maire de Saint-André-Les-Vergers.
Bandes de jeunes...
Des bandes de jeunes (parfois munis d'adultes et d'instruments contondants) se retrouvent devant des usines pour embêter les gens qui passent et surtout les ouvriers. Il y en a une quinzaine, jour et nuit devant chez Gillier à Saint-André. Ils pratiquent une présence qui agace et qui fait peur. D'ailleurs, ils ne sont pas avares de regards impertinents et fouilleurs avec mouvements d'épaule vers vous si vous osez défier leur prunelle. Ils sont habillés à peu près tous pareils sauf le chef qui a un galon jaune ou deux. Plus ils sont vantards, plus ils mettent de bandes jaunes. Ils sont affublés de treillis sombres, de bottes et d'une casquette ridicule sur laquelle on lit le mot police. Ça m'étonnerait que Sarkozy perde son temps à venir les faire circuler.
Bienvenue à Troyes..
C'est le titre du guide pratique édité par la mairie. C'est bien fait (papier glacé, couleurs), c'est épais (180 pages), c'est poche (15/21), c'est complet (comment se marier, se pacser, s'enterrer, se loger, se transporter, tout y est, sauf page 80, 14 journaux cités sauf ??? la Dépêche de l'Aube ! ) C'est un oubli. Pourtant nous existons, modestement certes, mais depuis 1920, en réel et même maintenant en virtuel. Faites connaitre notre site

Chaque jour, la droite prend des décisions qui font basculer le paysage social dans le chaos ultralibéral.

La droite veut déstructurer le paysage social


Table rase

Ces temps-ci, une question plus ou moins non-dite taraude la plume de certains commentateurs politiques.
Puisqu'elle n'est pas dénuée de perspicacité, livrons-la telle qu'elle se pose : les français ont-ils vraiment pris conscience de l'ampleur régressive des réformes menées actuellement par le gouvernement ?

Chaos ultralibéral
Aussi incongrue ou dérangeante qu'elle puisse paraître, l'interrogation n'a rien d'une plaisanterie et l'on aurait tort de regarder avec candeur le travail législatif des députés, des sénateurs et du gouvernement réunis. L'avalanche de mauvais coups sociaux est au moins aussi comparable - sinon plus - à l'activité certes débordante du gesticulateur médiatique Nicolas Sarkozy... et les français semblent, sinon endormis, du moins touchés d'une espèce d'apathie. Comme s'il fallait attendre d'en voir plus pour réagir vraiment. Sauf que le danger est quotidien. Pendant un temps, le gouvernement a nourri les nouveaux poussins-députés de l'UMP à la becquée de la sécurité, sommés de relayer le message. Mais, à l'approche de l'hiver, cela ne leur suffit plus. Alors, pendant qu'on attire les regards de nos concitoyens sur le ministre de l'Intérieur, les textes de lois défilent, les amendements s'additionnent, les décisions se prennent et, chaque jour un peu plus, le paysage social de la France bascule dans le chaos ultralibéral.
Qu'on en juge ! En quelques mois à peine, Jean-Pierre Raffarin et son gouvernement, sans les concertations annoncées et aidés par des valets de sénateurs réacs ou des patrons-députés réunis en groupe de lobbyistes et d'actionnaires du braquage social, ont déclaré la guerre à l'emploi, aux services publics. Ils ont cassé la loi de modernisation sociale, les 35 heures, la durée légale du travail, les emplois-jeunes. Ils ont taillé dans les effectifs de l'Education nationale. Ils viennent d'abroger la loi Hue instaurant le contrôle de l'usage des fonds publics par les entreprises. Ils refusent que le peuple se

prononce sur la décentralisation. Ils évoquent, au nom des "réformes" et de la "modernité", une assurance-maladie à deux vitesses, un service minimum, une libéralisation de l'énergie, de réforme de l'ISF. Ils donnent des coups de canif dans la CMU, dans l'APA. Ils lancent les privatisations du Crédit lyonnais, de France Télécom, d'Air France, préparent celles des Autoroutes de France, de Bull, de la Caisse nationale de prévoyance, de Dassault Systèmes, d'EADS, d'EDF, de GDF, de Renault, de Thomson multimédia, etc. Et ils semblent décidés à aborder le dossier qui a fait tomber Alain Juppé et que Lionel Jospin a refusé de traiter, les retraites, à propos desquelles le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a parlé d'"espace du sacrifice" ! Un vrai catalogue des horreurs.
Valeurs idéologiques
à ce rythme, ce n'est plus de la frénésie, ni de l'emportement proche de l'overdose. Mais de la précipitation. Et elle n'est pas sans raison. Hanté par le spectre de l'hiver 1995, Raffarin tente de s'appuyer sur un climat plutôt favorable pour jouer de rapidité, l'une de ses armes maîtresses. Avec le soutien inconditionnel du Medef, qui a bataillé pour une Unedic au rabais, Raffarin s'emploie à la fois à reconstituer un ensemble de "valeurs idéologiques" pour servir de fil de plomb à son action, tout en pressant le pas pour accélérer la déstructuration du paysage social et franchir le plus rapidement possible ce que les hussards droitistes considèrent comme un "point de non retour".
Hégémonique, la droite éprouve ainsi un sentiment de toute-puissance dont elle devrait se méfier. Car le moral des Français est en baisse et huit personnes sur dix anticipent une recrudescence de conflits au cours des prochains mois. Dans des millions de têtes, l'inquiétude continue de grandir. La précarité s'étend. L'apparente tranquillité de fin d'année n'est peut-être qu'un leurre inconscient. Les français laisseront-ils faire encore longtemps ? Voir

Théâtre “à mort !”

