La dépêche de l'Aube n°588 du Jeudi 27 décembre 2000

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Voeux

Une autre logique pour ce siècle nouveau

Chaque jour qui passe montre à quel point la logique capitaliste actuelle aggrave toutes les inégalités en termes de richesses, de savoirs, de pouvoirs. Elle conduit à des tragédies sociales et humaines, compromet le devenir de la nature et de l’humanité elle-même. Que l’on recherche aujourd’hui les causes des insécurités alimentaires, des insécurités maritimes, des insécurités environnementales, des insécurités sociales, sanitaires et de l’insécurité de l’emploi, on trouve toujours une même cause: la recherche du profit, de la rentabilité financière maximale. Dans cette logique, le travail, la santé, la protection sociale, le service public, la culture, la mer, la terre, l’eau, ne sont que marchandises dont il faut retirer de l’argent, toujours plus d’argent. Peu importe la vie humaine, peu importe la nature, l’avenir même de la planète. Pour afficher des profits records, les sociétés pétrolières et chimiques font circuler sur les mers des rafiots pourris, avec des équipages sous-payés, sous-formés, multipliant les risques de pollution. La conférence sur le climat annonce un réchauffement de la terre aux graves conséquences prévisibles. Qu’à cela ne tienne: les pays riches pourront acheter des droits à polluer ! On aura tout vu. Même l’environnement est pour eux une marchandise ! Pour abaisser sans cesse le coût de l’alimentation humaine, pour ne pas avoir à augmenter les salaires, on a développé une agriculture et un complexe agro-industriel productiviste qui conduisent à la désertification de territoires entiers, à des pollutions, alors que le doute grandit sur la sécurité alimentaire. Pour des raisons de rentabilité, des trusts pharmaceutiques refusent aujourd’hui de produire certains médicaments ou d’en mettre à la disposition de l’Afrique qui se meurt du Sida. Pour tenir leur place au hit-parade des CAC 40 et pour la sécurité de leurs actionnaires, des multinationales n’hésitent pas a jeter des milliers de salariés dans l’insécurité totale du lendemain, dans le trou noir du chômage. On en parle dans les beaux salons des conseils d’administration des multinationales comme d’une ‘variable d’ajustement ‘ du coût du travail. Et le navrant spectacle que vient d’offrir les élections aux Etats-Unis ne conduit pas forcément les gens à considérer que le temple du capitalisme est le phare de la démocratie planétaire. La réalité de ce monde dominé par le capitalisme, ce sont certes des avancées importantes et des potentialités extraordinaires. Cela rend encore plus insupportables les plaies béantes de la fracture sociale mondiale, les reculs démocratiques, les droits humains bafoués particulièrement ceux des femmes et des enfants, les désastres écologiques. Il n’y a donc rien de fatal à ce que les hommes vivent ainsi à l’Aube du troisième millénaire. Et la question posée aux communistes d’aujourd’hui, leur raison d’être, est justement de rassembler les hommes et les femmes pour leur permettre d’imposer comme priorité nouvelle, celle du développement humain, de la justice sociale, celle du bonheur tout simplement. C’est pour cela que nous ne voulons pas amménager le capitalisme ou même s’en accomoder comme d’autre parti politique, mais le dépasser pour s’en libérer. La force, l’originalité de notre projet vise à conjuguer l’économie, le social et l’écologie. C’est a cela que s’attèle a promouvoir au quotidien avec les moyens qui sont les leurs nos élus locaux et nationaux mais aussi nos militantes et militants. C’est un beau challenge qui demain peu rassembler la majorité de notre peuple, c’est mon voeu le plus sincère.

Jean Pierre Cornevin responsable départemental du PCF

Voeux

Une société humaine solidaire, plus juste et plus responsable

Au moment où nous entrons dans le troisième millénaire, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs voeux. Mes voeux, d’abord, de santé, de prospérité et de réussite à vous, fidèles lecteurs de La Dépêche de l’Aube, votre famille et vos proches. Mes voeux, ensuite, d’espoir que ce 21ème siècle naissant ouvre la perspective, par une citoyenneté plus riche et une démocratie mieux partagée, à un meilleur épanouissement de toutes et de tous. Mes voeux, enfin, que personne ne reste sur le bord du chemin et que les inégalités de toutes origines, source de repli, d’isolement et de détresse humaine, finissent par s’estomper au profit des valeurs de partage, de mise en commun des savoirs et des expériences dans une société solidaire, plus juste et plus responsable. Toutes ces valeurs, qui fondent mon engagement communiste, méritent d’être portées avec volontarisme et défendues avec opiniâtreté. Et ce n’est que par leur mise en pratique, à tous les échelons et en toutes circonstances, qu’ensemble nous tisserons des rapports nouveaux entre les femmes et les hommes basés sur l’écoute mutuelle, le respect des différences, le partage équitable et l’égalité en droits, et qu’ensemble nous construirons une société de justice et de progrès.

