La Dépêche de l'Aube n°648 du 21 Février 2002.......La Dépêche de l'Aube n°648 du 21 Février 2002

La dépêche de l'Aube n°648 du Jeudi 21 février 2002

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Robert Hue à Troyes ...


"délocalisations, politique industrielle..."Je suis là et je m’engage devant vous"


Salle comble, mardi 19 février à Saint-Julien pour la venue de Robert Hue à l’occasion d’une réunion d’échange avec les salariés et les syndicalistes aubois sur la question des délocalisations.
«En tuant, en mutilant des pans entiers de notre économie, c’est la France qu’on mutile.» Le ton était donné par le candidat communiste à l’élection présidentielle qui s’est voulu offensif, critique mais aussi constructif. Pendant plus d’une heure et demi, il a dialogué avec des salariés venus témoigner de leurs souffrances, de leurs expériences et de leurs luttes pour préserver l’emploi dans notre département particulièrement touché par les délocalisations de productions vers les pays à bas salaires. Plus de 150 personnes ont participé à cette réunion dont des syndicalistes et des élus communistes.
Résister et construire ensemble
La première intervention est allée au coeur du problème puisque Laurent Levasseur, conseiller municipal nogentais déplorait la censure par le Conseil constitutionnel de l’article 107 de la loi de modernisation sociale sur la qualification du licenciement économique. Un article qui, selon lui, aurait été un puissant levier pour les salariés de l’entreprise Bertrand Faure de Nogent-sur-Seine - et pour beaucoup d’autres - qui contestent devant les prud’hommes le motif économique de leur licenciement [Cf. DA n°646 du 07/02]. «Il faut avoir le courage de résister» devait répondre Robert Hue qui a vivement déploré l’absence de volonté politique de Lionel Jospin ayant cédé devant la bataille menée par les patrons sur cette question fondamentale. Mourad Rabhi, syndicaliste de Cellatex, dénonçait, quant à lui, l’inefficacité scandaleuse des «cabinets de reclassements qui s’engraissent sur la misère des gens». Robert Hue, très attentif aux témoignages apportés a souligné qu’il «serait


gravissime que les grandes questions sociales ne viennent pas en débat» à l’occasion du vote à l’élection présidentielle poursuivant qu’il y a «un temps pour les luttes et un temps pour l’expression du suffrage universel». Selon le candidat communiste, il faut permettre aux salariés et à leurs représentants de conquérir des droits nouveaux dont certains «ne coûtent rien», citant à titre d’exemple un droit de regard dans la gestion des entreprises. Les témoignages se sont succédés au cours de cet après-midi de travail. Ainsi celui de Pascal Lucani, syndicaliste du textile, qui déplorait l’hémorragie d’emplois dans ce secteur d’activité, de Ginette Triché du groupe Jacquemard, lançant un «cri d’alarme» au candidat du PCF, et demandant «des pistes plus claires pour lutter contre les délocalisations. Les salariés attendent du concret» ou de Josette Dollat, licenciée de chez Aubelin.
Du social et de l’éthique
«Il faudra bien entendre ceux qui portent des propositions. Dans toute une série de domaines, il y a des dispositions existantes qui ne sont pas mises en oeuvre. Il faut exiger leur application» s’est indigné Robert Hue qui préconise une moralisation des pratiques de la sous-traitance, d’imposer de nouvelles clauses sociales et éthiques dans la production et le commerce international et, plus globalement, d’oeuvrer pour une autre mondialisation. Mais dans le même temps, il y a les urgences quotidiennes et là, il faut des «dispositions, des régulations : tout ce qui peut être arraché, prenons-le.» Nous reviendrons la semaine prochaine, dans un numéro spécial, plus longuement sur cette initiative et sur le meeting qui s’est tenu en soirée à Reims avec plus de cinq cent participants.


Alain Keslick .

