La dépêche de l'Aube n°591 du Jeudi 18 janvier 2001

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Il faut défendre la retraite à soixante ans !

Le 25 janvier, la totalité des syndicats appelle à l'action pour: le maintien du droit à la retraite à 60 ans à taux plein; l'amélioration des conditions de départ anticipé; l'amélioration du pouvoir d'achat des retraites. C'est la première fois que les syndicats ripostent ensemble depuis le déclenchement de l'offensive du Medef connue sous le nom de "Refondation sociale". Après l'UNEDIC et la médecine du travail, le Medef pensait que l'heure était venue d'en finir avec la retraite à 60 ans. Il comptait une nouvelle fois sur la division syndicale. Mais cette fois, son arrogance se heurte au front syndical. Furieux que les syndicats aient refusé de céder à son exigence de prolonger jusqu'à 45 années ou plus la durée de cotisation ouvrant droit à la retraite à taux plein, le Medef prend les salariés et les retraités en otage. Il refuse en effet de prolonger l'accord qui permet de verser les retraites complémentaires entre 60 et 65 ans. Un tel refus aboutirait, s'il était maintenu, à amputer de près d'un quart le montant des retraites complémentaires. Depuis dix ans, le patronat et les forces de droite, relayés par l'essentiel des médias et une multiplication de rapports officiels, s'efforcent de convaincre les salariés que le système de retraite court à la faillite. Ceux qui, comme les communistes et d'autres, disaient que d'autres solutions existaient étaient qualifiés de ringards, de démagogues… Et pourtant, que voit-on depuis deux ans en France? Le retour de la croissance et les créations d'emplois, de premières luttes victorieuses sur les salaires ont déjà permis de combler le trou de la Sécurité sociale. Oh! rien n'est encore réglé! Seule une politique réellement audacieuse de relance des salaires et de réponse aux besoins sociaux permettrait de consolider cette croissance encore fragile et d'aller vers une société de pleine activité. Le positif aujourd'hui, c'est qu'on peut enfin engager le vrai débat sur le retour au plein emploi, c'est-à-dire un emploi qualifié et bien rémunéré pour toutes et tous. Et c'est d'abord là qu'est la solution immédiate et à long terme pour financer les retraites. Certains ne jurent que par la fuite en avant dans la capitalisation et les fonds de pension basés sur la spéculation boursière. À l'inverse, les communistes défendent le système actuel de retraites par répartition. Il est l'expression de la solidarité où chaque génération d'actifs finance la retraite de ses parents. Maintenir le droit à la retraite à 60 ans et en même temps négocier son abaissement pour certaines catégories, c'est la justice pour ceux qui vont en bénéficier, c'est aussi l'efficacité pour donner du travail aux plus jeunes. Revaloriser les pensions en les indexant sur les salaires, c'est toujours la justice, mais aussi l'efficacité en accentuant la relance par la demande. Les dépenses sociales ne sont pas une charge à réduire. Elles sont au contraire un atout pour la société toute entière. Il faut surtout engager, enfin, le débat sur la réforme des cotisations patronales que le premier ministre avait promis en 1997. Le sommet de la gauche plurielle à la fin de l'année dernière a de nouveau évoqué la taxation des revenus financiers des entreprises. Cette taxation au même niveau que les cotisations sur les salaires rapporterait plus de cent milliards de francs par an. De même, la modulation des cotisations patronales selon les capacités réelles des entreprises permettrait d'augmenter leur contribution globale en tenant compte de la situation de celles qui seraient réellement en difficulté

 

