La Dépêche de l'Aube n°647 du 14 Février 2002.......La Dépêche de l'Aube n°647 du 14 Février 2002

La dépêche de l'Aube n°647 du Jeudi 14 février 2002

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Modernisation sociale, retraites, délocalisations...


Le Parti communiste et Robert Hue ne céderont pas


La décision scandaleuse du Conseil Constitutionnel de supprimer l’article 107 de la loi de modernisation sociale, qui visait à mieux protéger les salariés en cas de licenciements économiques (Devanlay, Michelin, Kléber, LU, Moulinex, etc), a profondément choqué le monde du travail.
Mais aujourd’hui, ce qui est choquant, c’est que Lionel Jospin et le Parti socialiste semblent s’accomoder de cette décision alors que, jusqu’au 22 février, date de la fin de la session parlementaire, ils peuvent faire adopter un nouveau texte par les députés. Le Parti communiste, en liaison avec les luttes des salariés, victimes de cette course aux profits par tous les moyens, a décidé de ne pas lâcher le morceau. Dans tout le pays, des tracts se distribuent, des pétitions sont signées et, à l’Assemblée nationale, les députés communistes, avec Robert Hue, viennent de déposer un nouveau texte.
Retraite avant 60 ans après 40 annuités de cotisations
Actuellement, 850.000 personnes en France ont travaillé plus de 40 ans et ne peuvent pas partir en retraite parce qu’ils n’ont pas atteint l’âge de 60 ans. Le Parti communiste a déposé une proposition de loi pour que les salariés ayant cotisé quarante années puissent partir à la retraite quel que soit leur âge. Les salariés qui pourraient actuellement bénéficier de cette mesure de justice sociale ont bien souvent commencé à travailler dès l’âge de quatorze ans et occupé des postes de travail pénibles et usants, à la chaîne ou postés. Cette disposition très attendue a pourtant été repousée par Elisabeth Guigou, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, qui a refusé tout débat sur cette question à l’Assemblée Nationale. Pour les communistes, cette mesure doit être adoptée rapidement. ?



Une récente étude ne vient-elle pas de confirmer que l’espérance de vie des ouvriers était largement inférieure à celle des cadres
Combien de temps va-t-on encore refuser un telle disposition très attendue et qui permettrait à des milliers de jeunes et de chômeurs de trouver, ou de retrouver, un emploi ? Robert Hue propose également que l’on revienne aux trente-sept ans et demi de cotisations pour obtenir le droit à la retraite pour tous. C’est une bonne mesure de justice sociale.
Délocalisations : arrêter la casse de l’emploi industriel
En France et dans l’Aube des chômeurs et des familles sont brisés par des patrons qui font le choix d’aller exploiter, dans les pays à faible protection sociale, la misère et les enfants. Ce n’est vraiment pas le modèle de société que veulent les communistes et une majorité de notre peuple ne l’accepte pas non plus. Le débat de l’élection présidentielle ne peut pas passer à côté de ce scandale qui touche maintenant tous les secteurs à fort taux de main d’oeuvre. En invitant les salariés, les syndicalistes et les élus à venir le rencontrer mardi prochain, Robert Hue nous donne l’occasion d’en débattre ensemble. Candidat du monde du travail dans cette élection présidentielle, il veut être porteur de vos souffrances, mais aussi de toutes vos espérances.


