La Dépêche de l'Aube n°644 du 24 Janvier 2002.......La Dépêche de l'Aube n°644 du 24 Janvier 2002

La dépêche de l'Aube n°644 du Jeudi 24 janvier 2002

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Nogent-sur-Seine
La "Maison des Soeurs" Gâchis et mauvaise gestion

A Nogent-sur-Seine, la «Maison des Soeurs», c’est toute une histoire.
Une grande maison bourgeoise sur 12.675 m2 de verdure, style «chalet» comme disent les anciens avec nostalgie. Un hâvre de paix et de repos pour des religieuses de retour de mission. Un résident du foyer-logement se souvient comment cette bâtisse imposante avait servi de «planque» à une dizaine de résistants durant la dernière guerre. L’affaire qui a remis sur le devant de la scène ce que d’autres nogentais appellent «le chalet du parc Masson» a causé une vive émotion dans la population, tant elle constitue une agression contre le patrimoine et l’histoire de la commune.
Un véritable crime contre la mémoire nogentaise
Fin 1998, la ville de Nogent avait fait valoir son droit de préemption et avait acheté le domaine pour 1.200.000 F (183.000 €). Les archives municipales gardent en mémoire les déclarations du maire : «[...] une opportunité, avait affirmé Gérard Ancelin, pour répondre aux besoins en services et en espaces pour les activités socio-culturelles dont la fréquentation est en hausse. [...] quelques petits travaux de mise hors d’eau seront nécessaires afin que charpente et plafond ne s’abîment pas.» Quelle hypocrisie ! Depuis cette acquisition par la commune, le «chalet» se meurt lentement, se dégrade, sans que le maire ne s’en inquiète. Au grand dam du voisinage qui déplore la présence de squatteurs et voient, jour après jour, dépérir la belle demeure. Quel gâchis !
Bien des questions
Trois ans plus tard, la majorité de droite, soutenue par «l’autre gauche» vient de décider d’acheter à Mon Logis un immeuble pour la somme modique de 1.600.000 Frs (244.000 €) pour faire face... au développement des activités socio-culturelles ! Les mêmes raisons qu’en 1998 pour justifier l’achat du chalet ! Ce rapport du dernier Conseil municipal a fait bondir les élus communistes Françoise Mériaux et moi-même. Pourquoi, alors que la commune possède à 150 m dudit immeuble, une vaste propriété idéale pour y regrouper les activités de jeunesse (local de développement social, assistantes maternelles, crêche) va-t-elle donner 244.000 € à Mon Logis pour un immeuble... promis à la démolition ! On rachète donc pour démolir ; mieux, on continue de rénover aujourd’hui les appartements loués par la commune, logements qui ne seront bientôt plus que gravats et poussière.
Les conseillers municipaux communistes ont proposé que les activités socio-cultuterelles soient regroupées au «chalet», bien sûr réhabilité. Les jeunes pourraient «s’éclater» dans le vaste et superbe parc. Et la commune


réaliserait une substantielle économie. Et tant pis si la trésorerie de Mon Logis souffre des logements vacants ; la commune n’a pas vocation de SAMU ! La confiance des locataires dépend de la qualité des services rendus et les deniers publics ne sont pas là pour boucher les trous. Il n’y a pas que les communistes qui se plaignent. Au Conseil municipal du 26 mai 1999, Thierry Neeser, aujourd’hui premier adjoint, déclarait: «si Mon Logis a de l’argent pour construire, il devrait aussi en avoir pour rénover son patrimoine...» !
Une transaction qui ressemble à une mauvaise blague
Alors pourquoi, et pour qui, cette transaction qui ressemble à une mauvaise blague digne du café du commerce ? Pourquoi payer 244.000 € pour un immeuble en cours de réfection promis à la démolition ? Pour reconstruire quoi ? Avec un coût final exorbitant alors que l’on dispose d’un lieu idéal pour accueillir ces activités à 150 mètres de là. Des familles, des personnes âgées vont être contraintes de déménager. Les élus communistes les ont rencontrés ; amers, désabusés, trahis... et prêts à entrer en résistance. Aujourd’hui des familles, soutenues par de nombreux nogentais, veulent résister à une municipalité qui, décidément - ce n’est pas nouveau à Nogent-sur-Seine quand on se souvient de la plate-forme «fantôme» pour l’usine de bio-gazole - dilapide l’argent public au mépris des véritables besoins des nogentais : service de cars, salle polyvalente, réforme du quotient familial, accès pour tous à l’école de musique, Conseil municipal des jeunes, réhabilitation de l’hôpital moyen séjour, etc. En installant les activités socio-culturelles au «chalet du parc Masson» comme nous l’avons proposé, la municipalité de Nogent s’honorerait en restituant aux nogentaises une partie de leur patrimoine. Et réaliserait une économie de 244.000 € !
Depuis notre élection au Conseil municipal, nous découvrons que si Nogent-sur-Seine est présentée comme une vitrine du département, il existe dans l’arrière-boutique de nombreux dossiers qui méritent d’être dépoussiérés. Nous avons commencé à faire le ménage et rien ne nous arrêtera ; et surtout pas le règlement intérieur scandaleux du Conseil municipal, pondu par la majorité de droite pour tuer le débat démocratique. Aussi, nous avons choisi d’installer le débat dans la rue, les quartiers, les entreprises. N’hésitez-pas à prendre contact avec nous.