Création d’un collectif de défense des victimes de Mon Logis

C’est samedi 13 janvier, à l’occasion d’une conférence de presse qu’ensemble, partis politiques,syndicats et associations exédés par les agissements scandaleux de la direction de Mon Logis, ont annoncé la création d’un collectif de défense des victimes de la direction de Mon Logis. On le sait, cette dernière déffraye la chronique sur tous les tableaux.Coté locataires, on se rappelle de l’affaire des vide-ordures du quartier de Maugout à St André les Vergers. Véritable racket organisé qui avait des ramifications dans d’autres quartiers dryats mais aussi de Romilly S/Seine et de La Chapelle St Luc. Le combat des locataires a permis le remboursement de I’indû malgré le jusqu’auboutisme de la direction de Mon Logis.Mais au-delà d’une gestion pour le moins critiquable de son parc HLM, ce sont les méthodes ignobles utilisées par cette direction qui soulève cette unité. L’acharnement continu envers Mme Boodoo, une locataire qui a été expulsée en juin 2000 après avoir remboursé sa dette et cela sans avoir bénéficié de l’aide prévue par le loi contre l’exclusion, en est un symbole.Coté salariés, c’est le harcèlement contre quiquonque relève la tête et ose critiquer. Derniers épisodes en date: le licenciement de la responsable d’antenne d’Arcis S/Aube et la mise a pied du chef d’agence de Maugout.Parallèlement Mon Logis vient de se taire épingler par l’ANPEEC (Agence de contrôle du 1% logement) pour une transaction financière illégale. Les condamnations aux prud’hommes, et les remontrances ministérielles ne suffisent plus. La mise sous tutelle de Mon Logis s’impose au regard des exactions commises depuis plusieurs années par cette direction.En attendant la riposte va prendre une autre dimension. Ceux qui vont continuer a couvrir ce cartel de dictateurs qui règne en maitre sur le logement social au bois devront s’en expliquer tôt ou tard

 

Acte de constitution du collectif de défense des victimes des dirigeants de Mon Logis

Dans lequel figure déjà, à ce jour, la fédération de PCF de l'Aube, du PS, l'UD CGT, CFDT, associations CNL, CLCV.

Depuis quatre ans la direction de MON LOGIS, société à vocation sociale, rappelons-le, est animée d'une volonté de persécution de tous ceux qui ont la capacité de résister l'arbitraire:

  • Des locataires en proie à des difficultés finanicières,
  • Des locataires floués par des surfaces corrigée gonflées, des conditions de logement discutables, l Des salariés consciencieux licenciés abusivement,
  • Des syndicalistes "placardisés", dénigrés et harcelés quotidiennement.

La philosophie de la stratégie déployée n'est pas le respect d'une gestion sociale juste et digne d'un organisme HLM, mais le besoin de domination, d'asservissement pour asseoir une soif de pouvoir absolu qui confine à la perversité. Depuis 3 ans, les différentes victimes de ces agissements ont multiplié les démarches auprès des autorités ayant à en connaître: Autorités préfectorale, ministérielle, direction du travail, de la répression des fraudes, justice, élus locaux siégeant au Conseil d'Administration de MON LOGIS. Pourtant, malgré la reconnaissance plus qu'implicite de la réalité des griefs, des rapports de contrôle accablants de l'Administration pour la gestion de MON LOGIS, des poursuites judiciaires engagées, rien ne semble pouvoir arrêter les abus. Pour mieux se faire entendre, les victimes des dirigeants de MON LOGIS se regroupent aujourd'hui et invitent tous ceux qui, à titre individuel ou collectif (associations), se sentent concernés à les rejoindre afin de multiplier les actions pour que cessent enfin des actes contraires à la dignité et au droit des personnes

Pour nous contacter: email: Defensedesvictimes.monlogis@wanadoo.fr

 

HUMEURS

Anthropophagie

Une délégation auboise de la Fondation pour la mémoire de la déportation s'est constituée à Troyes et a donné un spectacle et une conférence à La Chapelle-Saint-Luc, ce dimanche. Troyes Gymnique, mené par Eric Coll, a interprété avec panache deux ballets habillés et taillés sur mesure, "L'Etoile de David" et "Liberté". Emouvante fut aussi la conférence de Marie-Jo Chombard de Lauwe, ancienne déportée à l'âge de 19 ans qui se bat pour "intérioriser" le message dans la mémoire collective et tordre le cou aux mensonges des négationnistes. Il existe encore des gens qui n'ont rien vu ni entendu. Aucune plainte n'est parvenue à leurs oreilles. Les camps de la mort n'étaient que des camps de jeunesse, pour fortifier, aguerrir l'âme. Il en existe aussi pour dire que tout crime se ressemble (les hommes sont cruels mon cher !) retirant ainsi au nazisme une part d'horreur, comme pour le rendre plus commun, plus humain même ! Ils veulent lui épargner quelques charges supplémentaires, la spécificité raciste, la volonté génocidaire. Nos alias modernes, nos neuneuils à grande gueule qu'on nomme facilement en cinq lettres, ceux-là ne disent plus ouvertement qu'Hitler avait raison. Ils parlent de "détails", ils finassent pour éviter les lois. Ils sont comme ces anthropophages qui mangent avec des fourchettes.

