La Dépêche de l'Aube n°649 du 28 Février 2002.......La Dépêche de l'Aube n°649 du 28 Février 2002

La dépêche de l'Aube n°649 du Jeudi 28 février 2002

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Près de 200 salariés, syndicalistes et élus ont participé à la réunion de travail sur les délocalisations avec Robert Hue.

Election présidentielle.


Robert Hue Le candidat du monde du travail


L'élection présidentielle et celle des législatives qui suivra, doit être l'occasion d'un grand débat national sur toutes les questions qui concernent le monde du travail.
Celle des délocalisations de production vers les pays à bas salaires en est une. Et depuis vingt ans, les salariés de notre département en savent quelque chose. Robert Hue est venu à Troyes, le 19 février, spécialement pour aborder ce problème avec eux. Parce que l'industrie textile a été la première à se délocaliser, l'Aube est un des départements avec celui du Nord qui paie le plus lourd tribut à cette course effrénée au fric. Troyes capitale de la bonneterie avec ses 25.000 salariés textile, il y a encore quinze ans, est devenue la capitale des magasins d'usines. Il n'y a plus que 7.000 emplois textile aujourd'hui dans le département. On vend les produits ici, mais on les fabrique ailleurs. Et l'hémorragie continue, le groupe Devanlay, un des principaux employeurs textile, précurseur de la délocalisation, a été cédé à un groupe financier suisse. à cette occasion, la course au profit s'est encore accélérée. La stratégie de recentrage sur la marque Lacoste, vient de jeter à la rue les 140 salariés de Aubelin. Actuellement, c'est plus de deux cent salariés ex-Devanlay qui vivent avec la peur de perdre leur emploi. En fait, c'est le travail des 7.000 salariés aubois du textile qui est suspendu à une éventuelle délocalisation. Demain, leur emploi peut être sacrifié tout simplement parce que leur patron aura décidé d'aller gagner plus de fric dans des pays où il y a de la misère et des enfants à exploiter.
L'actualité, c'est Doré-Doré, 500 emplois, les syndicats craignent une délocalisation imminente. Sur des documents économiques fournis par la direction, figurent déjà des tableaux sur les coûts de production en Italie et en Roumanie. Demain, cela peut être n'importe quelle autre entreprise; comme Jaquemard, autre exemple, fabricant de chaussette qui a délocalisé 50% de sa production et a réduit ses effectif de 1.200 à 700 salariés. Il y a même maintenant des délocalisateurs professionnels qui affichent publiquement la couleur. Le salon Fatex est un salon qui a été créé à Troyes en 1984. On y voyait les entreprises textiles auboises exposer leur savoir faire. Aujourd'hui, ce salon qui a pris de l'importance expose à Paris. Il est devenu le salon de la délocalisation. Lors de la dernière édition, on pouvait lire en gros un slogan comme : "dormez tranquille, nous prenons en charge votre délocalisation".
Aller ailleurs pour gagner plus de fric
Mais il y a bien longtemps déjà que la délocalisation touche d'autres industries que celle du textile. Et à chaque foi, on le voit bien, les entreprises qui font le choix de la délocalisation, ce n'est pas parce qu'elles seraient en difficulté économique, mais bien parce qu'elles font le choix d'aller gagner plus de fric ailleurs. Michelin en est un