Laurent Levasseur

Forum pour un autre monde :les 15, 16 & 17 février à Villejuif (Val-de-Marne) Es-pace congrès des Esseliè-res. Les travaux se dérouleront autour d’une dizaine de thèmes. Contact : Alain Feuchot tél.: 01 40 40 11 11 fax : 01 42 40 40 27

"Forum pour un autre monde"organisé par les communistes

 

Pour une planète humaine et solidaire

Après une longue période de reculs, aujourd’hui de nouvelles idées, de nouveaux espoirs prennent corps.
Ces espoirs s'expriment de multiples façons, massives et spectaculaires, dans les grands rassemblements de Seattle, Porto Alegre, en passant par Nice, Gênes et Bruxelles, mais aussi dans les mouvements de résistance aux privatisations; pour la défense des services publics; dans la contestation des dogmes libéraux; dans le refus du diktat des firmes pharmaceutiques; dans les actions pour le refus des licenciements boursiers; dans les actions pour la taxation des mouvements des capitaux ou pour l'annulation de la dette; dans les initiatives contre le terrorisme et la guerre; dans des mouvements pour préserver et valoriser l'environnement ou pour refuser la marchandisation du vivant; dans les actions contre toutes les dominations et discriminations et dans les luttes féministes. Avec l'affirmation de plus en plus forte de l'exigence pour donner la priorité à l'être humain, plutôt qu'au profit et aux marchés financiers, se trouve posée, en des termes nouveaux, la mise en cause du capitalisme mondialisé.
Ces mouvements, ces idées, ces recherches de solutions alternatives ne posent-elles pas la question de nouveaux débouchés politiques ?
L'enjeu de la revitalisation de la citoyenneté, du renouveau de la politique pour influer sur les décisions à tous les niveaux, du local, de l'entreprise, jusqu'à la planète, devient donc décisif. Dans un tel mouvement d'idées, d'exigences sociales et de démocratie, si nul ne peut prétendre apporter seul les réponses, chacun peut contribuer à la réflexion, à la dynamique du mouvement ainsi engagé.

 

C'est le sens même de la proposition des communistes d'organiser un "Forum pour un autre monde". Ce Forum est ouvert à des forces, des organisations, des personnalités, des citoyens qui travaillent à cette recherche d'alternatives progressistes à la mondialisation capitaliste. Il s'agit, en appui sur les luttes et les débats multiples qui se développent en France, en Europe et dans le monde, d'ouvrir un espace de débat, de confronter des idées et des propositions, de répondre à la principale question posée aujourd'hui : la politique peut-elle aujourd'hui changer le cours des événements ? Si oui, comment ? Avec quelles propositions alternatives ?
Ce "Forum" est une occasion de débattre et d'élaborer ensemble des choix alternatifs neufs. Il se tiendra quelques jours après le second forum social de Porto Alegre, après le sommet de l'OMC à Doha et dans une période de bouleversements mondiaux et d'aiguisement des débats politiques, particulièrement celui de l'élection présidentielle en France. Il s'inscrit donc dans un mouvement plus vaste de réflexions et d'actions pour construire ensemble des réponses aux besoins de changer ce monde .

Forum pour un autre monde :

les 15, 16 & 17 février à Villejuif (Val-de-Marne) Espace congrès des Esselières. Les travaux se dérouleront autour d’une dizaine de thèmes.
Contact : Alain Feuchot tél.: 01 40 40 11 11
fax : 01 42 40 40 27.