Jean Lefèvre

 

Disparition d’une «Mère Courage»

Notre amie Madeleine Planson est décédée la semaine dernière à Brienne-le-Château. Pour nos vieux camarades qui l'ont connue, c'est une figure prestigieuse du mouvement ouvrier qui disparaît. Madeleine a été mêlée en effet aux luttes d'avant guerre dans les usines et à la Résistance ensuite. Elle fut aussi, faut-il le rappeler, la mère de notre camarade Henri Planson et la femme de Lucien dont les faits d'armes avant et pendant la guerre lui valurent la reconnaissance bien tardive de la municipalité troyenne. Lucien Planson , ancien secrétaire départemental de la CGTU, en 1924, emprisonné pour ses idées en 1927, combattant héroïque de la Résistance, fut assassiné dans des circonstances troubles en 1947. Il n'y a pas dix ans qu'un bout de la rue de la Providence porte son nom. Pas toute la rue, car, disait le patron de Bolloré à l'époque, "nos camions se perdraient si on changeait le nom de la rue". C'est Bolloré qui, maintenant, est perdu. Madeleine est née en Haute-Marne le 6 mai 1907. Elle vient très vite dans l'Aube, à Radonvillers, où elle travaille dès l'âge de 12 ans. A 17 ans, elle est à Troyes, dans le textile évidemment, où elle rencontre Lucien et les forces de l'ordre à cheval, car c'est une militante, elle aussi. Elle se marie en 1925. Deux ans plus tard son mari est en prison à Hennequin. Trop turbulent Lucien quand il s'agit de défendre la cause des camarades. Les copains sont solidaires, Zimberlin, Plard, Cuny, etc. et Madeleine peut élever tous les enfants qui naissent, l'un après l'autre, en pente douce, Ginette, Henri, René, Georges, André, Claude. Et lorsque Lucien meurt le 25 avril 47, Madeleine est entourée de la solidarité de 10.000 personnes qui suivent le cercueil. Pendant la guerre aussi, joue la solidarité autour des Planson. Il n'y a pas que la sécurité des combattants à assumer mais encore la nourriture de la famille. On élève force poules et même un cochon, évidemment prénommé «Adolf». C'est de bonne guerre ! Ces époques et ces vies marqueront la mémoire. Aujourd'hui qu'il n'y a plus que "les affaires" à se mettre sous la dent pour former notre civisme, nous savons par les vies de Madeleine et Lucien que les circonstances tragiques trouvent toujours leurs héros, des personnalités adaptées aux évènements et qui fourniront à l'avenir ses jalons pour l'histoire. La Dépêche présente à, Henri et à toute la famille Planson ses condoléances émues .

Nogent-sur-Seine

Municipales Face à la confusion et la division, les communistes préfèrent l’union: la voie de l’efficacité.

