La dépêche de l'Aube n°589 du Jeudi 4 janvier 2001

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SOCIAL

La droite fait la fête aux smicards et aux petites retraites

Sur initiative des parlementaires de droite, le Conseil constitutionnel vient d'invalider la baisse prévue, dès janvier, de la CSG et du CRDS. Neuf millions de salariés modestes et cinq millions de personnes touchant de petites retraites viennent d'être honteusement volés. Fin août, le gouvernement présentait un plan de réformes fiscales visant à baisser les impôts de 60 milliards de francs en 2001 et de 120 milliards entre 2001 et 2003. Ce plan intégrait un allègement de la CSG et du CRDS sur les bas revenus, représentant 8 milliards dès l'an prochain. Sur une période de trois ans, la CSG et le CRDS devaient être totalement supprimés pour les salaires au niveau du SMIC et être allégés, de manière dégressive, pour les salaires s'élevant jusqu'à 1,4 fois le SMIC (cette ristourne équivalait à un treizième mois pour un smicard). Les partis de gauche, réunis en sommet à l'initiative de Robert Hue, ont d'ailleurs pris l'engagement de porter cet allègement jusqu'à 1,8 fois le SMIC. Aujourd'hui, sur injonction de la droite, le Conseil constitutionnel raye cette mesure d'un trait de plume, et cela au nom de cet incroyable argument: ces rabais d'impôts pour les salariés les plus mal payés du pays aurait constitué "une rupture caractérisée de l'égalité entre les contribuables". Au moment où chaque famille, même les plus démunies, s'échine à passer les fêtes dignement, voilà 540 francs qui s'envolent… Merci la droite! Quel culot de parler d'égalité devant l'impôt, de respect de la justice fiscale. Alain Madelin, Jean-Louis Debré, Denis Kessler du MEDEF… tous se félicitent de ce hold-up honteux, montrant ainsi leur vrai visage et leurs projets. Heureux quand il s'agit de faire payer les smicards, oublieux des cadeaux qu'ils empochent en matière de charges sociales, de revenus financiers, d'arrangements fiscaux… Maintenant, la majorité de gauche, le gouvernement doivent réagir, et vite. Robert Hue, qualifiant l'avis du Conseil constitutionnel "d'extrêmement préoccupant", a réclamé une alternative qui permette de revenir à la volonté majoritairement exprimée par la loi. "Les excédents de recettes encaissés par l'État, grâce à la croissance, doivent d'abord profiter aux plus démunis", a-t-il déclaré récemment. Au-delà des mesures à adopter tout de suite pour qu'un nouveau dispositif voie le jour, les communistes proposent: l une revalorisation directe des bas salaires et des minima sociaux; l une véritable réforme fiscale qui s'attaque aux fondements des injustices et des inefficacités actuelles pour aller vers davantage de progressivité des prélèvements; l une réforme de la cotisation sociale des entreprises, qui permette à la fois l'amélioration des salaires nets perçus et la garantie du financement de la Sécurité sociale. Si la volonté existe, tout peut aller rapidement. La droite a frappé au porte-monnaie des plus modestes, il faut riposter en tapant dans les gros portefeuilles financiers .

 

La droite auboise aussi...

Les élus de la droite locale vont rendosser leur panoplie de candidat pour les prochaines élections municipales et cantonales. Pour obtenir les suffrages des Aubois, tel Jacques Chirac à la présidentielle de 1995, ils vont se faire les défenseurs de la veuve et de l’orphelin, les pourfendeurs de la «fracture sociale». Ils sauront s’émouvoir avec vous de l’accroissement des inégalités, des salaires trop bas, de l’accélération des délocalisations ; ils seront attentifs si vous leur parlez de vos problème de logement: charges abusives, loyers trop chers, cadre de vie dégradé, etc. Mais faites le test: demandez-leur leur avis sur la réduction du temps de travail sans perte de salaire ou la pérennité du système de retraites, par exemple. Bien peu auront le courage d’avouer leurs propositions en la matière, tellement elles sont conservatrices et anti-sociales. Ils veulent le retour aux quarante heures et nous faire travailler jusqu’à 65 ans. Concernant le logement social, proposez-leur d’intervenir énergiquement afin de faire cesser le scandale des surfaces corrigées, vous risquez de les faire pâlir car ce sont leurs amis qui tirent les ficelles du logement social dans l’Aube et c’est avec leur bénédiction que le racket s’organise. Quant à la fracture sociale, c’est, en vérité, le dernier de leurs soucis, ou, plus exactement, ils en sont, avec leur parti, les principaux instigateurs. Vous en avez entendu beaucoup s’émouvoir de l’initiative des parlementaires de droite qui va permettre au Conseil Constitutionnel de censurer le dispositif qui devait supprimer la CSG pour neuf millions de salariés. Bien au contraire, ils applaudissent avec leurs amis du Médef ce nouveau coup porté aux «petites gens». Cela a toujours été comme ça, la droite s’oppose à toutes les conquêtes sociales et ses élus sont les vecteurs de la régression sociale. Dans l’Aube, on est bien placé pour le savoir.

