La Dépêche de l'Aube n°645 du 30 Janvier 2002.......La Dépêche de l'Aube n°645 du 30 Janvier 2002

La dépêche de l'Aube n°645 du Jeudi 30 janvier 2002

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Bar-sur-Seine - Chaource
Les ouvrières indemnisées Poursuite de la lutte pour l'emploi

La Dépêche de l’Aube a rencontré Josette Dollat, ex salariée de chez Aubelin et syndicaliste.
La Dépêche de l’Aube : le 15 janvier 2002, la Cour d'Appel de Reims a rendu un jugement favorable aux salariés d'Aubelin ex. Devanlay à propos de l'indemnité de préjudice moral, quel est ton sentiment ?
Josette Dollat : Je suis contente et satisfaite de cet aboutissement après de longs mois de luttes et d'actions qui ont été dures à supporter pour nous tous. Il reste néanmoins l'angoisse de trouver un emploi à toutes et à tous.
D.A. : Pourquoi une si longue attente pour le versement de l'indemnité de préjudice moral ?
Josette Dollat : Elle est due principalement à notre ancien patron Pacreau et son entêtement à vouloir bloquer la situation. D'ailleurs, il a été entendu le 8 janvier au SRPJ de Reims. Nous espérons que la justice sera ferme envers un tel individu qui a déjà à son actif plusieurs fermetures d'entreprises et par conséquent, des centaines d'emplois supprimés et des familles dans la détresse. Pacreau n'a plus aujourd'hui aucune entreprise sur le territoire français
D.A. : Dans quelles conditions sera versée votre indemnité de préjudice moral et à quelle date ?
Josette Dollat : Dans la deuxième quinzaine de février, les salariés recevront un courrier qu'il faudra signer et renvoyer au liquidateur, ensuite les fonds seront débloqués, et maître Maigrot établira un chèque qui sera adressé à chacune et chacun. Les ouvrières et ouvriers sont vigilants et prêts à l'action s'ils ne sont pas payés rapidement.
D.A. : Les premiers licenciements sont "tombés" depuis le 26 juillet 2001, à ce jour, combien d'entre vous ont trouvé du travail ?
Josette Dollat : J'ai peu d'informations à ce sujet, sachant que je n'ai pas été intégrée à la cellule de reclassement comme il avait été prévu dans la protocole du 25 mai ; je sais qu'une seule femme a trouvé un emploi et ce par ses propres moyens. Quelques stages et formations vont être mis en place prochainement, mais la grande majorité pointe toujours au chômage. Je déplore que le premier ministre n'ait pas accepté la proposition de Robert Hue concernant la possibilité de prendre la retraite après quarante annuités de cotisations, cela concerne une vingtaine de personnes sur le seul site de Bar-sur-Seine.
D.A. : Comment vois-tu l'avenir des sites industriels actuels ?
Josette Dollat : J'aimerais qu'une solution de réindustrialisation soit trouvée, mais pour le moment rien de très concret. J'estime que tous les acteurs de la vie économique doivent s'investir : Devanlay, la Chambre de Commerce et d'Industrie, la Région, le Département, les Communes, le Préfet ainsi que le Ministère de l'Industrie. Il faut que tous les moyens soient mis en œuvre afin que Bar-sur-Seine et Chaource vivent .

Aubelin

Jean-Pierre Cornevin,
secrétaire départemental du PCF, s’adresse au Préfet de l’Aube

Monsieur le Préfet,

L'actualité auboise de l'année 2001 a été marquée par la situation extrêmement pénible vécue par les salariés de chez Aubelin de Bar-Sur-Seine et de Chaource. Victimes de la stratégie de recentrage sur la marque Lacoste du groupe Devanlay, ils ont été cédés à un repreneur industriel : le groupe Pacreau. Ce dernier à rapidement déposé le bilan de la société Aubelin, laissant les 137 salariés sans emploi. La lutte qu'ils ont menée pendant plusieurs mois avait pour but, bien sûr, de défendre leur propre intérêt, mais par delà ils défendaient également le maintien d'une activité industrielle fortement nécessaire à ces deux communes rurales. Les salariés viennent enfin d'obtenir par la Cour d'Appel de Reims une indemnisation de préjudice moral. Ce n'est que justice et l'on peut s'en féliciter.

Cependant, votre prédécesseur nous avait fait part, à l'occasion de la séance publique du Conseil général du 14 mai 2001, en présence des ouvrières d'Aubelin, d'une reprise partielle de l'activité de l'atelier de Chaource et du maintient de 30 à 40 emplois. Concernant la réindustrialisation du bassin d'emploi de Bar-Sur-Seine, il était question de mobiliser rapidement l'ensemble des moyens à disposition pour attirer des activités économique dans cette zone. Huit mois se sont écoulés depuis, sans que nous sachions concrètement l'aboutissement de ces démarches.