Pour espérer battre la droite et insuffler, au niveau local, une politique conforme aux valeurs progressistes, la gauche plurielle doit se présenter unie à l’occasion des élections municipales de mars prochain. Telle est la base de l’accord conclu entre le PCF et le Parti socialiste. Dans l’Aube, les fédérations de nos formations politiques ont fait leur, depuis bien longtemps, cet accord, et ont décidé de tout mettre en oeuvre pour favoriser, partout dans notre département, la constitution de listes de la gauche plurielle largement ouvertes aux acteurs de la vie locale. La ville de Nogent-sur-Seine va-t-elle être l’exception à la règle ? Nous ne pouvons imaginer cette hypothèse avancée dans la presse du 12 janvier. Si cela devait malheureusement se confirmer, nous aurions à la regretter profondément. En effet, depuis plusieurs semaines, nous avons multiplié les contacts afin qu’un dialogue s’engage entre le PCF, le PS et l’opposition actuelle au Conseil municipal. Or, dans un courrier adressé à Laurent Levasseur, Jean-Marie Doc rejette l’éventualité de participer à une liste de la gauche plurielle, indiquant que la liste pour laquelle il sera chef de file «ne sera pas marquée politiquement». Il précise encore dans ce courrier qu’il a du mal à voir une différence entre la gauche et la droite. Pourtant, même si tout n’est pas parfait, comment nier certaines avancées du gouvernement de la gauche plurielle -les 35 heures, les emplois-jeunes, la CMU, etc.- combattues avec hargne par la droite. Nous concernant, nous ne renonçons pas à vouloir construire une liste de la gauche plurielle car c’est la voie de l’efficacité face à la confusion et à la division qui ne peuvent que profiter au maire actuel de Nogent. Dans ce scrutin, nous ne devons pas jouer «petit bras» pour décrocher quelques sièges, mais au contraire avoir l’ambition de pouvoir mettre en oeuvre une politique de gauche correspondant aux attentes de la population.

Les communistes de Nogent s/S.

 

Tous mes voeux de bonne santé

Au moment où l’on échange des voeux pour la nouvelle année, la formule est banale certes mais, tant qu’on a la santé, n’est-ce pas.... le reste a bien peu d’importance. Et puisque la maladie nous touche au plus intime, dans notre chair ou dans celle de nos proches, la santé est un bien précieux et l’on ne peut que souhaiter une bonne santé à tous ceux qu’on aime et même, à tous ceux qu’on aime pas. Pourtant, ce souhait risque fort de rester lettre morte pour certains d’entre nous et ceci pour de multiples raisons. Je n’en évoquerai ici qu’une seule mais qui risque de faire parler d’elle dans les semaines qui viennent, l’application des 35 heures dans les hôpitaux. Le travail y est dur. le personnel y côtoie sans répit la souffrance, le mort, la déchéance. Les femmes et les hommes qui travaillent là s’usent vite et il leur est difficile de concilier la qualité des soins, la compassion et l’humanité que les malades attendent d’eux avec leur équilibre personnel. Aussi se fabriquent-ils parfois une carapace d’indifférence. Incapables d’empathie pour ceux qu’ils soignent ou accompagnent, le cynisme est leur défense et à un moment plus rien ne fait barrière à la violence. Violence envers les malades, les vieillards, mais aussi les collègues de travail. Rien ne justifie ces comportements indignes, que personne ne voudrait subir, ni voir subir par les siens. Mais ces dérapages sont l’aboutissement logique de la gestion marchande de la santé. La santé coûte trop cher ! Pourtant la nôtre, celle de nos enfants, de nos parents, n’a pas de prix ! Les structures de soins qui prennent en charge la vie, la mort, la souffrance, la peur des humains que nous sommes et ceci, bien au-delà de tout aspect matériel ne peuvent être évaluées avec les critères de rentabilité d’une entreprise industrielle. Il lui faut donc leur donner des moyens humains qui seront, malgré tous les progrès scientifiques dont nous sommes en droit de rêver au début de ce millénaire, le plus irremplaçable des remèdes, celui qu’aucun traitement chimique ne pourra supplanter. Alors, quand on parle 35 heures, les personnels de santé s’interrogent et s’inquiètent. Quand certains regrettent l’époque où des religieuses assuraient gratuitement la plus grande partie du travail, quels moyens donnera-t-on aux structures de soins pour poursuivre leur mission ? Si création d’emplois il y a, comment trouver des professionnels motivés pour ces métiers où il faut accepter de sacrifier Noëls en famille et vacances avec les enfants, alors que pour limiter la demande de soins, les gouvernements successifs ont limité l’offre en réduisant l’accès aux formations. Aujourd’hui le déficit pour l’ensemble de ces professions, est intenable et il faudra du temps pour le combler. Les 35 h seront donc douloureuses, pour les personnels et pour les malades ! Alors en 2001, suivez mon conseil, restez en bonne santé !

Françoise Desimpel