Joë Triché Conseiller général,conseiller municipal

1% logement

Le scandale CIAC se renouvelle à PLURIAL»(1)

En 1994, l’ANPEEC (Agence de contrôle du 1% logement) avait opéré un contrôle sur le CIAC (maison-maire de Mon Logis): de très nombreuses malversations avaient été dévoilées. Les plaintes déposées étaient restées lettre morte. Et voilà que l’histoire se renouvelle: on croit rêver. En effet, il s’avère qu’en février dernier, l’ANPEEC adressait au président Levielle de «PLURIAL» (qui n’est autre que le président de Mon Logis) une lettre recommandée, dont copie adressée à l’administration, dans laquelle il dénonçait des irrégularités graves, découvertes à l’occasion d’un contrôle. Clauses des statuts de «PLURIAL» illégales, versement illicite de 1,4 milliards de centimes à la filiale HLM de la Marne «LE TOIT CHAMPENOIS», deux agences immobilières achetées très cher [à qui ?] travaillant au sein de «PLURIAL» dans l’illégalité, membre du comité de direction de «PLURIAL» indûment «salarié» de ladite agence immobilière, etc. Devant ces faits accablants, le président de l’ANPEEC, souhaitant visiblement que l’affaire n’en reste pas là, avait exigé, comme le prévoit la loi, que les administrateurs de «PLURIAL» soit informés en particulier les organisations syndicales sensées gérer paritairement avec le patronat cet important organisme social. C’était mal connaître les méthodes du représentant du Médef. Le Médef tire les ficelles du logement social Car à l’occasion d’un conseil d’administration houleux, en juin 2000, l’un des membres du comité de direction de «PLURIAL» (M. Cochard, directeur de Mon Logis) lâchait dans la discussion qu’une lettre de l’ANPEEC avait été reçue. Aussitôt, les administrateurs des syndicats demandaient à en connaître la teneur (d’après les statuts, ils doivent avoir connaissance des rapports de contrôle). Circulez, il n’y a rien à voir, leur fit comprendre m. Levielle. Devant le tollé général, et après la demande d’une nouvelle réunion pour en débattre, M. Levielle leur dit qu’il devait «prendre ses instructions au Médef...». C’est bien la preuve que le Médef tire les ficelles du logement social. On sait que les méthodes de gestion sont loin d’être irréprochables. Il cherche par tous les moyens, y compris en bafouant ouvertement les droits des autres composantes des conseils d’administration, de cacher ses turpitudes. Avec la bienveillance des autorités Jusqu’à quand, ceux pour qui le logement social est fait vont-ils devoir supporter cette dictature patronale ? Jusqu’à quand les pouvoirs publics resteront-ils apathiques devant cet amoncellement, depuis des années, de magouilles prouvées par des rapports de contrôles officiels ? C’est inadmissible. La loi, par l’art. 40 du Code de Procédure pénale, oblige «toute autorité constituée», «tout fonctionnaire» qui, dans l’exercice de ses fonctions, a connaissance de faits délictueux, d’en avertir «sans délai» le procureur de la République. Pourquoi, dans le cas de Mon Logis, le préfet de l’Aube (tout comme le représentant du Conseil général dans cette société), destinataires du rapport de la Milos d’il y a un an qui établissait la réalité d’infractions caractérisées dans la passation de marchés publics sont-ils restés figés sans rien faire ? Pourquoi à «PLURIAL», dont le siège social est, en théorie, à Châlons-en-Champagne, a-t-on voulu cacher les rapports de contrôle de l’ANPEEC au Conseil d’administration alors que ceux-ci étaient connus depuis plusieurs mois du préfet de la Marne et du Directeur de l’équipement ? Le Médef avait-il l’assurance, là aussi, de la bienveillance des autorités ?

