La dépêche de l'Aube n°587 du Jeudi 21 décembre 2000

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Industrie du pneumatique

Création d’un comité national

C’est par milliers que l’industrie du pneumatique et du caoutchouc supprime des emplois. Pour les salariés, cette situation est inacceptable. La responsabilité des groupes qui réalisent des profits florissants est en cause. A La Chapelle-St-Luc, dans les usines Kléber et Michelin il y a eu jusqu’à 2.800 emplois. A coup de plan sociaux et de délocalisations, on a sacrifié plus de la moitié de ces emplois. Aujourd’hui, les salariés qui travaillent encore sur ces deux sites se sentent menacés. Michelin comme les autres patrons de ces grands groupes n’ont d’yeux que pour les profits et de loi que celle des marchés, peu importe si cela engendre des gâchis humains, technologiques et économiques. Les communistes salariés et élus de ces entreprises, des départements de l’Allier, du Puy de Dôme, de la Loire, du Loiret, du Maine-et-Loire et de l’Aube se sont rencontrés, fin novembre, pour échanger leurs points de vue, confronter leurs informations sur la situation de l’industrie du pneumatique et du caoutchouc qui emploie encore 70.000 salariés en France 40.000 dans le pneumatique. Ils ont pris l’initiative de créer un comité national de réflexion et d’action sur l’industrie du pneumatique et du caoutchouc, ayant pour objectif de rassembler les connaissances, afin de mieux cerner les stratégies des groupes concernés et en dégager des axes de propositions alternatives, d’articuler le contenu d’une politique industrielle en réponse aux besoins de la société avec celui de l’emploi, de la formation et des financements. L’urgence est à un réexamen de ces dossiers. Dans un premier temps, le gouvernement, le parlement doivent exercer leur droit de regard sur l’évolution de ce secteur qui, comme d’autres, a bénéficié, sous différentes formes, de fonds publics. C’est d’ailleurs dans cet esprit qui Pierre Golberg, député de l’Allier, avec l’avis favorable d’André Lajoinie, Président de la commission de la production et des échanges, a saisi le Président de l’Assemblée nationale pour la mise en place d’un groupe d’étude. Les communistes font appel à tous les salariés, (ouvriers, ingénieurs, employés, cadres), aux syndicalistes, aux chercheurs, aux élus, aux utilisateurs pour qu’ils participent à ce comité national de réflexion et d’action afin qu’ils mettent en commun leurs connaissances, suggestions et propositions.

Jean Pierre Cornevin

La sécurité mise en cause ? Après les problèmes de sécurité imputés aux pneumatiques Firestone (6,5 millions de pneus rappelés en aout 2000), c’est Goodyear qui est au coeur de l’actualité avec 27 millions de pneumatiques mis en cause et l’ouverture d’une enquête par les autorités fédérales américaines. Quand on connaît l’importance de la qualité des pneumatiques pour la sécurité des véhicules, comment ne pas s’interroger sur les incompatibilités entre la course effrénée à la rentabilité financière de ces groupes, leur stratégie de réduction des coûts salariaux et la nécessité de répondre aux besoins en matière de sécurité.
 