exemple significatif. D'année en année, les profits de cette société augmentent au rythme de la délocalisation des productions. L'usine de pneumatiques Kléber de la Chapelle-St-Luc, qui appartient au groupe Michelin est passée de 1.800 salariés à à peine 800 aujourd'hui. Les pneus sont fabriqués en Ecosse, en Pologne ou en Roumanie, etc.
Mettre un terme à l’insécurité économique
C'est la triste réalité que vivent des milliers de salariés dans notre pays. et cela risque de s'amplifier si l'on y met pas un terme. La venue de Robert Hue à Troyes a été, pour un certain nombre d’entre eux, l’occasion d’en témoigner devant un candidat à la présidence de la République qu’ils savent attentif à leurs difficultés à traverle problème des délocalisations, est posée la question de la politique industrielle de la France. Le Parti communiste a bien l'intention de mettre cette question au cœur de la campagne électorale. Le problème de l'insécurité des biens et des personnes est un réel problème qu' il ne faut surtout pas négliger, on voit bien la majorité des candidats se polariser sur ce terrain à coup de surenchère médiatique. Mais qui d'autre que le candidat du PCF demande que l'on mette un terme à l'insécurité économique ? Celle qui jette à la rue chaque année des milliers de salariés. Certainement pas ceux qui ont applaudi des deux mains la censure par le Conseil constitutionnel de l'art. 107 de la loi de modernisation sociale qui visait à mieux protéger les salariés en cas de licenciement économique. Ni même ceux qui, à gauche, semblent s'accommoder de cette décision. Quoi qu'il en soit, Robet Hue est le candidat du monde du travail et il entend bien mettre les problèmes que rencontrent les salariés sur le devant de la scène .
à Troyes, devant près de deux cents salariés et syndicalistes, il a fait des propositions concrètes visant à donner plus de droits et de pouvoirs aux salariés et à leurs représentants afin qu'ils puissent peser davantage sur les choix industriels des entreprises (voir page 3). Il ne s'est pas privé non plus de mettre en évidence les responsables de toute cette casse : les grands patrons, bien sûr. Leurs amis politiques qui, sous l'étendard du libéralisme et au nom de l'argent-roi, organisent partout dans le monde la mise en concurrence entre les hommes. Mais également ceux qui à gauche cèdent aux pressions des puissances financières empêchant ainsi que la véritable politique de progrès social qu’appelle de tout son coeur le peuple de gauche s’élabore dans notre pays.


Jean-Pierre Cornevin


Textile :réunion, le 19 février, avec Robert Hue
à St-Julien-les-Villas

"Je propose de donner aux salariés un pouvoir suspensif à toutes délocalisations"

Pascal Lucani, teinturier chez Trico 3 :
«L’emploi dans le textile aubois est passé de 25.000 à 7.000 salariés. Il faut arrêter l’hémorragie !»
Pour Robert Hue, «il n’y a pas une vraie politique industrielle» visant a préserver des secteurs entiers de notre économie, en particulier le textile. L’état doit s’engager clairement sur le maintien en France de l’activité du textile. Dans toute une série de domaines, il faut commencer par appliquer les dispositions existantes qui ne sont pas mises en oeuvre. Il propose de «moraliser les pratiques de la sous-traitance», d’établir un bilan des perspectives et une dynamique de reconquête et de conquêtes de marchés et d’imposer de «nouvelles clauses sociales et éthiques dans la production et le commerce.» Le candidat communiste propose de transformer la mondialisation ultralibérale, et, dans le même temps de repondre aux situations d’urgences que connaissent les salariés (licenciements, etc) : «tout ce qui peut être arraché, prenons-le !»
Mourad Rabhi, Cellatex :
«Le fonctionnement des cellules de reclassement est scandaleux. Il est grand temps de réagir.»
Il a été l’un des animateurs de la lutte des Cellatex au cours de laquelle les salariés poussés au désespoir menaçaient de faire exploser leur usine. Mourad Rabhi a défendu son entreprise jusqu’au bout pour préserver l’emploi. En vain ; il est intervenu pour attirer l’attention sur «l’après-licenciement» dénonçant l’inefficacité des cabinets de reclassement qui font de l’argent «sur la misère des gens.» Pour Robert Hue, la loi sur le contrôle des fonds publics va donner des moyens nouveaux, mais il va falloir continuer pour gagner des droits et des pouvoirs supplémentaires pour les salariés et leurs organisations. Il faut «sortir de la situation de droit divin des patrons et de la liberté qui s’arrête aux portes de l’usine.» Le vote le 21 avril pour le candidat communiste est aussi une forme de lutte utile pour la défense du monde du travail.

