FORMATION A LA HAINE
Un jeune cadre qui participait récemment à un stage de formation organisé par sa direction y a appris que les délégués CGT recevaient de leur syndicat une prime calculée en fonction des jours des grêve qu’ils arrivaient à déclencher dans l’entreprise. Il m’a demandé ce que je pensais de cette affirmation qu’il avait trouvée surprenante.
Comment opposer un simple non à une propagande aussi grossière ? Une parole contre une autre... la vérité entre les deux... Comment démasquer le mépris ? Mépris des salariés, dupes écervelés des méchants syndicalistes ; mépris du cadre qui doit croire à la vérité révélée par le patron, sans l’ombre d’une argumentation (il est vrai que l’or de Moscou est maintenant invraisemblable) ; mépris de l’action syndicale qui doit apparaitre déconnectée des difficultés vécues.
L’aspect évident, c’est l’hommage du vice à la vertu. Le patronat désigne la cible privilégiée. Courage Régine, tu es sur la bonne voie.
Guy Cure
LES RACINES DU MAL
Dernièrement à une brocante, en quête de livres anciens, je découvris un volume qui, bien que d’impression récente, traitait du règne de l’empereur Justinien( [1]). Un pavé ! 920 pages, un bon kilo et demi pour 2 petits euros ; j’ai craqué.
Je savais que ledit empereur sentait le souffre, notamment du fait de son épouse Théodora qui, à en croire Procope (historien du VIe siècle), était issue du "porneion*". Ce dernier, prolixe sur les polissonneries d’icelle, je m’attendais ingénument à un de ces ouvrages dont Mme Roland( [2]) disait sans ambages qu’ils se lisent d’une seule main.
Point d’anecdote salace, hélas, mais une passionnante érudition historique. Ainsi, j’appris qu’aux Ve et VIe siècles Constantinople avait connu des "troubles urbains" que l’auteur caractérise comme suit, sic : "Ils expriment de manière confuse, un malaise d’origine sociale qui peut être lié [...] à l’accroissement de la pauvreté. Les émeutes [...] sont l’expression confuse et violente de la colère ou du mal-être des classes populaires face aux nantis [...] en un temps où les écarts sociaux sont très prononcés."
J’en suis resté baba ! Dans cet océan de fulminations contre les "incivilités" et "l’insécurité", dans cette surenchère qualificative du "sauvageon" à la "racaille", existent donc des gens sérieux, savants, et pas communistes !, pour identifier les racines du mal. Ce sont les mêmes naguère qu’aujourd’hui. Et, itou, plutôt qu’une politique de prévention, on colle les miquettes aux "braves gens" pour leur faire avaler les couleuvres de la répression et du flicage.
15 siècles plus tard, Vuillemin a ouvert le quadrille à Romilly avec sa police municipale et sa vidéo-surveillance. Hormis, le fait que ça va coûter bonbon aux romillons, hormis le fait que la sécurité des biens et des personnes est une mission régalienne de l’état, en oubliant même que c’est Sarkozy ministre de l’intérieur qui a mis fin à la police de proximité et tout fait pour torpiller les contrats locaux de sécurité (CLS), peut-on honnêtement penser que les problèmes seront ainsi réglés ? Marx disait que l’histoire se répète deux fois : la première sous forme de tragédie, la seconde comme une farce. à Romilly, nous sommes dans la farce... coûteuse, inutile, avec les contribuables dans le rôle des dindons. "La taaaagadatactique du gendaaaarme..."
Policette
* Grec "porneion" : quartier chaud. Mais vous aviez compris !
DROITS DE L’HOMME.
A Brienne, un individu en pleine déprime a menacé de faire sauter le quartier avec une bonbonne de gaz. Au bout de six heures, à grands renforts de gendarmes et de pompiers, tout est rentré dans l’ordre.