Je souhaiterais, monsieur le Préfet, que vous m'informiez des évolutions de ce douloureux dossier

 


Edito

Le langage de la vérité

Ceux qui vont vous faire des promesses sans mettre en cause les revenus financiers et le pacte de stabilité européens, c'est-à-dire sans s'en donner les moyens, ceux-là sont des tricheurs.»
Ce propos tenu par Robert Hue lors d'un meeting à Nevers, a le mérite d'être clair et de bien fixer les données du problème face à la multiplication des conflits sociaux. Pour répondre aux légitimes revendications des salariés de la santé (infirmières, médecin, etc) de l'éducation nationale, de la police, de la justice, etc., qui descendent dans la rue pour obtenir les effectifs suffisants au bon fonctionnement du service public, il n'y a pas trente six solutions.
Il faut d'une part mettre à contribution les centaines de milliards de francs issus de la spéculation financière qui échappent aujourd'hui encore à l'impôt et manquent cruellement à la société pour financer les dépenses sociales. Et d'autre part se sortir du diktat des marchés financiers en remettant en cause le pacte de stabilité européen qui limite les déficits publics à 3% du PIB. Toutes autres solutions consisteraient comme c'est le cas actuellement à déshabiller Pierre pour habiller Paul.
Rien à attendre donc du côté de la droite, qui ne veut surtout pas toucher aux revenus financiers et qui affiche clairement son intention de soumettre un peu plus encore le service public à la loi du marché.
Du coté du Parti socialiste et des Verts, on le sait, pas de

 

remise en cause du socle libéral sur lequel est fondée la politique européenne. Quant à la taxation des revenus du capital, les socialistes en sont loin. Pour s'en convaincre, il suffit de reprendre les déclarations du «baron» du Médef qui se félicitait dimanche dernier d'avoir réussi à mettre les idées patronales dans le débat, y compris au sein d' "une partie de la gauche". Il faisait allusion aux déclarations de DSK et de Fabius au sujet des fonds de pension, d'une possible privatisation d'EDF et de la suppression de l'impôt sur la fortune. Tout cela n'a donc pas de quoi satisfaire les revendications qui s'expriment dans les services publics.
Quant à celles, non moins légitimes des salariés du privé, concernant l'augmentation de leur pouvoir d'achat, la lutte contre les licenciements boursiers, la préservation du système de retraite par répartition, etc., elles ne trouveront pas plus de réponses avec le retour de la droite, ni dans la stricte continuation de la politique actuelle du gouvernement.
Robert Hue a bien raison. Taxer les revenus du capital, renégocier le pacte de stabilité européen pour répondre aux aspirations de notre peuple, c'est ça le langage de vérité, c'est ça l'audace sociale, c'est la voix d'une vrai politique de gauche en France.


Jean-Pierre Cornevin


 

Humeur

Sangliers

Depuis quelques années, on assiste à une véritable invasion des sangliers. La forêt de Chaource en est truffée ! Ces bêtes aiment fouiller le sous-bois à la recherche de racines ou de tubercules sans dédaigner la souris ou la truffe justement. C'est un omnivore du fait qu'il aime tout, comme l'homme, qu'il mange peu souvent, rassurons nous.
Ce suidé est un insatisfait et un conquérant, comme l'homme, là encore. Il ne se contente pas de la forêt, il s'aventure sur les berges de la route qu'il défonce soigneusement si toutefois cet adverbe est bien a-dapté au cas du sanglier. Il peut également traverser la route pour rejoindre la harde primitive qui sévit de l'autre côté. En cas d'accident, il ne signe pas le constat. Il se tire vite fait, sauf mort.
Guy Cure me faisait remarquer finement que le cochon préférait la campagne à la ville car il n'a pas un goût particulier pour les offices de la cathédrale. Ce n'est pas une preuve. Nous non plus.
Le décor a changé entre Troyes et Chaource. On n'est pas loin du paysage lunaire. Mais n'est-ce pas voulu par la D.D.E et la gendarmerie pour obliger l'automobile à rester sur la chaussée ?
Félicitons les chasseurs écologistes qui élèvent ces animaux pour le plaisir de leur pullulation, sans les abattre. Ils les laissent à nos automobiles. Mais quand viendra l'heure des réparations et autres dédommagements, certains trouveront les frais de porc un peu chers.


Jean Lefèvre

Au Sénat comme au Conseil général, P. Adnot et la droite ponctionnent les familles et épargnent les patrons.

Conseil général - budget 2002.