Ginette Triché, Jacquemard :
«Les salariés attendent du concret. Il faut réfléchir à des moyens d’empêcher les délocalisations.»
«C’est un cri d’alarme que nous vous lançons. On voit tous les jours les camions venir de Hongrie». Les salariés attendent des réponses plus précises et plus claires pour lutter contre les délocalisations. «L’industrie du textile a t-elle encore un avenir en France ?» s’interroge-t-elle. Pour Robert Hue «c’est la France qu’on mutile» en tuant des pans entiers de notre économie. Il dénonce les délocalisations vers les pays à bas salaires et propose de donner aux salariés un droit suspensif pour rechercher des solutions alternatives. «Il faut aussi que l’état s’engage sur le maintien des emplois en France», devait-il poursuivre, en rappelant aussi l’exigence grandissante d’une vraie formation liée à une garantie de sécurité d’emploi pour tous les travailleurs. Selon lui, «les meilleurs défenseurs de l’entreprise, ce sont les salariés»
Josette Dollat, ex-salariée de chez Aubelin :
«La retraite avant 60 ans après 40 années de cotisations, beaucoup de salariés l’espèrent. Ce serait une bonne loi !»
Robert Hue a rappelé qu’une telle mesure concernerait en France 850.000 salariés. Souvent des personnes ayant commené à travailler très jeune, à des emplois pénibles ou postés ; cette disposition, comme l’a indiqué Josette Dollat, est très attendue par les salariés qui pourraient être concernés. De plus, cela permettrait de dégager des emplois, pour les jeunes en particulier. L’attitude d’Elisabeth Guigou, qui a refusé que ce projet de loi soit discuté au Parlement, est inacceptable et dénote, selon Robert Hue, d’une «absence de volonté politique du gouvernement [...] qui n’a pas le courage de bousculer les choix néo-libéraux ni celui de résister à l’actuel mouvement de la construction européenne.» Il a indiqué que les entreprises bénéficient, dans le même temps, de dizaines de milliards de francs d’éxonérations de charges sociales .

 

Cinq propositions de Robert Hue
pour une autre politique à gauche
Une augmentation de 300 € par mois (environ 2.000 F) du Smic et des minimas sociaux.
Permettre aux salariés ayant cotisé pendant 40 ans de prendre leur retraite sans attendre 60 ans et ce dans des conditions financières normales.
Interdire que, pour un même emploi, le salaire d’une femme soit inférieur à celui d’un homme (actuellement, moins 25% en moyenne).
Accorder aux jeunes une véritable allocation autonomie.
Interdire les licenciements boursiers.
«Je suis le seul dans cette campagne à porter l’exigence d’une politique solidement ancrée à gauche», à déclaré Robert Hue qui a pointé du doigt l’adversaire : la droite

Robert Hue au meeting de Reims devant 500 personnes

 

"Le maître à penser de la droite, c'est le baron Seillière"

Si Chirac reste au pouvoir et si la droite y revient, ils aggraveront considérablement la détestable politique qu’ils ont conduit de 1995 à 1997.

Regrettant les «très sérieuses limites à la politique suivie depuis 1997» et se déclarant «très préoccupé de voir comment se dessine le projet du candidat socialiste, Lionel Jospin», Robert Hue ne s’est pourtant pas trompé en désignant clairement l’adversaire à battre pour les prochaines élections : la droite. Une droite qui n’apportera pas les réponses attendues et nécessaires et dont le discours, selon lequel la France n’aurait pas de marges de manoeuvres «est un mensonge.»

Son programme est connu : privatisations des services publics, compression des dépenses publiques utiles, allongement de la période d’activité ouvrant droit à la retraite, mise en pièces du système de solidarité fondé sur la répartition pour laisser le champs libre aux fonds de pensions, démentèlement des acquis, des droits des salariés pour les jeter au gré des exigences de profits financiers des actionnaires. Des marges de manoeuvres permettant d’engager une grande politique économique et sociale conforme aux attentes de notre peuple existent bel et bien mais ce n’est pas sur la droite qu’il faut compter pour les mettre en oeuvre.