JPC

Maurice Camuset

promu Chevalier de la Légion d’Honneur

Créé en 1802 par Napoléon Bonaparte, l’ordre national de la Légion d’Honneur est destiné à récompenser le courage militaire et les services et vertus civils. La promotion de notre camarade Maurice Camuset est la juste reconnaissance de ses qualités et mérites qu’il a toujours mises au service de ses compatriotes. Le lieutenant «Ariel» De famille ouvrière, Maurice Camuset commence, à l’âge de quinze ans, son apprentissage à la SNCF où il obtient, en 1938, son CAP d’ouvrier-peintre. Entrant dans la vie professionnelle, il adhère la même année au syndicat CGT. Dès 1940, après avoir vécu l’exode, il effectue, à titre individuel et en compagnie de son épouse Gisèle, des sabotages SNCF et des inscriptions contre l’occupant. «à cette époque, nous nous sentions communistes parce que l’occupant et Vichy les pourchassaient» tient-il à préciser. Contacté en 1942 par les FTPF -Francs-tireurs et Partisans Français, il est nommé chef de groupe à Romilly où il coordone et participe à des actions de sabotages importantes aux ateliers SNCF, contre des pylônes et transformateurs EDF, sur les voies ferrées, etc. Arrété en compagnie de son père et d’un camarade, il sera relâché, avant d’entrer dans la clandestinité en avril 1944. Affecté au Maquis de la Marne, puis en forêt de la Traconne, il participe, le 14 juin 1944, aux combats du Maquis de Rigny-La-Nonneuse puis à ceux de Saint-Mards-en-Othe, attaqué le 22 juin, avant d’être nommé responsable du Maquis de Bouilly où il prend part à des engagements avec l’ennemi sur la route de Bar-sur-Seine, puis à la Libération de Troyes et du département. Il est nommé Chevalier dans l’Ordre du Mérite National, le 23 décembre 1982. Le nazisme et ses abominations, Maurice Camuset les combattit les armes à la main mais, pour lui, le danger n’est pas définitivement écarté. Il milite toujours aujourd’hui de manière active pour perpétuer, en particulier auprès des jeunes générations, le souvenir de la Résistance ; en tant Président-délégué de l’ANACR-Aube, depuis 1970, et membre du Bureau national de l’ANACR, où il a été élu en 1994. Au service du bien public Elu conseiller municipal de Romilly s/Seine en suite en page 2 1947, puis adjoint en 1948, il exercera les fonctions de premier magistrat de 1949 à 1985. Son engagement et ses convictions communistes lui vaudront d’être plusieurs fois sanctionné par des suspensions et une révocation [Appel de Stockholm, guerre d’Indochine, refus d’interdire une manifestation, refus de suppression d’une classe, guerre d’Algérie]. Mais c’est surtout l’ampleur des réalisations municipales, effectuées lors de ses mandatures, qui force le respect, que ce soit en matière d’urbanisme, de social, d’éducation, de loisirs et de culture. La construction du réseau d’adduction d’eau que les anciens romillons surnomment toujours la «Mauricette», le doublement des classes en primaire et secondaire, la création du collège Langevin, du lycée Curie et du LEP Diderot, des colonies de vacances, de la MJC, du club municipal omnisports le plus important du département, d’une piscine, de la maternité et de l’hôpital, sans oublier le logement social, etc. Maurice Camuset fut aussi Conseiller général de 1964 à 1970. Ses importantes réalisations lui ont valu la distinction de Maire-Honoraire de Romilly-sur-Seine. L’engagement politique Tant d’actes et de réalisations dénotent une force de conviction hors pair. Militant communiste, Maurice Camuset le fut - et le reste toujours- à une époque où un tel engagement «n’allait pas forcément de soi», impliquant des sacrifices humains et personnels importants. Secrétaire des Jeunesses Communistes, puis de la section de Romilly du PCF, il est élu au Bureau fédéral de notre parti en 1948 puis au Secrétariat fédéral en 1949. De 1959 à 1970, il exercera la responsabilité de premier secrétaire de la fédération de l’Aube du Parti communiste. Maurice Camuset est de ses hommes qui ont marqué leur époque ; de nombreux romillons, de tous horizons et de toutes convictions, le reconnaissent. Il reste, à Romilly, une personnalité écoutée qui n’hésite pas à partager et à transmettre son expérience et son savoir acquis au fil des nombreux combats qu’il a menés pour faire triompher la justice sociale et la dignité humaine. La haute distinction honorifique qui vient de lui être attribuée est la reconnaissance méritée, des plus hautes autorités de notre pays, à un homme de courage et de convictions sincères. En cette heureuse circonstance, La Dépêche de l’Aube lui adresse ses plus fraternelles et chaleureuses félicitations.