Augmentation de 7% de la taxe d'habitation et du foncier bâti
Les ménages paieront deux fois plus que les patrons

Lundi 28 janvier dernier, l’exécutif départemental examinait le budget 2002. Intervention de Joë Triché au nom des élus communistes :
«Il est de coutume dans cette assemblée, tout du moins sur les bancs de votre majorité, de toujours faire preuve de beaucoup d'autosatisfaction qui, selon moi, se trouve en complet décalage par rapport à ce que vivent des milliers d'auboises et d'aubois. "Grâce à nous, l'Aube bouge, l'Aube se développe, l'Aube mute…" entend-on régulièrement ! "La meilleure politique et la seule possible dans ce département, c'est la nôtre". Tout ce qui vient de l'opposition ne serait qu'erreurs et mauvaise gestion. Mais, M. le Président, messieurs et mesdames de la majorité, ne voyezvous donc pas que dans ce département, il y a des milliers de salariés et de familles qui souffrent, qui sont dans l'inquiétude et la désespérance ? Que l'on me comprenne bien, je ne veux pas à tout prix noircir la situation car ce que je prétends, je le tire de l'actualité auboise de ces dernières semaines, largement traitée dans la presse. CTM ferme ses portes à la fin du mois laissant 250 personnes sur le pavé ; les Laminoirs de Clairvaux idem ; à La Chapelle-Saint-Luc, chez OREV et AB Textile, les salariés sont plus de deux mois sans être payés pour, en fin de compte, être licenciés ; inquiétude de plans sociaux chez Jacquemard et Sorotex à Romilly, chez DD à Fontaine-Les-Grès. J'arrête cette énumération. Et tout ceci s'ajoute à Kléber, Aubelin et Bertrand Faure qui ont été des dossiers chauds au niveau de l'emploi en 2000 et 2001.
Ne pas rajouter de nouvelles difficultés
Voilà pour l'emploi, mais pour ceux qui en ont un, ce sont les bas salaires comme vient de le révéler une récente enquête du Point, réalisée sur cent villes en France. On peut penser que ce que montre cette enquête, indiquant que la ville de Troyes possède le salaire le plus bas de France, est en fait sans aucun doute la réalité auboise. A partir de ce constat, comment pouvoir débattre du budget du Conseil général sans tenir compte de cette situation ? Et comment ne pas essayer de ne pas rajouter des difficultés, mais au contraire de les soulager quelque peu ? C'est ce que nous recherchons chaque année quand nous vous proposons d'instaurer un quotient familial concernant la restauration scolaire des collégiens afin que leurs parents paient en fonction de leurs ressources. N'est-ce pas là l'occasion de redonner un peu de pouvoir d'achat à ces familles ?
J'ai cru comprendre, à l'occasion des vœux pour 2001, que le pouvoir d'achat était l'une de vos préoccupations. Et bien passons à l'acte en prenant des décisions dans le cadre de ce que peut faire une assemblée comme la nôtre ! Essayer de soulager certaines difficultés, c'est ce que nous recherchons quand nous vous proposons, depuis quatre ans, de mettre en place une dotation spécifique pour les

collèges de ZEP. Ces élèves, issus bien souvent de familles durement frappées par une misère consécutive dans bien des cas à la perte de l'emploi des parents suite à des restructurations industrielles dictées par la recherche du profits par tous les moyens, n'auraient-ils donc pas droit à l'égalité des chances ? Je vous rappelle, M. le Président, que c'est une affaire de 375.000 F (57.168 €) pour le budget du Conseil général.
Un coup de massue fiscale
Mais cette année, en plus de votre refus habituel à ces propositions, vous nous demandez d'augmenter de 7% les taux de la taxe d'habitation payée par les locataires et celui de la taxe foncière bâtie acquittée par les accédants à la propriété. Cela est de nature à rajouter des difficultés aux familles en entamant leur pouvoir d'achat. Je suis bien obligé de constater que le moment choisi pour appliquer cette hausse, que l'on retrouvera chaque année, a été mûrement réfléchi puisque 2002 est la dernière où vous pouvez appliquer une hausse différenciée des taux d'imposition. Ainsi, celui de la taxe professionnelle augmentera de 3,5% contre 7% pour la taxe d’habitation et le foncier bâti. Vous justifiez ce coup de massue fiscale comme étant une nécessité pour financer des mesures nouvelles décidées par le gouvernement. Mais au-delà de l'aspect politicien concernant la présentation de cette proposition, la question qu'il faut se poser est la suivante : peut-on financer ces mesures nouvelles imputées au budget de fonctionnement sans passer par l'augmentation de la fiscalité ? Je réponds oui car l'excédent financier de la section fonctionnement représentera, en 2002, 34 millions d'euros (233 MF) alors que ces mesures nouvelles nécessitent un besoin de financement de cinq millions d'euros (32 MF).
Il y a donc bien dans le budget de fonctionnement de quoi financer largement ces mesures nouvelles sans avoir recours à une augmentation des impôts. Cela nécessiterait, si nous voulons réaliser les investissements programmés et que nous ne contestons pas, d'emprunter davantage. Mais n'est-ce pas la logique d'emprunter pour étaler dans le temps le coût de ces équipements qui serviront à plusieurs générations ? A cette proposition, vous répondez "l'emprunt c'est l'impôt de demain". Mais avec votre budget, c'est tout de suite qu'il faut payer, et pas de la même manière selon que l'on soit locataire, accédant à la propriété ou chef d'entreprise»

Ont voté pour cette hausse des taux d’imposition : tous les élus de droite. Ont voté contre : Joë Triché, M. F. Pautras, A. Danilo, M. Bret. Se sont abstenus : J.M. Chevrier, P. Rahon, J.M. Massin.