Au Théâtre de la Madeleine, P. Grégoire duThéâtre du Rameau d'Or a adapté le " Dernier jour d’un condamné" de Victor Hugo.
Victor Hugo dont on célèbre le bicentenaire de la naissance (“Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte”) n'a pas cessé de se battre contre la peine de mort. Il était horrifié par les exécutions publiques et les violences qui précédaient la peine (poings coupés pour les parricides par ex.) Il se battit aussi contre la peine de mort appliquée aux militants anti-esclavagistes tel John Brown aux Etats-Unis. "On ne fait pas ces choses-là, impunément, à la face d'un monde civilisé. La conscience universelle est un œil ouvert…" Hugo n'a pas réussi à adoucir les lois en France bien que ses textes furent ensuite le levain de toutes les luttes contre la peine de mort. Mais en Belgique et en Suisse (République genevoise) la peine fut supprimée en 1863(1). Il faut savoir aussi que le prisonnier Claude Gueux exécuté à Troyes fournit à Hugo le modèle de Jean Valjean.
Le théâtre du Rameau d'Or de Dijon a réussi à convaincre un public de lycéens et d'adultes grâce à une mise en scène judicieuse et originale (je pense aux interventions distanciées d'Eddy Gaillot épousant avec humour la tunique de différents personnages) qui permettait au condamné (P. Grégoire) d'exprimer le lyrisme, la profondeur et l'indignation du texte. Autre originalité, l'accompagnement sur scène, d'Emmanuelle
Bouillot au piano, faisant frémir de mains de maître, Debussy, Liszt, Chopin et Murail, soudain animés des

mêmes soucis abolitionnistes que l'auteur.


Jean Lefèvre


(1) En France, il fallut attendre près de 1982 pour voir la peine de mort abolie.

DU SANG SUR LE MIROIR
La pièce de P.E. Leroy qui a dû être jouée à La Chapelle et non à Saint-André(1) a prouvé toute la vigueur et l'utilité de la recherche historique. Mais elle a aussi montré la qualité des comédiens du T.P.C. avec M. Hélène Aïn, Pierre Fabrice et Régis Henry qui ont dû ingurgiter des textes difficiles pour en tirer toute la substance évocatrice. On ne parle pas assez de ce travail en amont du comédien qui doit parfois créer au même titre que l'auteur et façonner les mots avec le metteur en scène. Des confrontations difficiles peuvent avoir lieu dans ce travail collectif que beaucoup de gens croient parcellaire (l'auteur écrit, le comédien apprend, le spectateur écoute…) La pièce sera rejouée en avril à Saint-André.


JL


(1) Théâtre G.Philipe endommagé par un incendie.

32è congrès du PCF
Un avant - projet de base commune

La direction collective du PCF vient d’adopter "avant-projet de base commune" à mettre en circulation dans l'ensemble du parti.
Il ne s'agit pas d'un texte arrêté, à prendre ou à laisser. L'avant-projet résulte d'une première démarche de consultation des communistes qui listait une série de questionnements. Les réponses apportées par les communistes, que ce soit collectivement ou individuellement, ont fait l'objet du travail d'une commission d'une quarantaine de membres dite "de la transparence", pour aboutir à l'avant-projet en question.
Il s'agit d'un document qui se présente sous la forme de réponses proposées à douze questions. Les cinq premières concernent l'analyse des causes des résultats des élections 2002, l'évaluation de la période écoulée (mutation, participation gouvernementale, alliances) et la caractérisation de la situation actuelle issue de ces élections. Les cinq suivantes portent sur les réponses communistes à la question des perspectives de transformation de la société et du monde (analyse du capitalisme mondialisé, visée et projet communistes, stratégies de rassemblements, dimension européenne du combat.) Les deux dernières concernent l'avenir du Parti communiste lui-même.

À chacune de ces questions, il est apporté une réponse la plus commune possible, l'ensemble visant à définir une orientation d'ensemble cohérente. Les réponses proposées sont suivies de fenêtres "d'options alternatives" chaque fois que cela s'avère nécessaire.
Le texte est copieux ; simplement parce qu'il n'était pas question de gommer des désaccords persistants ou des nuances, des propositions alternatives sur des points particuliers ou sur l'ensemble. Résultat: la Commission et le Conseil national, répondant au mandat fixé, ont décidé d'inclure non seulement tout ce sur quoi ses membres, dans la diversité des sensibilités, étaient d'accord, mais aussi les points de désaccord.
Le document adopté par le Conseil national - et qui est accessible à l'adresse suvivante- est désormais soumis au débat des communistes, jusqu'à la fin janvier, pour modification et ajout éventuel d'options. Un conseil départemental ou un collectif de deux cents communistes qui souhaiteraient déposer un texte alternatif parce qu'ils ne se reconnaissent pas dans la possibilité d'amender le texte ou les options proposées peuvent le faire pendant cette période