La dépêche de l'Aube n°590 du Jeudi 11 janvier2001

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Romilly-sur-Seine

Municipales Une équipe qui va «mouiller sa chemise»

Jeudi 4 janvier s’est tenue une sympathique réception organisée à l’occasion de l’inauguration de la permanence de la liste conduite par Joë Triché. Cette initiative s’inscrivait dans une nouvelle étape de la campagne pour les élections municipales de mars prochain, et a aussi vu l’annonce du lancement officiel du Comité de soutien à la liste romillonne de la gauche plurielle et ses partenaires. Ce comité de soutien sera présidé par Maurice Camuset, récemment promu Chevalier de la Légion d’Honneur [Voir Dépêche de la semaine dernière] et aura pour objectif de permettre à toutes celles et ceux qui le souhaitent de s’engager aux côtés de Joë Triché et de ses trente-deux co-listiers en contribuant à assurer une majorité qui permette de mettre en oeuvre le contrat que la liste entend passer avec la population et les différents acteurs de la vie locale. Un contrat, comme le rappela Joë Triché, « dont les ambitions pour notre ville et ses habitants sont extrêmement grandes. Nous voulons être à la hauteur des espoirs qu’ils placent en nous». Redonner espoir et confiance Pour Joë Triché, la liste qu’il conduira aux prochaines municipales représente «une équipe soudée, combattive qui saura redonner espoir et confiance» ; c’est une équipe motivée et de «plein pied dans la réalité locale et la vie quotidienne de la population». Et parce qu’elle est représentative de la gauche plurielle, et ouverte à la diversité, elle saura se faire entendre du gouvernement de Lionel Jospin. Joë Triché en a profité pour annoncer la date de la présentation publique et officielle de sa liste: le samedi 27 janvier à 17 heures à la salle des fêtes François Mitterrand. Autre atout aux yeux de la tête de liste communiste, la conception qu’ils entendent impulser à la gestion de Romilly. Une gestion basée sur le «dialogue, l’écoute et la participation de la population pour élaborer et mettre en oeuvre, avec elle, les grands projets», en incarnant une nouvelle manière de faire de la politique, où le citoyen sera un interlocuteur privilégié et permanent ; bref, il s’agira de «faire vivre la démocratie locale directe [et de] mettre en oeuvre des choix correspondant bien aux attentes de la population et des acteurs de la vie locale». L’équipe qui s’est constituée autour de Joë Triché va «mouiller sa chemise», mais s’est aussi l’engagement de l’électorat de gauche et progressiste qui fera le résultat que beaucoup espèrent. Volontariste, confiance et détermination seront donc les maîtres-mots pour tous ceux qui «veulent que Romilly entre dans ce nouveau siècle par la grande porte». Après une brève intervention de Chantal Dujancourt et de Maurice Camuset, la réception s’est clôturée par la galette des rois de circonstance où les différents co-listiers et les invités ont pu faire, pour certains, plus ample connaissance

 

Logement social

Faut-il annuler des crédits?

680 millions de Francs de crédits du budget 2000, destinés à la construction de logements sociaux ont été annulés par le ministère des Finances. Comment cela est-il possible, alors qu'il manque chaque année des centaines de milliers de logements neufs pour répondre aux besoins? Ces crédits n'ont pas été utilisés dans l'année. Comme cela s'est déjà produit les autres années, ils vont donc être définitivement perdus pour le logement social. Une série d'explications sont avancées par le gouvernement pour justifier la non consommation des lignes budgétaires. Conjoncturelles: augmentation des taux des prêts pour le logement social; relèvement du prix des entreprises du bâtiment; engagement non tenu des organismes collecteurs du 1% patronal de versement de 1,5 milliard de francs aux opérateurs sociaux. Structurelles: la nouvelle formule "prêt locatif à usage social" - qui constitue un progrès - ne donne pas encore pleinement satisfaction; la Caisse des Dépôts et Consignations bloque certaines opérations nouvelles. Trouver des solutions à ces obstacles, rendre plus efficaces les moyens financiers mis à disposition des constructeurs de logements sociaux, c'est indispensable. Mais, au lieu d'annuler ces crédits, pourquoi ne pas les réserver et leur trouver d'autres affectations dans ce cadre? Pourquoi ne pas aider, par exemple, les organismes ou collectivités à maîtriser le foncier et son coût, à mieux financer des projets existants mais bloqués faute de financements suffisants? La mobilisation de tous les acteurs du logement social est nécessaire, notamment des organismes HLM et des SEM, celle du gouvernement et des acteurs publics aussi, pour permettre d'accompagner par des politiques publiques dynamiques l'effort de construction. Le droit à un habitat de qualité pour tous, inscrit dans la logique de la loi de solidarité et de renouvellement urbain (SRU), doit s'accompagner des moyens publics pour avancer. La pérennité des crédits, la modification des critères d'affectation est donc nécessaire. C'est dans ce sens que les communistes souhaitent aider à trouver des solutions et nouer un dialogue avec tous les acteurs de la politique publique du logement.