Jean-Pierre Cornevin


Après la plainte de Mon Logis,

Soutien sans faille autour de Joseph Seghetto

Mardi 12, Joseph Seghetto, maire-adjoint de Bar-sur-Seine s’est rendu à l’audience du Tribunal de grande instance de Troyes où devait être examinée la plainte de Mon Logis à son encontre.
De nombreuses personnes ont tenu à être présentes à cette audience pour soutenir l’élu communiste barséquanais, injustement traîné en justice par un bailleur social - Mon Logis - qui devrait plutôt penser à «balayer devant sa porte» et revenir à une gestion moins opaque et des rapports plus normaux. Que ce soit avec ses locataires qu’elle semble prendre pour des vaches à lait, avec son personnel et ses représentants qui n’ont pas voix au chapitre - sinon dehors ! - ou par des pratiques qui lui ont valu d’être épinglée par la mission interministérielle du logement social, cette société aurait tout à gagner d’entreprendre son «grand nettoyage de Printemps» - le moment y est propice - plutôt que d’essayer de faire taire ceux qui, à juste titre, s’interrogent sur sa gestion, défendent les droits des locataires ou de son propre personnel.
Attaquer un maire-adjoint dans l’exercice de ses préroratives républicaines pour diffamation sur la base de propos approximativement rapportés dans la presse,

l’affaire pourrait porter à sourire au regard de son inconsistance, si derrière ne se cachaient pas les véritables intentions de Mon Logis, c’est-à-dire intimider pour les faire taire ou les «casser» tous ceux qui auraient tendance à poser les bonnes questions, à défendre des droits contraires aux conceptions de cet organisme, très étroitement lié au patronat du département. Ce n’est pas un hasard qu’un élu du PCF soit la cible d’une ruade de Mon Logis ; celle-ci a dû rembourser des millions de francs injustement perçus suite à des actions de locataires soutenues par les élus communistes. Des élus qui, au regard de l’absence de transparence de Mon Logis, refusent de voter les garanties d’emprunt de cette société dans les conseils municipaux où ils siègent.
Parmi les personnes présentes au tribunal, on a noté, entre autre, la présence de Gérard Wilner, Laurent Levasseur, Josette Dollat, Jean-Bernard Vadrot, Roland Leloup, Anna Zajac, conseillers municipaux communistes, de Marie-Françoise Pautras, conseillère générale, de Joë Triché, conseiller général et président de l’Association départementale des élus communistes et républicains, de Jean Lefèvre et de Jean-Pierre Cornevin, secrétaire départemental du PCF. Le rôle chargé du tribunal n’ayant pas permis l’examen de ce dossier, l’affaire a été renvoyée au 7 mai .


Romilly sur Seine

Groupe Jacquemard Ensemble pour garder les acquis

La Direction Jacquemard voulait profiter d’une nouvelle organisation des congés pour remettre en cause des usages en application depuis plus de quinze ans pour le personnel du magasin, bafouant par la même occasion des dispositions de la convention collective.
En effet, une permanence permettait chaque année d’honorer les commandes pendant le mois d’août et dans la semaine de Noël. En contrepartie, le personnel volontaire percevait une prime d’un montant de 750 F par semaine ou de 150 F par jour. Pour le personnel du magasin, méprisé par Mme Jacquemard, en grande majorité au Smic, même avec quinze ou vingt ans d’ancienneté, sans avantages sociaux, cela représentait un petit «plus» permettant quelques achats pour la famille. Le coût total de cet avantage représentait environ cent mille francs. C’est ce que voulait reprendre Mme Jacquemard,

alors que dans le même temps, la direction n’hésite pas à débourser 26 millions de francs pour se débarasser d’une partie du personnel. Et l’Etat, chaque année, lui offre plusieurs millions de francs en aides aux 35 heures et pour les bas salaires.
Alors trop, c’est trop ! Mercredi et jeudi de la semaine dernière, les salariés des magasins Jacquemard et Aube-Chaussette avec leurs représentants CGT, CFDT et FO ont exigé le respect de la convention collective, le respect du choix des dates de congés, une compensation pour les usages et le paiement des heures de «débrayage forcé» par faute de l’employeur. Le Jeudi, ils étaient rejoints par le personnel régleurs et bonnetiers en signe de solidarité. Actuellement, les négociations continuent .