Romilly-sur-Seine

Leclerc sur l’ancienne base

Beaucoup de questions se posent qui nécessitent plus d’engagements concrets. La population doit être consultée. L’annonce du projet «Leclerc» sur l’ancienne base aérienne «qui serait réalisé d’ici trois ans» n’a pas vraiment surpris la population. Mais d’ores et déjà, il suscite beaucoup de questions bien légitimes. l Pourquoi ce qui ne semble pas être possible pour Intermarché le serait-il demain pour Leclerc ? l Quelle sera l’attitude de ceux qui avaient pris position contre le projet Intermarché: le maire de Nogent s/Seine, la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Chambre des Métiers, au prétexte justifié que l’ancienne base aérienne devienne un pôle de développement industriel et artisanal pour y favoriser la création d’emplois ? l A terme, l’attractivité de la zone commerciale des Marais, et donc son avenir, ne sont-ils pas menacés avec la réduction de 1.000 m2 de la surface alimentaire de cette zone ? l Le consommateur ne va-t-il pas être directement attiré par le complexe de la base aérienne au détriment de la zone des Marais ? l Les problèmes d’environnement, de sécurité routière, de tranquillité pour les riverains de la rue Gornet-Boivin sont-ils pris en compte dans le cadre de la création d’une plate-forme logistique générant un afflux important de poids lourds ? Les conséquences pour le commerce du centre ville ont-elles été appréhendées ? Dans l’état actuel du projet, l’intérêt particulier n’est-il pas plus fort que l’intérêt général ? La maîtrise et l’aménagement de cette zone doit-elle être confiée à un privé ou rester publique ? La population doit avoir son mot à dire Etant donné l’importance de ce projet, de ses enjeux -il concerne l’aménagement d’une zone d’activités de plus de 16 Ha, la population doit avoir son mot à dire ; elle doit être consultée. En effet, si toutes les garanties sont obtenues et si la population est d’accord, il n’y a pas de raisons pour que ce projet ne se réalise pas. Des engagements plus concrets et plus précis sont à obtenir au niveau de l’emploi, de l’artisanat et des autres activités susceptibles d’intégrer cette zone. Une opération séduction Jean-Pierre Merle, qui nous est présenté par la presse locale comme le sauveur de Romilly, tente de séduire la population et les décideurs afin de franchir les différents obstacles qui se présenteront. «Il n’y a aucun obstacle que je ne puisse franchir» (Presse locale du 09/12). Trois arguments sont avancés: l’emploi, la venue d’artisans sur le site, la fin du monopole Leclerc avec la venue d’une concurrence. Sur l’emploi: la presse est elle-même bien prudente puisque, dans ses articles sur cette question, elle ne parle qu’au conditionnel: «un projet d’entreprise susceptible de créer 250 emplois à terme» (art. du 09/12). D’ailleurs, le seul engagement précis est du Pdg des Leclerc indiquant que ses effectifs passeront de 212 salariés à 215 ! Pour le reste, ce ne sont que des hypothèses annoncées par ceux qui ne créeront pas ces emplois. Sur l’artisanat: est-ce de la création ou du déplacement d’un site à un autre ? On se souvient encore de ce panneau dressé sur l’ancienne usine Damas, rachetée par J.P. Merle, indiquant: «ici, bientôt une zone artisanale» ; depuis rien n’a été réalisé ! Sur la fin du monopole: c’est plutôt sa poursuite et son renforcement que sa fin, car c’est le Pdg des Leclerc en personne qui fixe ses conditions pour la venue de son «concurrent» en lui réduisant la surface alimentaire du centre des Marais de 1.000 m2. Dans ces conditions, on imagine mal une enseigne commerciale de 2.500 m2 concurrencer un magasin de 7.600 m2. Le site de l’ancienne base aérienne devrait être réservé pour l’accueil d’activités industrielles et artisanales. Entre la ligne SNCF Paris-Bâle qui sera, dans les années à venir, électrifiée et la RN 19, le site de la base est un emplacement idéal pour l’accueil d’activités industrielles et artisanales nouvelles. C’est pour cette raison que j’ai entrepris des démarches auprès du Conseil général et du Maire de Romilly pour qu’un dialogue s’engage afin de créer une zone d’activités économiques totalement prise en charge par l’assemblée départementale. Cela permettant le développement de l’emploi industriel avec une maîtrise assurée par une collectivité publique, alors que dans le projet annoncé tout est confié à un promoteur privé. Il est regrettable que le Conseil municipal et son maire n’ait pas cru bon de reprendre cette proposition plus porteuse d’avenir pour notre ville et sa population.

Joë Triché Conseiller général,conseiller municipal

 