«De la droite, je n’en veux pas. Vous non plus !»
Cependant, pour le candidat communiste à l’élection présidentielle, il faut être clair. «Je ne suis pas là pour proposer la simple continuation de ce qui se fait depuis 1997», a-t-il déclaré, poursuivant : «les communistes ne sont pas en campagne pour que Lionel Jospin soit élu et mène ensuite une politique à la mode de Tony Blair en Angleterre.» Il faut avoir le courage de résister aux puissances de l’argent et ne pas continuer «de se mettre au garde-à-vous devant le Medef et les actionnaires licencieurs» qui sont les maîtres à penser de la droite. Et Robert Hue s’honore de déranger la droite : «elle ne me fera pas taire pas plus que le Medef qui a bien compris que le candidat communiste ne lui ferait aucun cadeau dans sa campagne.» Une campagne qui dérange la droite parce que le candidat du PCF, lui, ne se contente pas de dire qu’il la combat, mais parce qu’il le fait en mettant à nu le fond de son projet de société éclatée au service de la seule accumulation des capitaux. Robert Hue est revenu dans son intervention sur les lignes de forces de ses propositions, invitant les françaises et les français à y réfléchir et en discuter ensemble. «Si le vote communiste pèse suffisamment lourd le 21 avril, au premier tour qui est capital pour la suite, alors vous pourrez faire entendre votre voix, vos attentes, vos exigences» devait-il conclure, sous les ovations de l’assistance.

Alain Keslick

Financement des retraites

C'est possible sans les fonds de pension

Le débat sur l'avenir des retraites est l'un des thèmes de la présidentielle que les Français veulent voir abordés.
Seule la mauvaise fois ou (et) la soumission inconditionnelle à la dictature boursière permet d'affirmer que le système par répartition de nos retraites ne supportera pas le choc du baby-boum de la fin des années 40.
C'est confirmé: pas de scénario-catastrophe !
Les statistiques publiées par l'Insse, révélant un taux de natalité de 1,9 enfant par femme actuellement, montrent que, dans la catastrophe annoncée du soi-disant non renouvellement des générations, il y aussi du bluff et de la spéculation politicienne. De même, à propos de la diminution du nombre d'actifs conduisant à un inéluctable déficit de financement, le Conseil d'orientation des retraites vient de mettre les choses au point en fixant à 4 points de PIB (richesses créées) la part de richesses supplémentaires à consacrer aux retraites en 2040. Cela n'a rien d'extraordinaire quand on sait que d'ici là le dit PIB aura doublé. C'est tout simplement que le COR (Conseil d'orientation des retraites), comme les experts les plus sérieux ne négligent pas l'impact de l'emploi et la nécessaire lutte contre le chômage, ni les mutations et les mouvements qui traversent la population, pas plus que l'apport des retraités à la société.
Le moment est donc venu de pousser plus loin le débat en partant de la réalité telle qu'elle est. En quoi serait-il

impossible ou "anti-économique" de demander aux profits boursiers (347 milliards d'euros, soit 2.250 milliards de francs en 2000) d'assumer leur devoir de solidarité au même titre et au même taux que les salaires ? Leur proportion dans les richesses créées est en constante progression. Au nom de quelle "éthique" sont-ils dispensés de prélèvements alors que leur utilité est contestée et que leur masse fait problème ? En réinjecter une partie dans l'économie ne soutiendrait-il pas la croissance et l'emploi ?

Robert Hue : les moyens de ses propositions
Seul candidat à porter cette idée et quelques autres tout aussi réalistes et sans concession à la toute puissance des marchés financiers, Robert Hue se donne, sans tricher, les moyens de ses propositions. On peut en effet garantir aux générations d'après-guerre une retraite à 60 ans avec un taux de remplacement , accompagnant un relèvement des pensions actuelles de 75% des derniers salaires. On peut dans l'immédiat permettre aux salarié(e)s totalisant 40 annuités de cotisations de choisir la retraite avant 60 ans. Tout cela est possible ! Mais ne tournons pas autour du pot: la question est éminemment politique et la faisabilité économique est moins en cause que l'influence communiste dans une politique de gauche. L'engagement de tous et de toutes sera, n'en doutons pas, à la hauteur de l'audace sociale portée par Robert Hue dans cette campagne

Maurice Camuset avait été secrétaire départemental  du Parti communiste français de 1959 à 1970.