Hôpital général des Hauts-Clos

Du problème des urgences au vote Robert Hue

L’action engagée par M.F. Pautras, conseillère générale communiste, aura permis de révéler au grand jour la situation intolérable du service des urgences de l’hôpital des Hauts-Clos à Troyes.
Cette action connaît un retentissement considérable dans tout le département ; 5.000 signatures recueillies sur la pétition, voeu unanime du Conseil général repris par 145 conseils municipaux du département. Cette mobilisation a permis d’enregistrer de premiers succès puisque le principe de la construction d’un nouveau service des urgences est acquis. Il bénéficiera de subventions de l’état et de l’Agence régionale de l’hospitalisation.
Soixante cinq postes sont nécessaires
Mais tout est loin d’être définitivement réglé. L’action doit donc encore s’amplifier et s’élargir car la pleine efficacité de ces futurs locaux ne sera réelle que si elle est accompagnée de créations de postes. Soixante cinq, sans tenir compte des 35 heures, sont nécessaires d’après l’évaluation effectuée par le Conseil d’administration de l’hôpital. Or, pour l’instant, trois postes seulement sont créés ! Cette situation est tout à fait inadmissible car elle est préjudiciable à la qualité des soins, mais aussi pour les personnels de cet établissement. Dans tout le pays, les différentes professions de santé se sont mobilisées pour obtenir davantage de moyens. Mais leurs exigences se heurtent à l’insuffisance des moyens financiers accordés au budget de la santé.
Les moyens financiers existent
En liaison avec ce mouvement permanent des hospitaliers,c’est ce que réclame le Parti communiste au gouvernement. La taxation des revenus financiers des entreprises au même niveau que ceux des salariés, la suppression de la taxe sur les salaires payée par les

hôpitaux permettraient d’alimenter largement le budget de la santé. L’action acharnée des députés communistes au Parlement, qui ont menacé de voter contre le budget de la sécurité sociale, a permis d’arracher au gouvernement près de quatre milliards de francs supplémentaires pour les hôpitaux. Cela, bien sûr, reste encore insuffisant.
Le vote Robert Hue pour poursuivre l’action
Au moment où s’engage la campagne des présidentielles, qui sera suivie par les législatives, la question posée est de savoir si notre pays est prêt à dépenser davantage pour la santé. Doit-on, en effet, se plaindre des progrès scientifiques et techniques qui permettent de mieux soigner les gens ? Doit-on se plaindre que l’espérance de vie soit plus grande ? Certainement pas ! Les électrices et les électeurs qui ont fait l’expérience du plan Juppé et de l’insuffisance - même s’ils sont en progrès - des moyens accordés à la santé par le gouvernement actuel ne se contenteront pas de vagues promesses. Et ils ont bien raison. Aujourd’hui, le seul candidat à avoir la volonté politique de s’attaquer à tout ce qui entrave une augmentation du budget de la santé, c’est Robert Hue. Il est, en effet, le seul à indiquer où trouver les moyens financiers pour y parvenir et à proposer la renégociation du traité de Maastricht et du Pacte de stabilité européen, car ils imposent aux états la baisse de leurs dépenses publiques. Le 21 avril, le vote en faveur de Robert Hue permettra ainsi d’exprimer sa volonté d’une politique de santé à la hauteur des besoins de notre temps et des exigences formulées par les différents personnels de ce secteur. Il devient, dans ces conditions, un moyen d’action pour obtenir les postes à l’hôpital des Hauts-Clos.


Joë Triché

Social

Salaires Pourquoi augmenter le Smic ?

Robert Hue propose de porter graduellement le Smic à 1.372 euros (9.000 francs).
Il propose, simultanément, de simplifier le système du SMIC lié aux 35 heures en alignant toutes les garanties mensuelles sur la plus élevée, anticipant ainsi sur l'unification du système prévue en 2005. Il propose, dans le même mouvement, d'encourager des augmentations générales des salaires avec le progrès des qualifications et de réviser les 35 heures. Pour cela, il avance l'idée d'une Conférence nationale sur les revenus, la formation et les qualifications
.
Pourquoi augmenter le Smic et les salaires?
Pour soutenir la consommation populaire et pour dynamiser la croissance.
l Pour faire reculer les inégalités entre revenus salariaux et revenus financiers.
Pour inciter à accroître les qualifications car plus le SMIC est bas plus les employeurs sont encouragés à développer des emplois à bas salaires et basses qualifications.
Pour faire reculer les situations de pauvreté, de surendettement, d'exclusion dont souffrent de plus en plus de salariés.
Pour contribuer au rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée en faveur des salariés.
Le coût de la proposition
Cela représente une augmentation progressive de 21,8%, soit un supplément de 26,6 milliards d'euros (174,5 milliards de francs) de la masse salariale (y compris les effets indirects sur l'ensemble des salaires), répartis ainsi :

