La dépêche de l'Aube n°592 du Jeudi 24 janvier 2001

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Danone

Inacceptable et injustifiable

C'est par voie de presse que les salariés de la branche biscuiterie de Danone ont eu connaissance du projet du groupe multinational de fermer 7 usines, de supprimer 1700 emplois en France (3000 en Europe). Quel mépris des salariés, de leurs représentants, des populations, des élus! Faut-il donc que cette direction d'entreprise ait une puissante conviction d'impunité dans le rapport des forces politiques actuelles! Quel cynisme de baptiser ce projet "Record"! C'est inacceptable! La direction nationale du Parti communiste français, les communistes comprennent, partagent l'émotion et la colère des salariés, en grève dans plusieurs sites. Cela suffit! Où sont les intérêts des être humains? Où sont leurs droits de salariés, de citoyens dans l'entreprise? Où sont les intérêts des populations? Une nouvelle fois, ce sont les responsabilités sociales et économiques d'une entreprise multinationale vis-à-vis des salariés, des élus des villes et des régions concernées qui se trouvent en cause. Ce projet ne doit pas être mis en œuvre! Toutes les conditions doivent être réunies pour examiner des solutions alternatives. Comme Michelin hier, Danone veut fermer des sites, licencier pour les beaux yeux des actionnaires qui en redemandent toujours plus, après une hausse de 17,9% du bénéfice par action en 1999. La preuve est une nouvelle fois apportée qu'il ne faut pas céder aux pressions du MEDEF de baisser les dépenses salariales, le "coût du travail", de mettre en cause le code du travail. À l'inverse, pour développer l'emploi, conforter la croissance, il est urgent d'instaurer un nouveau partage des richesses créées par les salariés en faveur des salaires et de la formation. Bien évidemment, le gouvernement peut largement contribuer, par ses décisions, à ce que les choses aillent dans ce sens. Ce n'est malheureusement pas le cas. D'où la demande des communistes de réformes audacieuses qui peuvent être entreprises avant 2002 pour responsabiliser les groupes, donner des droits d'intervention et de contrôle aux salariés et aux élus du suffrage universel. Et de respecter les engagements pris lors du sommet de la gauche plurielle le 7 novembre dernier. Ceux-ci doivent être tenus, notamment celui "d'instaurer des droits nouveaux accordant aux salariés et à leurs représentants les moyens d'obtenir plus rapidement l'information leur permettant la discussion voire la contestation des plans sociaux, en créant immédiatement les conditions d'un réexamen des dossiers les plus urgents." La loi, sur proposition des députés communistes, relative au contrôle des fonds publics accordés aux entreprises, qui vient d'être adoptée, doit rapidement devenir effective. Les propositions des communistes d'instituer un moratoire sur les licenciements pour les entreprises qui dégagent des bénéfices, de réformer la loi sur les licenciements économiques en transposant les jurisprudences favorables à la défense de l'emploi sont toujours de pleine actualité. Moratoire dont la durée pourrait être utilisée afin de permettre l'élaboration par les salariés, leurs représentants et par les élus du suffrage universel, des propositions alternatives sur les choix stratégiques et de gestion. Dans l'immédiat, les communistes salariés et élus prennent des initiatives dans les villes concernées pour contribuer au rassemblement le plus large possible des salariés, des populations et des élus pour mettre en échec le projet de Danone. Sur proposition de Jacky Hénin, maire communiste de Calais, un appel à l'ensemble des élus locaux et nationaux concernés a vu le jour. Gilbert Biessy, député communiste, est intervenu à l'Assemblée nationale. Les communistes étaient présents et ont appelé au rassemblement organisé devant le siège social de Danone à Ris-Orangis, le jeudi 18 janvier

 

Le libéralisme, c’est ça !

On le voit encore avec cette affaire Danone, chaque jour qui passe montre à quel point la logique capitaliste actuelle est dure pour l’homme. Elle conduit à des tragédies sociales et humaines, compromet le devenir de la nature et de l’humanité elle-même. Que l’on recherche aujourd’hui les causes des insécurités alimentaires, des insécurités maritimes, des insécurités environnementales, des insécurités sociales, sanitaires et de l’insécurité de l’emploi, on trouve toujours une même cause: la recherche du profit, de la rentabilité financière maximale. Au lendemain de l’affaire Michelin, on nous avait «promis-juré» que cela ne se reproduirai plus, que la France de la croissance retrouvée et du retour à l’emploi ne se laisserait plus insulter par les requins de l’ultra-libéralisme. Un an et demi après, question identique. Qui sont les maîtres ? Les marchés ou la puissance publique ? La Bourse ou le gouvernement ? Les actionnaires ou les salariés ? Les communistes avaient proposé un amendement au projet de loi de modernisation sociale qui aurait permis de s’opposer aux suppressions d’emplois décidées par des entreprises en bonne santé financière. Mais les socialistes n’en ont pas voulu ! Aujourd’hui pourtant, c’est toute la gauche plurielle que provoque Danone. D’où cette question: celle-ci sera-t-elle à la hauteur de la violence du plan social, ou incarnera-t-elle, une fois de plus, cette gauche gestionnaire qui, dans le cas présent, montre toutes ses limites.