 

 

Maurice Camuset nous a quitté

 

 

Le 22 février s'est éteint Maurice Camuset. Par-delà le chagrin et l'affliction qui nous ont touchés à l'annonce de cette terrible nouvelle, c'est une voix reconnue et respectée du monde du travail et bien au-delà qui vient à jamais de se taire.
Né en 1920, d'un père cheminot et d'une mère ouvrière dans le textile, Maurice Camuset n'oubliera jamais ses racines ouvrières qui forgeront durablement son idéalisme communiste et sa conviction qu'il faut être de tous les combats et résister contre toutes les formes de barbarie et d'injustice en ce monde. Reçu premier du département au CAP d'ouvrier-peintre en 1938, il se syndique à la CGT. Dès 1940, après avoir vécu l'exode, il organise, à titre individuel d'abord, puis au sein des Francs Tireurs et Partisans Français des sabotages contre l'occupant nazi. En 1944, sous le nom d'«Ariel», il entre en clandestinité. Ce seront les maquis de la Marne, de la Traconne, de Rigny La Nonneuse, de Saint Mards en Othe et de Bouilly, puis la participation à la Libération de Troyes et de l'Aube.
Grand Résistant, il s'investira jusqu'à son dernier souffle pour transmettre aux générations futures la mémoire et le sens des faits héroïques de la Résistance. Il était Président-délégué de l'ANACR Aube depuis 1970 et membre du bureau national de l'ANACR depuis 1994.
Il est élu maire de Romilly en 1949 à l'âge de 29 ans, après avoir été conseiller municipal en 1947 puis maire-adjoint en 1948. Au cours de ses mandats de premier édile, renouvelés jusqu'en 1985, Romilly entre dans la modernité. C'est l'adduction d'eau (la "Mauricette"), les

colonies de vacances, les foyers des anciens, le doublement des classes maternelles et primaires, la création du collège Langevin, la construction du lycée Curie et du LEP Diderot, la réalisation du stade, de la piscine municipale, de 1.500 logements sociaux, de la maternité, d'un hôpital, la création des zones industrielles, de la MJC, du Conservatoire de musique, du club omnisports le plus important du département (l'USMR), du cinéma, etc.
Il reste conseiller municipal jusqu'en 1995 avant d'être distingué Maire-honoraire de Romilly. Maurice Camuset fut aussi Conseiller général communiste de 1964 à 1970.
Tout au long de ses fonctions électives, c'est la défense des intérêts des plus humbles et le souci du bien collectif qui guidèrent son action et font de lui un digne successeur d'Henri Millet.
Secrétaire de la section de Romilly du PCF, il rejoindra la direction départementale en 1948 avant d'être élu premier secrétaire de la fédération de l'Aube du Parti communiste de 1959 à 1970. Sa conviction inébranlable dans la capacité des hommes à construire un monde meilleur, il savait la faire partager. Ses qualités d'homme de dialogue, d'écoute, d'union ont fait de lui une figure politique départementale. Il a été distingué comme Chevalier dans l'Ordre du Mérite National en 1982 et avait reçu l'année dernière les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur.
En cette douloureuse circonstance, la fédération du Parti communiste et son hebdomadaire, la Dépêche de l’Aube, s'associent à la peine de son épouse Gisèle, de ses enfants et de sa famille


Maurice Camuset et Georges Didier lors de la présentation de la maquette du nouvel hôpital de Romilly

Un grand homme

vient de s'en aller

 

 

Maurice Camuset et Georges Didier lors de la présentation de la maquette du nouvel hôpital de Romilly