23.1 milliards d'euros (151,6 milliards de francs) pour les entreprises privées;
2,2 milliards d'euros (14,5 milliards de francs) pour l'État et les collectivités locales;
0,8 milliard d'euros (5,2 milliards de francs) pour le secteur non marchand.
Par ailleurs, l'État devrait financer les exonérations supplémentaires de charges sociales à hauteur de 1,1 milliard d'euros (7,3 milliards de francs).
Le financement de la proposition
Au sein des groupes, l'ampleur des profits et des revenus financiers permettra de financer sans peine l'augmentation du SMIC. En effet, l'augmentation progressive représente 6,5% des profits d'exploitation et des revenus financiers des entreprises. Pour les PME, nous proposons de les aider par la création d'un Fonds pour l'emploi, la formation et la qualification. Ce fonds aurait pour objet d'aider les PME à financer leurs dépenses de formation, l'élévation des qualifications et leur reconnaissance dans les niveaux de salaires. Ce financement pourrait intervenir sous forme de crédits bonifiés sélectifs pour l'emploi ou encore d'avances remboursables pour la formation. Le fonds serait abondé par un prélèvement exceptionnel sur les revenus financiers des entreprises de plus de 76,22 millions d'euros (500 millions de francs) de chiffres d'affaires à hauteur des augmentations de masse salariale dans les PME


Humeur

Travail

Le dernier billet de Jean Lefèvre sur le Cercle Populaire a suscité quelques critiques. «Ton histoire n'est pas politique. Tu t'égares, camarade. En quoi l'histoire d'Ernest et Stanislas Baltet(1) nous intéresse-t-elle aujourd'hui ?»
La condamnation du Cercle Populaire par les faux républicains de 1873 est cependant tout à fait moderne. On accuse l'association de faire de la politique alors qu'elle n'use que de son droit d'éducation. N'est-ce pas le MRAP, association de défense des Droits de l'Homme, qui est aujourd'hui accusée de faire de la politique et qui est privée, du coup, de mener à terme un projet éducatif ? Est-ce que cela ne se fait pas avec la complicité de tous les pouvoirs en place ? Et puis la morale de l'histoire du Cercle est clairement exprimée et prend aujourd'hui une signification confondante : c'est l'activité des hommes qui les rend citoyens. Être actif, c'est être reconnu. La perte du travail ôte, en toute logique, de la citoyenneté à ceux qui ne peuvent plus «forger l'acier rouge avec leurs mains d'or».
On donne maintenant aux travailleurs déchus des aides, certainement nécessaires pour survivre mais elles ont aussi pour résultat de confiner les gens hors du champ de l'activité et de la démocratie. Les inactifs sont des citoyens morts. Certains leur font même un peu de morale : «vous ne votez plus !»
- Redonnez-nous du travail et nous reprendrons goût à la chose publique !
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Malicette

(1) Conseiller municipal et député vers 1880.

Mondialisation

 

Robert Hue en Afrique Ce que nous avons en commun

Pour Robert Hue, "une autre mondialisation est possible." Il l'a fortement réaffirmé en se rendant à Bamako, au Mali.
Saluant les liens particuliers qui se sont tissés dans notre histoire commune, entre des générations de communistes français et d'hommes et de femmes d'Afrique, anticolonialistes, syndicalistes, dont certains ont été chassés de l'administration pour "activité antifrançaise", il a souligné que "ce que nous avons en commun ne s'écrit pas seulement au passé."

La France s'est transformée, à l'image de la diversité du monde. Elle bénéficie de l'apport de centaines de milliers de familles qui sont partie intégrante du peuple qui vit et travaille dans notre pays. Ils ont le droit à une véritable identité citoyenne en France.Robert Hue s'est attaché à montrer combien "le combat pour l'indépendance des peuples est entré dans une phase inédite." L'Afrique, exemplaire des fractures sociales, humaines, est traversée par une vraie vitalité, la recherche de voies originales pour sortir du sous-développement dans lequel on l'a enfermée et dans lequel on veut la maintenir.
L'influence de la culture africaine, sa modernité
Le développement des échanges est aujourd'hui un levier pour l'affirmation de l'égale dignité et de la fierté. Ce qui ne rend que plus intolérables les blocages provoqués par la mise en œuvre systématique des politiques ultra libérales, le refus des investissements jugés trop peu rentables, le pillage des ressources et les ingérences de toutes sortes dans la politique des États. Le problème n'est pas d'être contre la mondialisation mais bien plutôt de contester les logiques du capitalisme mondialisé.
"Aujourd'hui, ces logiques, ces dogmes sont bousculés”
constate Robert Hue : on en revient au rôle de la puissance publique, à l'apport irremplaçable du service public, pour un développement durable et harmonieux. Quel bilan de l'ajustement structurel, des coupes dans les dépenses d'éducation et de santé, des privatisations, de la déréglementation, de la libre circulation des capitaux prônés par le FMI, l'OMC et la Banque mondiale ? La