Jean-Pierre Cornevin

Le 18 Janvier 2001

A Monsieur François BAROIN Député Maire de Troyes Président du Conseil d’administration du Centre Hospitalier de Troyes.

Lettre ouverte

A propos des urgences du centre hospitalier de Troyes

Monsieur le Député Maire, Je suis amenée à dénoncer le manque de personnel aux services des urgences du Centre Hospitalier de Troyes. Le problème n’est certes pas spécifique au Département de l’Aube. Il n’en est pas moins catastrophique dans cet hôpital. Les conséquences en sont graves. En nombre insuffisant, médecins et personnel font face à leur charge de travail dans des conditions tout à fait inacceptables pour eux mêmes et pour les malades. Accepteriez-vous que l’un de vos proches, hospitalisé, en urgence, fasse la queue durant plusieurs heures avant de recevoir les premiers soins. C’est pourtant le lot de multiples patients, accueillis dans des locaux et une organisation inadaptée. Dans un désarroi et une extrême solitude, ces personnes sont contraintes de prendre leur souffrance, leur mal, leur angoisse, sans réconfort, dans l’attente que l’on puisse s’occuper d’eux. Pour parfaire le scandale, on exploite les compétences de praticiens sous payés, au fallacieux prétexte que leurs diplômes sont étrangers. Ils assurent pourtant depuis de nombreuses années, le même travail que leurs confrères français. Sans eux les services ne pourraient pas fonctionner. Quelle décadence dans un pays riche comme la France qui se réclame de la justice sociale et de l’égalité! Tels sont les résultats d’un système libéral qui prône la maîtrise et les restrictions des dépenses du service public de la santé. Les critères de Maastricht, la mondialisation obligent. Les populations doivent consentir des sacrifices et payer le prix de la croissance, clament les libéraux, dont vous êtes un adepte, je crois. Ce dogme et ce décret ne sont nullement divins. Ils entraînent des choix politiques au service de l’intérêt des riches, des profits, des multinationales, au détriment du plus grand nombre. Le culte du «veau d’or» mène l’humanité vers la dérive. Que l’on s’attaque donc en priorité aux dégâts provoqués par l’argent roi qui rendent les gens malades; Le stress au travail, celui du chômage, de la pauvreté, de l’exclusion, la pollution etc... Traiter le mal en amont permettrait de réaliser des économies au Ministère de la Santé. Vous êtes, Monsieur le Député Maire, Président du Conseil d’Administration du centre Hospitalier de Troyes. A ce titre, il vous revient d’entreprendre toutes les démarches et mesures qui s’imposent pour remédier rapidement et durablement aux dysfonctionnements liés au manque de médecins et de personnel. Face à l’inertie et aux choix politiques qui nuisent à l’intérêt général, les citoyens doivent réagir. Dans cette attente, je vous prie, Monsieur le Député Maire, de bien vouloir accepter l’expression de ma considération distinguée.

Marie Françoise Pautras

 