Le gouvernement doit respecter les engagements pris

Le gouvernement accorde une prime de Noël, reconduction de la prime attribuée l'an dernier. Le RMI, l'ASS et l'allocation d'insertion sont relevés de 2,2% au 1er janvier. Il s'agit de 1000 francs pour les bénéficiaires de l'allocation spécifique de solidarité (ASS). Pour les allocataires du RMI vivant seuls, 1000 francs seront également versés, 1500 francs s'ils sont deux et 1800 francs s'ils sont trois. Si une prime de fin d'année est appréciable pour celles et ceux qui vont en bénéficier, les mesures que vient d'annoncer la ministre Elisabeth Guigou ne correspondent pas aux engagements pris par les cinq partis de la gauche plurielle le 7 Novembre dernier. La déclaration commune qui se prononce aussi pour une augmentation du SMIC est très claire: "les minima sociaux doivent être augmentés dès la fin de l'année 2000 pour dépasser progressivement le niveau du seuil de pauvreté." Dépasser le seuil de pauvreté (3800 francs) signifie augmenter d'environ 50% le RMI, l'ASS et l'allocation d'insertion, et de 20% les autres minima (notamment le minimum vieillesse). C'est cet engagement qui a été pris. Un engagement à l'échéance de la fin de la législature, en 2002. Or, le gouvernement se limite à une augmentation de 2,2% du RMI, de l'ASS et de l'allocation d'insertion. Si appréciable que soit une prime, ce n'est pas une augmentation des minima: dès le mois de janvier, ce sera le retour à des revenus de misère. Les communistes exigent fermement une mesure d'augmentation des minima constituant un pas réel dans ce sens. Ils proposent d'amplifier la mobilisation pour une augmentation immédiate de 500 francs ainsi que pour une augmentation du SMIC dès le début 2001 et font signer une pétition nationale dans ce sens. Cette exigence ne saurait être opposée aux mesures à prendre pour l'emploi.

 

HUMEURS

Les élèves des écoles primaires de Troyes sont gâtés. Ils reçoivent de la mairie des livres sous belle jaquette qui ont pour but leur éducation civique ou historique. L'an dernier, c'était une bande dessinée d'Uderzo. On y avait relevé des relents de racisme "scientifique" genre Gobineau ou Alexis Carrel (1). Cette année, c'est une banale histoire de rats et de chats, un conte, écrit par Virgil Tanase, offert aux enfants pour les inciter à dessiner des chats. Ca s'appelle, bien entendu, "La ruelle aux chats" et le prétexte invoqué est la réhabilitation de cette rue qui en a effectivement bien besoin. Toutes nos rues en ont besoin, mais celle-là est restée particulièrement moyenâgeuse. Donc, ce conte apprend aux élèves que les rats sont gentils en petit nombre mais : "un rat ça va, trois, bonjour les dégâts". Simple plaisanterie, me direz-vous, sauf que , un peu plus loin, on lit: "les rats sont déjà partis et nous (les chats venus d'orient) aurons le sort de ces ouvriers immigrés auxquels on demande un coup de main, et puis on ne sait plus comment s'en débarrasser" Malicette. Dernièrement la police municipale a contrôlé des jeunes qui sortaient de la mairie. Ces jeunes, issus de l'immigration, venaient de s'inscrire sur les listes électorales. La police, toujours pleine de malice, tentait de participer, avec ses petits moyens, à l’oeuvre d'assainissement nécessaire, évoqué par Tanase.

Malicette

(1) Le racisme dit scientifique de ces 2 auteurs consiste à affirmer l'existence des races. Uderzo indique page 43 que l'homo sapiens est divisé en 4 grandes familles: blanche, noire, jaune et Saustraloïde (on disait rouge du temps de Pétain où la science génétique faisait rage dans les fours crématoires).