décision de Bush de porter le budget militaire des États-Unis à 379 milliards de $ (+15%) est un défi à la conscience humaine quand on sait les difficultés pour financer les plans de développement ou de lutte contre le Sida. Ouvrir une perspective progressiste pour notre temps, la perspective qu'un autre monde est possible, c'est à cela que les communistes veulent contribuer.
Le candidat communiste à la présidentielle fait des propositions pour établir un co-développement
Il va en débattre, pour qu'on "s'attaque à la racine des problèmes."
l'annulation totale et immédiate de la dette qui, si elle ne résout pas en soi le problème du développement, en est un préalable;
l'augmentation de l'aide publique au développement de 0,35% à 0,7% des richesses produites par notre pays, en l'accompagnant d'une réforme du système de financement dans la totale transparence de l'utilisation des fonds publics;
un grand plan d'investissement européen pour le développement du Sud, avec des crédits à des taux d'autant plus bas qu'ils seraient utilisés pour l'emploi, la formation, les investissements, les infrastructures de transport, d'énergie, de communication;
une réforme des institutions financières et commerciales, avec l'intégration du FMI et de l'OMC dans le système des Nations unies et la démocratisation de ces organisations;
un système de stabilisation du prix des matières premières sous l'égide de l'ONU, garantissant un revenu rémunérateur qui permette d'accroître la production et aux hommes et aux femmes de pouvoir vivre dans leur pays; un plan de lutte contre le Sida et les maladies tropicales;
développement des relations entre citoyens, particulièrement entre jeunes, comme moyen de connaissance mutuelle pour une citoyenneté ouverte au monde.


Insécurité

Vivre dans une société sans violence.

A Lyon, le 14 février, s’est tenu un forum national sur les questions de la sécurité organisé par le PCF
à l’occasion des élections présidentielles, le débat sur la sécurité a enflammé le débat public.

Le PCF a souhaité rassembler les différents acteurs de la lutte contre l’insécurité, des maires, des chercheurs, des avocats, des médecins, des policiers, des magistrats, pour répondre aux questions posées par l’insécurité et faire entendre une voix différente. Le problème principal réside dans la volonté politique d’un effort de la collectivité toute entière pour juguler et faire régresser les violences. Le développement de l’insécurité trouve sa cause dans un ensemble de facteurs touchant tous les domaines de la vie sociale : développement dans nos cités et nos quartiers d’une délinquance de plus en plus liée à la grande criminalité ; mais aussi le chômage, la misère, l’absence d’avenir pour des millions de femmes, d’hommes, de jeunes dont les existences perdent sens et perspective, la déstructuration des liens de solidarités qu’entraîne notamment

le recul des services publics, la pauvreté des systèmes de formation, l’absence d’une politique de la ville digne de ce nom.
A ces réalités intolérables, s’ajoute une faiblesse des moyens humains et matériels accordés aux systèmes judiciaires et policiers dont les missions de protection, de prévention, d’encadrement et de réinsertion sont sacrifiées au profit d’une logique sécuritaire. La sûreté est un des droits fondamentaux de la personne humaine et que quiconque y attente doit être poursuivi et sanctionné dans des conditions adaptées. Mais la tentation sécuritaire est sans issue et il est illusoire de faire accroire que sécurité et libertés seraient des objectifs contradictoires. Lutter contre toutes les violences et toutes les incivilités exige un ensemble de moyens diversifiés. Robert Hue propose un plan de 15 milliards d’euros (100 milliards de Frs) en cinq ans, équivalent au doublement des budgets de la justice, de la police et de la ville réunis. Cette exigence est toujours devant nous .