 

HUMEURS

Voeux, vaches, cochons, couvées

Bonne année à tous nos lecteurs et trices. Mais nous commençons un nouveau siècle et même un millénaire. Je vous souhaite donc un bon et heureux millénaire. Et si vous ne durez que le siècle ce sera déjà bien. Sauf à vous faire faire un clone, un alias, plus jeune, plus frais, plus insolent, plus réfractaire et donc plus efficace. On en a besoin, la planète n'est pas tout à fait nette. Aussi je vous souhaite et recommande * d' éradiquer la mondialisation de la connerie et de la pensée prête à porter. * de lutter contre l'effet de serre sauf entre camarades ou amants où l'embrassement est recommandé. * d' aider les fautifs qui violent les mauvaises lois. * de combattre le sida ( demandez les préservatifs à votre capothicaire.) * de faire vos enfants vous- mêmes, pour éviter les bébés O.G.M , nés de père en cornue. * de lire énormément: sans le sperme des livres nous ne saurions pas naître. * d' être des parents frais et non des parents saurs * de rouler au trot, pas trop, car l'automobile descend du cheval et les côtes au galop. * de construire des utopies. Oui, il y a encore des utopies à bâtir et des futurs à rêver mais en sachant que le présent qui nous désole fut le rêve de nos aînés. Le présent n'est que l'avenir du passé.

Jean Lefèvre

Prions qu'elles soient sans prion. Alors, meilleurs meuhhhs!

Bar-sur-Seine

Déclaration du groupe communiste

Ce projet de budget 2001 est le dernier du mandat actuel. Le groupe communiste, fidèle au programme municipal, a toujours, et ce depuis 1983, tenu ses engagements. Cela ne veut pas dire que la politique de la majorité municipale soit celle des communistes. Par exemple, depuis des années, nous souhaitons que les tarifs des cantines scolaires soient basés sur un quotient familial. Concernant les finances locales, en particulier la taxe d’habitation et la taxe du foncier bâti, nous sommes comme beaucoup, nous pensons qu’elles sont déjà assez lourdes et qu’il peut être possible de les baisser. Mais cela sous-entend qu’il faut d’autres recettes pour financer tous nos projets et maintenir, voire développer le service public communal. Les élus communistes et républicains se prononcent pour une réforme de la taxe professionnelle. En effet, cette taxe pénalise les artisans et commerçants ainsi que les PME et PMI, donc l’emploi. Nous voulons que cette taxe favorise les emplois en aidant financièrement les entreprises qui en créent, et touche davantage les produits financiers. Selon l’INSEE, entre 1997 et 1999, les profits financiers des entreprises de productions et de services ont progressé de 27% et atteignent 408 milliards de francs, à cela il faut ajouter les institutions financières dont les profits s’élèvent à 557 milliards de francs. Même l’association des Maires de France dénonce, je cite: «la sous-fiscalisation de la richesse financière». Toujours d’après l’INSEE, le montant des capitaux financiers est évalué à 26.000 milliards de francs. Taxés seulement à 0,3%, cela permettrait de dégager 78 milliards de francs pour les collectivités territoriales, 1.250 F par habitant, soit pour la commune de Bar-sur-Seine, 4 millions 387 mille francs. Or, chacun sait que l’argent des communes ne va pas à la Bourse. Il est remis à 100% en circulation pour répondre à des besoins humains et dans l’investissement. 75% des investissements publics actuels sont réalisés par les collectivités territoriales. Ces investissements ont un effet incontestable sur l’activité économique en permettant le maintien et la création d’emplois dans le bâtiment et les travaux publics. Comme je viens de le dire, de l’argent, il y en a, et beaucoup. Le dilemme reste entier pour les élus municipaux: augmenter ou pas les impôts locaux. Il faudra bien qu’un jour l’Etat ait le courage politique de choisir entre la spéculation et la réponse aux besoins des populations. Le groupe communiste votera le budget 2001 tout en continuant à lutter pour faire avancer ces propositions.