 

Humeur

Jeunes désoeuvrés

Les jeunes ne savent plus quoi faire dans les quartiers et même dans les villages. Ils sont désoeuvrés. Ils aimeraient s'amuser comme autrefois, à la marelle, à colin-maillard, à vide-grenier, au papa-à-la-maman. Mais, ils n'ont plus le coeur à ça et la mode ne fait rien pour ranimer ces anciens bons vieux loisirs. Certains font bien quelques mauvais coups plus graves que le tirage de sonnette. Mais ils s'en vantent peu, preuve que ce n'est pas du bon et vrai loisir.
Et bien, il y a deux filles, jusquelà fort innocentes et pas classées au top 50, au hit ou au Guinness et qui ont trouvé un truc, mais alors un truc terrible et que je conseille à tous les inoccupés et fumeurs de haschich. D'abord Sophie Geiger de Creney, 15 ans. Pas Creney, Sophie ! Ce qu'elle a fait Sophie ? Elle a, ni plus ni moins, risqué sa vie et sauvé deux voisins des flammes. Ensuite, elle est repartie chez elle apprendre ses leçons pour le lendemain. On l'a bien interrogée et elle a donné une sorte de réponse d'un air innocent et désabusé, du genre, «ils ne voulaient pas sortir de la maison, je les ai poussés un peu.»
Il y a eu ensuite Célia Buisine, 14 ans, qui s'est mise à l'orthographe. Et va que je te lise, écrive, corrige, fréquente Pivot, Robert et Larousse. Elle a participé aux dicos d'or et elle a obtenu le dico d'or en bronze. Oui, ça existe. Est-ce que j'ai l'habitude de vous raconter des sornettes ? Que ceux qui ont essayé d'écrire, à propos de leur bonne santé et sans fautes, qu'ils ont «des gènes sans gêne sans akinésie ni onychophagie» me le disent, ils ont gagné mon vieux Quillet de 47 et le droit de l'ouvrir pour faire les puces à mes petits billets.
À propos d'onychophagie, la maladie des grignoteurs d'ongles, je signale qu'il n'y a pas lieu de se les ronger, voilà des jeunes qui referont le monde et pas seuls : Larissa Boussif est ingénieuse (se) électronicien et les fils de Karima ont obtenu une bourse pour études longues.


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Malicette

Appel...

Pour un service postal de qualité

L a Poste est malade. Ces derniers mois, la situation déjà difficile vécue
par les usagers de la Poste s'est encore dégradée.
Retards considérables dans la distribution du courrier, attentes plus longues aux guichets, horaires inadaptés. Des fermetures de bureaux de poste et des suppressions de tournées sont décidées sans que les élus des communes concernées n'aient eu leur mot à dire. De leur côté, les postiers, confrontés à un sous-effectif chronique et à la précarisation de l'emploi, subissent des conditions de travail à la limite du supportable. Ainsi, la Poste n'est plus aujourd'hui en capacité d'assurer convenablement ses missions essentielles de service public, tant en zone urbaine qu'en zone rurale.
Cette situation ne peut que s'aggraver
avec la nouvelle directive européenne visant à ouvrir à la concurrence l'ensemble des activités postales. Les opérateurs, publics et privés, seront, en effet, incités à concentrer leurs moyens sur les seules activités rentables; des milliers de bureaux et des dizaines de milliers d'emplois seraient alors rayés de la carte en France et dans le reste de l'Europe. La restructuration actuelle de la Poste et son éclatement en trois branches, le projet de modification de son statut en vue de sa privatisation s'inscrivent complètement dans cette perspective. La transformation de ses activités financières de service public en banque postale aurait pour conséquence immédiate la suppression ou la transformation de milliers de bureaux de Poste, notamment en zone rurale et sensible. Ce sont les premiers effets de ces choix que nous vivons aujourd'hui.
Élus, usagers, postiers, tous citoyens attachés au service public de la Poste,
à son amélioration, à son développement, refusent d'accepter l'inacceptable. Dans une pétition (voir ci-dessous) ils disent STOP à la dégradation de la qualité du service, STOP à la libéralisation des activités postales. Parce que la Poste porte des enjeux d'égalité, d'aménagement des territoires, de constitution du lien social entre les personnes, elle doit avoir les moyens de ses missions et être gérée selon d'autres règles que celles du profit et de la concurrence .

PÉTITION


Je demande :
l'arrêt immédiat des fermetures de bureaux et des suppressions de tournées;
un plan de création d'emplois statutaires à la Poste pour répondre aux besoins, la titularisation des contractuels;
l'arrêt du processus de libéralisation en Europe et une perspective européenne de développement afin d'assurer sa pérennité au travers de coopérations sur des principes de Service Public: droit à la communication pour tous, égalité de traitement sur tout le territoire, prestation de qualité à des prix abordables;
sous la responsabilité de l'État, la mise en cohérence des activités de collecte, de gestion des fonds et d'utilisation de ceux-ci ; de par le dimensionnement de son réseau, la Poste pourrait assurer les opérations de collecte et de dépôt associé à des produits (Compte CCP, livret A, octroi de prêts, etc);
la démocratisation de la Poste en permettant aux salariés, usagers, élus d'intervenir et de décider dans la gestion et les choix de développement du service public;
l'engagement d'un débat national sur l'avenir de la Poste et de ses activités.