C'est une personnalité politique départementale, reconnue et respectée bien au-delà des clivages partisans, qui vient de s'éteindre. Son idéal de progrès, de justice et de paix, son charisme ont profondément marqué plusieurs générations de militants communistes aubois.
Tout au long de sa vie, Maurice Camuset a su rester un homme debout qui ne connaissait ni la résignation, ni le fatalisme. Il a traversé, fort de ses convictions et de son engagement politique, des périodes historiques tumultueuses où les valeurs qu'il chérissait par dessus tout - la liberté, l'égalité, la fraternité - étaient en grand péril. N'hésitant pas à payer de sa personne pour défendre son idéal, emprisonné puis relâché, il entre dans la Résistance et la clandestinité sous le nom d'"Ariel" et prendra part au sein des FTPF à de nombreux combats dans les maquis de l'Aube et à la Libération du département.
Elu maire de Romilly-sur-Seine en 1949, à l'âge de 29 ans, il va marquer, pendant les 36 années de son mandat renouvelé, la seconde ville du département de son emprunte et la faire entrer dans le XXème siècle en la dotant des infrastructures sociales et économiques nécessaires à son essor. Sa haine de la barbarie et de la guerre lui fera prendre des décisions courageuses au moment de la guerre d'Indochine et de celle d'Algérie. Son militantisme d'élu du peuple, son dévouement de toute une vie faite d'honnêteté et d'attention aux autres en feront une personnalité de poids, respectée et écoutée. Homme politique de gauche et de progrès, militant communiste, Maurice Camuset était aussi homme d'ouverture et de dialogue, toujours prêt au débat et à la confrontation

d'idées.Secrétaire de la fédération de l'Aube du PCF de 1959 à 1970, il avait aussi été militant CGT, et s'était investi dans le mouvement coopératif puis mutualiste. Il n'avait jamais ménagé ses forces et son énergie pour contribuer, avec son caractère de battant, au rayonnement de l'idéal communiste qui était le sien. Il y a quelques semaines à peine, il participait encore aux réunions de la section de Romilly du PCF ne manquant pas d'intervenir pour faire part de son expérience et de son appréciation sur l'actualité politique.
En cette douloureuse épreuve, la fédération de l'Aube du Parti communiste s'associe à la peine de son épouse Gisèle, de ses enfants, petits-enfants et de toute sa famille.


Fédération de l’Aube du Parti communiste

en 1982, Maurice Camuset en compagnie d’Edwige Avice, ministre de la Jeunesse et des Sports à l’occasion de la signature du Contrat de Solidarité accordant les 35 h au personnel communal de Romilly avec création d’emplois.
en 1982, Maurice Camuset en compagnie d’Edwige Avice, ministre de la Jeunesse et des Sports à l’occasion de la signature du Contrat de Solidarité accordant les 35 h au personnel communal de Romilly avec création d’emplois.

 

Messages de sympathie à son épouse Gisèle

Robert Hue, Président du Parti communiste français :
«Pierre Mathieu vient de m’apprendre le décès de Maurice. Dans ce terrible moment, je veux te témoigner mon affection et te transmettre mes condoléances, ainsi qu’à ta famille. Maurice a été un élu et un maire communiste très apprécié par la population de la ville qu’il chérissait par dessus-tout : Romilly-sur-Seine.
Toute son action de militant, d’élu, a été marquée par un engagement sans faille pour les valeurs les plus nobles, la paix, la justice sociale, la lutte pour un monde meilleur. La peine qui s’exprime chez ses camarades, ses amis, est à la hauteur du vide que Maurice laisse. Je t’assure, chère Gisèle, de toute mon amitié.»

Jean-Claude Gayssot, Ministre des transports :
«Je viens d’apprendre la disparition de Maurice. Nous nous connaissions bien. Nous avions en commun notre appartenance à la famille des cheminots et celle des communistes. Je sais tout ce que Maurice a fait de manière désintéressée pour Romilly et pour améliorer la vie des citoyens. La disparition de Maurice laisse un grand vide, d’abord pour toi et ta famille. Pour ses camarades aussi. Je t’adresse toutes mes condoléances et mon amitié.»

Marie-Georges Buffet, Secrétaire nationale
du Parti communiste français :
«J'imagine la peine que tu dois ressentir suite à la disparition de Maurice, le compagnon avec qui tu as tout partagé dans une vie marquée par le dévouement aux autres.