[1] «PLURIAL» est le regroupement des collecteurs du 1% patronal en Champagne-Ardenne. Cette cotisation des entreprises est faite pour pour favoriser le logement des salariés et exclusivement pour cela. «PLURIAL» est, en théorie, géré de façon paritaire entre syndicats de salariés et organisations patronales, or, on s’aperçoit qu’en fait de paritaire, c’est surtout une gestion autoritaire du patronat qui s’applique. Les sociétés d’HLM régionales, Mon Logis, le Toit Champenois, l’Effort Rémois, sont sous la coupe de «PLURIAL», ainsi dirigé, et par voie de conséquence, sous celle du patronat.

Démission de Philippe Levielle

Dans un article publié le 14 décembre dernier, Libération-Champagne annonçait la démission de Philippe Levielle, président de «Plurial» et de la SA Mon Logis, démission adressée aux administrateurs le 11 décembre. D’après Libération-Champagne, «il semblerait que le fonctionnement de «PLURIAL» laisse à désirer et qu’il y a urgence à remettre les choses en ordre». Les dysfonctionnements relevés par l’ANPEEC et le manque d’information et de transparence à l’égard des administrateurs du collège salarié, ont d’ailleurs conduit ces derniers à s’adresser, en septembre dernier, au président de l’Unité économique et sociale du logement (UESL)

 

HUMEURS

Kébab

Le kébab est un plat oriental fait de brochettes de mouton ou de boeuf. Et c'est un plat que déteste Bruno Subtil, animateur des farces et attrapes à la mairie de Troyes dont il est un conseiller qu'on écoute quand il nous vient une grosse envie de rire. Lui ne rit jamais, il ricane. Le Conseiller Municipal ordinaire rit, Subtil est un Conseiller dont on rit. Il est vrai que si le rire est le propre de l'homme le rictus est celui du F.N . L' humour a plusieurs degrés à ce qu'on dit, le sien c'est un couteau sans lame dont le manche est perdu, le degré zéro de l'humour. Même son racisme ordinaire est des plus ordinaires. Je crois qu'il y croit. Mais on ne sait pas s'il est naïf ou insensé. Je le verrais bien lancer une poignée de cacahuètes à des enfants noirs en toute méconnaissance de cause, croyant avoir affaire à des babouins. Il parle facilement de nettoyage quand l'étranger, l'étrange, le pas conforme est sur sa route. C'est un homme au couteau entre les hémisphères cérébraux. Il a donc fait un nouvel éclat jeudi soir au Conseil Municipal en ne votant pas le minuscule dossier de l'animation commerciale sous prétexte qu'un commerçant vendait des kébabs dans un chalet devant la mairie. Il faut croire que cela faisait injure à la célébration de Noël. Pourtant Jésus adorait ce plat oriental(1). Moins le blanc est intelligent, disait André Gide, plus le noir lui paraît bête. Subtil est bien un nom d'emprunt. Enfin, je vous souhaite de bonnes fêtes et d'aller goûter le kébab avant d'entrer dans le troisième millénaire.

(1) Confidence d'un curé de mes amis. Jean Lefèvre

 

Jeunes

Les députés ont adopté une proposition des communistes

Une commission nationale doit, d'ici un an, faire le point des dispositifs existants au profit des 16-25 ans, définir les modalités d'une allocation d'autonomie et proposer une mise en œuvre expérimentale. Le but est bien la mise en place effective de cette allocation autonomie. Le passage à la vie adulte est par nature difficile. Il s'agit d'un moment de fragilité qui peut comporter de gros risques pour certaines catégories de jeunes, lesquels disent que l'autonomie financière n'est pas une réponse en soi. Ils y associent la reconnaissance d'un droit au logement, à la santé, à la culture et celui de faire des choix pour leur avenir. Nombre de jeunes, rencontrés par les députés et militants communistes, tout comme les nombreuses organisations de jeunesse, réunies dans le collectif national pour l'autonomie, ne réclament pas un RMI-jeunes qui les enfermerait dans une précarité durable, mais se réfèrent à un appétit de responsabilisation tourné vers l'avenir. Le communiste rapporteur, Patrick Malavieille, s'appuyant sur le rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, souligne la situation de grande précarité que connaissent en France des centaines de milliers de jeunes, certains en fin d'études mais sans qualification, mais beaucoup en emplois précaires ou étudiants sans guère de moyens. D'où la nécessité de créer sans délai cette allocation d'autonomie. Le travail préparatoire révèle une profusion de dispositifs, certains relativement efficaces (emplois jeunes, programme Trace, apprentissage, plan social étudiant), mais le plus souvent parcellaires et déficients en regard de l'objectif d'autonomie. La ministre déléguée à la famille, Ségolène Royale, a confirmé que la situation des jeunes adultes sera au cœur de la conférence de la famille 2001. Marie George Buffet, la ministre de la Jeunesse et des Sports, a rappelé que le besoin de cette allocation d'autonomie s'était affirmé avec force dès les rencontres de la jeunesse tenues en 1997, en présence du Premier ministre, et que le Conseil national de la jeunesse y était revenu lors de sa rencontre avec le gouvernement en mai dernier. Elle a montré que "cette revendication ne traduit en rien un rejet de la famille qui, pour les jeunes, demeure le premier modèle". Et d'insister: "La nouvelle commission devra déboucher au plus vite sur des mesures concrètes"