Humeur

Cercle maudit

Le 16 septembre 1873 eut lieu à Troyes le procès du Cercle Populaire, association créée en 1870 par Stanislas Baltet, conseiller municipal, Ernest Baltet, horticulteur, Jules Doré, bonnetier, Réveillaud, Fortier, Seurat, Lécorché, Ormancey, Pillaveinne, etc. accusés de s'occuper de «matières politiques et religieuses et notamment des enterrements civils».
Des enquêtes de police et 60 visites domiciliaires furent diligentées dès le 30 juin, par le parquet, la police et la gendarmerie. On retourna les tiroirs et les placards. On décolla des enveloppes, on fit venir des témoins à charge que la défense ridiculisa. Le Cercle fut dissous, des amendes infligées. mais la résistance à l'oppression non brisée.
À cette époque régnait Mac-Mahon, succédant à Auguste Thiers, éminent historien et massacreur des Communards. Nous étions en République, mais les républicains y étaient suspects. Ceux qui réclamaient la justice, l'éducation (Jean Macé), l'égalité, étaient traités de radicaux. Ils se défendaient d'être communards, mais condamnaient la répression versaillaise de M. Thiers et n'appréciaient pas le parti clérical tout puissant. Me Fréminet, l'avocat de la défense prononça une plaidoirie qui tient en 80 pages. Elle vaut par son éloquence, sa précision, sa relative indulgence vis-à-vis du procureur et du préfet Cambon. On sent percer sous cette parole toute la richesse d'un monde nourri de science (Pasteur), de laïcité (Jules ferry n'est pas loin). Les libres-penseurs bousculent. On croit au progrès par l'éducation populaire. Sainte époque !
L' histoire du Cercle Populaire montre comment l'esprit politique peut investir l'activité des hommes et comment la démocratie habite le coeur des gens qui se sentent utiles à la société. L'idée conséquente est que le chômage peut éloigner de ces vertus citoyennes. M. Ernest Baltet a créé la fameuse pomme Transparente de Croncels. Transparente aussi était sa pensée, traquée par l'obscurantisme.


Jean Lefèvre

Ecoutez-voir...

...Merde
....Promeneur aux abois

Merde
Alain Juppé vient de sortir de son cabinet de toilette et de ses gonds en râlant : "La majorité remue la merde !" Il fait ainsi allusion à l'affaire Schuler(1) et aux détournements d'argent au profit du RPR à la mairie de Paris. S'il affirme que quelqu'un "la" remue, c'est qu'il reconnaît son existence.
(1) Schüler, en allemand : élève, en français : mauvais élève.

Malicette


Promeneur aux abois
«J'ai bien apprécié, il y a quelques jours, votre humeur sur les sangliers. Cela m'a bien plu, quoique, à mon goût, un peu modérée envers les chasseurs... Je suis plutôt sympathisant de la SPA et du ROC, et je n'apprécie pas trop la façon qu'ont les chasseurs de s'approprier la nature pendant les 6 mois que dure la période de chasse dans l'Aube. En effet, tout à l'heure, en promenant mes chiens dans une des parcelles particulièrement sinistrées de la forêt communale de Vauchassis, j'ai été littéralement traqué par deux individus qui m'ayant repéré avec leurs jumelles, sont arrivés à toute allure et m'ont bloqué avec leur 4x4 dans une des allées forestières où je venais de m'engager à pied. Un moment, je vous assure, j'ai vraiment ressenti ce que doit éprouver un animal aux abois ! Je me demandais un peu ce qui allait m'arriver, d'autant plus que l'un de ces "solides gaillard de la campagne" (comme l'écrit l'Est-Eclair, lorsqu'ils soudent les grilles de la préfecture...) mesurait deux têtes de plus que moi et devait largement dépasser le quintal... Il s'est donc présenté comme étant "l'administrateur de la chasse" et m'a tout de suite reproché de ne pas tenir mes chiens en laisse. Il m'a averti que je risquais une amende et que d'ailleurs l'agent de l'ONF n'était pas loin, etc, etc.
Je suis resté très poli et très calme, et finalement cela s'est arrangé. Il me semble que je suis moins nuisible pour la nature, me promenant avec mes deux chiens et profitant du soleil, que portant un fusil à lunette à visée laser et tirant des balles de guerre portant à plusieurs kms ! Quoi qu'il en soit, c'est tout de même invraisemblable, que pendant les six mois de chasse, il soit quasiment impossible de pouvoir se promener librement et en toute sécurité dans nos forêts, qu'elles soient d'ailleurs communales ou domaniales. ».