Dans de telles circonstances les mots sont peu de chose. Je veux cependant te faire part, ainsi qu'à ta famille, de mes condoléances et te dire combien pour notre parti a été exemplaire l'engagement de Maurice au service des plus nobles causes. Celles du combat en faveur de la libération de la France, de la paix, du combat contre toutes les injustices, pour l'avènement d'une société plus humaine. Maurice, c'est aussi, j'ai envie de dire c'est d'abord, une vie dévouée au service des Romillonnes et des Romillons. Pendant quarante-huit ans, Maurice a siégé au conseil municipal de la deuxième ville de l'Aube. Pendant 35 ans, il aura été un maire communiste très populaire dont les réalisations continuent de marquer la vie de la ville. La simplicité, la générosité, l'ouverture aux autres, le souci constant du rassemblement sont autant de traits de la personnalité d'un homme hors du commun. Si Maurice Camuset a assumé d'importantes responsabilités pour notre parti, notamment celle de secrétaire fédéral de 1959 à 1970, ses engagements multiples l'ont conduit aussi à assurer d'importantes responsabilités dans le monde associatif. Depuis 1994 Maurice Camuset était membre du bureau national de l'ANACR. C'est toute cette vie au service du bien commun qui ont valu à Maurice Camuset d'être fait Chevalier de l'Ordre du Mérite national en 1982 et sur proposition du Ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, Chevalier de La Légion d'Honneur il y a un an. Je t'assure chère Gisèle, dans l'épreuve que tu traverses de toute ma sympathie.»


Démagogie, désinformation, calomnie...

l'Est-éclair à Romilly La presse - purée !

Un journal a pour fonction première l’information de ses lecteurs. Dans l’Aube et à Romilly, en particulier, le monopole de l’Est-éclair devrait renforcer cette mission même si, nous le savons, ce quotidien se réclame clairement de la droite. Pourtant, depuis trois ans, nous avons droit à un traitement particulier, depuis l’arrivée à Romilly d’un journaliste issu d’une contrée reculée de notre Berry profond. L’anticommunisme digne des années 50, soit ! On a le manque de talent que l’on peut mais nous ressortir «La Chaussette» des placards n’est pas la preuve d’une modernité à toute épreuve et, comme il faut bien vivre, difficile de faire son boulot objectivement, lorsque la plus grande partie de la publicité est payée par le président du patronat local !
Mais les attaques personnelles contre le conseiller général romillon qui a eu l’audace d’acquérir son logement (même si, c’est vrai, il provoque... rue des Champs élysées), le mensonge et la calomnie contre une déléguée syndicale CGT (et militante du PCF), la censure contre le candidat du parti aux cantonales, la désinformation voire le bidouillage, comme nous l’avons vu pendant les élections municipales, relèvent d’une époque que nous croyons revolue... bonjour les ringards ! La presse manque d’imagination ; jamais Romilly n’a eu autant de permanents et, pourtant, jamais elle n’a été aussi pauvre et sans intérêt. à force d’être à la botte, et ne pouvant croquer un rouge chaque matin, les successeurs de Delcey (petits prétentieux, va !) courent les cantines scolaires, épient les chiens écrasés, sautent sur des informations aussi capitale que l’alevinage du rû de Pars, et finissent, si on les pousse un peu, par un remarquable reportage photographique sur

le dernier thé-dansant des Amis des oiseaux. Bref, l’investigation et l’haletant à toutes les pages.
Aussi, au risque d’être accusé de collaboration de classe, suggérons-nous quelques pistes à nos fins limiers :
- Pourquoi une entreprise occupe-t-elle un bâtiment municipal depuis onze ans sans jamais avoir réglé de loyer (coût à ce jour : environ 1,5 MF - 228.673 €) ?
- Que s’est-il passé à la MJC de Romilly pour que celle-ci annonce, quelques jours après les municipales, un trou financier de 420.000 Frs - 64.028 € - et le départ précipité de son directeur, membre du comité de soutien de la liste Cartelet ?
- Pourquoi le secrétaire général de la mairie a-t-il été trois ans sans payer de loyer ? Que penser d’une adjointe au maire achetant une maison quelques semaines après les municipales... à Maizières ?
- Pourquoi la municipalité Cartelet est-elle obligée par la sous-préfecture d’emprunter pour boucler le budget depuis deux ans ?
- Pourquoi, lors du débat sur le devenir de l’ancienne base 914, la presse a-t-elle systématiquement censuré les questions précises, mais embarassantes, posées par l’opposition de gauche au candidat repreneur ?
La liste n’est pas exhaustive ; laissons à nos «Rouletabille» locaux le soin de la compléter.