Romilly-sur-Seine

Immigration et citoyenneté en débat

Les résidents originaires de la CEE pourront voter aux prochaines municipales. Il n’en ira pas de même pour les autres immigrés, notamment issus du Maghreb, qui malheureusement restent encore privés d’un droit fondamental. Les commmunistes romillons ont souhaité apporter leur pierre à l’initiative nationale organisée par leur parti. En effet, un «Tour de France» se déroule actuellement pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Pour l’occasion, Nasser Ramdane, membre du Conseil national du PCF et vice-président de SOS-Racisme, avait fait le déplacement à Romilly pour participer à une après-midi d’actions et de sensibilisation sur les questions de la citoyenneté et du droit de vote pour les résidants non-communautaires. En début d’après-midi, Rolande Barthélemy, conseillère municipale, Joë Triché, conseiller général et tête de liste de la gauche plurielle à la prochaine municipale, et Alain Keslick, secrétaire de la section du PCF de Romilly, sont donc allés à la rencontre des jeunes pour débattre de cette importante question, avant de tenir, rejoints par Anna Zajac, militante anti-raciste et membre du Conseil national du PCF, et Angélique Pochinot, emploi-jeune, une conférence de presse. En soirée, un débat était organisé, dont la discussion montra bien les attentes des jeunes maghrébins, de responsables d’associations sur les questions de la citoyenneté dont ils se sentent, pour le moment, exclus. Une proposition de loi constitutionnelle Lorsque les communistes parlent de démocratie locale, ils entendent bien que ce concept soit véritablement partagé avec l’ensemble des citoyens. Or, force est de constater que des millions de personnes qui participent activement à la vie locale, associative, culturelle de leur lieu de résidence ne peuvent choisir la représentation qui aura à prendre des décisions importantes pour leur vie quotidienne. Est-il utile de rappeler que ces contribuables n’ont pas leur mot à dire quant à l’utilisation qui est faite de leurs impôts. Cette injustice, les communistes ne l’acceptent pas. De longue date, ils oeuvrent sans relâche et à tous les niveaux pour demander l’octroi du droit de vote et d’éligibilité aux résidants non-communautaires, comme cela existe en Irlande, en Suède, au Danemark, aux Pays-Bas, en Espagne et au Portugal -sous réserve de réciprocité-. La Belgique, l’Allemagne et l’Italie ont ouvert le débat sur cette question, alors que la France, est en queue du peloton européen avec la Grèce et l’Autriche ! En 1999, Michel Beaumale, maire de Stains (93) s’était adressé par courrier aux maires de France ; les députés communistes ont déposé une proposition de loi constitutionnelle, adoptée en première lecture au Sénat. L’opinion publique, majoritairement, se prononce en faveur d’une telle mesure et les communistes agissent pour que, très rapidement, elle passe dans les faits, constituant ainsi une réelle avancée démocratique

 

Recensement de la population 1999

La proportion d'immigrés est stable depuis 25 ans

En mars 1999, 4 310 000 immigrés résidaient en France métropolitaine, soit 7,4 % de la population, proportion constante depuis 1975. Les immigrés de nationalité française sont 1,56 million. Leur nombre a augmenté de 250 000 (+19 %) depuis 1990. En revanche, celui des immigrés étrangers a baissé de 105 000 (-4 %) et atteint 2,75 millions. Les pays d'origine des immigrés sont de plus en plus lointains. En 1999, les immigrés originaires d'un pays de l'Union européenne à 15 sont 1,6 million, soit 9,3 % de moins qu'un 1990. Au contraire, le nombre d'immigrés originaires d'un autre pays de l'Union européenne est en augmentation : 300 000 immigrés sont natifs d'un pays d'Europe hors UE. La part des immigrés venus de l'ensemble de l'Europe est en constante baisse (57 % en 1975, 49 % en 1990, 45% en 1999). Les immigrés natifs du Maghreb sont 1,3 millions soit 6 % de plus qu'en 1990. Cette augmentation est due pour trois quarts aux originaires du Maroc. Les personnes venant du reste du monde augmentent en nombre et en proportion au sein de la population immigrée. En 1999, elles sont 1,1 million ; elles n'étaient que 850 000 en 1990. Leur part, qui était de 15 % en 1982 est passée à 20 % en 1990 et à 25 % en 1999. Elles sont nées en Turquie (16 %) dans d'autres pays d'Asie (35 %) et d'Afrique subsaharienne (37 %). Le nombre des immigrés natifs d'un pays d'Afrique subsaharienne est de 400 000.

 

Téléthon piège à ..........

Le week-end dernier, la télévision s'est mise en quatre pour nous tirer des larmes et des sous, beaucoup de sous, plus que jamais... Et les pauvres se font plus pauvres encore pour venir au secours de ces enfants qui hantent leurs consciences après les plateaux de télévision ! Mais enfin, nous payons des impôts, pourquoi faut-il que la santé publique soit réduite à demander la charité ! Je trouve ignoble ce procéder qui consiste à donner mauvaise conscience aux plus humbles d'entre nous pour peu qu'ils marchent, alors que nos ministres se réjouissent de notre générosité. C'est toujours ça de pris et en plus ils sont contents qu'on leur aie fait les poches !