Romilly

LEP Diderot Enseignants, ATOSS, élèves et parents pour défendre la formation

Près de 100% de grévistes ; plus de deux cents manifestants dans les rues de Romilly réunissant professeurs, personnels non-enseignants, élèves et parents. Mardi 19 décembre aura été le moment fort de la protestation contre des décisions visant à réduire considérablement les possibilités de formation des jeunes du bassin de Romilly-Nogent. Si ces décisions étaient mises en oeuvre, sans que de nouvelles sections de formation soient créées au LEP Diderot, l’avenir de cet établissement serait, sans aucun doute, menacé ; et de cela, il est hors de question. C’est ce qu’ont voulu exprimer les grévistes et les manifestants qui se sont rendus à la mairie pour y être reçus. Parmi eux, on pouvait reconnaître Joë Triché, conseiller général communiste, et seul élu à avoir répondu à l’invitation des organisateurs de cette journée d’action. Au cours de l’entretien qui s’est déroulé entre une délégation à laquelle il participait et le maire de Romilly, Joë Triché proposa à Michel Cartelet l’adoption d’une délibération du Conseil municipal condamnant ces projets inacceptables, concoctés sans aucune concertation avec les intéressés ; ce qui fut fait au Conseil municipal du 21 décembre. Nous publions (voir encadré) la déclaration du personnel du LEP Diderot adressée au ministre de l’Education Nationale, au ministre-délégué à l’enseignement professionnel, au recteur de l’Académie de Reims et au Président du Conseil régional .

 

Examen de conscience

Ce qui va suivre risque de ne pas être au goût de tous, mais il est sain parfois de parler autrement quitte à agacer un peu. Les réflexions qui suivent m’ont été suggérées par le débat qui a fait suite au spectacle du 7 Décembre et qui posait la question de la responsabilité des pratiques antiféministes qui malgré de réels progrès ont encore la vie dure. Lorsque l’on veut trouver des responsables à tous les maux qui mettent nos vies et celles des générations futures en péril, la crise de la vache folle, les naufrages qui tuent la mer, le réchauffement de la planète, tout nous incite à montrer du doigt l’économie de marché. Et c’est vrai, le capitalisme peut rendre fou et plus encore les hommes que les vaches. Car derrière ces mots si commodes à lancer pour tout expliquer, n’y a-t-il pas des Hommes ? Des patrons certes, des financiers certes, mais aussi vous et moi, et il me semble que c’est se justifier à bon compte que de déclarer péremptoire : « c’est l’économie» qui est cause des souffrances humaines. Mais alors dans nos familles, nos quartiers, nos écoles, nos ateliers, il n’ y de souffrance qu’économique, le mépris est le seul fait des puissants, et à son niveau chacun d’entre nous est un modèle de bonté, de tolérance et de fraternité! Excusez moi! Mais je n’y crois pas . Ce que j’ai vécu depuis mon enfance m’a, jour après jour, convaincue du contraire, et je regrette que chacun libère si vite sa conscience en montrant du doigt l’économie capitaliste et elle seule. Loin de moi l’idée de lui donner l’absolution ! Elle se nourrit de principes abjectes, elle fait son beurre de la misère, mais elle grandit sur nos faiblesses et nos compromissions. Et c’est trop facile de l’oublier ! Si nous voulons un monde plus juste, sans misère, ne faut-il pas commencer par modifier nos comportements quotidiens avec nos proches, nos voisins, nos collègues ? Pourquoi dire ,les Hommes sont égaux et prendre pour soi la première place ! Pourquoi hausser le ton, accuser, juger le meilleur, le plus militant, le plus actif, le plus courageux ? Et bien sûr penser être celui-là! Il faut changer la société, oui ! Mais pour cela il faut changer les Hommes qui la compose, nous donc!

Françoise Desimpel

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