Alain Keslick

 

HUMEURS

Chats (suite) On se souvient que Virgil Tanase, écrivain roumain, venu à Troyes pour visiter une ville libre, a écrit un conte, La ruelle aux chats, et que ce conte a été distribué aux enfants des écoles. Ce n'est pas le luxe de cette diffusion qui avait suscité l'indignation de nombreuses personnes (quoique ils eussent dû), mais le contenu de ce récit qui frisottait le racisme. L'écrivain Didier Daeninckx n'avait pas apprécié du tout, lui qui passait par là, invité par J. F Nivet (1),. Il en était sorti un article dans www.amnistia.net qui se terminait ainsi: "De très nombreux professeurs des écoles de Troyes ont refusé le présent si gentiment offert par la municipalité : ils se souviennent que dans une ville du même nom, il y a très longtemps, l'ennemi s'était introduit dans les murs de Troie dissimulé dans un cheval. Aujourd'hui, on entre dans les écoles primaires par les trous de souris". Je ne résiste pas au plaisir de vous citer ce livre qui se révèle donc être une source sérieuse de réflexion. Il est drôle (sans le vouloir) dans un tout autre domaine: "En ce temps-là, le maire était un prévôt. Il faisait du commerce et percevait des impôts. Cela l'occupait et il ne lui restait plus de temps de s'intéresser aux rues de la ville". On voit par là et par l'état de nos rues actuelles, que les maires de Troyes ont toujours les mêmes occupations et soucis.

Jean Lefèvre

(1)Professeur à Troyes, J. François Nivet a écrit une remarquable biographie de Octave Mirbeau

 

Le Medef attaque

Le baron Ernest-Antoine Seillière, patron du Medef, et son bras droit Denis Kessler, sont des hommes heureux. Leur chantier dit de "refondation sociale" avance. On les a vus à l'œuvre contre les chômeurs avec l'agrément dangereux par le gouvernement de la convention Unedic sanctionnant les privés d'emploi qui refuseraient un contrat déqualifié. Ils s'attaquent maintenant à la formation, à la santé au travail, à la protection sociale et aux retraites. Dans tous les cas, la pensée libérale, favorisant la finance, prime sur la solidarité collective… Ils s'occupent vraiment de nos affaires. Est-ce bien dans notre intérêt? D'autant plus que la méthode du chantage est utilisée à loisir. Ne plus financer les régimes complémentaires de retraite comme menace de le faire, dès le 1er avril, l'organisation patronale, revient à prendre en otage les préretraités et celles et ceux qui, dans le privé, voudraient partir en retraite à 60 ans en 2001. Avec l'amputation de 22% de leur pension complémentaire, c'est bien la garantie de pouvoir partir en retraite à 60 ans à taux plein qui est visée par le Medef. Dans son projet, le patronat propose, progressivement, d'ici une vingtaine d'années, aux futurs retraités, de travailler jusqu'à plus de 65 ans avec un minimum de 45 ans de cotisations… ou de se contenter de pensions amputées. Ce serait la "retraite à la carte": une très faible retraite de base et des compléments fondés sur l'épargne et la capitalisation. Les fonds de pension boursiers, pour ceux qui peuvent épargner, sont le seul horizon de cette pensée libérale patronale. Malheur aux millions de salariés qui ne sont pas sur le haut du panier. La répartition des fruits de la croissance de l'économie serait encore plus inégalitaire. Les discussions de fin d'année 2000 entre les syndicats de salariés et le Medef se sont soldées par un constat de désaccord. Ceux-ci vont établir des contre-propositions, mais l'enjeu de la négociation est désormais celui de l'ensemble des actifs et des retraités. Un fort mouvement social et citoyen, autour de ce qui va devenir un véritable choix de société, peut faire reculer le patronat arrogant et faire avancer une autre logique, celle des besoins humains. La partie n'est pas finie. On le voit pour l'Unedic: "l'appel des 50", qui regroupe plus d'un millier de soutiens parmi des personnalités du monde associatif, syndical, politique, a fait des propositions alternatives pour l'emploi, débouchant sur une proposition de loi des groupes parlementaires Verts, MDC et communiste. Une refondation de progrès social est urgente. À chaque salarié et à chaque retraité d'y apporter sa contribution .