H.Roussel.

 

Théâtre

Confession d’Abraham

Le théâtre de la Madeleine continue d'agir pour un théâtre contemporain de qualité.
Il vient de présenter une pièce de Mohamed Kacimi qui vaut par son humour et son oecuménisme. Un oecuménisme laïc surtout, car les religions sont gentiment chicanées et franchement étrillées quand elles se mettent à fabriquer des enragés. C'est l'histoire d'Abraham, le patriarche de la Bible, père d'Ismaël et d'Isaac, autrement dit, des peuples arabes et juifs.
Pas innocent tout ça, comme sujet, M. Kacimi ! D'autant plus que l'auteur truffe son propos de références modernes, de lettres et de questions actuelles auxquelles Abraham doit répondre du plus profond de son passé, Sarah, sa femme bien-aimée, étant à ses côtés. Etonnante aussi la prestation d'Alain Lecucq, adaptateur du texte de Kacimi, acteur de grand talent et directeur du Papierthéâtre. Il tient à lui tout seul le public en haleine pendant une bonne heure et demie, sans effets particuliers, sinon grâce à l'illustration enfantine et humoristique propre à ce genre théâtral qui colle au texte poétique. La salle, surtout remplie d'amoureux du théâtre, de professionnels ou de pédagogues, a fort bien réagi ce qui prouve l'excellence du travail et l'ascendant exercé par le texte..


Jean Lefèvre

Souscription présidentielles 2002

Les finances sont au coeur de la campagne electorale

La souscription présidentielle pour Robert Hue démarre fort : début février, un peu plus de 3.000 souscripteurs ont déjà envoyé près de 280.000 euros (1.839.616 francs) au siège du Conseil national du PCF.
Cette souscription est ouverte jusqu'à l'élection présidentielle et la liste des souscripteurs qui acceptent que leur nom soit publié se trouve dans CommunisteS, le lien d'échanges et de communication inséré dans L'Humanité chaque mercredi. Cela va de cinquante francs - il nous est arrivé de recevoir un peu d'argent en liquide par La Poste - à six mille francs. 1.839.616 francs, ce n'est pas mal pour un début de campagne, mais il faut beaucoup plus. La publication de cette liste va contribuer à la dynamique.
Une des formes d'animation de la campagne électorale.
Elle participe du contrat que Robert Hue propose avec les électrices et les électeurs : on s'engage à mener des actions, on discute, on piste des idées, on porte ensemble des aspirations, des colères, des valeurs. On participe : dans ce
sens, le carnet de campagne est un outil important. Il comporte une case pour la souscription, il sert de liste de souscription. Celle-ci est donc un moment public, elle n'est pas confinée dans un coin. C'est un des premiers actes que nous avons accomplis après le Congrès. Les finances sont bien au cœur de la campagne électorale.

L'objectif financier est de 1,5 million d'euros (10 millions de francs). C'est important. C'est plus que pour la présidentielle précédente (6,8 millions de francs). Cet objectif en hausse traduit une ambition politique. Pour que la campagne soit utile en elle-même à porter des valeurs, des urgences, des revendications. À la dynamique sociale que porte Robert Hue, joignons la dynamique financière.
Cet argent sert à payer les premières factures de la campagne : les tracts, les rencontres qui ont eu lieu en décembre, les meetings, etc. Des pin's seront bientôt à vendre au bénéfice de la souscription. Au total, pour la campagne, à tout l'argent recueilli d'ici la présidentielle, s'ajoutera le financement attribué par l'État à chaque candidat. Chaque candidat-e à la présidentielle a le droit de dépenser jusqu'à 14,7 millions d'euros. L'État rembourse à chaque candidat-e ayant obtenu 5% des suffrages exprimés, après examen du compte de campagne, 7,39 millions d'euros, soit seulement la moitié des dépenses autorisées. Le budget prévisionnel de dépenses pour la campagne de Robert Hue est de 8,38 millions d'euros (55 millions de francs).