Nom - Prénom :
Adresse :
Localité :


à retourner à la Fédération de l’Aube du PCF
16-18, rue du Palais de Justice 10000-TROYES

 

Appel Pour un service postal de qualité
Valère Novarina au théâtre de la Madeleine

L'Atelier Volant

L’ATELIER VOLANT de Valère Novarina, mise en scène par Christine Berg, a ouvert la saison du Théâtre de la Madeleine.
Le théâtre de la Madeleine a conquis son indépendance. Il fonctionne de lui-même avec une gestion originale sous la férule douce d'une association, l'association du Théâtre de la Madeleine, dont le nom n'a rien d'original étant éponyme. L'objectif est d'obtenir le label de «scène conventionnée»(1). Pour réussir ce pari ambitieux le théâtre doit devenir un lieu de création, et son directeur Pierre Humbert doit défendre un théâtre francophone, contemporain, de qualité, et même de haut niveau, ce qu'il a toujours fait, l'exception culturelle étant son menu quotidien.
D'ailleurs mardi, la saison fut ouverte avec un spectacle prodigieusement aphrodisiaque, puisque excitant l'esprit. Mais l'esprit se fourre où il peut, n'est-ce pas ! L'Atelier Volant de Valère Novarina est une pièce terrible de méchanceté et d'humour, servie par six comédiens haut de gamme. L'oeuvre, mise en scène par Christine Berg, a été remarquée par la critique nationale à Avignon.
C'est l'histoire de la lutte des classes, revue et corrigée par un virtuose de la langue. On ne peut songer là qu'à une partition de Prokofiev qui, selon le fils d'icelui, glissait des fausses notes une fois sa partition finie. Cela donne une fable très claire, celle de la fameuse et fumeuse «culture d'entreprise», des méchants patrons, M et Mme Bouche, (nom prédestiné), et celle des esclaves modernes, courbant l'échine pour satisfaire le dieu Productivité. Puis s'infiltrent les fausses notes : digressions d'acteurs comme autant de cadences folles d'un concerto, singeries des mots à double détente à croire que le véritable héros c'est Novarina lui-même, fabulateur, surréaliste et même «dada»(2). Il ne faut peut-être pas voir Karl Marx derrière tout cela. Le patron est taillé à coups de serpe (comme on en trouve beaucoup cependant) et les ouvriers sont bourrés de tics sociaux qui ne les font en rien ressembler au cégétiste idéal : lèche-bottes et carriéristes, de toute façon esclaves parfaits.


Il y en a tout de même un, plus «consciencieux», qui se rebiffe et fait pleurer Mme Bouche. Bouche leur accorde alors les congés payés (clin d'oeil à 36) où chacun se vautre et plus tard la télé Berlusconi (la nôtre ne fait pas exception culturelle avec ses feuilletons chewing-gum du furoncle Sam). Christine Berg a tout son monde bien en main. Elle le fait courir à Bouche-que-veux-tu du haut en bas des échelles. C'est intelligent, pétillant, malin, burlesque, du théâtre quoi ! Le décor est sobre à la limite de la sauvagerie (échafaudages mobiles et branlants, très entreprise casse-cou). Les comédiens(3) font des merveilles avec un texte difficile et des chansons enmusiquées par Lyonnel Borel dont la partition est fort pertinente c'est-à-dire impertinente. Merci à Christine Berg et ses comédiens, Alice Carel, Mélanie Faye, Eric Nasuti, Laurent Nouzille, Vincent Parrot (bonjour Vincent), Marine Rigolo. Merci de nous avoir fait vivre le concert des mots et des idées, de les avoir incarnés pour nous, de nous avoir rendu la scène et la vie intelligibles. C'est si rare.


Jean Lefèvre


(1) Par la Ville, la CAT, la Région, l'Etat
(2) Mouvement subversif littéraire, né en 1916, précurseur du surréalisme.
(3) Ils nous ont offert ensuite un cabaret cousu de poèmes et de chansons à pleurer de joie et d'émotion : perfection des textes puisés dans le vin fou de nos poètes, mais aussi loufoqueries dignes de Jarry ou Michaux. Un spectacle totalement beau
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