Son logeur est étonné : " C’était un locataire modèle, il a toujours payé ses loyers sans incident. "
L’étonnement a également saisi toute la Dépêche de l’Aube qui n’est jamais saisie sans raison majeure. Saisie par ce raisonnement un peu rudimentaire. Comment peut-on être un aussi bon citoyen, pense le logeur, payer son loyer, son gaz et son électricité et péter les plombs ? Comment peut-on faire preuve, sa vie durant, de loyauté, d’intégration et de citoyenneté et vouloir anéantir le monde ?... Avec le risque de s’anéantir soi-même. C’est sûr, il n’existe de monde parfait que lorsque les termes sont payés. Dès qu’une quittance a du retard, quelque chose cloche.
C’est sûrement ce qui s’est passé en Géorgie où la bouteille de gaz est plus grosse et ceux qui jouent avec bien plus dangereux. Ne risquent-ils pas de faire sauter la planète ? Il y a là deux gros propriétaires en compétition pour administrer l’immeuble cossu du Caucase, l’ours russe, premier occupant, et le grizzli U.S, celui-là, venu dans le quartier, uniquement par souci de défendre les droits de l’homme... américain.
Malicette
Mercredi 27 août à 18 h 30 au siège de la fédération
Nos camarades Gérard et Monique nous présenteront en exclusivité le spectacle " Cabaret " qu’ils donneront sur le stand de l’Aube à la Fête de l’Humanité.
Rendez-vous de paiement de la vignette.
Soirée conviviale apéro merguez.
Nous vous attendons nombreux.
Notre camarade Firmin Pesce est décédé
Notre camarade Firmin Pesce est décédé, il y a quelques semaines nous laissant quelque peu orphelin.
On ne le répètera jamais assez, les vivants ont le devoir d’aller interroger les survivants de toutes les guerres, et autres batailles fussent-elles ouvrières...Le mot n’a plus la cote. Il n’y a plus d’ouvriers, que des salariés ou des chômeurs. Exemple : les jardins ouvriers ont été baptisés jardins familiaux depuis 1972, etc. Et pour revenir à Firmin nous aurions dû entre deux cerclages de tonneau et un coup d’accordéon lui tirer les souvenirs de son enfance, de sa vie de tonnelier et de sa vie militante. Il est né en 1925 de parents issus de Ligurie qui arrivent en France chassés par le fascisme italien de Mussolini. Avant de devenir tonneliers, les frères Pesce (Mario et Firmin) vont à la pêche au boulot (Pesce veut dire poisson !). Ils deviennent scieurs de long dans la forêt d’Othe. Travail difficile dans lequel le chevrier, en haut, pèse sur le rondin et le renardier, en bas, tire la scie et reçoit toute la sciure dans les yeux.
Les immigrés italiens de cette époque sont, bien entendu antifascistes. On retrouvera les frères Pesce communistes et libres-penseurs. Ils vont dans tous les meetings ouvriers et distribuent les tracts appelant...à la révolution.
Les Italiens apportent toujours avec eux un accordéon. On le sait, les meilleurs accordéonistes français sont italiens ! Firmin dont le père a chanté à la Scala de Milan enseigne à ses fils le solfège. Mario jouera de la mandoline et de la clarinette, Firmin de l’accordéon. De quoi faire un orchestre musette. Au début du siècle, on sait que les Italiens " chassèrent " les Auvergnats de Paris qui animaient alors les bals " à la musette " c’est-à-dire la cabrette, sorte de cornemuse. Avec l’accordéon, le mot change de sexe. On dira désormais LE musette. Mais la vraie passion de Firmin fut le bois dont il connaissait toutes les essences et leur utilisation dans la tonnellerie. Le tonnelier Firmin était connu au-delà de l’Aube. Il n’y avait de tonneaux pour le cidre que ceux de Firmin. Sa réputation était grande. Il fabriquait aussi des bacs à fleurs en bois réputés imputrescibles.
Notre ami Firmin nous a quittés. Nous présentons nos condoléances émues à son épouse et ses enfants, seuls témoins de ces époques créatives et militantes.
Jean Lefèvre.
