Section de Romilly du PCF


Santé

la fièvre ne retombe pas

Les rouages de notre système de santé sont grippés. Depuis des mois maintenant, les professions de santé, les unes après les autres, se mobilisent et manifestent pour obtenir revalorisations et améliorations de leurs emplois.

Les professionnels de santé s'estiment déconsidérés. Mais du côté des assurés sociaux, la situation des prises en charge, des traitements est loin d'être satisfaisante et de nouveaux médicaments sont chaque année moins bien remboursés ou plus remboursés du tout.
Services des urgences, budgets hospitaliers, infirmières, médecins, le constat de la crise dans laquelle se trouve notre système de santé n'est donc plus à dresser. Ce qui ne veut pas dire non plus que nous aurions basculé dans une situation catastrophique. La réduction comptable des dépenses de santé basée sur le plan Juppé toujours en application, a conduit le système dans l'impasse et a fait la démonstration de son inefficacité.
La santé ne peut être considérée comme une charge
ou, comme le conçoit le MEDEF, une marchandise qui peut rapporter gros. Nul besoin d'être expert pour faire le constat.
Depuis des années, nos besoins de santé sont en pleine croissance et la tendance ne devrait que s'accentuer à l'avenir. Les moyens de soigner, le matériel sophistiqué de plus en plus performant, les nouvelles techniques de traitements, d'interventions chirurgicales, tout cela coûte très cher. L'espérance de vie s'allonge (qui s'en plaindra ?) et les personnes âgées sont plus sujettes à la maladie. La recherche médicale permet de mieux traiter sinon de guérir beaucoup plus de maladies. Evidemment, cela a un coût pour le système de santé. Les progrès de la médecine font diminuer fortement les séjours hospitaliers mais, en contrepartie, la médecine de ville est plus sollicitée. L'examen des comptes de la santé fait bien apparaître chaque année de fortes évolutions des dépenses mais, n'a t-on pas les moyens en France de répondre à tout cela ?

La santé est un domaine essentiel, prioritaire, dans la France du XXIème siècle
Les gouvernements successifs ont tout fait pour comprimer les dépenses de santé. Qui a oublié le fameux "trou de la sécu" ? A chaque fois, une seule solution était avancée : baisser à tout prix le niveau des dépenses, ceci au moyen d'un large arsenal de mesures, de grignotages des prises en charge, le forfait hospitalier, mise en place du numérus clausus limitant la formation des médecins. Cette politique atteindra son paroxysme en 1995 avec la mise en place du "plan Juppé". Vote par les députés d'un budget sécu, non pas élaboré sur la base d'une politique de santé largement concertée, mais en fonction de principes strictement comptables avec sanctions à la clé pour non respect par le corps médical ; fermeture de lits d'hôpitaux, de maternités, etc.
Tout cela a développé les inégalités
La santé ne peut pas être considérée comme une charge pour la nation car une population en bonne santé, c'est faire d'autres "économies" à terme. Sans remettre en cause notre système de sécurité sociale né en 1945, au sortir de la guerre, la régulation du système doit être repensé. Il nous faut déjà sortir de cette crise actuelle en apportant une réponse crédible aux revendications légitimes des professions de santé, créer les postes là où c'est nécessaire, réorganiser les urgences à l'hôpital. un compromis satisfaisant doit être trouvé entre la sécurité sociale et les médecins. Mais, au delà, l'organisation, la régulation de notre système doit être repensé et révisé. C'est le sens des propositions des Mutuelles de France en faveur d'une réelle démocratie sanitaire et sociale, ne renvoyant pas le règlement de tous les problèmes aux instances politiques.
L'assurance maladie doit bénéficier de pouvoirs accrus, nous devons revenir aux élections à la sécu. Mais, il faut aussi mettre en place de nouveaux moyens de financement comme, par exemple taxer les revenus financiers comme le sont les salaires et les retraites