HUMEURS

Parité

Maugout est un quartier de Saint-André où on vit plus ou moins bien, plus ou moins mal. Les habitants, surtout habitantes, ont créé une association "Vivre à Maugout", pour que ça bouge et que ça bouille dans le quartier. Comme il y a là-bas des problèmes complètement originaux et qu'on ne rencontre pas ailleurs: chômage, loyers, couple, bagarres, ils ont décidé de les raconter. Faut que ça se sache. On a remué sa cervelle. On a témoigné sur des coins de journal, sur des bouts de table. Gros exploit de ceux qui sont priés à vie de se taire. On a confié le tout à Pierre Fabrice qui tient un théâtre, populaire justement, qui a tout cousu, le causé, l'écrit, le ri, le pas dit, le non-dit, le seulement pensé. Ca a donné une pièce de théâtre, "Spermato symphonie". Et comme il est assez vachard comme type, le Pierre, il leur a demandé de jouer leur propre rôle, sur scène, devant le monde, aux habitants, surtout habitantes. Prouesse encore de ceux qui sont priés à vie de rester spectateurs. Et comme il est gentil finalement, il leur a suggéré de ne pas se prendre pour des vedettes et de rester simples comme des petits chaperons rouges avant le loup. Ils s'en sont donné à gorge, tripes et coeur joie. Mêlée spermatique des mômes de 5 à 14 ans, en pente douce. Les deux plus forts gagnant, gîtant et vagissant au vagin. Il y fait chaud. Ils ont la télé. Ils y contemplent le monde qui les attend. On y reste! Pourquoi vivre avec ces abrutis qui vomissent leurs mots, leurs cris, leurs colères. Surtout les femmes. Pauvres petites mères, toujours flouées, abandonnées, trompées, (à croire qu'il n'y a que des saintes), des Héloïse qu'on brutalise, des Juliette qui s'endettent, une Virginie qui glapit, avec des Abélard pantouflards, des Roméo machos, un Paul qui picole. Les mecs en prennent pour leur grade. (C'est la parité mon cher. Il faut bien que féminité se passe, ils se disent.) Seulement sur scène, les types, moitié d'humanité pas forcément la meilleure, ils sont comme tout le monde, à égalité de trac. Mais femmes et hommes finalement s'y retrouvent avec l'espoir et l'amour, fichés au coeur.

Jean Lefèvre

PCF

Près d’un siècle de militantisme

Diffuseur de l’Humanité et de la Dépêche de l’Aube

Les reconnaissez vous ?

La dépêche ouvre ses colonnes à vos souvenirs de militant, faites nous parvenir vos photos légendées

Pour nous écrire

 

Bar-sur-Seine

Soirée choucroute

organisée par la section barséquanaise du PCF

Samedi 24 février à 20 H Salle polyvalente de Bar-sur-Seine suivie d'une soirée dansante

Menu : Kir, entrée, choucroute, fromage, dessert, café

Adultes : 80 F - moins de12 ans : 40 F Réservations : jusqu'au 19 février

ASSEMBLEE - DEBAT à partir de 18 HEURES

 

Se bouger

Faire de l'année 2001 "une année non seulement utile mais efficace". C'est à travers cette idée que le secrétaire national du Parti communiste, Robert Hue, a présenté les vœux des communistes, en invitant la gauche à "se bouger" davantage pour réussir. La gauche a beaucoup de travail devant elle, de nombreuses réformes à mettre en œuvre. La situation réclame de mettre résolument le cap à gauche, alors même que le Medef poursuit son offensive contre les salariés, retraités, précaires et que la droite vient de publier un programme de propagande en faveur de l'ultra libéralisme. Robert Hue a évoqué quatre grands chantiers en souffrance que la majorité de gauche plurielle et le gouvernement doivent faire avancer pour répondre à ce qu'attendent des millions de Françaises et de Français. Tout d'abord, le pouvoir d'achat des salaires, des retraites, des minima sociaux. Ils doivent être revalorisés, en prenant sur les immenses profits des grands groupes et sur les fortunes. C'est aussi le moyen le plus sûr de consolider la croissance en musclant la consommation. La Conférence nationale sur les salaires, pour laquelle le sommet des partis de gauche s'était engagé le 7 novembre dernier, doit se tenir rapidement. Le chômage recule, mais de grands groupes, comme Danone après Michelin, licencient malgré d'énormes marges. C'est révoltant et inacceptable. D'où le second chantier, celui de l'emploi et de la précarité. Le gouvernement doit adopter de nouvelles dispositions permettant de combattre efficacement la loi de l'argent. De terribles inégalités tenaillent notre société. Il faut s'y attaquer plus résolument. L'avenir des retraites est un grand enjeu de société. Il faut aborder cette question en termes de nouvelle civilisation et non en termes de régression sociale, selon les dogmes du libéralisme. Troisième chantier prioritaire qui ne peut être mené à bien dans ce sens qu'en rejetant les diktats du Medef omnubilé par la seule croissance de la rentabilité financière. Pour se faire respecter, pour être entendu, il faut de nouveaux droits dans les cités, les villes et les villages, mais aussi à l'entreprise, pour pouvoir discuter jusqu'aux choix de gestion des actionnaires. Une grande réforme modernisant et démocratisant les institutions s'impose comme quatrième chantier, permettant aux citoyens d'être associés à toutes les décisions dans la cité et jusqu'au sommet de l'Etat. La gauche a donc du pain sur la planche, sans attendre 2002.