Joseph Seghetto,
Maire-adjoint,
porte-parole du groupe communiste au Conseil municipal

 

Autres sujets abordés

Joseph Seghetto est notamment intervenu

  1. sur la requalification du centre-ville et son hostilité au recours à des horodateurs pour le stationnement des voitures.
  2. sur le problème du transport scolaire concernant les enfants d’Avalleur. En effet, ces derniers sont obligés de traverser la route départementale qui est très dangereuse à cet endroit.
  3. Jean-Bernard Vadrot a notamment souhaité que le feu d’artifice du 14 juillet qui a été annulé soit programmé le 31 décembre 2000.

Déportation

L’AFMD organise au centre culturel de la Chapelle Saint Luc Dimanche14 janvier 2001 à 16 heure.

Marie-José Chombart de Lauwe, témoin au procès de Nuremberg, en compagnie d’anciens déportés participeront activement à cette réunion. La compagnie Troyes Gymnique dansera le ballet “Dites le à vos enfants” créé par le chorégraphe Eric Coll.

Entrées: 60 F adultes ;30 F scolaires et universitaires

AFMD Mairie annexe Point du jour 1 avenue du Maréchal de Lattre à Troyes

Mumia Abu-Jamal

"J'ai vu un homme libre dans le couloir de la mort"

En compagnie de membres du Collectif unitaire de soutien au détenu, Bernard Birsinger, député et maire communiste de Bobigny (Seine-Saint-Denis), a visité Mumia Abu-Jamal dans sa prison de Waynesburg, en Pennsylvanie (voir l'Humanité du 18 décembre 2000). Il a été surtout question des deux millions de citoyens emprisonnés, du racisme (50% des prisonniers sont des Noirs, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population un jeune Noir américain sur trois fait au moins un séjour en prison entre vingt et trente ans), de la justice, de la société américaine. Il est toujours la "Voix des sans-voix", et lorsqu'il évoque le juge Sabo, qui l'a condamné à mort à l'issue d'un procès truqué, qui est connu pour avoir envoyé plus de personnes dans le couloir de la mort que n'importe quel autre juge des Etats-Unis, c'est encore pour évoquer le cas d'un jeune Noir. "Mon cas n'est pas une exception, dit-il. Le système judiciaire américain transforme à la chaîne des victimes sociales en coupables. Vous vous battez pour mon cas, mais toute la société fonctionne comme cela." "Aux Etats-Unis, 10% de la population vit bien, dit l'avocat de Mumia, Leonard Weinglass. 30% à 40% vivent dans des conditions à peu près correctes. À côté, 10% vivent dans des conditions indignes. Les autres? Ils se taisent, prisonniers des crédits, de l'absence de contrats de travail, de retraite, de sécurité sociale..." L'autre face de l'Amérique. Mumia parle de la machine judiciaire, de l'avocat qui est nommé par le juge, de la "présomption de culpabilité" qui pèse sur tout condamné. Lors de son procès: un jury trié sur le volet, la connivence entre un premier avocat commis d'office et le procureur, des expertises tronquées, des pièces disparues, des témoins intimidés et subornés par la police. Et une révision du procès toujours refusée, malgré les témoins qui reviennent aujourd'hui sur leurs déclarations. La Haute Cour fédérale vient de rejeter un nouvel appel demandant l'examen de documents qui avaient été refusés par le juge Yohn. "Tout ce système est pensé, dit Mumia. Tout est fondé sur l'argent, la pression économique, l'intimidation. Les citoyens noirs sont systématiquement découragés de voter. Et lorsqu'ils se rendent aux urnes malgré tout, on leur répond fréquemment qu'ils ne sont pas inscrits." La peine de mort est le sommet de la pyramide. Derrière les 3500 condamnés à la peine capitale, il y a tous les enterrés vivants dont la société a, une fois pour toute, décrété qu'ils n'avaient pas leur place en son sein, explique Mumia. Parce qu'ils étaient différents. Parce qu'ils gênaient. Cette machine fait une croix sur des millions d'individus: cette élimination, sociale ou physique, est une survivance du totalitarisme. Non, "l'affaire Mumia" n'a rien d'une bavure. "Ce qui compte avant tout, dit Mumia avec lucidité, c'est que la mobilisation se poursuive, ne faiblisse pas. À travers mon cas, c'est tout le système judiciaire qui se trouve ébranlé par cette lutte. "Sauver Mumia, c'est sauver un homme, mais ce combat a, avant tout, une portée universelle." "Je comprends pourquoi, dit Bernard Birsinger, Mumia Abu-Jamal est si dangereux pour un système qui nie l'être humain, qui n'a d'autres valeurs que l'argent. Diminué physiquement, il reste d'une dignité splendide. Quelle liberté de pensée! Mumia est un homme debout."

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