PCF

80 ans de militantisme

Fête de l’humanité 1967. Les reconnaissez vous ?

La dépêche ouvre ses colonnes à vos souvenirs de militant, faites nous parvenir vos photos légendées

Pour nous écrire

 

Troyes, ville propre

Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de faire visiter Troyes à des amis Australiens de passage. Troyes ma ville, une ville que j'aime, qui a du charme, et dont je croyais pouvoir venter les mérites à ces visiteurs venus de si loin. Je voulais leur faire découvrir un centre ville, témoin des siècles passés et de notre histoire. Je voulais leur faire oublier un moment leur pays neuf pour les attacher à une histoire et à une culture dont nous ne cessons de nous venter et qui les attire. Et tout à coup, j'ai eu honte! Honte de promener ces gens venus du bout du monde dans des rues pleines de crottes de chiens, de les faire slalomer entre des papiers sales et des canettes vides. Ma ville est crasseuse et je me sens sale avec elle! A quoi servent nos impôts? Pas à nettoyer la ville! Où alors, pas partout. Il doit y avoir des quartiers oubliés, pas assez bien fréquentés. A Troyes, on trie! Certes les premiers responsables de cette crasse envahissante, sont les propriétaires de chiens, fumeurs et autres buveurs de canettes qui prennent les espaces publics pour une décharge. Mais quand même, Monsieur le maire qui se veut si près des habitants de sa ville, à leur écoute, devrait, lorsqu'il se rend aux réunions de la CAT, prendre la peine de s'y rendre à pieds, descendre la rue Jeanne d'Arc. En salissant ses belles chaussures, il mesurerait alors l'état de saleté dans lequel il laisse se vautrer la ville qu'il dirige. Peut-être pourrait-il alors prendre conseil auprès d'un illustre promoteur de motocrottes! Et je demande encore à quoi servent nos impôts, à qui? Pas à entretenir les salles mises à la disposition des associations. J'ai eu l'occasion de travailler dans l'une d'elle, à part les crottes de chiens, elle était à l'image de la ville! Sale! Tellement sale, avec ses lavabos bouchés depuis... les dernières élections peut-être! Et pourtant la ville, c'est à dire chers Troyennes et Troyens, vous et moi, paye sans doute quelque société de nettoyage pour s'acquitter de ce travail. Si nous cherchons notre argent, voici peut-être une piste... Sans doute est-ce l'hiver et sa grisaille qui soulignent cette impression de saleté qui recouvre la ville, accentuée par les odeurs fétides provenant des égouts et qui agacent les promeneurs et les pressent de rentrer à la maison se laver un peu. Sans doute... Oserai-je ajouter qu'il semble paradoxal d'admettre autant de saleté, alors que le département tente de redorer le blason de son économie en misant à grand frais sur le tourisme, ( Personne ne peut oublier les subventions généreuses attribuées à l'hôtellerie de luxe par un Conseil Général qui refuse toujours son aide aux collèges de ZEP). Et que sur les affiches des luxueuses Nuits de Champagne, ces crottes font taches. Il faudrait bien faire le ménage en ville! Et pourquoi pas un grand ménage de printemps! Mars s'y prêtera, mais en attendant, mieux vaut ne pas marcher en regardant le ciel, ou alors croire très fort que ça porte bonheur.

Françoise Desimpel

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